Nigel Farage

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Nigel Farage
Nigel Farage en 2014.
Nigel Farage en 2014.
Fonctions
Député européen
En fonction depuis le
Élection 10 juin 1999
Réélection 10 juin 2004
4 juin 2009
22 mai 2014
Législature 5e, 6e, 7e et 8e
Groupe politique EDD (1999-2004)
IND/DEM (2004-2009)
ELD (2009-2014)
ELDD (depuis 2014)
Chef du
Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni
Prédécesseur Jeffrey Titford
Successeur Fonction vacante
Prédécesseur Roger Knapman
Successeur Malcolm Pearson
Biographie
Date de naissance (52 ans)
Lieu de naissance Farnborough (Kent)
Nationalité Britannique
Parti politique Conservateur (avant 1993)
UKIP (depuis 1993)
Profession Trader en commodités
Religion Anglicanisme

Nigel Paul Farage, né le à Farnborough (Kent), est un homme politique britannique.

Il est à l'origine de la création du Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP), qu'il dirige de 2006 à 2009 et depuis 2010. Il est député européen depuis 1999 et coprésident du groupe Europe de la liberté et de la démocratie directe (ELDD) au Parlement européen.

Eurosceptique, il est un fervent partisan de l'organisation d'un référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne, qui aboutit en 2016 à un vote favorable au départ du pays de l'UE. Satisfait par ce résultat, il quitte peu après la tête de l'UKIP.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Après une scolarité au Dulwich College qu'il termine en 1982, Nigel Farage décide de ne pas poursuivre d'études à l'université et commence une carrière dans les services financiers de la Cité (City) de Londres. Il devient ainsi courtier en commodités au London Metal Exchange[1]. Il rejoint d'abord la banque d'affaires américaine Drexel Burnham Lambert, puis en 1986 le Crédit lyonnais Rouse. Il est embauché auprès du courtier de marchandises et de contrats à terme américain Refco en 1994, puis travaille pour Natexis Metal en 2003[2].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Il est membre du Parti conservateur jusqu'en 1992, date à laquelle il le quitte en raison du soutien de celui-ci au traité de Maastricht. En 1993, il est un des membres fondateurs du Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP)[3]. Sous cette bannière, il est élu au Parlement européen en 1999, 2004, 2009 et 2014.

En septembre 2006, il est élu président de l'UKIP avec 44 % des voix, sur la promesse de faire du parti un véritable parti d'opposition traitant également des sujets nationaux[4]. Il quitte cette fonction trois ans plus tard, afin de se concentrer sur sa candidature aux élections générales de 2010, lors desquelles l'UKIP obtient 3,1 % des voix. Il retrouve la présidence de l'UKIP en novembre 2010, après avoir été réélu avec 60,5 % des voix face à trois candidats.

Nigel Farage est décrit tantôt comme un homme roué et malin, tantôt comme un trublion. En 2004, il demande la démission de Jacques Barrot de son poste à la Commission européenne en raison d'une condamnation pénale de l'intéressé pour financement illégal de parti ; soutenu dans un premier temps par l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe, sa demande n'aboutit cependant pas, Barrot arguant d'une amnistie présidentielle couvrant cette condamnation[5],[6]. En novembre 2009, il prononce un discours dans lequel il reproche à la baronne Ashton, tout juste nommée Haute Représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, de n'avoir jamais été élue à une fonction publique et affirme que « les peuples d'Europe n'ont pas le pouvoir de lui demander des comptes ou de la destituer » ; ce discours qui lui vaut une remarque du président de séance, qui lui demande de « baisser d'un ton »[7]. En février 2010, Nigel Farage prononce au Parlement européen un discours dans lequel il critique le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, lui attribuant « le charisme d'une serpillière humide et l'aspect d'un petit guichetier de banque », tout en lui attribuant l'intention d'être « l'assassin de la démocratie européenne et de toutes les nations européennes ». Il ajoute à son égard : « vous n'avez aucune idée de ce que peut être un pays uni, tout cela parce que vous venez de Belgique, qui est plutôt un non-pays ». Cette dernière déclaration lui attire de vives critiques[8],[9],[10],[11] et il se voit condamner par le Parlement à une amende de 3 000 euros[12].

Ses discours passionnés au Parlement européen lui assurent une popularité certaine face à la classe politique traditionnelle[13]. Il voit ainsi sa cote de popularité monter en même temps que les intentions de votes en sa faveur, confirmées par une succession de succès électoraux locaux[14]. Il dit défendre les « valeurs de démocratie pour les nations » et s'oppose à l'adoption d'une constitution européenne en invoquant le « non-respect des votes des peuples européens » (notamment français, irlandais et néerlandais), ainsi que l'absence de référendums pour l'immense majorité des pays européens[15],[16].

Nigel Farage à la Conservative Political Action Conference de 2015.

Lors des élections européennes de 2014, il remporte son plus grand succès, renvoyant les travaillistes et conservateurs respectivement à la deuxième et troisième places, ce qu'aucun tiers parti n'avait réussi en près de cent ans. Farage parvient à polariser le débat autour de sa personne et de son parti, contraignant les autres partis à prendre position sur une éventuelle sortie du pays de l'Union européenne[13]. Ce succès s’explique par un reflux de voix d’électeurs tories, nostalgiques de Margaret Thatcher dont Nigel Farage revendique l’héritage (un ami de la baronne affirme qu’elle partageait ses vues et n’exclut pas qu’elle ait pu voter en sa faveur)[17]. Au Parlement européen, il est le coprésident du groupe Europe de la liberté et de la démocratie directe (ELDD). Le Times l'élit alors « Britannique de l'année »[18].

À l'issue des élections générales de 2015, l'UKIP (12,7 %) ravit la troisième place en termes de voix aux libéraux-démocrates (7,9 %). Se présentant dans la circonscription de Thanet South, Nigel Farage est battu de justesse. Il annonce sa démission de la présidence de l'UKIP, avant de changer d'avis quelques jours plus tard après le refus du comité exécutif du parti d'entériner sa démission[19]. Cette décision provoque plusieurs oppositions au sein du parti[20]. C'est la sixième fois qu'il échoue à se faire élire comme député au Parlement britannique[18].

Alors qu'il réclame la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne depuis une vingtaine d'années, c'est sous sa pression que le Premier ministre, David Cameron, promet en 2013 l'organisation d'un référendum sur le maintien du pays dans l'UE[21]. Le 24 juin 2016, au lendemain de la tenue de ce référendum, à l'issue duquel les Britanniques expriment leur choix de quitter l'Union européenne (« Brexit »), il parle de « jour de l'indépendance » britannique[22], déclare qu'il s'agit d'« une victoire pour les gens ordinaires, pour les gens bons, pour les gens honnêtes »[23] et réclame un « gouvernement Brexit » pour le Royaume-Uni[24].

Le 28 juin 2016, devant les députés européens réunis en session extraordinaire à Bruxelles, il lance, sous des huées : « N’est-il pas drôle, quand je suis venu ici il y a 17 ans en disant vouloir mener une campagne pour faire sortir le Royaume-Uni de l’UE, que vous ayez tous ri de moi ? Vous ne riez plus maintenant, n’est-ce pas ? »[3]. Il démissionne de la direction de l'UKIP le 4 juillet suivant, estimant avoir accompli sa mission en ayant fait en sorte que le Royaume-Uni sorte de l'Union européenne[3],[25].

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Il épouse d'abord une infirmière, avec qui il a deux garçons, puis une Allemande, Kirsten Mehr, avec laquelle il a deux filles[18].

Jeune adulte, Farage frôle la mort après avoir été renversé par une voiture[18]. Le 26 décembre 1986, il ressent les symptômes de ce qui s'avère être un cancer des testicules. Il se fait alors retirer le testicule gauche afin d'éviter l'expansion du cancer aux autres organes[26].

Le 6 mai 2010, le jour des élections générales, il est victime d'un accident d'avion. Blessé sans gravité, il est admis à l'hôpital pour des coupures au visage, des ecchymoses, des blessures à la poitrine et au niveau des côtes. Il quitte l'hôpital le soir-même. L'avion a rencontré un problème technique probablement dû au tractage d'une banderole de l'UKIP pour les élections[27].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Profile: Nigel Farage, UKIP leader », sur bbc.co.uk,‎ (consulté le 9 juillet 2016).
  2. (en) « Farage, Nigel Paul », dans Who's Who 2012, Oxford University Press, .
  3. a, b et c Estelle Pattée, « Ukip : Nigel Farage quitte le navire », sur liberation.fr,‎ (consulté le 4 juillet 2016).
  4. (en) « Farage elected new UKIP leader », sur BBC News,‎ (consulté le 21 mai 2015).
  5. « Union européenne - Socialistes et libéraux se sont tus à leur tour », Le Soir, 23 novembre 2004.
  6. « L'affaire Barrot » prend une tournure juridique », Euractiv, 23 novembre 2004.
  7. « Farage réprimandé pour désaccord politique », L'observatoire de l'Europe, 29 novembre 2009.
  8. « Le web belge répond à Nigel Farage », Le Soir, 25 février 2010.
  9. « Insultes à Van Rompuy et à la Belgique : Leterme s'indigne », Le Soir, 25 février 2010.
  10. « La Belgique, un « non-pays » ? », Le Nouvel Observateur, 25 février 2010.
  11. « Parlement européen : première apparition et premier couac pour Van Rompuy », sur actu24.be,‎ .
  12. « Il compare le président de l’UE à une « serpillère humide » », 20 minutes, 3 mars 2010.
  13. a et b « Nigel Farage, I want my UK back », sur lemonde.fr,‎ (consulté le 21 mai 2015).
  14. « Farage fait rage aux municipales », sur parismatch.com,‎ (consulté le 21 mai 2015).
  15. « Nigel Farage reçu par Pierre Jovanović », Ici et Maintenant !, Rutube, 3 mars 2011 [vidéo].
  16. Geoffrey Saint-Joanis, « UKIP : les sujets de la reine deviennent eurosceptiques », Le Journal International, 13 décembre 2013.
  17. (en) « Baroness Thatcher would be 'secretly cheering on' Nigel Farage and Ukip if she were alive », sur telegraph.co.uk,‎ (consulté le 21 mai 2015).
  18. a, b, c et d « Brexit : après Johnson, Nigel Farage jette l'éponge », lepoint.fr, 4 juillet 2016.
  19. « GB: Farage reste à la tête de l'Ukip », Le Figaro,‎ (consulté le 11 mai 2015).
  20. Florentin Collomp, « Nigel Farage s'accroche à la tête de l'Ukip en plein psychodrame », Le Figaro,‎ , p. 6 (lire en ligne).
  21. « Nigel Farage, l'homme qui a imposé le référendum », sur lefigaro.fr,‎ (consulté le 29 juin 2016).
  22. (en) Cyrus Engineer, « 'It should be our independence day' Farage calls for national holiday in honour of Brexit »,‎ (consulté le 29 juin 2016).
  23. (en) Tom Peck, « Nigel Farage's triumphalist Brexit speech crossed the borders of decency - 'This is a victory for ordinary people, for good people, for decent people' », sur independent.co.uk,‎ (consulté le 24 juin 2016).
  24. « Brexit: Farage réclame un gouvernement Brexit », sur lefigaro.fr,‎ (consulté le 25 juin 2016).
  25. (en) « Nigel Farage stands down », sur BBC News,‎ (consulté le 4 juillet 2016).
  26. (en) Nigel Farage, « Nigel Farage: Cancer, a lemon-sized testicle and how the NHS failed me », sur The Telegraph,‎ (consulté le 14 février 2016).
  27. (en) Richard Edwards, « General Election 2010: Ukip's Nigel Farage has lucky escape after election stunt plane crash », The Telegraph, Londres,‎ (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]