Joris Hébrard

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Joris Hébrard
Illustration.
Fonctions
Maire du Pontet
En fonction depuis le
(3 ans, 1 mois et 9 jours)
Prédécesseur Jean-Louis Cros (président de la délégation spéciale)

(10 mois et 25 jours)
Prédécesseur Béatrice Lecoq
Successeur Jean-Louis Cros (président de la délégation spéciale)
Conseiller départemental de Vaucluse
En fonction depuis le
(3 ans, 3 mois et 13 jours)
Élection 22 mars 2015
Circonscription Canton du Pontet
Prédécesseur Canton créé
Biographie
Date de naissance (36 ans)
Lieu de naissance Avignon (Vaucluse)
Nationalité Française
Parti politique FN (2007-2018)
RN (depuis 2018)
Profession Kinésithérapeute

Joris Hébrard, né le à Avignon, est un homme politique français.

Membre du Front national (FN) depuis 2007, il est maire du Pontet depuis 2014 et conseiller départemental du Vaucluse depuis 2015.

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Kinésithérapeute de profession, Joris Hébrard se présente comme « pontétien depuis quatre générations et fils d’artisan »[1]. Il s'est encarté au Front national en 2007 ; il indique avoir été plutôt de gauche lorsqu'il était étudiant et être « le premier de [sa] famille à [s]’engager politiquement »[2].

Maire du Pontet (depuis 2014)[modifier | modifier le code]

Joris Hébrard est élu maire du Pontet lors des municipales de 2014 : il recueille 42,62 % des voix au second tour dans le cadre d'une triangulaire, avec 7 voix d'avance sur la liste UMP de Claude Toutain (42,52 %) et la liste divers droite de Frédéric Quet (14,84 %)[3],[4]. Son élection est favorisée par la lutte interne au sein de la droite classique, le maire UMP Alain Cortade ayant décidé de quitter son siège quatre mois avant les municipales, et par la dégradation du tissu économique local[5]. Pour l'universitaire Christèle Marchand-Lagier, Joris Hébrard fait partie des élus « issus de la société civile qui tirent profit du fort ressentiment » envers les politiques traditionnels et d'« un sentiment de relégation à la périphérie, d'abandon »[6].

Il voit son élection invalidée en raison de signatures litigieuses sur les listes d'émargement. Il est réélu le dès le premier tour, avec 59,43 % des voix. Le Monde relève qu'il « a profité de cette nouvelle élection pour lisser son image, en se séparant de deux conseillers municipaux qui avaient eu maille à partir avec des élus de l'opposition et en donnant un accent social à son programme avec la création d'une mutuelle pour les habitants »[7]. Pour Joël Gombin, « cette confirmation montre [...] que l'élection d'un édile frontiste ne signifie pas nécessairement le début des déconvenues pour le Front national. Au contraire, cela semble souvent être le début d'un processus de réorganisation complète de l'échiquier politique local. En particulier, comme on le voit dans ce cas, la droite traditionnelle disparaît progressivement, tandis que la gauche ne profite pas d'une contre-mobilisation »[8].

Dès sa prise de fonction, Joris Hébrard suscite une polémique en supprimant la gratuité systématique de la cantine scolaire aux foyers démunis ; il se justifie en indiquant qu'« avec les aides sociales que touchent les familles, elles peuvent payer le demi-tarif qui est à 1,57 euro le repas »[7],[4]. Certains médias prennent cette mesure comme exemple du lunch shaming, une pratique consistant à humilier les enfants dont les parents n'arrivent pas à payer les frais de cantine[9],[10]. Durant sa première année de mandat, il augmente les effectifs de la police municipale (de 11 à 17), allonge ses plages horaires et renouvelle son matériel en bénéficiant de la réserve parlementaire de Marion Maréchal-Le Pen, celle-ci étant pourtant élue dans une autre circonscription[7],[5],[11]. Il impose des heures de fermeture aux épiceries de nuit[7]. Après son élection en 2014, le conseil municipal vote une délibération augmentant ses indemnités de maire de 44 %, ainsi que celles de ses adjoints : Joris Hébrard met en avant la baisse intervenue sous le mandat du maire précédent en raison du cumul de ses mandats mais cette augmentation est finalement annulée, la préfecture du Vaucluse la jugeant contraire au Code général des collectivités territoriales[4]. En septembre 2014, la municipalité annonce la fin de l'organisation du Téléthon dans la commune : Joris Hébrard justifie cette mesure par des besoins financiers[4],[12].

Sa gestion de la municipalité emprunte au modèle mis en place par Jacques Bompard à Orange, avec comme priorités la proximité, la sécurité et l'embellissement du centre-ville ; Le Ravi estime ainsi que Joris Hébrard « multiplie les artifices : visites de quartiers, marché de Noël pharaonique, Père Noël dans les écoles ou encore rénovation du clocher d’une église »[13]. Son directeur de cabinet est Xavier Magnin, qui occupait auparavant la même fonction auprès de Jacques Bompard à Orange[14]. L'universitaire Christèle Marchand-Lagier prend Joris Hébrard comme exemple des « jeunes têtes de liste » mises en avant par le FN lors des municipales de 2014 : « Cet affichage fonctionne d'autant mieux que ces nouvelles recrues sont managées par des cadres compétents. Dans ce cas précis, c'est Xavier Magnin qui est aux commandes » ; elle relève ainsi que « les enquêtes menées auprès de ce candidat lors des élections municipales de 2014 ont pu témoigner du fait que les entretiens accordés l'ont été sous le contrôle et la supervision de Xavier Magnin, présent à chacune des rencontres et monopolisant la parole »[15].

Autres fonctions[modifier | modifier le code]

Conseiller départemental du Vaucluse (depuis 2015)[modifier | modifier le code]

Lors des élections départementales de mars 2015, Joris Hébrard, en binôme avec Danielle Brun, est élu conseiller départemental du Vaucluse dans le canton du Pontet avec 53,7 % des voix au premier tour[16] ; au Pontet, le binôme recueille 58 % des voix, Hébrard améliorant ainsi de 500 voix son score des municipales de mars 2014[2].

Vice-président de la communauté d'agglomération du Grand Avignon[modifier | modifier le code]

Joris Hébrard est vice-président de la communauté d'agglomération du Grand Avignon. Après son élection en 2014, il est élu avec les voix des 30 élus de la droite, tandis que le FN a voté à la présidence en faveur de Jean-Marc Roubaud (UMP) face à la nouvelle maire PS d'Avignon, Cécile Helle : pour La Provence, Roubaud et Hébrard ayant obtenu le même nombre de voix (43 sur 72), « l'existence d'un accord préalable UMP-FN relève donc de l'évidence mathématique » ; de son côté, Jean-Marc Roubaud réfute tout « accord » en amont avec le FN et indique qu'un accord a été prévu « pour ne présenter qu’un candidat par commune pour les vice-présidences »[17]. Après sa réélection comme maire du Pontet en 2015, Joris Hébrard est réélu vice-président de l'intercommunalité en recueillant 32 voix, dont 3 voix issues des élus de gauche alors que celle-ci avait prévu de dénoncer l'accord prévoyant d'accorder une vice-présidence à chaque commune[18].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.liberation.fr/france/2014/04/04/premiers-conseils-municipaux-qui-sont-les-nouveaux-maires-fn_992391
  2. a et b Stéphanie Harounyan, « Au Pontet, le frontiste Joris Hébrard confirme son ancrage », sur liberation.fr, (consulté le 12 août 2017).
  3. https://www.lemonde.fr/municipales/article/2014/03/30/frejus-beziers-ces-villes-dirigees-par-le-fn_4392327_1828682.html
  4. a, b, c et d « De l'élection à son annulation... Joris Hébrard, un maire FN et des polémiques sur tous les fronts », sur francetvinfo.fr, (consulté le 13 août 2017).
  5. a et b Stéphanie Harounyan, « Municipale au Pontet : le Front national occupe le vide », sur liberation.fr, (consulté le 13 août 2017).
  6. AFP, « Au Pontet, le Front national en terrain conquis », sur leparisien.fr, (consulté le 14 août 2017).
  7. a, b, c et d Le Monde.fr avec AFP, « Le maire Front national du Pontet, Joris Hébrard, réélu au premier tour », sur lemonde.fr, (consulté le 13 août 2017).
  8. « Municipales Le Pontet : «Dans le Vaucluse, la droite traditionnelle disparaît progressivement », sur lefigaro.fr, (consulté le 12 août 2017).
  9. Alexandra Klinnik, « Le « lunch shaming », ou comment les cantines scolaires humilient les enfants défavorisés », sur lemonde.fr, (consulté le 16 août 2017).
  10. Charlotte Viguié, « Le "lunch shaming", ou comment les cantines scolaires discriminent les enfants défavorisés », sur mashable.france24.com, (consulté le 16 août 2017).
  11. Laure Equy, « La réserve parlementaire sans frontières de Marion Maréchal-Le Pen », sur liberation.fr, (consulté le 13 août 2017).
  12. « La mairie FN du Pontet se désengage du Téléthon », sur lepoint.fr, (consulté le 13 août 2017).
  13. Jean-François Poupelin, « Les mairies « bleu Marine » virent Orange », sur Le Ravi.org, (consulté le 13 août 2017).
  14. Gilles Rof, « Comment le FN s’est enraciné au Pontet », sur lemonde.fr, (consulté le 13 août 2017).
  15. Christèle Marchand-Lagier, Le vote FN : pour une sociologie localisée des électorats frontistes, De Boeck Superieur, , 221 p. (ISBN 978-2-8073-0559-5, lire en ligne), p. 55.
  16. http://www.midilibre.fr/2015/03/22/le-pontet-l-ex-maire-joris-hebrard-elu-des-le-premier-tour-des-departementales,1139739.php
  17. Marine Turchi, « Dans le Vaucluse, des élus UMP et FN font alliance », sur Mediapart, (consulté le 13 août 2017).
  18. Tristan Quinault Maupoil, « Hébrard (FN) élu au Grand Avignon avec les voix de la droite et de la gauche », sur lefigaro.fr, (consulté le 13 août 2017).