Monarchisme en France

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Cet article traite du monarchisme français.

La monarchie française a successivement revêtu les visages d'une monarchie féodale (la noblesse faisant opposition au pouvoir royal) jusqu'à Louis XIII, puis une monarchie absolue (Ancien régime, jusqu'en 1790) puis d'une monarchie constitutionnelle (1790-1792 avec Louis XVI ; 1814-1830 avec la Restauration ; 1830-1848 avec Louis-Philippe Ier).

Courants monarchistes français[modifier | modifier le code]

L'histoire de la monarchie française, marquée par des changements dynastiques, conduit aujourd'hui à une diversité des courants monarchistes :

Il était autrefois d'usage de considérer les légitimistes comme des monarchistes conservateurs (par référence à la ligne politique suivie par Charles X) et les orléanistes comme des monarchistes libéraux (en référence à la politique de Louis-Philippe Ier) ; cette classification doit tout de même être entendue avec réserves.

Summa divisio : légitimistes et orléanistes[modifier | modifier le code]

La division entre les monarchistes français trouve son fondement dans les avatars de la succession au trône de France.

À la mort en 1883 d'« Henri V », « comte de Chambord », petit-fils de Charles X et dernier Bourbon de la branche aînée, les monarchistes se divisèrent en deux courants :

  • une partie des légitimistes refusa de reconnaître comme prétendant légitime le prétendant orléaniste d'alors, « Philippe VII », comte de Paris, petit-fils de Louis-Philippe Ier, roi des Français et ils se déclarèrent en faveur de la nouvelle branche aînée des Bourbons, la branche dite des « Bourbons d'Espagne ». Depuis lors, ils reconnaissent l'aîné de ces derniers comme prétendant au trône de France, aujourd'hui « Louis XX », « duc d'Anjou », chef de la Maison de Bourbon et aîné des descendants légitimes en ligne masculine d'Hugues Capet, et dont le père était cousin germain aîné de Juan-Carlos Ier d'Espagne.
  • l'autre partie des anciens légitimistes rejoignit les rangs des orléanistes, partisans de la branche cadette d'Orléans, descendante de Louis XIII, roi de France, branche dont l'un des membres, à savoir Louis-Philippe Ier, roi des Français était déjà monté sur le trône, et reconnurent la légitimité dynastique de « Philippe VII » (et non « Louis-Philippe II » comme le souhaitait certains orléanistes partisans de la monarchie de Juillet). Leurs héritiers reconnaissent aujourd'hui celle de l'aîné des descendants du frère de ce dernier en tant que « Henri VII », « comte de Paris » et « duc de France », chef de la Maison d'Orléans.

Entre 1886 et 1950, les différentes familles de prétendants ont été concernées par la loi d'exil du 22 juin 1886, interdisant l'entrée du territoire français aux chefs des maisons royales et à leurs fils aînés. Plusieurs générations de prétendants ont ainsi vécu en exil.

Querelles dynastiques[modifier | modifier le code]

Selon les orléanistes, les Orléans, qui portèrent à partir de 1709 le titre honorifique de premier prince du sang, sous l'Ancien Régime et la Restauration, auraient toujours été considérés par les souverains français Bourbons comme leurs héritiers légitimes et directs en cas d'extinction de leur branche, et seraient donc les seuls prétendants possibles au trône de France. En effet, les Bourbons « d'Espagne », descendants de Philippe de France, duc d'Anjou, sont exclus, selon les orléanistes, de la succession à la suite de la renonciation dudit duc d'Anjou au trône de France pour lui-même et ses descendants, partis régner sur l'Espagne. Ils ajoutent que ces princes, devenus étrangers « sans esprit de retour », seraient affectés d'un « vice de pérégrinité » (ces notions d'« esprit de retour » et de « vice de pérégrinité » ne se trouvent cependant pas dans l'arrêt Lemaistre, que les orléanistes invoquent à l'appui de leurs thèses).

Les légitimistes arguent, quant à eux, d'une inconstitutionnalité des clauses des traités d'Utrecht imposant à Philippe de France de renoncer à ses droits sur le trône de France pour lui-même et ses descendants ; en effet, lesdites clauses seraient en contradiction avec la loi d'indisponibilité de la couronne (interdisant notamment au souverain de désigner ses successeurs) et la règle de succession par ordre de primogéniture mâle. Ils ajoutent que l'ancien droit ne connaissait aucun principe de nationalité dégagé à la Révolution française, et rappellent que l'avènement de Louis X au trône de Navarre en 1305 ne l'empêcha pas, à la mort de son père Philippe IV en 1314, de régner aussi sur la France ; que l'avènement de François II au trône d'Écosse en 1558 ne l'empêcha pas, à la mort de son père Henri II en 1559, de revenir régner en France ; que l'élection d'Henri III au trône de Pologne en 1573 ne l'empêcha pas, à la mort de son frère aîné Charles IX en 1574, de revenir régner en France ; que l'avènement d'Henri IV au trône de Navarre en 1572 ne l'empêcha pas, à la mort de son cousin et beau-frère Henri III en 1589, de régner aussi sur la France.

Article détaillé : Querelles dynastiques françaises.

Autres courants monarchistes français[modifier | modifier le code]

  • les bonapartistes, partisans d'un rétablissement de l'Empire, en la personne de l'actuel chef de la famille Napoléon, Son Altesse Impériale le Prince Napoléon, descendant du roi Jérôme, frère cadet de Napoléon Ier.
  • les naundorffistes ou « survivantistes », convaincus de la survie de Louis XVII, fils de Louis XVI, et non de sa mort au Temple en 1795, considèrent que les « preuves » de sa mort (dont les comparaisons d'ADN faites sur le cœur présenté comme celui de Louis XVII et inhumé dans la basilique Saint-Denis le 8 juin 2004) demeurent douteuses.

Vers un nouveau monarchisme[modifier | modifier le code]

Ce positionnement très moderne est loin de faire l'unanimité parmi les monarchistes traditionnels, d'autant qu'il entend représenter - en France - des obédiences aussi diverses que les royalistes, ou encore les gaullistes de Gauche.

Sondages[modifier | modifier le code]

Selon des enquêtes d'opinion réalisées par l'institut BVA en 2007 et 2016, 17% des Français seraient favorables à ce que la fonction de chef de l’État soit un jour assumée par un roi. 80% y seraient en revanche opposés[4].

En 2016, c'est auprès des sympathisants des partis d'extrême droite et de droite que l'on trouve le plus fort pourcentage de sondés favorables à la royauté, avec 37% pour les sympathisants du Front national de Marine Le Pen et 27% pour ceux des Républicains de Nicolas Sarkozy[4].

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Quand nous disons : la Monarchie est le nationalisme intégral, nous disons que la Monarchie héréditaire correspond à tous ses moindres vœux, à toutes les petites parcelles des nécessités et des exigences de l'intérêt national. La Monarchie fait face, la Monarchie suffit, la Monarchie satisfait à tout ce que désire le nationalisme sensé. » Charles Maurras - cité par Lucien Thomas dans L'Action Française devant l'Eglise.
  • « Une dynastie se continue indéfiniment. Elle est la conscience historique et politique d'une nation, concentrée en une famille. Sans dynastie, point de continuité politique ni historique pour un grand peuple. » Charles Maurras
  • « Entre la monarchie constitutionnelle espagnole et la Ve République française, laquelle je préfère ? Ma réponse est que je choisis la monarchie espagnole. » Le premier ministre socialiste espagnol Zapatero (avril 2006).
  • « L'idée royaliste ne sera jamais ringarde car elle est permanente. Aujourd'hui, en France, personne n'incarne la continuité de la nation. Je pense qu'on peut aimer un roi, être fidèle à un roi... mais pas à un président de la République. » Jean Raspail, écrivain.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Charte de la Conférence Monarchiste Internationale »
  2. « État des lieux du Royalisme en France (2009) (Éditions SYLM) »
  3. « La Toile, dossiers monarchistes d'information (Éditions SYLM) »
  4. a et b Sondages BVA pour France-Soir (2007) et l'Alliance royale (2016), réalisés les 5-6 mars 2007 et 22-23 août 2016 auprès d'échantillons de 953 (2007) et 1099 personnes (2016), représentatifs de la population française âgée de 18 ans et plus. Rapports en ligne : 2007 et 2016 (consultés le 14 septembre 2016).