Jean-Pierre Stirbois

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Jean-Pierre Stirbois
Jean-Pierre Stirbois en 1984.
Jean-Pierre Stirbois en 1984.
Fonctions
Député français
Élection 16 mars 1986
Circonscription Hauts-de-Seine
Législature VIIIe (Cinquième République)
Groupe politique FN-RN
Député européen
Élection 17 juin 1984
Législature 2e
Secrétaire général du Front national
Président Jean-Marie Le Pen
Prédécesseur Pierre Gérard
Successeur Carl Lang
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Paris
Date de décès (à 43 ans)
Lieu de décès Jouars-Pontchartrain (Yvelines)
Parti politique MJR
Union solidariste (1975-1977)
FN (1977-1988)
Conjoint Marie-France Charles
Profession Cadre commercial
Chef d'entreprise
Journaliste

Jean-Pierre Stirbois, né le à Paris et mort le à Jouars-Pontchartrain (Yvelines), est un homme politique français. Secrétaire général du Front national, dont il incarne la sensibilité nationaliste et solidariste, il est député européen de 1984 à 1986 et député français de 1986 à 1988.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Jean-Pierre Stirbois est issu d'une famille modeste du Nord ayant déménagé à Courbevoie ; son père est ouvrier chaudronnier et sa mère doreuse sur cadre. Ses parents l'élèvent dans un milieu strictement laïc. Diplômé en marketing de l'École des cadres et du commerce, il est représentant chez Kitkat et Le Vin des rochers, avant de prendre avec sa femme, en 1975, la direction d'une petite imprimerie (héritée de sa belle-famille) à Dreux[1].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Il participe en 1965 à la campagne présidentielle de Jean-Louis Tixier-Vignancour. Formé idéologiquement par Henry Coston, il milite au Mouvement jeune révolution (MJR) puis dans le mouvement solidariste, lancé en 1971 et dont il devient membre du bureau politique. En 1975, il crée avec Michel Collinot l'Union solidariste[2].

En 1977, il rejoint le Front national, dont il devient secrétaire général en 1981, en remplacement de Pierre Gérard[3]. La même année, il prend la présidence du « Comité Le Pen », qui vise à préparer la candidature de Jean-Marie Le Pen à l'élection présidentielle, mais celui-ci échoue à recueillir les 500 signatures nécessaire sà sa candidature[4].

Après avoir obtenu près de 10 % des voix dans un des cantons de la ville de Dreux aux élections cantonales de 1982, il confirme son implantation aux élections municipales à Dreux de l'année suivante, suscitant la surprise en obtenant 16,7 % des voix au premier tour[5]. Entre les deux tours, il fusionne sa liste avec celle du RPR, menée par Jean Hieaux, qui remporte la mairie et dont Sirbois devient l'adjoint, apparaissant ainsi comme l'artisan de la première alliance entre la droite et le Front national. Cette alliance est soutenue par la plupart des responsables politiques départementaux du RPR et de l'UDF, qui en retiennent un moyen de faire basculer la ville de gauche à droite. Ce score important et cette alliance est la première victoire électorale d'importance pour le Front national.

Il est élu député européen en 1984, sur la liste menée par Jean-Marie Le Pen.

En 1986, le scrutin à la proportionnelle lui permet d'entrer à l'Assemblée nationale en tant que député, élu dans les Hauts-de-Seine.

Jean-Pierre Stirbois met en place, pendant huit ans, l'organisation du Front national. Il dispose, au sein du mouvement, de solides réseaux, qui, pour une partie d'entre eux, s'éloigneront, après sa disparition, pour participer au lancement du Comité Espace nouveau, autour de Jean-François Touzé, de Roland Hélie et de Robert Spieler.

Membre du bureau politique du FN, il devient le rival de Bruno Mégret lorsque celui-ci commence à prendre de l'influence auprès de Jean-Marie Le Pen.

Entre les deux tours de l'élection présidentielle de 1988, il défend l'idée d'un soutien à François Mitterrand, bien qu'il ait toujours favorisé des accords avec l'UDF et le RPR[6].

Après avoir effectué un voyage en Nouvelle-Calédonie pour défendre les liens entre celle-ci et la France, il trouve la mort dans un accident de voiture en revenant d'une réunion publique à Dreux. Il est enterré au cimetière du Montparnasse à Paris.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il est le mari de Marie-France Stirbois, également engagée en politique.

Héritage[modifier | modifier le code]

Tombe de Jean-Pierre Stirbois, au cimetière du Montparnasse.

Sous le mandat de la FN Catherine Mégret, à Vitrolles, l'« avenue Jean-Marie-Tjibaou » devient « avenue Jean-Pierre-Stirbois » ; depuis 2002, elle porte le nom d'« avenue des Droits-de-l'Homme »[7].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Sa mort est citée dans le titre d'une chanson de Benjamin Biolay, Vengeance : « La vengeance est un plat que certains mangent froid comme Stirbois s'est mangé son cèdre »[8].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Serge Dumont, Joseph Lorien, Karl Criton, Le Système Le Pen, Les Editions EPO, , p. 147
  2. Dominique Albertini, David Doucet, Histoire du Front National, Tallandier, , p. 147
  3. Valérie Igounet, « Nous avions tout à perdre et rien à gagner. Cela a bien changé », sur blog.francetvinfo.fr, (consulté le 22 août 2017).
  4. Dominique Albertini, « FN, l’impasse du Rassemblement bleu Marine », sur liberation.fr, (consulté le 5 juin 2016).
  5. Jacques-François Simon, Les élections municipales de mars 1983, Le Monde, , p. 66
  6. Valérie Igounet, « Dans le rétro du FN: 1988, ou la tentative de «vendre» la candidature Le Pen », sur Mediapart, (consulté le 13 février 2017).
  7. https://www.flickr.com/photos/11765034@N02/1431719519/
  8. Kévin Boucher, « Le FN s’en prend à Benjamin Biolay, rebelle en peau de lapin », in ozap.com, 9 novembre 2012.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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