Roger Auque

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Roger Auque
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Fonction
Ambassadeur
Biographie
Naissance
Décès
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Nom de naissance
Roger Henri Auque
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Distinction

Roger Auque est un journaliste, espion et diplomate français, né le à Roubaix et mort le . Il fut détenu comme otage au Liban pendant près d'un an en 1987. Il a été ambassadeur de France en Érythrée du 23 décembre 2009 au 22 août 2012.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un assureur de Roubaix gaulliste de gauche et ancien d'Indochine et d'une mère communiste, il s'inscrit à Paris en faculté d'anglais et de langues orientales, pour apprendre l'arabe. Il se rend au Liban où il se rapproche des chrétiens et des phalangistes[1] : « Je me suis retrouvé à combattre du côté chrétien, avec une myriade de jeunes de mon âge, dit-il, des Libanais mais aussi des Américains et des Français un peu fascisants qui combattaient les musulmans progressistes »[2].

Correspondant de guerre au Liban, il est enlevé « en pleine lumière en sortant de son immeuble sous les yeux de son confrère Paul Marchandîs »[3] par le Hezbollah en janvier 1987. La Résistance libanaise voit en lui un agent de la DGSE, ce qui est dénié à l'époque mais sera admis par l'intéressé dans un livre posthume. Il reste otage pendant près d'une année[4]. Il est libéré le 27 novembre 1987, en même temps que Jean-Louis Normandin, pris dans l'Affaire des otages du Liban, à la suite de la négociation du ministre Charles Pasqua et sur place de Jean-Charles Marchiani[5].

Journaliste, grand reporter à RTL, La Croix, et à Paris Match, puis au Figaro Magazine, Sipa Press, Gamma Photo, Radio-Canada, de 1982 à 2002, il est correspondant permanent à Bagdad, puis à Beyrouth de 2003 à 2007 et couvre l'assassinat de Pierre Amine Gemayel[6],[7] pour TF1-LCI, Radio-Canada, TSR, RTBF.

Raphaëlle Bacqué déclare à son propos : « La presse se méfie parfois de ce reporter qui, en 1992, fut épinglé par le Canard enchaîné pour avoir plagié des passages entiers du reportage d’un de ses confrères. Mais il a gardé le goût de l’aventure, du Paris-Dakar, de la guerre en Irak, pour laquelle il a dégoté le dernier passage en avion pour Bagdad, dont il fera profiter quelques confrères. Il n’est pas sûr que la politique lui apporte les mêmes satisfactions[8]. »

En 2008, il est élu conseiller municipal du IXe arrondissement de Paris sur la liste UMP.

En 2008-2009, il devient rédacteur en chef à la chaîne TV franco-marocaine Medi 1 Sat à Tanger.

En décembre 2009, il est nommé ambassadeur de France à Asmara en Érythrée par le président Nicolas Sarkozy[9]. Accusé par le magazine Bakchich d'avoir « laissé une dette de 65 000 euros aux impôts l'année de sa nomination », il dépose une plainte contre le magazine pour diffamation[10].

En 2012, il est obligé de quitter son poste et est rapatrié en France après qu'on lui a diagnostiqué une tumeur du cerveau[11],[12]. En 2013, il compare l'Érythrée à la Corée du Nord ou à la Birmanie[13] soutenu par le Qatar et la Chine[14].

Il meurt le , de son cancer, à l'âge de 58 ans[15],[16], après avoir été accompagné, aidé, et hébergé par la mère de sa fille, Carla Auque, dans sa famille, à Mareil-sur-Mauldre dans les Yvelines, ce qui était son souhait, pour être près de sa fille Carla dans ses derniers moments[pas clair].

Dans ses mémoires posthumes entamés quelques mois avant sa mort, Au service secret de la République (chez Fayard), il déclare notamment : « J'ai été rémunéré par les services secrets israéliens pour effectuer des opérations en Syrie, sous couvert de reportage ». Il a également offert ses services à la DGSE française, avant de devenir un objet d'intérêt pour la CIA[17].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il est le père de Vladimir Auque, né de Rosaria Spika, et de Carla Auque, née de Natasha Chauvage.

En 2013, le magazine L'Express révèle qu'il est le père biologique de la députée Marion Maréchal-Le Pen, conçue avec Yann Le Pen, l'une des filles de Jean-Marie Le Pen. Marion a été reconnue après sa naissance par le conjoint de Yann Le Pen, Samuel Maréchal[18],[19]. Auque a confirmé lui-même l'information dans ses mémoires posthumes Au service secret de la République[20].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Roger Auque : un ancien journaliste dans le tourbillon de la famille Le Pen, L'Internaute.
  2. Roger Auque, baroudeur playboy et candidat, Le Monde.
  3. Le Liban entre la guerre et l'oubli, Paul Blanc.
  4. Journal télévisé d'Antenne 2, INA.
  5. Du Liban au Niger, ces otages français libérés, Le Figaro, 30 octobre 2013.
  6. Gemayel : les explications du correspondant de LCI, TF1
  7. Beyrouth correspondance Roger Auque, TF1.
  8. Journaliste peu diplomate, Auque nommé ambassadeur en Érythrée, Rue89.
  9. Liste chronologique des ambassadeurs de France, Ambafrance-er.
  10. Les ardoises de l'ambassadeur sarkozyste, Bakchich, 22 novembre 2011.
  11. « Les confidences posthumes de l'ex-otage au Liban Roger Auque », Le Figaro, 6 février 2015.
  12. "Ex-ambassadeur", brève d'Éric Mandonnet, L'Express, page 27, 19 juin 2013.
  13. Interview Roger Auque, RFI.
  14. Érythrée, Afeworki, Interview Roger Auque, Slate.
  15. AFP, « L'ancien otage au Liban Roger Auque est mort », sur Le Figaro,‎ .
  16. « L'ancien otage Roger Auque est mort », Le Figaro, 8 septembre 2014.
  17. « Les confidences posthumes de l'ex-otage au Liban Roger Auque », sur lefigaro.fr,‎
  18. L'identité du véritable père de Marion Maréchal-Le Pen, Le Parisien, 7 novembre 2013.
  19. Marion Le Pen : à la découverte du père.
  20. Roger Auque : « Je suis bien le père biologique de Marion Maréchal-Le Pen », Linternaute.com, 5 février 2015.
  21. Décret du 13 juillet 2004 portant promotion et nomination, Legifrance.gouv.fr.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Un otage à Beyrouth de Roger Auque et Patrick Forestier, éd. Filipacchi
    Prix Vérité 1988 de la ville du Cannet
  • Journal de Bagdad de Roger Auque, éditions Anne Carrière, 2005.
  • Au service secret de la République de Roger Auque et Jean-Michel Verne, Fayard, 2015

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Hors la vie de Maroun Bagdadi. Inspiré d'Un otage à Beyrouth, Prix spécial du Jury au festival de Cannes en 1991.

Articles connexes[modifier | modifier le code]