Cyril Nauth

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Cyril Nauth
Illustration.
Fonctions
Maire de Mantes-la-Ville
En fonction depuis le
(5 ans, 6 mois et 14 jours)
Élection 30 mars 2014
Prédécesseur Monique Brochot
Conseiller régional d'Île-de-France
En fonction depuis le
(3 ans et 10 mois)
Élection 13 décembre 2015
Circonscription Yvelines
Président Valérie Pécresse
Groupe politique FN puis RN
Biographie
Date de naissance (37 ans)
Lieu de naissance Dijon
Nationalité Française
Parti politique FN puis RN

Cyril Nauth
Maires de Mantes-la-Ville

Cyril Nauth, né le à Dijon, est un homme politique français.

Membre du Front national (FN) puis du Rassemblement national depuis 2010, il est maire de Mantes-la-Ville depuis 2014 et conseiller régional d'Île-de-France depuis 2015.

Biographie[modifier | modifier le code]

Cyril Nauth naît le à Dijon[1].

Profession[modifier | modifier le code]

Il est professeur de lettres-histoire-géographie en lycée professionnel[2].

Engagement au FN[modifier | modifier le code]

Il adhère au FN en 2010[2]. Résidant dans la commune voisine de Mantes-la-Jolie, il indique avoir envisagé de se présenter à Mantes-la-Ville à partir de 2012[2].

Maire de Mantes-la-Ville (depuis 2014)[modifier | modifier le code]

Élection[modifier | modifier le code]

La liste qu'il conduit l'emporte à Mantes-la-Ville lors des élections municipales de 2014, au terme d'une quadrangulaire : avec 61 voix d’avance, il recueille 30,26 % des suffrages exprimés devant la maire sortante Monique Brochot (PS, 29,35 %), sa prédécesseure Annette Peulvast-Bergeal (divers gauche, 28,29 %) et Eric Visintainer (divers droite, 12,09 %)[3],[4]. Il est le premier maire issu du FN en Île-de-France[2].

Alors que l'élection de nouveaux maires FN ou soutenus par le FN était attendue à Béziers (Robert Ménard), Fréjus (David Rachline), Hénin-Beaumont (Steeve Briois) ou Beaucaire (Julien Sanchez), la sienne est une surprise[5],[2] : Libération relève qu'il est alors « un inconnu à peine repéré par son état-major » et qu'il a profité de la division de la gauche, qui détenait la municipalité depuis la Libération[6],[2],[3]. Bérenger Boureille, natif de Mantes-la-Jolie et auteur du livre Le Front du mépris (Stock, 2017), estime quant à lui que la victoire du FN ne peut pas être réduite à un défaut de rassemblement à gauche mais s'explique par une « exploitation politique de l’islam » dès le début des années 1980, lors des grèves dans l’industrie automobile, et par le fait que Mantes-la-Ville se situe dans « une province reculée, une zone de passage qui a été oubliée des politiques de développement »[7].

Exercice du mandat[modifier | modifier le code]

En 2016, Le Monde estime que Cyril Nauth « n’a pas vraiment de projet. L’opposition non plus »[3]. La même année, le journaliste de l’édition locale du Parisien Mehdi Gherdane considère qu'il « n’a rien fait de mal, mais rien d’extraordinaire non plus… »[8] France 3 indique qu'« à la différence de certaines figures du Front national, Cyril Nauth est un maire plutôt discret qui préfère défendre ses projets »[9]. En préambule à sa visite de la commune en septembre 2018, Marine Le Pen présente Mantes-la-Ville comme « une vitrine » de ce que son parti « est capable de faire »[10].

Pouvoirs de police[modifier | modifier le code]

En 2015, RMC indique que la sécurité constitue « la colonne vertébrale de sa politique » et que « les effectifs de police municipale ont presque doublé », bien que « la police nationale ne considère pas Mantes-la-Ville comme une zone particulièrement gangrenée par les problèmes d’insécurité »[11]. En 2018, Le Parisien estime qu'« entre les départs et les arrêts maladie », « le maire n’a toujours pas réussi à gonfler durablement ses effectifs de police » composés de six à sept policiers, soit un niveau stable par rapport à 2016 et « un chiffre bien en deçà de la moyenne couramment admise d’un policier pour 1 000 habitants ». Cyril Nauth relève pour sa part qu'« il n’y a pas de hausse de délinquance et c’est bien le principal »[12]. En 2018, Mediapart indique que « le syndicat CGT des Territoriaux de Mantes-la-Ville alerte depuis plusieurs mois sur un management brutal au sein de la police municipale. Le turn-over est incessant. Dix-sept agents sont arrivés, mais dix-huit sont partis. Le service compte toujours huit policiers, soit le même nombre qu'en 2014, alors que le frontiste avait promis d'augmenter les effectifs »[7].

Opposition à un projet de mosquée[modifier | modifier le code]

Dès sa campagne, il s'oppose à un projet d'installation d'une nouvelle mosquée en gelant la promesse de vente de l'ancienne trésorerie municipale formulée par la municipalité précédente (PS) à l’association des musulmans de Mantes sud (AMMS), s'exposant ainsi au paiement de dommages et intérêts[2],[13],[14]. Il accuse sa prédécesseure socialiste d’avoir voulu réaliser un « coup politique pour s'attirer le vote communautaire des musulmans », invoque l'« hostilité des habitants à ce projet », des risques sur le stationnement et la circulation, ainsi qu'un « danger financier »[14]. Il demande également à la justice l'expulsion de l'AMMS de son lieu de culte existant, dans un pavillon vétuste appartenant à la commune, mettant en cause une occupation « sans droit ni titre » et« de nombreux travaux réalisés sans autorisation », et invoquant son souhait d'installer sur un terrain mitoyen son poste de police municipale[13],[15],[16]. En 2015, le préfet des Yvelines, Erard Corbin de Mangoux, dépose un référé contre la décision du conseil municipal d’exercer son droit de préemption sur le site où la mosquée doit s'installer et où il souhaite installer les locaux de la police municipale[17],[13]. Pour Le Parisien, « c’est une défaite sur toute la ligne. [...] Le maire a d’ailleurs perdu quasiment tous les procès qui l’opposaient à cette association »[18]. En juillet 2018, Cyril Nauth écope de 3 000 € d’amende pour avoir refusé de délivrer le permis de construire, après avoir déjà dû verser 14 000 € à l'association[19]. Il obtient l'expulsion de l'association de ses locaux en 2019, quelques semaines avant son départ prévu dans la nouvelle mosquée[15],[16].

Budget et gestion de la mairie[modifier | modifier le code]

Durant sa campagne, Cyril Nauth s'engage à ne pas augmenter la fiscalité et à faire baisser les dépenses de fonctionnement : RMC constate en 2015 que « les impôts n'ont pas augmenté. Ils n'ont pas baissé non plus. La mairie a surtout dégraissé dans les effectifs municipaux: la masse salariale a ainsi diminué de 700.000 euros. Un quart des postes a en effet été supprimé, dont une trentaine rien que pour l'animation scolaire »[11]. En octobre 2017, Le Parisien indique : « Même s’il n’a pas hérité d’une situation financière catastrophique, le maire FN pratique la rigueur budgétaire : peu de projets mais peu de dépenses. Pour les contribuables, cette politique se traduit par une stabilité des impôts locaux. Promesse tenue, donc »[18]. En 2018, Mediapart souligne que « s’ils tirent aussi à boulets rouges contre lui, les opposants municipaux de Cyril Nauth en conviennent eux-mêmes : grâce à sa politique de coupes budgétaires et à son refus d’augmenter d’un centime les impôts locaux, le frontiste gagne des points auprès de nombreux Mantevillois, y compris chez ceux qui votaient autrefois à gauche »[7].

À l'automne 2017, il est confronté à une grève des employés municipaux en raison d'un conflit sur les congés payés[20].

École[modifier | modifier le code]

Il se donne pour priorité la construction d’une école dans le quartier Mantes-Université, près de la gare de Mantes-Station[21],[9].

En 2017, il demande au ministre de l’Éducation nationale de faire partie des communes pilotes qui testeront le retour à la semaine de quatre jours dans les écoles, la municipalité étant favorable à l’organisation qui prévalait avant 2014 et la réforme des rythmes scolaires[22].

Communication[modifier | modifier le code]

Le Parisien relève que « contrairement à ce qui était redouté, Cyril Nauth entretient des relations « normales » avec la presse locale et ne pratique ni l’invective ni l’intimidation, à l’inverse de plusieurs de ses collègues FN ou à certains élus locaux »[18].

Subventions aux associations[modifier | modifier le code]

Cyril Nauth assume des positions « idéologiques » comme la suppression de la subvention à la Ligue des droits de l’homme[18]. Sous son mandat, la municipalité baisse, puis supprime la subvention de la municipalité au Football Club Mantois, invoquant alternativement le coût de la rénovation du stade, un problème de « comportement » en référence à la contestation portée par le club devant le tribunal administratif lors de la première baisse de subvention, et la « discrimination positive favorisant des jeunes issus de l’immigration » qu’opérerait le club[18],[10],[23].

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

Après les élections municipales de 2014, il fait partie des deux candidats à la présidence de la communauté d'agglomération de Mantes-en-Yvelines (Camy) : Jean-Luc Santini, maire-adjoint (UMP) de Mantes-la-Jolie, est élu avec 59 voix contre 9 pour Cyril Nauth[24]. Après la dissolution de cette intercommunalité et la création de la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise, il se présente de nouveau, en janvier 2016, à la présidence mais échoue avec 4 voix contre 64 pour Philippe Tautou, maire (LR) de Verneuil-sur-Seine, et 50 pour Paul Martinez, président (UDI) de la feu Camy[25]. Le Parisien note en 2017 que « Cyril Nauth n’a pas réussi à fédérer les élus des communes de la campagne mantaise dont certains d’entre eux épousent pourtant ses idées. Mantes-la-Ville apparaît ainsi isolée et n’a pas de projets à long terme »[18].

Conseiller régional d'Île-de-France (depuis 2015)[modifier | modifier le code]

Cyril Nauth est également conseiller régional d'Île-de-France[26] : lors des élections régionales de 2015, il est élu en troisième position sur la liste FN des Yvelines[27].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « M. Cyril NAUTH », sur iledefrance.fr (consulté le 10 mars 2019).
  2. a b c d e f et g Laure Equy, « Cyril Nauth, l’inconnu de Mantes-la-Ville fait profil bas », sur Libération.fr, (consulté le 22 juillet 2017).
  3. a b et c Jean-Baptiste de Montvalon, « Le maire FN de Mantes-la-Ville fait triompher le vide », sur lemonde.fr, (consulté le 22 juillet 2017).
  4. https://www.lemonde.fr/ile-de-france/yvelines,78/mantes-la-ville,78362/elections/municipales-2014/
  5. Abel Mestre et Caroline Monnot, « Les réseaux du Front national », dans Sylvain Crépon, Alexandre Dézé, Nonna Mayer, Les Faux-semblants du Front national : sociologie d'un parti politique, Presses de Sciences Po, , p. 61.
  6. Farel, Fieschi et Gherdane 2015
  7. a b et c Chloé Demoulin, « A Mantes-la-Ville, la «casse sociale insidieuse» du Rassemblement national », sur Mediapart, (consulté le 30 décembre 2018).
  8. Grégory Marin, « Le frontisme municipal, arnaque électorale », sur L'Humanité.fr, (consulté le 22 juillet 2017).
  9. a et b « Mantes-la-Ville : quelle politique applique le maire FN aux commandes ? », sur francetvinfo.fr, (consulté le 31 juillet 2018).
  10. a et b Thomas Deslogis, « Comment le FC Mantois survit depuis la suppression des subventions par le maire RN », sur Slate, (consulté le 24 septembre 2018).
  11. a et b Aurélia Manoli, « Mantes-la-Ville (Yvelines): bilan un an et demi après l'arrivée du FN aux commandes de la ville », sur rmc.bfmtv.com, (consulté le 22 juillet 2017).
  12. Mehdi Gherdane, « Mantes-la-Ville : la police municipale peine à croître », sur leparisien.fr, (consulté le 30 octobre 2018).
  13. a b et c Le Monde.fr avec AFP, « A Mantes-la-Ville, le maire FN veut un poste de police municipale à la place de la mosquée », sur Le Monde.fr, (consulté le 22 juillet 2017).
  14. a et b Marine Turchi, « Plaintes d'une association musulmane à Mantes-la-Ville, commune FN », sur Mediapart, (consulté le 30 décembre 2018).
  15. a et b « L’Association mosquée Mantes Sud expulsée du local historique », sur lagazette-yvelines.fr, (consulté le 9 août 2019).
  16. a et b Mehdi Gherdane, « Mantes-la-Ville : les musulmans délogés de leur salle de prière par le maire RN », sur leparisien.fr, (consulté le 9 août 2019).
  17. Béatrice Houchard, « Bras de fer entre Cyril Nauth et le Préfet des Yvelines », sur L'Opinion.fr, (consulté le 22 juillet 2017).
  18. a b c d e et f Mehdi Gherdane, « Mantes-la-Ville : que vaut la gestion du seul maire FN d’Ile-de-France ? », sur leparisien.fr, (consulté le 21 novembre 2017).
  19. Mehdi Gherdane, « Mosquée de Mantes-la-Ville : le maire (RN) condamné », sur leparisien.fr, (consulté le 31 juillet 2018).
  20. Mehdi Gherdane, « Mantes-la-Ville : les communaux lancent une grève de… deux mois », sur leparisien.fr, (consulté le 21 novembre 2017).
  21. « Le « petit secret » du maire de Mantes-la-Ville », sur Le Parisien.fr, (consulté le 22 juillet 2017).
  22. « Mantes-la-Ville veut revenir à la semaine de quatre jours à l’école », sur leparisien.fr, (consulté le 22 juillet 2017).
  23. Thomas Deslogis, « La discrimination pas franchement positive du maire RN à l’égard du FC Mantois », sur Slate, (consulté le 9 août 2019).
  24. « Mantes-en-Yvelines : Jean-Luc Santini (UMP) élu premier vice-président de la Camy », sur leparisien.fr, (consulté le 21 novembre 2017).
  25. « Philippe Tautou élu à la tête de la vallée de la Seine », sur leparisien.fr, (consulté le 21 novembre 2017).
  26. « Mantes-la-Ville : le maire s’augmente de 300 € par mois », sur leparisien.fr, (consulté le 22 juillet 2017).
  27. « Régionales : le maire FN de Mantes-la-Ville a voté », sur Le Parisien.fr, (consulté le 22 juillet 2017).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Éric Farel, Maxime Fieschi et Mehdi Gherdane, Ma ville couleur bleu marine : le vrai visage du FN au pouvoir, Flammarion, (lire en ligne).