Cyril Nauth

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Cyril Nauth
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Cyril Nauth est un homme politique français, né le à Dijon.

Membre du Front national (FN) depuis 2010, il est maire de Mantes-la-Ville depuis 2014 et conseiller régional d'Île-de-France depuis 2015.

Biographie[modifier | modifier le code]

Cyril Nauth est professeur d'histoire-géographie[1].

Il adhère au FN en 2010[1]. Résidant dans la commune voisine de Mantes-la-Jolie, il indique avoir envisagé de se présenter à Mantes-la-Ville à partir de 2012[1].

La liste qu'il conduit l'emporte à Mantes-la-Ville lors des élections municipales de 2014, avec 61 voix d’avance au terme d'une quadrangulaire[2]. Alors que l'élection de nouveaux maires FN ou soutenus par le FN était attendue à Béziers (Robert Ménard), Fréjus (David Rachline), Hénin-Beaumont (Steeve Briois) ou Beaucaire (Julien Sanchez), la sienne est une surprise[3],[1] : Libération relève qu'il est alors « un inconnu à peine repéré par son état-major » et qu'il a profité de la division de la gauche, qui détenait la municipalité depuis la Libération[4],[1],[2]. Il est le premier maire issu du FN en Île-de-France[1].

Pour RMC, la sécurité constitue « la colonne vertébrale de sa politique » : en 2015, « les effectifs de police municipale ont presque doublé », bien que « la police nationale ne considère pas Mantes-la-Ville comme une zone particulièrement gangrenée par les problèmes d’insécurité »[5].

Dès sa campagne, il s'oppose à un projet de mosquée[1] qui était soutenu par l'ex-maire socialiste[6] : en 2015, le préfet des Yvelines, Erard Corbin de Mangoux, dépose un référé contre la décision du conseil municipal d’exercer son droit de préemption sur le site où elle doit s'implanter et où il souhaite installer les locaux de la police municipale[7],[6]. Pour Le Parisien, « c’est une défaite sur toute la ligne. [...] Il se retrouve avec une salle de prière et la mosquée des Merisiers, lancée par Aziz El-Jaouhari, président de l’association des musulmans de Mantes-sud. Le maire a d’ailleurs perdu quasiment tous les procès qui l’opposaient à cette association »[8].

Il se donne pour priorité la construction d’une école dans le quartier Mantes-Université, près de la gare de Mantes-Station[9].

Durant sa campagne, Cyril Nauth s'engage à ne pas augmenter la fiscalité et à faire baisser les dépenses de fonctionnement : RMC constate en 2015 que « les impôts n'ont pas augmenté. Ils n'ont pas baissé non plus. La mairie a surtout dégraissé dans les effectifs municipaux: la masse salariale a ainsi diminué de 700.000 euros. Un quart des postes a en effet été supprimé, dont une trentaine rien que pour l'animation scolaire »[5]. En octobre 2017, Le Parisien indique : « Même s’il n’a pas hérité d’une situation financière catastrophique, le maire FN pratique la rigueur budgétaire : peu de projets mais peu de dépenses. Pour les contribuables, cette politique se traduit par une stabilité des impôts locaux. Promesse tenue, donc »[8]. A l'automne 2017, il est confronté à une grève des employés municipaux en raison d'un conflit sur les congés payés[10].

En 2016, Le Monde estime que Cyril Nauth « n’a pas vraiment de projet. L’opposition non plus »[2]. La même année, le journaliste de l’édition locale du Parisien Mehdi Gherdane considère qu'il « n’a rien fait de mal, mais rien d’extraordinaire non plus… »[11]

En 2017, il demande au ministre de l’Education nationale de faire partie des communes pilotes qui testeront le retour à la semaine de quatre jours dans les écoles, la municipalité étant favorable à l’organisation qui prévalait avant 2014 et la réforme des rythmes scolaires[12].

Le Parisien relève que « contrairement à ce qui était redouté, Cyril Nauth entretient des relations « normales » avec la presse locale et ne pratique ni l’invective ni l’intimidation, à l’inverse de plusieurs de ses collègues FN ou à certains élus locaux ». Il assume cependant des positions « idéologiques » comme la suppression de la subvention à la Ligue des droits de l’homme. Il a également retiré son aide au Football Club Mantois[8].

Après les élections municipales de 2014, il fait partie des deux candidats à la présidence de la communauté d'agglomération de Mantes-en-Yvelines (Camy) : Jean-Luc Santini, maire-adjoint (UMP) de Mantes-la-Jolie, est élu avec 59 voix contre 9 pour Cyril Nauth[13]. Après la dissolution de cette intercommunalité et la création de la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise, il se présente de nouveau, en janvier 2016, à la présidence mais échoue avec 4 voix contre 64 pour Philippe Tautou, maire (LR) de Verneuil-sur-Seine, et 50 pour Paul Martinez, président (UDI) de la feu Camy[14]. Le Parisien note en 2017 que « Cyril Nauth n’a pas réussi à fédérer les élus des communes de la campagne mantaise dont certains d’entre eux épousent pourtant ses idées. Mantes-la-Ville apparaît ainsi isolée et n’a pas de projets à long terme »[8].

Cyril Nauth est également conseiller régional d'Île-de-France[15] : lors des élections régionales de 2015, il est élu en troisième position sur la liste FN des Yvelines[16].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Éric Farel, Maxime Fieschi et Mehdi Gherdane, Ma ville couleur bleu marine : le vrai visage du FN au pouvoir, Flammarion, (lire en ligne).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g Laure Equy, « Cyril Nauth, l’inconnu de Mantes-la-Ville fait profil bas », sur Libération.fr, (consulté le 22 juillet 2017).
  2. a, b et c Jean-Baptiste de Montvalon, « Le maire FN de Mantes-la-Ville fait triompher le vide », sur lemonde.fr, (consulté le 22 juillet 2017).
  3. Abel Mestre et Caroline Monnot, « Les réseaux du Front national », dans Sylvain Crépon, Alexandre Dézé, Nonna Mayer, Les Faux-semblants du Front national : sociologie d'un parti politique, Presses de Sciences Po, , p. 61.
  4. Farel, Fieschi et Gherdane 2015
  5. a et b Aurélia Manoli, « Mantes-la-Ville (Yvelines): bilan un an et demi après l'arrivée du FN aux commandes de la ville », sur rmc.bfmtv.com, (consulté le 22 juillet 2017).
  6. a et b Le Monde.fr avec AFP, « A Mantes-la-Ville, le maire FN veut un poste de police municipale à la place de la mosquée », sur Le Monde.fr, (consulté le 22 juillet 2017).
  7. Béatrice Houchard, « Bras de fer entre Cyril Nauth et le Préfet des Yvelines », sur L'Opinion.fr, (consulté le 22 juillet 2017).
  8. a, b, c et d Mehdi Gherdane, « Mantes-la-Ville : que vaut la gestion du seul maire FN d’Ile-de-France ? », sur leparisien.fr, (consulté le 21 novembre 2017).
  9. « Le « petit secret » du maire de Mantes-la-Ville », sur Le Parisien.fr, (consulté le 22 juillet 2017).
  10. Mehdi Gherdane, « Mantes-la-Ville : les communaux lancent une grève de… deux mois », sur leparisien.fr, (consulté le 21 novembre 2017).
  11. Grégory Marin, « Le frontisme municipal, arnaque électorale », sur L'Humanité.fr, (consulté le 22 juillet 2017).
  12. « Mantes-la-Ville veut revenir à la semaine de quatre jours à l’école », sur Le Parisien.fr, (consulté le 22 juillet 2017).
  13. « Mantes-en-Yvelines : Jean-Luc Santini (UMP) élu premier vice-président de la Camy », sur leparisien.fr, (consulté le 21 novembre 2017).
  14. « Philippe Tautou élu à la tête de la vallée de la Seine », sur leparisien.fr, (consulté le 21 novembre 2017).
  15. « Mantes-la-Ville : le maire s’augmente de 300 € par mois », sur Le Parisien.fr, (consulté le 22 juillet 2017).
  16. « Régionales : le maire FN de Mantes-la-Ville a voté », sur Le Parisien.fr, (consulté le 22 juillet 2017).