Matteo Salvini

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Matteo Salvini
Illustration.
Matteo Salvini.
Fonctions
Vice-président du Conseil des ministres
Ministre de l'Intérieur
En fonction depuis le
(21 jours)
Président du Conseil Giuseppe Conte
Gouvernement Conte
Prédécesseur Marco Minniti (Intérieur)
Secrétaire fédéral de la Ligue du Nord
En fonction depuis le
(4 ans, 6 mois et 7 jours)
Prédécesseur Roberto Maroni
Sénateur de la République italienne
En fonction depuis le
(2 mois et 30 jours)
Élection 4 mars 2018
Législature XVIIIe
Groupe politique Lega - Salvini Premier
Coalition Centre-droit
Député européen

(8 ans, 8 mois et 9 jours)
Élection 6-7 juin 2009
Réélection 25 mai 2014
Circonscription Nord-Ouest (Italie)
Législature 7e et 8e
Groupe politique ELD (2009-2014)
NI (2014-2015)
ENL (2015-2018)

(2 ans, 3 mois et 18 jours)
Élection 12-13 juin 2004
Circonscription Nord-Ouest (Italie)
Législature 6e
Groupe politique IND/DEM (2004-2006)
NI (2006)
Député de la République italienne

(1 an, 2 mois et 14 jours)
Élection 13-14 avril 2008
Législature XVIe
Biographie
Date de naissance (45 ans)
Lieu de naissance Milan (Italie)
Nationalité Italienne
Parti politique Ligue du Nord (depuis 1990)
Profession Journaliste

Signature de Matteo Salvini

Matteo Salvini (né le à Milan) est un homme politique italien, dirigeant du parti de la Ligue du Nord.

Député européen à partir de 2004, il devient en 2013 secrétaire fédéral de la Ligue du Nord, dont il abandonne le régionalisme au profit d'une ligne davantage souverainiste, populiste et identitaire. À la suite des élections générales de 2018, il est élu sénateur et entre au gouvernement Conte comme ministre de l'Intérieur et vice-président du Conseil.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Matteo Salvini, né à Milan de parents milanais, est le fils d'un dirigeant d'entreprise et d'une femme au foyer[1].

Formation[modifier | modifier le code]

Il effectue ses études dans un collège catholique et obtient un baccalauréat en lettres en 1992. Il fait ses études à Milan au lycée Alessandro-Manzoni.

À l'université de Milan, il suit ensuite des études en science politique, en lettres puis en histoire[2]. Peu assidu, il n'obtient pas de diplôme[3].

Il est journaliste au quotidien la Padania et à la radio Padania Libera[2],[4].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il se marie en 2003.

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Débuts en politique[modifier | modifier le code]

Séduit par le charisme d'Umberto Bossi[2], il adhère à la Ligue du Nord en 1990, à l'âge de 17 ans. Il est élu conseiller municipal de Milan en 1993, occupant ce mandat pendant 20 ans[4].

En 1997, il mène la liste des « communistes padaniens » aux élections du Parlement de la Padanie, organe politique italien officieux créé par la Ligue du Nord. Sa liste remporte cinq des 210 sièges à pourvoir[5].

Matteo Salvini est député européen de 2004 à 2006, puis de nouveau à partir de 2009.

Secrétaire général de la Ligue du Nord[modifier | modifier le code]

Il devient secrétaire de la Ligue du Nord en 2012[6]. Après une élection interne remportée le 7 décembre 2013 avec 82 % des voix des militants face au fondateur et chef historique de la Ligue, Umberto Bossi, il devient secrétaire fédéral du parti[7].

Le parti est alors moribond et enchaîne les échecs électoraux[2]. Après avoir été député de la République de 2008 à 2009, Matteo Salvini est réélu à la Chambre des députés lors des élections générales de 2013, en Lombardie. Il démissionne aussitôt après son élection, optant pour son mandat de député européen. Au niveau national, la Ligue du Nord obtient seulement 4 % des voix.

Pour faire face au déclin de son parti, il renonce aux ambitions sécessionnistes du Nord au profit d'un discours s'opposant davantage à l'Union européenne et à l'immigration. Cette stratégie permet à la Ligue du Nord de remonter significativement dans les études d'opinion[2]. La crise migratoire en Europe renforce son écho dans l'opinion[8]. En vue des élections européennes de 2014, il propose un programme commun avec Marine Le Pen[9]. Il est réélu dans les trois circonscriptions où il se présente (Nord-Ouest, Nord-Est, Centre)[10]. Il est vice-président du groupe Europe des nations et des libertés depuis sa fondation, en 2015[11]. Politico le présente en 2016 comme l'un des 40 députés européens les plus influents[12]. Il fait partie des députés les plus absentéistes du Parlement européen[13].

Élections générales de 2018[modifier | modifier le code]

Matteo Salvini en 2018.

Lors des élections générales de 2018, dans le cadre de la coalition de centre-droit, il s'allie notamment avec Forza Italia de Silvio Berlusconi[14]. Malgré des divergences, il s'entend avec Berlusconi pour permettre au parti arrivé en tête de la coalition de choisir le candidat de la droite à la présidence du Conseil des ministres. Fait inédit et contrairement aux derniers sondages, la Ligue du Nord arrive devant Forza Italia. La Ligue réalise ainsi son meilleur score historique et Matteo Salvini est considéré, avec Luigi Di Maio (Mouvement 5 étoiles), comme le vainqueur des élections[15].

Vice-président du Conseil et ministre de l'Intérieur[modifier | modifier le code]

Le , il est nommé vice-président du Conseil des ministres – aux côtés de Luigi Di Maio – et ministre de l'Intérieur du gouvernement Conte[16].

Positionnement[modifier | modifier le code]

Ligne générale[modifier | modifier le code]

Le politologue Jean-Yves Camus indique qu'avec son arrivée à la tête de la Ligue du Nord, l'agenda du parti « est devenu beaucoup plus national, souverainiste, anti-immigration, islamophobe, avec une récurrence très forte sur le thème de l’identité »[17]. L'historien Nicolas Lebourg remarque que Matteo Salvini a laissé de côté la Padanie, espace imaginaire de référence du parti, « pour se concentrer sur une opposition franche à l'immigration, à l'islam, à l'Union européenne, aux Roms et aux réfugiés qui débarquent dans le Mezzogiorno depuis 2007 »[18].

Sous sa direction, la Ligue du Nord se rapproche de Frères d'Italie[19]. Les politologues Gaël Brustier et David Djaïz voient en lui et Giorgia Meloni, présidente de Frères d'Italie, les tenants d'« un authentique populisme de droite, identitaire et anti-élite, dénonçant le supposé risque migratoire, l'islam et les politiques économiques imposées par Angela Merkel et relayées par l'UE »[20].

Économie[modifier | modifier le code]

Il décrit en 2016 l'euro comme un « crime contre l'humanité »[12].

Proche depuis 2014 d'Armando Siri, fondateur en 2010 d'un parti confidentiel (Partito Italia Nuova) qui devient son conseiller économique, il adhère à sa proposition d'un impôt à taux unique (flat tax) à 15 %, en fait un pilier de son programme et obtient son intégration dans le programme de sa coalition aux élections générales italiennes de 2018, alors que Silvio Berlusconi privilégiait un taux de 23 %[21]. Dans l'accord de gouvernement avec le Mouvement cinq étoiles, il accepte une concession avec deux taux, très bas au regard de la fiscalité italienne (excepté pour les entreprises qui conservent un taux unique de 15 %) : 15 % jusqu’à un revenu de 80 000 euros annuels et 20 % au-delà, sans aucune décote possible : pour Mediapart, « ce sera donc un impôt à taux unique imparfait sur le plan théorique, mais très proche de la proposition de la Ligue sur le plan pratique »[21]. Mediapart souligne que cette proposition a été avancée par Matteo Salvini comme « un élément mobilisateur pour l’électorat qu’il vise, notamment les classes moyennes déçues par le berlusconisme », qui lui permet de renoncer à la sortie de la zone euro : « pour la Ligue, l’essentiel est la réforme fiscale : si elle peut la faire dans le cadre de l’euro, elle n’a pas besoin de réfléchir à une sortie de la monnaie unique »[21].

Société[modifier | modifier le code]

En 2009, il se déclare favorable à des wagons séparés pour les « seuls Milanais » dans le métro de la capitale lombarde[22],[23].

Il est opposé à l'union civile des couples de même sexe[1] mise en place en 2014.

Détail des mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Au gouvernement[modifier | modifier le code]

  • depuis 2018 : vice-président du Conseil des ministres, ministre de l'Intérieur

Au Sénat de la République[modifier | modifier le code]

  • depuis 2018 : sénateur de la République

Au Parlement européen[modifier | modifier le code]

À la Chambre des députés[modifier | modifier le code]

Au niveau local[modifier | modifier le code]

  • 1993 - 2013 : conseiller municipal de Milan

Fonctions politiques[modifier | modifier le code]

  • 1998 - 2004 : secrétaire provincial de la Ligue du Nord (Milan)
  • 2012 - 2013 : secrétaire national de la Ligue lombarde
  • depuis 2013 : secrétaire fédéral de la Ligue du Nord

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Charlie Vandekerkhove, « Matteo Salvini, l'homme qui revendique le pouvoir en Italie », bfmtv.com, 5 mars 2018.
  2. a, b, c, d et e http://www.bfmtv.com/international/qui-est-matteo-salvini-qui-revendique-le-pouvoir-en-italie-1388482.html
  3. « Italie : le populiste Matteo Salvini à la conquête du pouvoir », sur francetvinfo.fr, (consulté le 20 mai 2015).
  4. a et b http://www.europarl.europa.eu/meps/fr/28404/MATTEO_SALVINI_cv.html
  5. (it) Alessandro Madron, « Lega, il salto di Salvini. Dai Comunisti padani all’amicizia con l’estrema destra », sur il Fatto Quotidiano.it, (consulté le 25 mars 2016).
  6. (it) « Matteo Salvini eletto segretario della Lega », sur Rainews24.it, .
  7. (it) « Matteo Salvini è il nuovo segretario della Lega Nord : « No all'Ue, è un gulag », sur repubblica.it, (consulté le 20 mai 2015).
  8. https://www.francetvinfo.fr/monde/italie/elections-italiennes/matteo-salvini-l-homme-qui-a-fait-passer-la-ligue-du-nord-du-regionalisme-au-nationalisme_2639864.html
  9. (it) « Europee, Salvini con la Le Pen : presto programma comune », sur repubblica.it, (consulté le 20 mai 2015).
  10. (it) « Elenco in ordine alfabetico dei candidati che potrebbero risultare eletti », sur elezioni.interno.it.
  11. http://www.europarl.europa.eu/meps/fr/28404/MATTEO_SALVINI_history.html
  12. a et b (en) Ryan Heath, « The 40 MEPs who matter - Matteo Salvini », sur Politico.eu (consulté le 19 mai 2016).
  13. [http:www.milano.repubblica.it/cronaca/2016/12/02/news/salvini_perde_la_causa_per_diffamazione_lei_e_il_piu_grande_assenteista_di_bruxelles_non_e_reato-153310950/amp/]
  14. https://www.theguardian.com/world/2018/feb/23/berlusconi-salvini-united-italian-elections-forza-italia-lega
  15. http://www.lejdd.fr/international/europe/italie-la-coalition-droite-extreme-droite-en-tete-des-legislatives-3590474
  16. (it) Alberto Custodero, « Nasce il governo Conte, Di Maio e Salvini vice. Ecco i ministri dell'esecutivo M5s-Lega - Repubblica.it », sur Repubblica.it, (consulté le 1er juin 2018).
  17. Rémi Duchemin, « Marion Maréchal-Le Pen invitée de la sulfureuse Ligue du Nord en Italie », sur Europe 1.fr, (consulté le 16 mars 2016).
  18. Nicolas Lebourg, « Les alliés du Front national au sein de l'Union européenne », Notes de la Fondation Jean Jaurès,‎ (lire en ligne).
  19. Gaël Brustier, « Voici les visages méconnus de l’extrême droite européenne », sur Slate, (consulté le 26 juillet 2016).
  20. Gaël Brustier et David Djaïz, « Vers un nouveau monde : les monstres sont dans l'isoloir (1/3) », sur lefigaro.fr, (consulté le 11 décembre 2016).
  21. a, b et c Romaric Godin, « En Italie, la «flat tax» ancre bien à droite le nouveau gouvernement », sur Mediapart, (consulté le 5 juin 2018).
  22. Abel Mestre et Caroline Monnot, « Les réseaux du Front national : sociologie d'un parti politique », dans Sylvain Crépon, Alexandre Dézé, Nonna Mayer, Les Faux-semblants du Front national, Presses de Sciences Po, , p. 69.
  23. [1]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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