Jean-François Jalkh

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Jean-François Jalkh
Jean-François Jalkh en 2015.
Jean-François Jalkh en 2015.
Fonctions
Député européen
En fonction depuis le
(3 ans et 25 jours)
Élection 25 mai 2014
Circonscription Est
Législature 8e
Groupe politique NI (2014-2015)
ENL (depuis 2015)
Vice-président du Front national
chargé des élections et des contentieux électoraux puis chargé des affaires juridiques depuis 2015
Président par intérim du 25 au 28 avril 2017[N 1]
En fonction depuis le
(5 ans et 14 jours)
Avec Alain Jamet (2012-2014)
Steeve Briois (depuis 2014)
Louis Aliot
Marie-Christine Arnautu
Florian Philippot
Président Marine Le Pen
Président du Mouvement pour l'Europe des nations et des libertés

(2 ans)
Prédécesseur Parti créé
Secrétaire général du Front national

(8 mois et 14 jours)
Prédécesseur Louis Aliot
Successeur Steeve Briois
Conseiller régional de Lorraine

(5 ans, 8 mois et 22 jours)
Député

(2 ans, 1 mois et 12 jours)
Circonscription Seine-et-Marne
Législature VIIIe
Groupe politique FN-RN
Biographie
Date de naissance (60 ans)
Lieu de naissance Tournan-en-Brie (Seine-et-Marne)
Nationalité Français
Parti politique FN (depuis 1974)
Diplômé de Université Paris-II
Profession Journaliste

Jean-François Jalkh, né le à Tournan-en-Brie, est un homme politique français.

Secrétaire général puis délégué général du Front national, il en est vice-président à partir de 2012.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et formation[modifier | modifier le code]

Jean-François Jalkh naît le à Tournan-en-Brie[1] dans une famille d'origine libanaise[2].

Il suit des études de droit à l'université Paris-II[1] ; il est titulaire d'une maîtrise en droit (1980)[réf. souhaitée].

Carrière dans la presse[modifier | modifier le code]

Jean-François Jalkh est journaliste à National-Hebdo sous le pseudonyme « Philippe Chevalier »[3] à partir de 1984[1].

Il travaille alors avec Roland Gaucher et prend en charge la rubrique « Les Envahisseurs », consacrée à l'immigration[4].

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Jean-François Jalkh adhère au Front national de la jeunesse (FNJ) en , « à une époque où [ce dernier est] structuré par des nationalistes révolutionnaires flirtant avec la mouvance néo-nazie », selon le journaliste Laurent de Boissieu[5].

Dissuadé par Jean-Pierre Stirbois de « travailler dans le privé », il devient membre du comité central du Front national en 1981[6], du bureau politique en 1982, et participe à la campagne de ce dernier à Dreux lors des élections municipales de 1983[7]. Il sera également secrétaire national aux élections[Quand ?], membre de la commission nationale d’investitures depuis 1989 et membre de la commission de discipline et de conciliation[Quand ?],[réf. nécessaire].

Il est député de Seine-et-Marne et membre du groupe Front national – Rassemblement national (dont il est le benjamin[8]) lors de la VIIIe législature de la Cinquième République française, en 1986. Le , il fait partie du bureau d'âge de l'Assemblée, en qualité de secrétaire de séance[9]. Il sera le dernier des députés du groupe à exercer des fonctions de premier plan au sein du parti[10]. Le 5 juin 1986, il soumet une proposition de loi « tendant à établir une préférence nationale en matière d’emploi »[11]. Son mandat échet en 1988.

Il est candidat en 39e position de la liste FN lors des élections européennes de 1989[12].

Il est conseiller régional d'Île-de-France de 1992 à 2010.

Il est tête de liste FN à Meaux lors des élections municipales de 1995[13] : il termine en troisième position (16,86 %), derrière Jean Lion (37 %) et Jean-François Copé (30,7 %)[14].

Il est tête de liste FN à Melun lors des élections municipales de 2001 : il recueille plus de 15 % des voix, en baisse par rapport au résultat de 1995 (plus de 18 % pour le FN)[15].

Candidat FN dans la troisième circonscription de Seine-et-Marne lors des élections législatives de 2002, il recueille 13,8 % des voix (4e position)[16].

Le , tête de liste du FN dans le département des Vosges, il est élu conseiller régional de Lorraine. Il préside dès lors le groupe FN au conseil régional de Lorraine[17].

À la suite de la démission de Louis Aliot, qui préfère quitter ses fonctions pour soutenir la candidature de Marine Le Pen à la tête du parti, il est nommé, le , secrétaire général du Front national afin de préparer le congrès de Tours au cours duquel Marine Le Pen et Bruno Gollnisch se disputent la succession de Jean-Marie Le Pen[18]. À l'issue de ce congrès, il devient délégué général du Front national, un poste autrefois occupé par Bruno Mégret puis Bruno Gollnisch et qui a été supprimé en novembre 2007. Il a également été nommé membre du Bureau exécutif du Front national[19].

Candidat aux élections législatives de 2012 dans la deuxième circonscription des Vosges, il arrive en troisième position, derrière le sortant UMP Gérard Cherpion et le socialiste Jack Lang. Avec 17,44 % des suffrages exprimés, soit 10,34 % des inscrits, Jean-François Jalkh ne se qualifie donc pas pour le second tour.

Le 12 juillet suivant, il est nommé vice-président du Front national chargé des élections et des contentieux électoraux puis des affaires juridiques depuis mars 2015[19]. La délégation générale est supprimée[20].

En 2014, il est élu député européen dans la circonscription de l'Est en tant que troisième de la liste Front national qui recueille 28,98 % des suffrages[21]. Au sein du Parlement européen, il est membre de la Commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire et de la Délégation pour les relations avec l'Afrique du Sud. Il est aussi membre suppléant de la Commission de la culture et de l'éducation et de la Délégation pour les relations avec le Japon[19].

En l'absence de Marine Le Pen, il préside la réunion du bureau exécutif du FN aboutissant en 2015 à l'exclusion de Jean-Marie Le Pen[8].

Dans l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle de 2017, Marine Le Pen, qualifiée pour le second tour, se met « en congé » de la présidence du FN, conduisant Jean-François Jalkh à prendre les rênes du parti par intérim en tant que premier vice-président du parti, selon l'article 16 des statuts du FN[22],[23]. Il se retire trois jours après devant la polémique suscitée par l'exhumation de propos supposés négationnistes ; il est remplacé par Steeve Briois[24].

Affaires judiciaires[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaire Jeanne.

Le , Jean-François Jalkh est mis en examen pour « escroqueries, abus de confiance et acceptation par un parti politique d'un financement provenant d'une personne morale ». Il est poursuivi en tant que secrétaire général de Jeanne, un micro-parti, dirigé par des personnalités proches de Marine Le Pen, qui fait lui-même l’objet d’une mise en examen en tant que personne morale. Il est le premier haut cadre du FN à être inquiété dans cette affaire[25]. Les juges ordonnent, en octobre 2016 son renvoi devant le tribunal correctionnel[26],[27].

Il est également cité dans l'affaire de la politique d'embauche des assistants parlementaires de Jean-Marie Le Pen. Ce dernier, alors eurodéputé, aurait employé Jean-François Jalkh sans pour autant pouvoir prouver un quelconque travail d'assistance. Le Parlement européen réclame à Le Pen le remboursement des 320 000 € pour emploi fictif[28].

Positionnement[modifier | modifier le code]

Jean-François Jalkh est proche dans les années 1980 de Jean-Pierre Stirbois, alors secrétaire général du FN, et de son aile « solidariste »[5],[29]. Dans les années 2000, il est proche de Bruno Gollnisch[30]. D'après Gilles Ivaldi, « il est l'un des rares lepénistes historiques avec Louis Aliot à avoir réussi la transition mariniste. Il bénéficie d'un profil très consensuel, pas clivant, contrairement à d'autres comme Florian Philippot »[31]. Pour Romain Rosso, « il n'appartient à aucun clan et a toujours pris soin d'éviter les querelles de chapelle[32] ».

En , il participe avec Jean-Marie Le Pen à la commémoration de la mort de Philippe Pétain à l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet[33].

Il aurait déclaré, en 2000, d'après des propos rapportés cinq ans plus tard dans Le Temps des savoirs, qu'il distingue parmi les négationnistes et les révisionnistes, d'une part les « gens détestables », et d'autre part « [un] négationniste ou [un] révisionniste sérieux » comme Robert Faurisson ; dans une phrase dont on ne sait si elle reflète sa pensée ou résume celle d’un autre, il conclut « sur l’utilisation d’un gaz, par exemple, qu’on appelle le Zykon B [sic], moi je considère que d’un point de vue technique, il est impossible […] je dis bien impossible de l’utiliser dans des […] exterminations de masse ». Dans le même temps, Jean-François Jalkh rejette l'étiquette de négationniste pour lui-même[10],[34]. Il dément avoir tenu ces propos lorsqu'ils sont relayés par Laurent de Boissieu à l'occasion de son accession à la présidence du FN par intérim[35] ; selon Le Monde, Jean-François Jalkh n’avait pourtant jusqu'alors jamais nié avoir tenu ces propos[29]. Le sénateur FN David Rachline indique que Jean-François Jalkh « a déposé une plainte parce que cette affaire est montée de toutes pièces »[10]. La chercheuse Magali Boumaza, qui aurait recueilli ses propos, affirme en détenir la preuve[29],[10].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • « Philippe Chevalier », Petit guide du Chirac dans tous ses états, Paris, National-Hebdo, coll. « Les Archives ouvertes de National-Hebdo » (no 2), , 74 p. (EAN 2000059518349)
  • Jean-François Jalkh et Jean-Pierre Stirbois, Dossier immigration, Paris, National-Hebdo,
  • Jean-François Jalkh et Jean-Yves Le Gallou, Être Français, cela se mérite, Paris, Albatros,
  • Bruno Mégret (dir.), Damien Bariller et Jean-François Jalkh, Militer au Front : cycle du militant, Paris, Éditions nationales, , 158 p. (notice BnF no FRBNF3614975)

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Dans la bande dessinée uchronique de François Durpaire et Farid Boudjellal, La Présidente, où Marine Le Pen gagne l’élection présidentielle de 2017, Jean-François Jalkh devient ministre de l'Écologie et de la Protection animale[36].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Durant la campagne de Marine Le Pen pour le second tour de l'élection présidentielle.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Seine-et-Marne. L’ancien conseiller municipal Jalkh nouveau patron du Front national », sur leparisien.fr, (consulté le 25 avril 2017).
  2. Julien Ramia, « Ces Franco-Libanais dans l'entourage des candidats à la présidentielle française - Julien ABI RAMIA », L'Orient-Le Jour,‎ (lire en ligne).
  3. Emmanuel Ratier (préf. Henry Coston), Encyclopédie des pseudonymes, t. I, Paris, Faits et Documents, , 330 p. (ISBN 2-909-76910-0, notice BnF no FRBNF35616656), p. 63, 297.
  4. Damien Perrotin, « Quand Jean-François Jalkh signait des articles sur la race, les juifs et «les envahisseurs» dans National Hebdo », sur buzzfeed.com, .
  5. a et b Laurent de Boissieu, « Sisyphe ou la dédiabolisation du FN », sur ipolitique.fr, (consulté le 29 avril 2017).
  6. « Ces jeunes fachos qui, peut-être, nous gouverneront… », sur reflexes.samizdat.net, .
  7. Dominique Albertini et David Doucet, « Il y a trente ans, le «tonnerre de Dreux» imposait le FN sur la scène politique », sur slate.fr, .
  8. a et b Dominique Albertini, « Trente ans après, les 35 députés FN de 1986 sont presque tous partis », sur www.liberation.fr, (consulté le 15 mars 2016).
  9. Guy Birenbaum, Le Front national en politique, Paris, Balland, coll. « Fondements », , 358 p. (ISBN 2-7158-0889-5), p. 87.
  10. a, b, c et d Dominique Albertini, « Jean-François Jalkh, remplaçant de Marine Le Pen, accusé de négationnisme », sur liberation.fr, (consulté le 26 avril 2017).
  11. Pauline Moullot, « Taxe des emplois étrangers : une arme de dissuasion massive », sur liberation.fr, (consulté le 27 avril 2017).
  12. https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000378988.
  13. Marc Pivois, « En Seine-et-Marne, le FN, c'est à la carte », sur liberation.fr, (consulté le 27 avril 2017).
  14. Marc Pivois, « Un jeune loup face au vieux Lion de MeauxVainqueur à droite, Jean-François Copé prépare son duel contre le maire socialiste. », sur liberation.fr, (consulté le 27 avril 2017).
  15. Christophe Forcari, « L'extrême droite affaiblie mais pas morte. », sur liberation.fr, (consulté le 27 avril 2017).
  16. « LEGISLATIVES 2002. 1ER TOUR. RESULTATS 77 - Seine-et-Marne », sur liberation.fr, (consulté le 27 avril 2017).
  17. « Front national : l'inconnu Jean-François Jalkh, président d'un jour », l'Opinion,‎ (lire en ligne).
  18. Geoffroy Clavel, « Jean-François Jalkh, un lepéniste historique pour juger Jean-Marie Le Pen », sur Le Huffington Post.fr, (consulté le 25 avril 2017).
  19. a, b et c « Jean-François Jalkh », sur frontnational.com (consulté le 30 novembre 2015).
  20. AFP, « F. Philippot devient vice-président du FN », dans lefigaro.fr, , consulté le .
  21. « Résultats des élections européennes 2014 / Européennes / Les résultats / Elections - Ministère de l'Intérieur », sur Ministère de l'Intérieur (consulté le 27 avril 2015).
  22. Marc de Boni, « Jean-François Jalkh, un compagnon de route de Jean-Marie Le Pen aux manettes du FN », sur lefigaro.fr, (consulté le 25 avril 2017).
  23. Dominique Albertini, « FN : Marine Le Pen, un «congé» à peu de frais », sur liberation.fr, (consulté le 25 avril 2017).
  24. « Auteur de propos négationnistes, Jean-François Jalkh ne sera finalement pas président du FN », sur lemonde.fr, (consulté le 28 avril 2017).
  25. Geoffroy Clavel, « Front national: un vice-président mis en examen dans l'enquête sur le micro-parti de Marine Le Pen », Huffpost,‎ (lire en ligne).
  26. Marine Tuchi, « Le micro-parti de Marine Le Pen visé par une nouvelle enquête judiciaire », sur mediapart.fr, )
  27. Olivier Faye et Simon Piel, « Le Front national va devoir affronter l’épreuve d’un procès », sur lemonde.fr, (consulté le 7 octobre 2016).
  28. « Le Parlement européen réclame 320.000 euros à Jean-Marie Le Pen », sur LCP, (consulté le 22 juin 2016).
  29. a, b et c Maxime Vaudano et Olivier Faye, « Le nouveau président du FN, Jean-François Jalkh, rattrapé par des déclarations négationnistes », sur lemonde.fr, (consulté le 27 avril 2017).
  30. Christophe Forcari, « Gollnisch, dauphin putatif et peu combatif », sur liberation.fr, (consulté le 27 avril 2017).
  31. Cyril Simon, « FN : Jean-François Jalkh, le président fantôme qui remplace Marine Le Pen », sur leparisien.fr, (consulté le 25 avril 2017).
  32. Romain Rosso, La Face cachée de Marine Le Pen, Paris, Flammarion, coll. « Flammarion Enquête », , 297 p. (ISBN 978-2-08-126226-3, lire en ligne).
  33. « La commémoration de la mort du maréchal Pétain », sur lemonde.fr, .
  34. « Selon le nouveau chef du FN, il est « impossible d’utiliser le Zyklon B dans des exterminations de masse » », sur The Times of Israel.com, (consulté le 25 avril 2017).
  35. Robin Andraca, « Le nouveau président du FN aurait accrédité des thèses négationnistes », sur Arrêt sur images.net, (consulté le 25 avril 2017).
  36. François Durpaire et Farid Boudjellal, La Présidente, Les Arènes, , p. 55.

Liens externes[modifier | modifier le code]