Pierre Bousquet

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Pierre Bousquet
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Pierre Bousquet (1919-1991) est un homme politique et journaliste français.

Waffen-SS au sein de la Division Charlemagne devenu une personnalité de l’extrême droite française, il est le premier trésorier du Front national, dont il dépose les statuts avec Jean-Marie Le Pen en 1972, avant de quitter le parti à la fin de l’année 1980.

Il participe enfin à la fondation du Parti nationaliste français en 1983.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né en à Tours, Pierre Bousquet est le fils d'un militaire[1].

Durant l'entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Membre du Parti franciste depuis 1935, il était devenu délégué général du bureau de commandement de la Jeunesse franciste en 1941.

SS[modifier | modifier le code]

Caporal (rottenführer) de la 33e division de grenadiers SS Charlemagne[2], membre de la Kampfschule de Wilhelm Weber, il fait partie des 300 Français qui combattront les Russes en avril 1945 dans la capitale allemande. Pierre Bousquet est décrit dans l'ouvrage de Jean Mabire La division Frankreich sous le pseudonyme de Pierre Mousquet.

Il se fait passer à la chute de l'Allemagne nazie pour un travailleur du STO auprès des troupes américaines, et réussit à se faire affecter à l’arrestation et au renvoi vers la France des collaborateurs[3].

À la Libération, il est condamné à mort, mais n'effectue que deux ans et demi de prison[1].

Après-guerre : militantisme à l'extrême droite[modifier | modifier le code]

En 1946, il tente, avec d'autres anciens Waffen-SS français, d'intégrer des organisations anti-communistes[3].

Cadre de Jeune Nation de 1956 à 1958, il est écroué en 1960 pour « atteinte à la sûreté intérieure de l'État » et « reconstitution de ligue dissoute », aux côtés notamment de François Duprat[4].

Il rejoint l'équipe d'Europe-Action en 1963, et devient à ce titre un des principaux animateurs du Mouvement nationaliste du progrès — créé en 1966 à cause de désaccords avec Jean-Louis Tixier-Vignancour[5] —, puis de son émanation le Rassemblement européen de la liberté (REL).

Après la dispersion de ce dernier il participe l'année suivante à la création du journal Militant , puis en 1970 à celle du Parti national populaire de Roger Holeindre (qui devient peu après le Parti de l'unité française).

Front national (1972-1983)[modifier | modifier le code]

Proche de Georges Bidault[6], Pierre Bousquet dépose les statuts du Front national avec son premier président, Jean-Marie Le Pen, à sa fondation en 1972[3]. Il a été membre du premier bureau politique du parti, et son premier trésorier pendant neuf ans[2].

Il est candidat aux élections législatives de 1978 dans la 9e circonscription de Paris[7].

À son sujet, Jean-Marie Le Pen déclare en 1984 : « M. Bousquet a peut-être eu les responsabilités que vous dites, il a peut-être été un ancien SS mais moi je suis de ceux qui sont pour la réconciliation des Français... »[8].

De 1983 à sa mort[modifier | modifier le code]

Dissident du FN lepéniste, Pierre Bousquet est en 1983 l'un des fondateurs du Parti nationaliste français (PNF).

En 1986, il déclare « ne pas » considérer son passé SS « comme une erreur de jeunesse » ; il condamne toutefois les « chambres à gaz » et les « tortures » du régime nazi[1]. Il affirme continuer à militer « pour l'Europe blanche, de Brest à Vladivostok[1] ».

Serge Ayoub a été proche de lui à partir de 1987[9].

Il meurt le . Sont présents à ses obsèques Roland Gaucher et Roger Holeindre[10].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Durant sa vie, il exercera les professions d'encaisseur, puis de directeur commercial aux halles de Rungis[1].

Il est païen[11].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e « "Jean-Marie Le Pen est un réformiste qui se trompe car la démocratie n'est pas amendable..." », sur lemonde.fr, .
  2. a et b « Le Pen et ses fantômes », dans Le Point, no 1546, 3 mai 2002
  3. a, b et c « Les anciens SS ont reconstruit l'extrême droite française après 1945 », Slate.fr,‎ (lire en ligne)
  4. « Six membres de Jeune Nation parmi lesquels les incendiaires de la rue Racine sont écroués à la Sante », sur lemonde.fr, .
  5. « Nouvelle scission au sein du mouvement animé par M. Tixier-Vignancour », sur lemonde.fr, .
  6. Joseph Beauregard et Nicolas Lebourg, « Les numéros deux du FN (4/4) : Louis Aliot, le mariniste », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  7. « Mme Scrivener ne se présentera pas », sur lemonde.fr, .
  8. Jean-Marie Le Pen, février 1984, Heure de vérité à Antenne 2. Cité par Pierre Milza, « Le Front national crée-t-il une culture politique? », dans Vingtième Siècle. Revue d'histoire, No. 44, Numéro spécial: « La culture politique. En France depuis de Gaulle » (oct.-déc., 1994), p. 41, note 2.
  9. Frédéric Haziza, Vol au-dessus d'un nid de fachos : Dieudonné, Soral, Ayoub et les autres, Paris, Fayard, , 180 p. (ISBN 978-2-213-68105-4, lire en ligne).
  10. « Front national : François Brigneau, un mort encombrant », L'Obs,‎ (lire en ligne)
  11. « Entre mouvements ultras et partis traditionnels, des frontières parfois floues », sur lemonde.fr, .

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Isabelle Ziegler et Roland Lewin (dir.), Pierre Bousquet et le Parti nationaliste français : du francisme à nos jours, mémoire et histoire d'un apparatchik fasciste français (mémoire pour le diplôme de l'Institut d'études politiques de Grenoble), Grenoble, Institut d'études politiques de Grenoble, , 217 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]