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Grand remplacement

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Couverture de la deuxième édition du livre Le Grand Remplacement, publiée en 2012 par Renaud Camus.

Le « grand remplacement » est une théorie complotiste d'extrême droite, raciste et xénophobe, aux origines néo-nazies et antisémites, selon laquelle il existerait un processus délibéré de substitution de la population française et européenne par une population non européenne, originaire en premier lieu d'Afrique noire et du Maghreb. Ce changement de population impliquerait un changement de civilisation et ce processus serait soutenu par l'élite politique, intellectuelle et médiatique européenne, par idéologie ou par intérêt économique.

Cette thèse a été réintroduite en 2010 par Renaud Camus, écrivain français d'extrême droite. L'expression est principalement utilisée par son auteur dans le programme des deux micro-partis nationalistes qu'il a fondés[réf. nécessaire] et par l'extrême droite française, notamment la mouvance identitaire, tout en étant qualifiée de complotiste par les spécialistes et certains membres du Rassemblement national, dont Marine Le Pen.

Les principaux arguments de cette thèse, qu'ils soient démographiques ou culturels, sont réfutés par la grande majorité des spécialistes, qui récusent autant la méthode dont elle émane que la logique qui la sous-tend.

Définition

Renaud Camus, à l'origine de la théorie du grand remplacement.

Le grand remplacement est une théorie popularisée[1],[2],[3],[4] par l'écrivain d'extrême droite Renaud Camus, qui est souvent présenté comme étant son inventeur[2],[5]. Il énonce sa thèse dans le livre L'Abécédaire de l'in-nocence publié en 2010, et en fait le titre d’un autre ouvrage qu'il publie en 2011[2]. Cette théorie est principalement utilisée par l’extrême droite identitaire[6]. D'après cette vision, les Français « de souche » seraient évincés démographiquement par des peuples non européens, principalement issus des pays du Maghreb et de l'Afrique subsaharienne[7] suivant un processus d'immigration de « peuplement » avec la bénédiction d’un « pouvoir remplaciste »[8].

Renaud Camus théorise l'idée qu'à la faveur de l'immigration et des différentiels de fécondité, les immigrés ou les Français issus de l’immigration tendent à devenir majoritaires sur des portions en expansion constante du territoire français métropolitain, et que ce processus doit conduire à une substitution de population au terme de laquelle la France cessera d'être une nation essentiellement européenne[9]. Camus affirme que « le grand remplacement n'a pas besoin de définition » car ce ne serait « pas un concept » mais un « phénomène », déclarant : « Un peuple était là, stable, occupant le même territoire depuis quinze ou vingt siècles. Et tout à coup, très rapidement, en une ou deux générations, un ou plusieurs autres peuples se substituent à lui. Il est remplacé, ce n’est plus lui. »[10] Il indique : « la proportion d’indigènes est encore assez haute parmi les personnes les plus âgées, mais elle va s’amenuisant spectaculairement à mesure qu’on descend dans l’échelle des âges. Tendanciellement, les nourrissons sont arabes ou noirs, et volontiers musulmans. »[9].

Il dit avoir choisi les termes de « grand remplacement » en référence à une citation de Bertolt Brecht selon laquelle, puisque le peuple ne peut pas changer le gouvernement, le plus simple, pour le gouvernement, est de changer le peuple[11],[12]. Ce phénomène trouverait un soutien dans les politiques d'immigration nationales et européennes : il s'agirait d'un processus résultant d'une politique plus ou moins délibérée de la part d’élites souhaitant « disposer d’un homme remplaçable, pion sur un échiquier, délocalisable à merci »[10],[13]. Le remplacement serait donc issu selon Camus d'une volonté des institutions de l'Union européenne, dont le Parlement « haïrait » les Européens « indigènes » et voudrait leur « asservissement » ou leur « mort »[14]. Commentant l'annonce de la nomination de Cécile Kyenge, Italienne d'origine congolaise, comme rapporteuse du Parlement européen sur les migrations en Méditerranée, Camus se demande s'il n'a pas eu tort de se défendre « d'être un complotiste ». Selon Rudy Reichstadt et Valérie Igounet, Renaud Camus « s’est ingénié à récuser le procès en complotisme qui a pu lui être fait ». Ainsi, il a déclaré à un journal italien : « Personne n’est à l’origine de ce projet. […] Je crois surtout à la force de gigantesques mécanismes historiques, économiques et idéologiques et même ontologiques au sein desquels les institutions et les hommes ne sont que des engrenages parmi tant d’autres ». Mais il écrit par ailleurs que la politique européenne « a consisté, depuis quarante ans, à changer radicalement la population du continent sans qu’il soit jamais question de cela ouvertement, sans que les indigènes soient mis au courant de ce qui se tramait contre eux et sans qu’une seule fois on leur ait demandé leur avis. Le pouvoir où qu’il soit leur a toujours tout caché, dans ce domaine. Il continue, et leur cache tout »[14].

Le phénomène de « grand remplacement » aurait été favorisé par un « triple mouvement selon lequel le monde s'est à la fois industrialisé, déspiritualisé et décultivé »[15]. Dans Le Changement de peuple (2013), Renaud Camus indique que le mondialisme et les préoccupations matérialistes ont façonné un « homme remplaçable, débarrassé de toute spécificité nationale, ethnique et culturelle », n'ayant plus de références patriotiques, historiques ou littéraires : cette « Grande Déculturation » aurait conduit à une « hébétude » généralisée qui fait qu'aucune réelle résistance ne s'organise contre la « colonisation de peuplement »[9].

Renaud Camus appelle aussi son néologisme le « remplacisme global »[16].

Origines du concept

Le grand remplacement a remplacé le complot juif et l'antisémitisme par un complot mondialiste et un rejet des musulmans, arabes et noirs.

Selon l'historien de l’immigration en France Gérard Noiriel, les textes alarmistes du style du grand remplacement annonçant la fin de la « race » et de la « civilisation » existent depuis la fin du XIXe siècle. Avant-guerre, les nationalistes en France et en Allemagne disaient que les Arméniens ou les Juifs menaçaient l’intégrité nationale puis, après la guerre, c'était au tour des Maghrébins. Pour lui, « à partir des années 1960 les arguments culturels et religieux ont remplacé les arguments biologiques, mais le discours du déclin national par leur faute demeure. Pourtant, dans aucun pays d’immigration les prédictions catastrophistes ne se sont concrétisées »[9].

Selon l'historien Grégoire Kauffmann, la théorie du grand remplacement est le « décalque poussif d'une idée qui remonte à Édouard Drumont et Maurice Barrès ». Édouard Drumont, journaliste catholique et « pape de l'antisémitisme », désigne comme « remplacistes » les républicains du gouvernement et comme « remplaçants » les Juifs. Il expose sa vision dans le livre La France juive, qui devient « best-seller de l'année 1886 », se vendant à 65 000 exemplaires en moins d'un an[1]. D'après L'Humanité, en 1901, les partisans d'Édouard Drumont dénoncent le grand remplacement « des Français par les... Italiens à Marseille »[17].

Selon le politologue Patrick Weil, Maurice Barrès développe la théorie du grand remplacement après la loi de 1889 qui impose que les enfants nés en France de parents étrangers deviennent Français à leur majorité[18]. Maurice Barrès affirmait : « Aujourd'hui, parmi nous, se sont glissés de nouveaux Français que nous n'avons pas la force d'assimiler [...] et qui veulent nous imposer leur façon de sentir. Ce faisant, ils croient nous civiliser ; ils contredisent notre civilisation propre. Le triomphe de leur manière de voir coïnciderait avec la ruine réelle de notre patrie. Le nom de France pourrait bien survivre ; le caractère spécial de notre pays serait cependant détruit. »[19],[20],[18]. Selon Slate, Maurice Barrès fut « l’un des principaux propagandistes antisémites de l’affaire Dreyfus », et les « envahisseurs » dont il parle à cette époque sont les juifs, pas les musulmans[20]. Après la Première Guerre mondiale, en 1920, l'industriel François Coty, directeur du Figaro, reprend à la une de son quotidien la théorie du grand remplacement : « Le Gouvernement occulte des Trois Cents [...] qui constitue la véritable Internationale, a décidé de remplacer la race française en France par une autre race ; elle a réglé d'abord la destruction des vrais Français ; elle règle ensuite l'introduction des néo-Français »[18],[20].

D'après l'historien Laurent Joly, c'est Maurice Barrès qui a inventé le « mythe du “grand remplacement” vers 1900 »[21].

Pour l'historien Nicolas Lebourg, « Renaud Camus n'a pas inventé cette expression »[22]. « Le terme « grand remplacement » est bien de Renaud Camus, mais le thème n’est pas de lui. »[23]. Selon Nicolas Lebourg « la thèse d’un changement de population […] vient initialement des milieux néonazis qui, à partir des années 50, voyaient là l’œuvre du complot juif pour instaurer une dictature ploutocratique mondialiste. Et appelaient donc à l’alliance avec l'URSS et/ou la Chine maoïste »[24]; le néonazi René Binet après la seconde guerre mondiale « appelle résistants et vétérans du front de l’Est à combattre ensemble l’invasion de l’Europe par les "Nègres" et les "Mongols" » donc les Américains et les Russes ; « puis se développe, dans les organisations internationales d’extrême droite, l’idée que l’immigration est le fruit d’un complot juif, visant à remplacer la race blanche par une humanité métisse vivant partout des mêmes marchandises. La dépénalisation de l’avortement donnera lieu à de semblables discours sur le génocide des petits enfants blancs par la "juive Veil"»[10]. Pour Nicolas Lebourg, Renaud Camus a « vidé [la formule] de son antisémitisme pour l'intégrer au thème du choc des civilisations, ce qui lui a donné plus de visibilité », ainsi qu'au concept de remigration qui lui est attaché[22]. Selon l'historien, Renaud Camus n’aurait fait qu’actualiser la thèse des néonazis remplaçant l'antisémitisme par l’islamophobie[25]. La théorie néonazie d'un complot juif visant à détruire l'Europe par l'immigration était restée « très underground » et devient « mainstream » avec la mutation réalisée par Renaud Camus, qui lui enlève sa « causalité juive »[23].

Nicolas Bancel, Pascal Blanchard expliquent que « l'antisémitisme et le racisme biologique hiérarchisant sont clairement des facteurs de marginalisation sociale » et affirment que le « mythe du « grand remplacement » n'a connu le succès qu'une fois disjoint de la notion de « complot juif » »[26]. Ils analysent que l'antisémitisme des années trente est recyclé « dans une incroyable perversion » contre les musulmans, arabes ou noirs, accusés d'être les artisans d'un prétendu grand remplacement. La lutte contre l'antisémitisme elle-même conduit à pointer du doigt les quartiers populaires et rejeter les « migrants postcoloniaux », certains faisant ainsi du « juste combat » contre l'antisémitisme le « pivot du refus de la France multiculturelle » dans un « curieux retournement de l'histoire ». Les auteurs concluent que « chacun s'invente un ennemi imaginaire et passe d'improbables alliances de survie »[27].

L'historien Stéphane François analyse de manière similaire la filiation historique du concept de Renaud Camus : « il y a [...] l’idée, très présente chez [l]es groupuscules [d'extrême droite européenne], d’une volonté de la part des « élites » de provoquer une substitution ethnique des populations européennes : c’est ce qu’ils appellent « le grand remplacement ». Là encore, ce n’est pas vraiment récent : cette idée vient des milieux néonazis des années 1950, en particulier des militants français René Binet et suisse Gaston-Armand Amaudruz. On la retrouve toujours dans la mouvance identitaire et/ou néonazie. L’objectif supposé de ces élites, vues par ces militants comme immigrationnistes, serait de mettre en place un « génocide » lent des populations européennes. De fait, les différentes extrêmes droites s’inquiètent de l’avenir de la « race blanche » et combattent les politiques migratoires, sources de chaos social et de déclin civilisationnel, voire génétique[28] ».

L'historien Emmanuel Debono nuance sur son blog l'approche de Nicolas Lebourg en soulignant que la thèse du grand remplacement a « différentes influences, renvoyant davantage à un héritage éclaté qu’à une filiation directe ». Pour lui l'une des influences notables est celle de Maurice Bardèche, notamment à travers son texte Le racisme, cet inconnu, paru en septembre 1960 dans la revue néofasciste Défense de l’Occident, qui annonce que « la race blanche ne luttera plus pour sa prédominance économique ou politique, elle luttera pour sa survie biologique. […] Demain, ce ne sont plus les prolétaires et les capitalistes qui se disputeront les richesses du monde, ce sont les Blancs, prolétaires et capitalistes unis, qui auront à se défendre, eux, race minoritaire, contre l’invasion planétaire », et que « c'est là, au fond, l'élément entièrement nouveau qui explique l'anti-impérialisme du néo-racisme : toutes les races sont égales entre elles, aucune n'a de titre à s'installer en maître dans l'espace vital d'une autre race et la paix ne régnera sur le monde que lorsque chaque race aura réintégré le continent qui lui a été attribué par la nature », en référence aux positions de René Binet favorables à la décolonisation « au nom du principe de l’égalité des races et de leur droit à leur espace vital »[29].

Le romancier Jean Raspail, auteur du Camp des saints, publié en 1973.

Selon l'universitaire Pascal Durand, l'idée d’un processus de contre-colonisation silencieuse de la France par les populations immigrées, avait déjà été soulevé par Jean Raspail dans le « roman apocalyptique » Le Camp des saints, publié chez Laffont dès 1973[30]. Valérie Igounet établit elle aussi un lien entre le thème du grand remplacement et ce livre, qui veut dénoncer non pas « ces foules de la misère qui, un beau jour, ne peuvent résister à la tentation du “paradis” » et dont « l'invasion » provoquera « la fin de l'homme blanc », mais « ceux qui, dans nos sociétés, publiquement ou en secret, consciemment ou inconsciemment, travaillent à la décomposition, au désarmement moral et spirituel de la civilisation ». Selon l'historienne, l'ouvrage est devenu au fil du temps une référence au sein de l'extrême droite française et internationale[14].

Valérie Igounet cite aussi l'ouvrage du militant néonazi Gerd Honsik, qui dénonce en 2005 un prétendu « plan Kalergi » visant à remplacer les peuples blancs, et qui se déroulerait dans le cadre d'un complot juif mondial[14].

Concernant les origines lointaines du concept de « grand remplacement », LCI indique en que « les spécialistes de l'Histoire des droites extrêmes ne trouvent guère de consensus » et cite en exemple l'historienne Valérie Igounet, qui énonce que « certaines personnes ont cité cette théorie avant Camus mais c'est bien lui qui l'a popularisée » et que « l'association de ces deux mots a fait mouche dans un contexte français particulier, et ce de manière très récente »[2].

Pour le sociologue Yannick Cahuzac, spécialiste de l'extrême droite sur Internet, la théorie développée par Camus se rapproche par certains aspects d'une autre théorie du complot, Eurabia, développée en 2005 par l'essayiste Bat Ye'or. Pour Cahuzac, « le rejet de l'immigration, particulièrement de l'immigration dite musulmane, s'articule sur les sites les plus radicaux sous les traits de la théorie du complot Eurabia, faisant de l'immigration arabo-musulmane un plan des élites pour arabiser — et aujourd'hui islamiser — l'Occident. Cette théorie rencontre un certain écho dans l'idée du « grand remplacement » théorisé par Renaud Camus, une idée par ailleurs commune dans l'extrême droite depuis 40 ans »[31].

Le sociologue Raphaël Liogier, dans son livre Le Mythe de l'islamisation : essai sur une obsession collective[32], établit également un lien entre Eurabia et le grand remplacement, qu'il définit comme : « la variante la plus fabuleuse d'un processus d'islamisation qui conduirait à l'« islamo-substitution », le remplacement complet de la culture et du peuple européens, avec le soutien actif et continu d'une classe politique visant dans l'Hexagone, en particulier depuis Valéry Giscard d'Estaing et surtout depuis François Mitterrand, à détourner la France d'elle-même (mais les sociaux-démocrates en Allemagne et les travaillistes au Royaume-Uni auraient fait le même travail de sape dans leurs pays respectifs). L'alliance du gauchisme et du capitalisme aboutirait à ce « Grand Remplacement », dépossession identitaire totale des Européens. Les trois vecteurs du capitalisme transnational, du gauchisme altermondialiste et de l'islam « en expansion infinie » se compléteraient dans la recherche de l'hégémonie totale, la « pantocratie ». »

Une thèse complotiste, raciste et xénophobe

Selon les historiens Nicolas Bancel, Pascal Blanchard et le sociologue Ahmed Boubeker, « le mythe du grand remplacement va de pair désormais avec le fantasme du "grand départ" des immigrés issus des pays non européens et de leurs enfants ». Pour eux, « l'annonce d'une guerre civile est implicite dans la théorie du « grand remplacement » », qui désigne « un processus culturel — le déclin des « valeurs occidentales » au profit de l'islam — et biologique — le « grand remplacement » de la population française blanche sous les coups de boutoir des immigrations postcoloniales. La complicité des élites intellectuelles et politiques de gauchecosmopolites et internationalistes par culture — et parfois de droite — dévouées par intérêt à l'extension d'une mondialisation capitaliste favorisant l'immigration — aurait encouragé ce processus qui menacerait désormais l'identité même de la France. Cette thèse est extrême — et si simpliste qu'elle est accessible à tous — en ce qu'elle valide une définition raciale de la nation. Ses tenants se livrent à un calcul délirant »[33].

D'après le journaliste Laurent de Boissieu, « la spécificité [de la théorie] est d'être racialiste (la couleur de peau comme élément identitaire). C'est d'ailleurs pourquoi l'opposition aux thèses de Renaud Camus est philosophique (essentialisme, réductionnisme et matérialisme biologiques vs existentialisme humaniste) avant d'être politique (quelle politique migratoire ?) »[34].

La grande presse utilise généralement des formules plus lapidaires pour définir le grand remplacement, par exemple Marianne qualifie Renaud Camus de « propagandiste » d'un « thème raciste »[35], et insiste sur tel ou tel aspect du néologisme. La rédaction numérique de RTL la résume en trois points : « les Noirs et les Arabes vont remplacer les Français de « souche » ; ils veulent saper la « civilisation » française ; il suffit d'ouvrir les yeux pour s'en rendre compte mais les élites nient cette réalité[36]. » Le Lab souligne quant à lui plus l'aspect cultuel, sans mentionner de participation active des élites : « Le « grand remplacement » est une idéologie qui désigne le « remplacement » supposé en cours des Français blancs et chrétiens par une immigration extra-européenne, particulièrement maghrébine et subsaharienne, de religion musulmane »[37]. Mediapart estime que le grand remplacement est une idéologie raciste, « potentiellement meurtrière qui renoue avec les pires aveuglements de la catastrophe européenne » et que « la scène inaugurale de cette radicalisation s’est jouée il y a quinze ans, avec la parution de La Campagne de France (Fayard, 2000), réquisitoire contre « l’idéologie dominante antiraciste ». »[38],[39].

Pour Rudy Reichstadt, créateur du site internet Conspiracy Watch, « que le visage de la France change est une évidence », mais l'idée d'une « substitution d'un peuple par un autre composé de populations musulmanes d'origine extra-européenne » lui « apparaît comme beaucoup plus discutable ». Et il estime qu'« on passe au fantasme complotiste », lorsqu'« on envisage ces transformations démographiques comme le produit d'un “plan”, d'un “projet” patiemment mis en place depuis des décennies »[40]. Selon Conspiracy Watch, le grand remplacement prend appui sur l'inquiétude de certains « de ne plus être chez eux dans leur propre pays » et évoquent « un complot mondialiste destiné à saper les bases de notre civilisation »[41]. Les Décodeurs ajoutent que les « mondialistes », qui seraient responsables du grand remplacement, seraient des « élites dirigeantes capitalistes » désireuses de construire par l'immigration un « homme nouveau « débarrassé de toute spécificité nationale, ethnique et culturelle », et donc « échangeable » et « délocalisable » à merci pour les besoins de l’économie mondialisée »[25]. Selon Conspiracy Watch, la thèse du grand remplacement « confine au racisme », car prétendant que même si on est né en France, que l'on y a passé toute sa vie et que l'on parle le français on ne peut pas devenir vraiment français. Camus et ses partisans proposent comme solution d'exiler les français d'origine étrangère vers leur pays de naissance ou celui de leur parents, grand parents ou même arrière grands-parents. Le grand remplacement « est formellement contredit par les scientifiques » utilisant « des chiffres fantaisistes ou des comparaisons abusives », comparant l'immigration aux invasions barbares[41].

Le sociologue Raphaël Liogier estime que Camus promeut la thèse Eurabia du complot musulman contre l’Occident, initialement confinée à quelques groupes extrémistes puis banalisée par quelques écrivains, dont Camus lui-même, dans son livre Le Grand Remplacement[42]. La thèse d'origine prédit que la « civilisation arabo-musulmane » fera la conquête de l'Europe grâce à un complot et la complicité des élites européennes, « des fantasmes désormais très répandus »[42].

Pour Éric Dupin, journaliste, chargé de cours à Sciences Po Paris, qui collabore à Slate.fr, et pour qui le concept de « Grand Remplacement » a inévitablement une « connotation complotiste », le « grand remplacement » est « l'expression paniquée, hostile et outrancière d'une réalité qui ne peut cependant être tue »[43].

Selon Laurent de Boissieu, le grand remplacement est une théorie complotiste d'extrême droite, et une théorie racialiste : Camus postule en effet l'existence de « races » humaines et évoque un « génocide par substitution, crime contre l’humanité du XXIe siècle », une « seconde Carrière d’Adolf Hitler » , et ajoute qu'« un premier génocide (celui des juifs) a tant embarrassé la langue et la pensée qu’elles n’offrent plus aucune défense contre un second (celui des blancs) »[44]. Comme le spécialiste français de l’extrême droite Jean-Yves Camus[20], Laurent de Boissieu estime que Renaud Camus n'appelle pas à la violence et au terrorisme[44]. Renaud Camus souhaite l'« heureuse conservation » de toutes les « races », « sans atteinte à aucune ». Mais le journaliste estime qu'appeler à une « double libération », celle d'une « colonisation » et celle d'une « occupation étrangère » comme le fait Camus, « peut être en soi perçu comme un appel à la violence ». Laurent de Boissieu rappelle les attentats de Christchurch, dont le suspect a rédigé un manifeste appelé « The Great Replacement » et évoqué une « invasion de la France par des non-blancs » [44].

Jean-Yves Camus considère lui que « le tireur est beaucoup plus extrême que Renaud Camus » et que les idées du terroriste australien sont plus liées aux écrits de Jean Raspail qu’à la théorie du grand replacement[20]. L'historien Nicolas Lebourg estime que si Renaud Camus affirme que sa théorie ne prépare pas à la violence, les terroristes d'extrême droite arrêtés en 2017 « justifiaient eux leur projet par le fait que seule la terreur pouvait provoquer une remigration réelle. Est-ce qu’un courant politique, ce sont ses textes ou sa pratique ? […] La conséquence de l’adhésion à l’idée de "grand remplacement", c'est celle de la "remigration". […] Au niveau militant, l'idée, partagée par Brenton Tarrant, que la race blanche est en train de mourir, constitue un mythe mobilisateur : face à l’apocalypse, tous les moyens sont licites. » Lebourg accuse Renaud Camus de se « laver les mains » des « conséquences logiques » de ses positions qui conduisent d'autres que lui-même à agir à sa place[45]. Renaud Camus se défend en affirmant que « la remigration est faite pour éviter le bain de sang », mais il ajoute : « J’appelle à la décolonisation. La décolonisation, ça peut être Gandhi ou Ben Bella. Je préférerais que ce soit Gandhi […] Cela dit, si la seule alternative est la soumission ou la guerre, eh bien ce sera la guerre ». Renaud Camus avait été condamné pour provocation à la haine ou à la violence en 2014, ayant qualifié les musulmans de « voyous », de « soldats », de « bras armé de la conquête » ou encore de « colonisateurs » cherchant à rendre « la vie impossible aux indigènes ». La justice a estimé que ces propos constituaient « une très violente stigmatisation des musulmans »[46].

Le politologue Pierre-André Taguieff parle d'une « thèse conspirationniste qui consiste à attribuer aux élites "remplacistes" la volonté de réaliser le projet du "grand remplacement" ». Selon lui, « le nouveau Front national s'est montré à la fois séduit et prudent » face à cette thèse[47].

Selon Louis-Georges Tin, président du Conseil représentatif des associations noires de France, « le thème du «grand remplacement» relève de l’incitation à la haine raciale », cette thèse complotiste « est aujourd'hui un mobile pour terroristes » et « est en soi une incitation à la violence, à la haine et au terrorisme. Car s’il est vrai qu’il y a un complot pour «remplacer» les blancs par les noirs, les chrétiens par les musulmans, ne faut-il pas s’en défendre par tous moyens ? ». Il condamne Alain Finkielkraut qui a un discours ambigu à son sujet. Il souhaiterait que la loi inclue cette thèse parmi les thèmes incitant à la haine raciale[48].

Pour l'historien Nicolas Lebourg, après les attentats du 11 septembre 2001, la thèse d'un grand remplacement organisé par les Juifs diffusée internationalement par René Binet évolue, ses partisans lui enlevant « l'argumentaire antisémite » pour en faire « un mythe mobilisateur raciste et islamophobe »[49]. Dans Un racisme imaginaire: La querelle de l'islamophobie, l'essayiste Pascal Bruckner cite l'historien Enzo Traverso : « l'islamophobie joue pour le nouveau racisme le rôle qui fut jadis celui de l'antisémitisme », c'est à dire le refus de l'immigré, perçu comme un envahisseur inassimilable, et Pascal Bruckner affirme : « On est là dans la théorie du Grand Remplacement [...]. Il faut à toute force que l'islamophobie remplace ou même supplante l'antisémitisme, lequel finit par lasser par son caractère toujours renaissant »[50]. Selon l'historienne Valérie Igounet, la théorie semble désormais « vidée de son antisémitisme »[2]. Le Huff Post et France info qualifient le grand remplacement de « théorie conspirationniste et islamophobe »[51],[52],[53].

L'essayiste Hakim El Karoui rapproche le racisme de l'idéologie du grand remplacement et celui de l'idéologie nazie, y voyant seulement un changement de cibles, les musulmans remplaçant les juifs : « on pourrait parler d'un « antisémitisme anti-musulman », les arabes étant des sémites comme les autres »[54]. Un reportage de la chaîne Public Sénat qualifie la théorie du grand remplacement de « thèse conspirationniste antimusulmane »[55].

Pour l'historienne Valérie Igounet, la théorie du grand remplacement relève aussi de la xénophobie, dans son « rejet de l'étranger non-blanc et non-caucasien »[2]. Selon l'universitaire Louis-Georges Tin, il est indiscutable que la théorie découle d'une logique « xénophobe »[48]. Hakim El Karoui parle d'une « régression xénophobe »[56], et de nombreux journalistes qualifient la théorie de xénophobe[20],[57],[58],[59],[60],[20].

Mentions du grand remplacement hors de France

En Angleterre, le journaliste David Goodhart évoque un « changement de visage de l’Occident » devenant un péril pour le « rêve anglais ». Les universitaires Richard Alba (en) et Nancy Foner parlent, eux, de « remplacement » et évoquent la possibilité d'un péril dans le cas d'une défaite de la lutte contre la ségrégation. Pour ces derniers, en Angleterre comme dans les cinq autres pays de leur étude, il en va aussi d’un « changement de visage de l’Occident »[61],[62].

Aux États-Unis, la thèse se nourrit du « sentiment de déclassement des ouvriers blancs », ce qui a aidé Donald Trump qui utilise dans ses discours la peur des immigrés latino américains. L'extrême droite américaine à sa propre version complotiste du grand remplacement: « les Mexicains s'organiseraient pour reprendre démographiquement le territoire conquis par les États-Unis en 1848 »[49]. Aux États-Unis et en Australie, la théorie du complot du génocide blanc est couramment utilisée à la fois de manière interchangeable,[63] et comme une version plus large et plus extrême de la théorie du conspirationniste du grand remplacement de Renaud Camus sur un grand complot qui cible la population chrétienne blanche en France[64].

Argumentation et critique de la théorie

Les principaux arguments de la théorie de Camus, développés également par ses partisans, s'appuient sur des éléments démographiques, voire médicaux, mais également culturels et cultuels, qui sont critiqués par une très large majorité d'analystes et d'universitaires.

Point de vue démographique

Soutiens de la théorie

Selon Fabrice Madouas du magazine Valeurs actuelles, des données démographiques soutiendraient cette thèse. L'une d'entre elles est la part de l'immigration d'origine extra-européenne dans l'immigration en France, en particulier en provenance d'Afrique subsaharienne, de plus en plus importante depuis les années 1970 et surtout depuis les années 1990[65][source insuffisante].

Dans La Ruée vers l'Europe, Stephen Smith affirme que « 20 à 25 % de la population européenne » sera « d’origine africaine » d’ici trente ans; « l’Europe va s’africaniser. […] C’est inscrit dans les faits » . Pour Julien Brachet (IRD/Oxford) et Judith Scheele (EHESS/Oxford), les prédictions de Smith en ce qui concerne les flux migratoires sont « totalement invraisemblables » et son ouvrage ressemble « à une vaine tentative de légitimation de la théorie complotiste du « grand remplacement » prêchée par les idéologues d’extrême droite »[66]. Le sociologue François Héran contredit la thèse que l’Europe serait constituée de 25 % d’immigrés subsahariens en 2050. En effet, selon lui, les économistes savent depuis longtemps que plus un pays est pauvre et moins ses habitants ont les ressources nécessaires pour migrer dans des pays lointains, et il affirme que l'hypothèse de Stephen Smith de l'augmentation à brève échéance du niveau de développement de l'Afrique subsaharienne à l'égal de celui du Mexique est irréaliste. Il rappelle également que « l’Afrique émigre moins que l’Amérique centrale, l’Asie centrale ou les Balkans[67],[68] ». Héran estime que Smith a commis des erreurs factuelles et méthodologiques et conclut que « s’il faut craindre une « ruée », ce n’est pas celle des étrangers venus du Sud pour transformer l’Europe en « Eurafrique », mais celle qui consiste à se jeter sur la première explication venue ou à s’emparer précipitamment de métaphores outrancières pour frapper l’opinion à bon compte[69] ».

Opposés à la théorie

Hervé Le Bras, opposé à la théorie, considère qu'on assiste plutôt à « un métissage généralisé » qu'à un remplacement de population « qui a déjà eu lieu, au moins depuis le néolithique ».

Les différentes estimations contradictoires ont donné lieu à des critiques sur plusieurs points, d'abord sur les estimations données, puis sur l'analyse de celles-ci. Selon Frédéric Joignot, du journal Le Monde, les arguments démographiques des partisans de la théorie utilisent des statistiques plus ou moins fondées sur la réalité (estimation des populations « allochtones extra-européennes », nombre de naturalisés par an…). Mais, citant les chiffres de l'INSEE, le journaliste estime que le « grand remplacement démographique » est un fantasme. Il dénombre 5,3 millions de personnes « nées étrangères dans un pays étranger », soit 8 % de la population française. 1,8 million d'entre elles viennent de l’Union européenne, ce qui fait 3,5 millions d'immigrés extra-européens, dont 3,3 millions du Maghreb, d’Asie ou d’Afrique subsaharienne, qui représentent 5 % de la population. Cela rend d'après Joignot impossible l'idée d’une « contre-colonisation » comme évoquée par Camus, d'autant que certaines « études » circulant dans la blogosphère de droite sont « totalement fantaisistes »[9]. Les Décodeurs estiment également que les chiffres « contredisent l'essentiel de la thèse ». Les migrants extra-européens et leurs descendants représentent à peine 12 % de la population française, et Les Décodeurs affirment donc qu'on est « très loin d'un remplacement »[25].

Rue89 parle « d'une vision du monde raciste et paranoïaque », l'Obs de « plongée dans les entrailles délirantes de la pensée renaud-camusienne » avec des partisans qui parlent de « génocide » car « l’ONU et l’UE organisent la disparition des peuples », et pour l'AFP et le Le Journal du dimanche la théorie du grand remplacement de Camus découle d'observations personnelles extrapolées au niveau national, « une vision du monde non démontrée sortie de son imagination » et un mépris des chiffres des agences officielles[70],[71],[72].

Pour François Héran, ancien directeur de l’Institut national d'études démographiques[73], la théorie du grand remplacement c'est « convertir les origines nationales en données raciales. La cible devient les « non-Blancs ». » Il considère les extrapolations de Renaud Camus comme des « billevesées », l'augmentation de la population française de 20 millions d’habitants depuis la guerre étant due pour un tiers au baby boom, pour un tiers à l’augmentation de l’espérance de vie et pour un tiers à l’immigration qui n’est pas uniquement extra-européenne[9]. Dans Avec l'immigration, François Héran démontre que les enquêtes de l’INSEE et de l’INED qui documentent la part de l’immigration en prison révèlent l’absence de fondement de la théorie du « grand remplacement » de la population par les migrations non-européennes[74]. Le Monde affirme que tous les arguments des démographes « plaident pour une soutenabilité de la migration africaine vers l’Europe, dans les années à venir » et que lorsque « l’Afrique aura atteint un seuil de développement suffisant », la « volonté d’émigrer » sera plus grande. Mais ce sera une hausse, absolument pas une « invasion », François Héran précisant que « les immigrés subsahariens installés dans les pays de l’OCDE pourraient représenter en 2050 non plus 0,4 % de la population, mais 2,4 %. ». Il récuse aussi l'idée « que les populations se « déversent » mécaniquement des pays à forte fécondité vers les pays à faible fécondité»[67].

Le socio-démographe Patrick Simon considère que le sujet est surtout lié à la ségrégation urbaine, le grand remplacement est une théorie acceptée par l’extrême droite et même la droite, parce que les immigrés défavorisés doivent vivre malgré eux dans des ghettos où aucun Français ne veut habiter. Selon lui, la plus grande menace vient de l’instrumentalisation politique : « En associant immigrés et « remplacement », on désigne les Français de l’immigration comme des envahisseurs. Cela fait que, partout où ils vivent, même quand ils sont minoritaires, on en fait un danger potentiel[9] ».

Pour Jean-Christophe Dumont, chef de la division des migrations internationales à l'OCDE, le fait qu'il y ait plus de minorités visibles n'a « rien à voir avec la politique migratoire actuelle, l'Europe ou la mondialisation », mais est la conséquence des politiques migratoires pour utiliser une main d’œuvre étrangère jusqu'au premier choc pétrolier. Par ailleurs, la France est actuellement le pays occidental avec les flux de migration les plus bas. Ainsi, avec « moins de 250 000 entrées permanentes en 2012, dont 100 000 Européens, le nombre d'immigrés qui s'installent durablement en France représente moins de 0,4 % de la population totale, contre une moyenne de 0,6 % dans l'OCDE[36] ».

Selon Libération, qui rapporte les conclusions d’une étude de l'INSEE du , 5,3 millions d’immigrés vivaient en France en 2008, dont 3,3 millions nés hors d’Europe auxquels s'ajoutent 6,7 millions de descendants directs d’immigrés, dont 3,1 millions d’origine africaine et asiatique, ce qui porte le total à 6,4 millions de personnes d’origine extra-européenne qui représentent donc 10 % de la population[75]. S'agissant du flux d’arrivants permanents, il est, selon l’OCDE à 260 000 personnes par an en 2013, soit environ 0,4 % de la population et une partie de ces entrants ne reste pas en France[75], ainsi Libération affirme que « de là à évoquer un « changement de peuple », il y a donc un pas », d’autant plus que selon la même étude de l'INSEE, si entre 2006 et 2013 le nombre d'entrées d’immigrés a augmenté, le nombre de leurs départs a augmenté bien plus fortement[75]. Le démographe Hervé Le Bras estime que la différence entre ceux qui arrivent et ceux qui quittent la France est passée de l'ordre de 70 000 à 40 000 à partir de 2008, et il en conclut : « on est loin d'une invasion ». Il note aussi que la fécondité des femmes en Algérie ou au Maroc était de 6 enfants en 1985, alors qu'elle est de 2,4 enfants en 2015[76].

Selon Pascale Breuil, chef d’unité des études démographiques et sociales de l’INSEE, c’est la logique elle-même des partisans du « grand remplacement » qui est un problème : il est difficile d'opposer ou de définir les « allogènes » et les « indigènes ». La moitié des descendants d'immigrés viennent de couples mixtes, et 64 % de ceux-ci ont un conjoint qui n’est ni immigré ni descendant d’immigré, et 99 % parlent français avec leurs enfants. De plus, on ne peut définir jusqu'où il faudrait remonter dans l'histoire pour être considéré comme français, ce qui rend la notion de « substitution de peuple » très floue[9].

Le taux de natalité ne repose sur aucune donnée précise mais sur des impressions subjectives. Ainsi Renaud Camus affirme, tout en précisant qu'il ne peut l'évaluer, que « les musulmans représentent donc, en proportion, une partie sans cesse croissante (mais jamais sérieusement évaluée) de la population. Or cette proportion croît d’autant plus, et d’autant plus vite, que selon toute apparence (même si c’est impossible à vérifier) leur taux de reproduction est plus élevé que celui de la plupart des autres parties de la population »[77]. D'après L'Obs, la fécondité des femmes immigrées étant de 2,73 enfants par femme (en 2010), pour une fécondité de 1,86 enfant pour les femmes sans lien avec l'immigration, « la différence est trop faible pour peser significativement sur la moyenne nationale ». Et selon Hervé Le Bras, « les femmes descendantes d'immigrés, qui ont eu accès à l'éducation et au monde du travail, rejoignent la moyenne avec 1,85 enfant par femme »[78].

Pour la démographe française Michèle Tribalat, directrice de recherche à l'INED et connue pour ses prises de position tranchées sur l'immigration[79] et souvent citée par l'extrême droite[80] : « la pression démographique pourrait se maintenir pendant un bon moment dans de nombreux pays, notamment ceux de l’Afrique subsaharienne. Le peuplement européen aura le temps de changer au point de devenir méconnaissable, avant qu'un assèchement des flux migratoires n'intervienne »[81],[82]. Elle affirme que parmi les moins de 18 ans dans les communes de plus de 10 000 habitants, la proportion de jeunes d'origine étrangère était de 15 % à la fin des années 1960 et qu'elle s'est depuis « considérablement accrue ». Cette proportion dépasse en 2015 les 37 % dans les communes de 30 000 habitants ou plus. Selon elle, ce sont des faits « bien tangibles » qui doivent être reconnus sous peine de ruiner « la confiance nécessaire au fonctionnement démocratique ». Mais elle affirme aussi que si l'idée du grand remplacement « est seulement numérique et vise essentiellement les musulmans qui deviendraient très vite majoritaires en France, nous sommes loin du compte ». Pour elle, cette thèse est populaire grâce à son « sens figuré qui évoque l’effondrement d’un univers familier que vit, ou craint de vivre, une partie de la population française : disparition de commerces, et donc de produits auxquels elle est habituée, habitudes vestimentaires, mais aussi pratiques de civilité, modes de vie »[14].

Hervé Le Bras, très critique envers les méthodes et discours de Tribalat[79],[80], considère le grand remplacement comme une « sinistre farce » qui dure depuis des décennies. Selon lui, « parler d’immigrés de seconde ou troisième génération est une contradiction dans les termes. Ils ne migrent plus, ils sont français. On les désigne comme une espèce de « cinquième colonne », comme s’il s’agissait d’ennemis intérieurs. » Pour lui, considérer les descendants d’immigrés nés de mariages mixtes comme des « allogènes extra-européens » est une « théorie raciste », comparable à la One-drop rule pour les Noirs de la ségrégation américaine ou pour les Juifs pendant l'Occupation, où un seul ancêtre les condamnait à être considérés comme des « inférieurs »[9]. De plus, Hervé Le Bras considère que « le grand remplacement a déjà eu lieu, au moins depuis le néolithique »[83]. Selon lui, la mixité en France est telle que, sur la base de 40 % de nouveau-nés d'origine étrangère en 2012 (sur trois générations), même en cas d'arrêt total et immédiat de l'immigration, seuls 1,7 % des nouveau-nés dans trois générations n'auraient aucun ancêtre immigré au 5e degré (arrière-arrière-arrière grand-parent)[84]. La notion de « deux peuples », l'un immigré, l'autre non immigré, n'a donc aucun sens dès que les unions mixtes sont fréquentes ; il n'y a selon Hervé Le Bras qu'un seul peuple « mélange d'une quasi-infinité d'ascendances diverses »[85]. Selon Hervé Le Bras, on assiste en France, comme dans les pays comparables, à « un métissage généralisé » puisque « selon les chiffres de l’Insee de 2013, 40 % des naissances avaient un parent ou un grand-parent d’origine étrangère »[86]. Selon le démographe, « on peut dire effectivement que la population française d’origine va être remplacée par une population mixte. Mais ce n’est pas ce que dit le grand remplacement, qui pense qu’on va être remplacé par d’autres, différents de nous. Le grand remplacement, effectivement, c’est celui de Français de plusieurs générations par des Français qui ont du sang étranger, par le métissage »[87]. Les Décodeurs posent la question de l'identification des « remplaceurs » dans la théorie du grand remplacement : « Un parent maghrébin suffit-il à être classé dans les « remplaceurs » ? Et un grand-parent ? »[25].

Justification par le dépistage de la drépanocytose

Soutiens de la théorie

La drépanocytose est une maladie génétique qui peut toucher tout le monde, mais est surtout présente chez des populations plus à risque d'Afrique, d'Amérique du Sud, des pays méditerranéens ainsi que les Afro-Américains. En l'absence de statistiques ethniques en France[88], les statistiques concernant cette maladie génétique sont utilisées par l'extrême droite[71],[70] et par Éric Zemmour[88] comme une « preuve » de « l'invasion migratoire »[71],[70]. Pour l'extrême droite sur Internet, la hausse du taux de dépistage de la drépanocytose parfois qualifiée de « maladie de noirs », serait un indicateur de l'augmentation de la population immigrée en France[88].

Opposés à la théorie

En France, le dépistage de cette maladie chez les nourrissons n'est pas systématique, il est réalisé en fonction de l’origine géographique des parents[88],[89]. Selon Valérie Gauthereau, directrice de la fédération parisienne de dépistage, dans la pratique les maternités essaient de cibler les personnes d’origine maghrébine ou africaine selon des critères informels (faciès des parents, le nom de famille...), mais en Île-de-France, « certaines maternités ciblent 100 % de la population, pour être certaines de ne pas rater un cas ». Même dans le cas où le dépistage est sélectif, des personnes originaires d’Italie du Sud ou de Grèce sont également testées[89]. Le Monde estime que les chiffres utilisés par les tenants de la théorie confondent en réalité un dépistage médical par origine géographique et un recensement ethnique. Le Monde constate que les nourrissons dépistés ne sont pas forcément « d’origine étrangère », car dans les maternités d'outre-mer tous les nourrissons sont testés quelle que soit leur couleur de peau, que d'autre part, des personnes non nées en France mais originaires d’Europe de l’Est ou du continent américain ne sont pas dépistées, et conclut que « le taux de nourrissons testés à la naissance ne peut donc pas être un indicateur de « l’immigration », comme il est présenté par les militants d’extrême droite »[89].

Des associations de malades et de médecins dénoncent quant à elles l'utilisation de ce dépistage ciblé et demandent une généralisation du dépistage « avec un argument qui va à l’encontre de la thèse « identitaire » : la maladie n’est plus aujourd’hui l’apanage de certaines ethnies, mais s’est « mondialisée » : au fil des ans et des métissages, les gènes se sont disséminés. » et que cela à des conséquences graves pour les sujets non dépistés[89],[90]. Le Monde rappelle également les chiffres de la natalité (79.3 % d'enfants issus de deux parents français en 2013) et démographique (un quart des Français ayant au moins un grand-parent immigré, le terme « population autochtone » n'a pas vraiment de sens), et conclut que « l’hystérie entretenue par l'extrême droite autour de la drépanocytose ne fait en effet que masquer le racisme des tenants de ces théories [...] ce que cherchent à évoquer les militants identitaires ici, c’est bien la question de l’ethnie. Ce qui les préoccupe, ce sont les naissances non « blanches », qu’elles soient issues de personnes de nationalité française ou non, et que ces personnes soient intégrées ou non. [...] Le cas des Antillais est ici emblématique : ces populations peuvent être « plus françaises » que des militants d’extrême droite issus, à la troisième ou à la quatrième génération, de l’immigration italienne, polonaise ou autre »[89].

D'après France Info, le « site extrémiste » Boulevard Voltaire « reconnaît que le dépistage de la drépanocytose permet uniquement d'avoir une idée du nombre de naissance d'enfants, Français ou non, descendants, sur une ou plusieurs générations, de populations originaires d'Europe du Sud, d'Outre-mer, d'Afrique ou d'Asie... Mais n'est en aucun cas un indicateur, pas même approximatif, de l'immigration en France »[88].

Pour Éric Dupin, « en l'absence de statistiques ethniques, les données de ce dépistage donnent ainsi une bonne estimation de la proportion des naissances d'origine, au moins partiellement, extra-européenne ». En se basant sur les bilans de l'AFDPHE, il précise que 38,9 % des nourrissons ont été dépistés en 2015 contre 31,5 % en 2010. Selon lui, ce sont les chiffres des régions qui sont « les plus spectaculaires » puisque 73,4 % des nouveau-nés ont été dépistés en Île-de-France à la drépanocytose en 2015 contre 54,2 % en 2005[91].

Point de vue culturel et cultuel

Soutiens de la théorie

Robert Ménard, notamment opposé au « grand remplacement culinaire ».

Franck Guiot du mouvement La Droite populaire, ancien élu connu pour son hostilité envers les Roms, met en avant des statistiques sur les prénoms pour faire référence au « grand remplacement » sur Twitter[70].

En 2015, le maire de Béziers Robert Ménard s'oppose à l'installation de nouveaux restaurants kebab en parlant de « grand remplacement culinaire »[92].

Opposés à la théorie

Pour l'historien des idées Daniel Lindenberg, le « grand remplacement » occupe une place importante dans le « catéchisme néo-réactionnaire » : « on discute doctement de la réédition de Mein Kampf, tandis que des discours délirants portés par la vague complotiste qui déferle sur Internet sont en libre circulation. Le spectre du « Grand Remplacement », qui prolonge celui en vogue dans la décennie précédente d’une « Eurabie » soumise à la charia, hante beaucoup d’esprits. L’idée qu’il puisse y avoir une nation française qui ne soit pas de toute éternité, blanche et chrétienne, mais un creuset toujours en fusion, est insupportable à la droite « décomplexée » et à ses intellectuels organiques. Si ces derniers ont de nombreux points de désaccord entre eux, ils se retrouvent comme un seul homme (ou une seule femme…) pour refuser l’égalité réelle des citoyens français entre eux. Tel est le noyau dur de leurs convictions. Ils ne le disent pas ouvertement, mais leurs sarcasmes incessants stigmatisant l’antiracisme, ce « totalitarisme du XXIe siècle », sont suffisamment éloquents.[93] »

Pour Jean-Yves Camus, spécialiste de l'extrême droite, cette thèse consiste effectivement à dire « qu'une partie de la population française n'est pas vraiment française. Ce seraient des Français de papier », ce qui est contraire au discours politique officiel du Front national, selon lequel si on s'assimile « on peut venir de partout et être Français. Pour Jean-Christophe Dumont, chef de la division des migrations internationales à l'OCDE, la présence de minorités visibles « n'a rien à voir avec la politique migratoire actuelle, l'Europe ou la mondialisation » : elle est la conséquence des politiques migratoires menées pour faire venir de la main d’œuvre étrangère jusqu'au premier choc pétrolier, il est donc « insidieux de faire le mélange entre les immigrés et leurs enfants qui sont Français et ont été éduqués à l'école de la République », une partie de ces enfants étant également issue de couples mixtes[36] ».

Utilisation et promotion de l'expression

En politique

Renaud Camus et les partis d'extrême droite

Renaud Camus et Karim Ouchikh, président du SIEL.

Renaud Camus est à l'initiative des deux premières utilisations directement politiques de la thèse du grand remplacement. D'abord au travers du Parti de l'in-nocence qu'il a fondé en 2002 : Camus définit le néologisme de « Nocence » comme l'atteinte à la nature et à la qualité de vie, qui serait l'instrument du « grand remplacement » et à laquelle son parti tenterait de s'opposer. En 2010, le Parti de l'In-nocence organise les « prix de la Nocence », au cours desquels est remis le « prix national du Grand Remplacement » à Louis Schweitzer, alors président de la HALDE, pour avoir « contribué le plus obstinément et efficacement à la colonisation de la France et à la dissolution du caractère français de sa population historique »[77]. La même année, le concept est introduit dans l'ouvrage l'Abécédaire de l'In-nocence, livre-programme du parti et de la candidature de Camus à l'élection présidentielle de 2012[94]. Camus fonde ensuite en 2013 le mouvement « NON au changement de peuple et de civilisation » (NCPC), qu'il définit comme « un front du refus, le mouvement de tous ceux qui disent NON au Grand Remplacement »[95].

En 2015, Renaud Camus rejoint le parti Souveraineté, identité et libertés (SIEL), un parti satellite du Front national, membre du rassemblement Bleu Marine[6]. En 2019, pour les élections européennes, Renaud Camus fonde la liste « La Ligne claire » avec Karim Ouchikh. À cette occasion, les deux hommes publient une Lettre aux Européens, dans laquelle ils font cent une propositions, qu'ils résument ainsi : « l'Europe, il ne faut pas en sortir, il faut en sortir l'Afrique. Jamais une occupation n'a pris fin sans le départ de l'occupant. Jamais une colonisation ne s'est achevée sans le retrait des colonisateurs et des colons. La Ligne claire, [...] c'est celle qui mène du ferme constat du grand remplacement [...] à l'exigence de la remigration »[96].

La remigration est donc le « point central » de leur « programme politique », et consiste à renvoyer « pacifiquement » les « extra-Européens » ou même les « descendants d’extra-Européens » refusant de se plier à leur « charte de la civilisation européenne ». Ils proposent la création d’un haut-commissariat à la Remigration. À ceux qui accepteront la remigration volontaire, ils proposent une pension à vie, ou une remise de peine[46].

Parmi les autres propositions visant à contrer le grand remplacement figurent notamment l'arrêt immédiat de toute immigration, la dénonciation de la convention de 1951 relative au statut des réfugiés, la suppression du droit du sol, l’abrogation du regroupement familial, l’interdiction d’adopter des enfants extra-européens, la légalisation des statistiques ethniques, l’attribution exclusive des aides sociales aux nationaux et ressortissants européens, l’interdiction de construire de nouvelles mosquées, etc.[97],[14],[46].

Le Front national divisé

Marion Maréchal, qui déplore « le remplacement continu d’une population par une autre ».

Jean-Marie Le Pen, alors candidat et président d'honneur du Front national, utilise en une formule lapidaire que l'AFP rapproche alors de la thèse : « les Noirs et les Arabes vont remplacer les Français « de souche » ; ils veulent saper la « civilisation » française ; il suffit d'ouvrir les yeux pour s'en rendre compte mais les élites nient cette réalité[36]. »

D'autres membres de ce parti sont convaincus de ce complot, comme Bruno Gollnisch, Aymeric Chauprade[98] ou Marion Maréchal, qui affirme qu'« il y a aujourd'hui un effet de substitution sur certaines parties du territoire de ce qu'on appelle les Français de souche par une population nouvellement immigrée »[99]. Au cours de la campagne des élections régionales de 2015, elle déclare déplorer « le remplacement continu d’une population par une autre, qui apporte avec elle sa culture, ses valeurs et sa religion »[100].

L'extrême droite française ne se rallie pas totalement à la vision de Camus. Certains dirigeants du Front national estiment cependant que cette théorie est « confuse » et dangereuse selon Florian Philippot, car elle suggère « une conception racialiste que nous ne partageons pas »[101]. Pour Marine Le Pen, « le concept de grand remplacement suppose un plan établi. Je ne participe pas de cette vision complotiste »[102]. Elle assure dans le même temps que « l’immigration peut bien avoir pour conséquence de faire changer la population des quartiers, des villes », ou condamne en 2011 une immigration « volontairement accélérée dans un processus fou, dont on se demande s’il n’a pas pour objectif le remplacement pur et simple de la population française »[75].

Pour Le Point, si Marine Le Pen réfute le grand remplacement, « c'est parce qu'elle ne souhaite pas laisser entendre que le FN serait adepte de la théorie du complot et qu'il pourrait partager une conception racialiste du monde. Elle préfère se concentrer sur la dénonciation du phénomène de "l'immigration massive" » par calcul électoral au grand dam de certains membres du FN et de sa branche identitaire[103].

Autres mouvances de droite et d'extrême droite

Pour Philippe de Villiers, « ce que vit l’Occident est pire qu’une décadence : c’est à la fois une implosion et une invasion, avec le double remplacement progressif et indolore d’une population et d’une civilisation »[104].

La mouvance identitaire se réclame de cette thèse, notamment le Bloc identitaire, qui prône la « remigration » des populations d'origine extra-européenne sur la terre de leurs ancêtres, ainsi que Laurent Ozon, fondateur du « Mouvement pour la remigration »[101]. Le Bloc, qui tente notamment d'influencer le Front national sur le sujet[105], crée en un « Observatoire du Grand Remplacement »[106]. Philippe Vardon, cofondateur du Bloc identitaire, affirme notamment en réponse aux propos de Marine Le Pen que « le grand remplacement n'est ni un concept, ni un complot : c'est un constat »[103].

À plusieurs reprises en 2014 et 2015, le député Jacques Bompard, président du parti d'extrême droite la Ligue du Sud, interpelle le gouvernement à l'Assemblée nationale au sujet du « grand remplacement ». En 2015, il dépose un projet de loi pour « lutter contre le grand remplacement » proposant de réformer les réglementations européennes relatives à l’immigration, avec un meilleur contrôle aux frontières de l’espace Schengen et la réduction des flux migratoires[107]. En octobre 2015, le président du groupe Parti socialiste, Bruno Le Roux, réclame alors des sanctions contre Jacques Bompard[108].

Robert Ménard, maire élu avec le soutien du Front national, articule son discours autour de la guerre d'Algérie autour d'une analogie historique entre la « colonisation de peuplement » menée par la France en Algérie et le grand remplacement[109]. L'élection à Londres de Sadiq Khan, maire musulman, le , « symbolise [pour R. Ménard] le grand remplacement en cours »[110].

Pour Philippe de Villiers, « ce n'est pas Renaud Camus qui a inventé ce mot, le grand remplacement, c'est un faux procès, la migration de remplacement c'est le plan des Nations unies, ce sont les grandes entreprises post-nationales qui veulent remplacer la population autochtone qui est trop chère par une population immigrée qui est moins chère »[111],[112].

Selon Le Monde, la théorie du grand remplacement devient de plus en plus populaire dans l'extrême droite, voire la droite, à partir de 2012[9],[71]. D'après la doctorante Anaïs Voy-Gillis, cette théorie n'est pas uniquement présente dans les milieux identitaires et d'extrême droite partout en Europe, elle touche aussi une partie de la droite, qui craint de perdre une « identité », une « culture nationale »[2]. Selon Libération, la théorie est de « mieux en mieux partagé[e] par l’extrême droite et une droite en voie de radicalisation »[10]. Le Monde souligne que « les groupes identitaires l'exaltent, le Front national la reprend, la blogosphère d'extrême droite la soutient, des magazines comme Valeurs actuelles et Causeur[113] la relaient »[9]. De son côté, le polémiste Éric Zemmour parle de dissolution de l'« identité française »[9]. Selon ce même journal, Charles Beigbeder, ancien secrétaire national de l'UMP, associe le « grand remplacement » à « l'inquiétude identitaire des marcheurs de La Manif pour tous »[9].

Jean-Yves Camus considère que Jean-Marie Le Pen, en parlant du « grand remplacement », « exprime quelque chose de central, partagé par beaucoup de militants ». Le Nouvel Observateur considère pour sa part que le « grand remplacement » « devient le cri de ralliement de la sphère identitaire »[71].

En 2017, pour Nicolas Dupont-Aignan, « cette crainte [du Grand remplacement] renvoie à une réalité »[114]). Et Laurent Wauquiez, ténor des Républicains alors en campagne pour la présidence du parti, considère en octobre, selon la retranscription donnée par L'Obs d'une interview donnée au Grand Jury de RTL, que le « grand remplacement » « c'est une réalité et qu'il suffit pour s'en convaincre de se rendre dans les 'quartiers perdus de la République' », citant Saint-Étienne et Firminy comme exemple ; ceci n'a pas été sans faire réagir les maires des communes concernées, Gaël Perdriau (LR) et Marc Petit (Front de Gauche) ; les proches de Laurent Wauquiez ne reprennent pas à leur compte le grand remplacement, mais reprennent le sujet des 'quartiers perdus'[115].

Selon RTL, Nicolas Sarkozy « évoque la théorie sans la nommer », quand il affirme en 2016 que « la démographie fait l'Histoire, et non le contraire » et que « l'axe du monde » étant « clairement passé vers l'Afrique et l'Asie », « il nous faut réagir, ou on disparaîtra »[116].

En 2018, le philosophe d'extrême droite Alain de Benoist déclare au site Boulevard Voltaire qu'« à l’échelle [de la France], il n’y a pas, à proprement parler, de remplacement. En revanche, il y a un continuel apport extérieur qui transforme la population d’origine européenne, qui modifie son pool génétique, ses habitudes sociales, sa façon de vivre, sa manière de voir le monde, ses valeurs spécifiques, etc. Cette transformation n’est pas une mince affaire, elle est même d’une importance capitale, mais ce n’est pas, au sens propre, un remplacement. La population française n’est pas remplacée, mais elle est peu à peu transformée. C’est pourquoi [il parlerait] plutôt de "Grande Transformation" »[117].

Dans La France identitaire, Éric Dupin souligne qu'« au lieu de parler de « grand remplacement » comme Renaud Camus, de Benoist préfère l'expression de « grande transformation » sur le plan démographique, mais l'idée est assez voisine. « Qui a colonisé ne saurait s'étonner d'être envahi à son tour », fait-il d'ailleurs remarquer »[118].

Selon Jean-Yves Le Gallou, ancien cadre du Front national ayant repris le concept de « réinformation » autre concept d'extrême droite affirmant lutter contre le politiquement correct et la désinformation, « l'expression « grand remplacement » […] est entrée dans le vocabulaire courant grâce aux médias alternatifs », dont le but est de « donner des informations et des points de vue alternatifs face à [la] censure » du « politiquement correct », exercée par les « médias traditionnels »[119]. Pour Le Gallou, également co-fondateur de l'Institut Iliade, un organisme de formation de l'extrême droite qui publie par ailleurs du matériel de propagande, la promotion de ce mot s'inscrit dans une « bataille du vocabulaire » afin de faire progresser les positions identitaires : « Race blanche, Français de souche, grand remplacement et remigration sont les mots qu'il faut utiliser »[120].

À gauche

Jean-Pierre Chevènement, lauréat du « prix du Grand remplacement » 2017.

En 2016, au moment de sa nomination à la présidence de la Fondation pour l'islam de France, Jean-Pierre Chevènement tient des propos qui, selon le député socialiste de la Seine-Saint-Denis, Mathieu Hanotin, accréditeraient la thèse du grand remplacement[121]. L'ancien ministre déclare, à propos de Saint-Denis, que « 80 % des enfants en primaire ne maîtrisent pas la langue française » et que la ville compte « 135 nationalités, mais [qu']il y en a une qui a quasiment disparu », faisant référence à la nationalité française[121]. Mathieu Hanotin, demande alors au président de la République de renoncer à le nommer à la présidence de la fondation[121]. Pour ces déclarations, Jean-Pierre Chevènement reçoit en le « prix du Grand remplacement » — dans le cadre de la troisième édition du « prix du menteur en politique », créé par le politologue de gauche Thomas Guénolé[122].

Dans l'Église catholique

Mgr Luc Ravel, archevêque de Strasbourg, accrédite la thèse du grand remplacement en dénonçant la « promotion » de l'avortement et en mettant en cause la fécondité des « croyants musulmans »[123].

En mars 2016, le pape François évoque quant à lui une « invasion arabe de l'Europe » qu'il considère comme un fait social, sans se rallier cependant au concept de « grand remplacement », selon le journal catholique La Vie. Le pape nuance ensuite ses propos, estimant que l'Europe « a toujours su se surmonter elle-même, aller de l’avant pour se trouver ensuite comme agrandie par l’échange entre les cultures »[124].

Dans la culture

Dans un article du Monde, Jean Birnbaum fait le lien entre L'Identité malheureuse, ouvrage d'Alain Finkielkraut paru en 2013[125], et la thèse de Renaud Camus, parlant notamment de « la même obsession d'une double décadence : celle de « la Grande Déculturation » (par l'école) et celle du « Grand Remplacement » (par « l'immigration de peuplement »)[126]. » Alain Finkielkraut dément et affirme qu'il ne reprend pas à son compte la formule de « grand remplacement », qu'il « trouve effrayante » et dont il ne veut « pas croire à la réalité ». Il déplore cependant que ce concept soit reproché à Renaud Camus alors qu'« il est permis aujourd'hui et peut-être bientôt obligatoire de glorifier » le phénomène supposé qu'il désigne[127]. Ce rapprochement est repris en 2014 par Edwy Plenel dans son ouvrage Pour les musulmans, qualifiant Finkielkraut de « porte-parole autoproclamé des « Français de souche » contre la menace du « Grand remplacement » […] respectable caution de la plus ordinaire des vulgates racistes[128]. ». Selon le magazine Les Inrockuptibles, le philosophe Alain Finkielkraut soutient Renaud Camus et valide sa théorie du grand remplacement en affirmant qu'une « immigration de peuplement a succédé à une immigration de travail ». Ce phénomène intervient selon lui à la suite de la politique de regroupement familial appliquée à partir de 1976. À l'appui de sa thèse, il cite notamment Élisabeth Badinter, qui déclare qu'« une seconde société tente de s'imposer au sein de notre République, tournant le dos à celle-ci, visant explicitement le séparatisme, voire la sécession »[129].

À l'occasion de la sortie du roman Soumission, de Michel Houellebecq, L'Obs se demande si la théorie du grand remplacement « n'est pas en passe de devenir le nouveau gimmick littéraire de nos romanciers ». L'hebdomadaire voit en effet une référence implicite au grand remplacement dans ce roman, ainsi que dans Dawa, de Julien Suaudeau, et dans Événements de Jean Rolin[130]. De même, pour BibliObs, Décadence (2017) de Michel Onfray « traverse au pas de charge deux mille ans de civilisation judéo-chrétienne pour raconter l'odyssée d'un Occident courant à sa perte. Et finalement s'abîme dans un cauchemar houellebecquien flirtant avec la théorie du grand remplacement »[131].

Le groupe de rock féminin d'extrême droite Les Brigandes sort en 2015 un album intitulé Le Grand Remplacement que le quotidien Le Midi libre décrit comme une compilation de « ritournelles engagées » qui a « rapidement séduit le milieu de l'ultra droite française, plutôt habitué des pogos sur fond de rock lourdingue et bien gras »[132].

Dans les médias

Ivan Rioufol, qui fait régulièrement référence au grand remplacement dans ses interventions publiques.

Des journalistes comme Éric Zemmour et Ivan Rioufol utilisent régulièrement le terme « grand remplacement » lors de leurs interventions médiatiques [133] et sont critiqués pour cela[70]. De même, le magazine Valeurs actuelles publie des articles[82] allant dans le même sens que Camus[9],[134].

L'expression est également reprise par Mehdi Meklat, Badroudine Saïd Abdallah et le journaliste Mouloud Achour, qui écrivent dans le premier numéro de leur revue Téléramadan, paru en juin 2016 : « Nous sommes le Grand Remplacement. » La maison d’édition qu'ils créent ensemble, les « Éditions du Grand Remplacement », est baptisée ainsi « par provocation », selon le quotidien Le Monde, les auteurs souhaitant tourner en dérision l'expression, mais aussi la prendre à contre-pied[135],[136].

Selon Valérie Igounet et Rudy Reichstadt, la théorie s'est principalement popularisée sur Internet, où elle a été diffusée par des sites « anti-islamisation » comme Riposte laïque, Fdesouche ou Boulevard Voltaire[14].

Dans la communauté juive

En mai 2017, Stephanie Courouble Share, historienne, Valéry Rasplus, sociologue, et Jean Corcos, producteur à Judaïques FM, alertent sur les « théories » fumeuses de Renaud Camus, qui selon eux sont « diffusées au sein de la communauté juive sans provoquer de protestations ». Notamment, la blogosphère juive reprend la théorie du grand remplacement. Pour expliquer le phénomène, les auteurs affirment que les Français juifs ont subi une vague d'agressions à partir du début des années 2000 souvent par des jeunes d’origine immigrée, « sous prétexte d'importation du conflit israélo-palestinien ». Les auteurs estiment que la peur de l'islamisme radical est légitime après la série d’actes terroristes dont les Français juifs ont été victimes, et qu'il n'est pas étonnant qu'ils soient réceptifs aux discours des « activistes dont le fond de commerce est la peur des musulmans »[16].

Attentats de Christchurch

Mémorial de fleurs déposées en hommage aux victimes, en réaction aux attentats de Christchurch.

Le , Brenton Tarrant, auteur des attaques terroristes de Christchurch en Nouvelle-Zélande qui ont fait 50 morts et 50 blessés, met en ligne un manifeste intitulé The Great Replacement (« le grand remplacement »). Ce document de revendication et de propagande détaille à plusieurs reprises l’obsession de son auteur pour la fin de l’Europe et le prétendu « remplacement » de sa population par l’immigration « non blanche ». Il appelle également les Européens à attaquer toute personne issue de l’immigration[137].

Selon le spécialiste de l'extrême droite Nicolas Lebourg, le terroriste de Christchurch représente une partie de l'extrême droite « qui a une obsession : ils vivent la globalisation comme une orientalisation ». Pour lui, la notion de grand remplacement « est centrale puisqu'elle synthétise la pensée de ces extrémistes : la population orientale serait en train de se substituer à la population occidentale. Cette théorie débarrassée du complot juif a été introduite par l’écrivain français d’extrême droite Renaud Camus. Comme un publicitaire, il a trouvé une formule qui fait mouche »[138]. Selon le Le HuffPost, la théorie complotiste et islamophobe était l'« obsession du terroriste ». Edwy Plenel cite « une idéologie potentiellement meurtrière » dont Eric Zemmour, entre autres, « se fait le propagandiste »[51],[49]. Le journal Le Monde livre ainsi une analyse du manifeste du tueur, estimant que son discours « colle parfaitement, si l’on met de côté la violence, avec la théorie du « grand remplacement » mise au point il y a une dizaine d’années par Renaud Camus ». « Un supposé "constat" » démographique mais de fait raciste car basé sur l'ethnie, la couleur de peau et contredit par les chiffres, et « un complot sans preuve » qui regroupe tous les ingrédients de la théorie du complot « grand plan global et secret, ourdi par des groupes mystérieux qu'on dote de pouvoirs immenses » et « une « élite remplaciste », « apatride » et « mondialisée », qui serait l'ennemie de la tradition et du peuple « de souche », des traits classiques des théories antisémites ». Le quotidien souligne également que « si l’écrivain ne cesse de rappeler qu’il est un partisan de la non-violence, il a quand même été condamné en 2014 pour provocation à la haine ou à la violence, après avoir présenté les musulmans comme des « voyous », des « soldats », « le bras armé de la conquête », ou encore des « colonisateurs » cherchant à rendre « la vie impossible aux indigènes » ». La justice a estimé que ces propos constituaient « une très violente stigmatisation des musulmans »[46],[25].

Renaud Camus condamne l'attentat et déclare que les attentats terroristes commis en France ont plus inspiré l'auteur que sa thèse[139]. À la question de savoir s'il s'oppose à la façon dont son idée de « grand remplacement » a été interprétée par le grand public, y compris les politiciens d'extrême droite et leurs soutiens, il répond que « non, au contraire », et ajoute espérer que le désir d'une « contre-révolte » grandisse contre « la colonisation actuelle de l'Europe »[140].

Opinion publique

En décembre 2017, l'Ifop réalise pour la Fondation Jean-Jaurès et Conspiracy Watch une enquête sur le complotisme, destinée à « estimer la pénétration du complotisme dans la société et approcher plus finement le profil de ceux qui y adhèrent ». Parmi les affirmations soumises aux sondés pour mesurer l'adhésion à différentes théories du complot, l'une d'elles porte sur l'immigration, présentée comme « un projet politique de remplacement d'une civilisation par une autre organisé délibérément par nos élites politiques, intellectuelles et médiatiques et auquel il convient de mettre fin en renvoyant ces populations d'où elles viennent ». Cette affirmation recueille l'adhésion de 48 % des personnes interrogées (31 % « plutôt d'accord » et 17 % « tout à fait d'accord »). Parmi ces 17 %, l'étude montre une surreprésentation des plus de 65 ans (24 % contre 9 % chez les 18-24 ans) et des sympathisants du Front national (41 %). L'étude montre également que plus le nombre de théories complotistes auxquelles adhère une personne est élevé, plus elle adhère à la théorie « remplaciste » (32 % d'adhésion forte chez « les complotistes les plus endurcis »)[141],[142]. La formulation résumait la théorie du grand remplacement « dans son acception la plus ouvertement conspirationniste : débarrassée de toute ambiguïté quant à sa dimension intentionnelle, elle désigne clairement des responsables ainsi que la solution – radicale – envisagée pour l’endiguer, la "remigration" »[14].

En mars 2019, analysant l'attentat de Christchurch, l'historienne Valérie Igounet estime que « le concept de “grand remplacement” tend à se banaliser dans une partie de l’opinion publique » après d'abord avoir été relayé par l'extrême droite sur Internet et/ou des sites complotistes, puis par des politiciens d'extrême droite comme Marion Maréchal ou Robert Ménard[143]. Des membres de lInstitute for Strategic Dialogue font le même constat après avoir analysé les techniques de marketing viral utilisées sur Twitter depuis 2014 pour lancer les idées de « grand remplacement » et de « remigration ». Ils relèvent que Donald Trump, qui avait retweeté les propos d'une militante influente de la théorie du « grand remplacement », traitait les migrants d'envahisseurs quelques heures après l'attentat de Christchurch, faisant ainsi écho aux revendications du terroriste. De son côté, le vice-chancelier autrichien disait vouloir « poursuivre le combat contre le grand remplacement » au lendemain de la fusillade de la synagogue de Poway[144].

Selon un sondage mené en décembre 2018, 46 % des Français qui se définissent comme Gilets jaunes adhèrent à la théorie du grand remplacement (« l'immigration est organisée délibérément par nos élites pour aboutir au remplacement de la population européenne »), contre 25 % des Français[145].

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Annexes

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Ouvrages associés

  • Renaud Camus, De l'in-nocence. Abécédaire, Neuilly-sur-Seine, éd. David Reinharc, 2010
  • Renaud Camus, Le Grand Remplacement, Neuilly-sur-Seine, éd. David Reinharc, 2011 (rééd. 2012)
  • Renaud Camus, L'Homme remplaçable, Plieux, chez l'auteur, 2012
  • Renaud Camus, Le Changement de peuple, Plieux, chez l'auteur, 2013

Bibliographie

Articles connexes

Lien externe