Sanctions contre la Russie

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Carte des pays ayant mis en place des sanctions contre la Russie en 2014.

Les sanctions contre la Russie sont une série de sanctions économiques mise en place à partir de 2014 par les États-Unis, l'Union européenne (UE), ainsi que d'autres pays ou institutions occidentaux contre la Russie, à la suite de la crise ukrainienne.

À la suite de ces sanctions, la Russie a mis en place des contre-sanctions dont notamment un embargo alimentaire en 2014.

Histoire[modifier | modifier le code]

En mars 2014, Barack Obama décrète, via le International Emergency Economic Powers Act, des interdictions de voyager et des gels d'actifs financiers contre certaines personnalités impliqués dans la crise de Crimée[1]. Sanctions qui sont renforcés le même mois, après le référendum en Crimée, alors que dans le même temps, le Canada, l'Australie, le Japon et l'Union européenne mettent en place des sanctions similaires[2]. Fin avril, 17 entités bancaires russes sont ajoutées à la liste des organismes sujets à ces sanctions[3]. En juillet 2014, les États-Unis renforcent leur sanction en ciblant les institutions bancaires russes notamment VTB, la Banque de Moscou, la Rosselkhozbank, ainsi que United Shipbuilding Corporation, une entreprise de construction navale[4]. En septembre 2014, les États-Unis sanctionnent la banque Sberbank, le conglomérat militaire Rostec, plusieurs autres entreprises militaires russes et plusieurs entreprises pétrolières russes : Gazprom, Gazprom Neft, Lukoil, Surgutneftegas et Rosneft[5].

A partir du 17 mars 2014, l'Union européenne met en place des sanctions contre la Russie pour répondre de l’annexion de la Crimée. Ces sanctions initiales ciblent 21 personnalités russes, en leur interdisant de voyager dans l'Union européenne et en gelant leurs actifs financiers[6]. Ces sanctions ont été étendues le 21 mars 2014, le 14 avril avec l'ajout de 4 nouvelles personnalités russes[3], le 28 avril 2014, le 12 mai 2014 avec l'ajout de 13 personnalités russes[3], les 12, 24 et 31 juillet 2014. Le 12 septembre 2014, l'Union européenne interdit l'accès aux crédits européens à plusieurs banques russes et compagnies pétrolières russes, interdit l'exportation de biens pouvant être détournés militairement et interdit l'exportation d'équipements pétroliers vers la Russie. Ces sanctions touchent plus particulièrement Rosneft, Transneft et Gazprom Neft[7] et les 5 grandes banques publiques russes : Sberbank, VTB, Gazprombank, Vnesheconombank et Rosselkhozbank[8]. En décembre 2014, l'Union européenne sanctionne plus particulièrement les entreprises liées à la Crimée, que cela soit les entreprises pétrolières mais également celle de transport maritime, mais aussi les entreprises investissant dans l'immobilier et le tourisme en Crimée[9].

Les sanctions sont prolongées en janvier 2015[10], en décembre 2015[11], en juillet 2016, puis en décembre 2016[12].

À la même date, le Japon met en place des sanctions contre la Russie. Ces sanctions sont d'une ampleur moindre, concernant la gestion des visas entre les deux pays, ainsi que les investissements notamment dans le domaine militaire et spatial[13].

En août 2014, l'Ukraine renforce ses sanctions contre la Russie, en ciblant près de 170 personnalités russes et 65 entreprises russes dont Gazprom[14].

En février 2015, le Canada ajoute 37 personnes à sa liste de personnalités sanctionnées, ainsi que 17 entreprises ou organisations, dont Rosneft[15].

Le 2 août 2017, le Congrès américain vote le Countering America's Adversaries Through Sanctions Act (en) (CAATSA) qui vise les investissements dans les infrastructures pétrolières russes notamment les pipelines[16]

Depuis l'adoption des sanctions économiques, les revenus des Russes ont diminué de 10 % et la pauvreté est en augmentation[17].

D'après une étude des économistes Matthieu Crozet, de l'Université Lingnan de Hong Kong, et Julian Hinz, de l'Institut pour l'économie mondiale de Kiel, les sanctions visant la Russie représenteraient un manque à gagner commercial de 4 milliards de dollars par mois pour les pays impliqués. 52 % de ces pertes seraient supportés par la Russie. Pour l'Union européenne, le manque à gagner s’élèverait à 1,5 milliard de dollars chaque mois[18].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Obama warns on Crimea, orders sanctions over Russian moves in Ukraine », sur Reuters, .
  2. Steven Lee Myers et Peter Baker, « Putin Recognizes Crimea Secession, Defying the West », sur The New York Times, .
  3. a b et c « Sanctions contre la Russie, état des lieux », sur Le Monde, .
  4. « Ukraine crisis: U.S., EU, Canada announce new sanctions against Russia », sur CBC, .
  5. Arshad Mohammed et Bill Trott, « U.S. intensifies sanctions on Russia over Ukraine », sur Reuters, .
  6. « « Annexion » de la Crimée : les États-Unis et l'UE adoptent des sanctions ciblées », sur Le Monde, .
  7. « How far do EU-US sanctions on Russia go? », sur BBC, .
  8. Benjamin Quenelle, « Les banques russes, premières victimes des sanctions européennes », sur Les Echos, .
  9. Adrian Croft et Robin Emmott, « EU bans investment in Crimea, targets oil sector, cruises », sur Reuters, .
  10. Robin Emmott et Pavel Polityuk, « EU wins Greek backing to extend Russia sanctions, delays decision on new steps », sur Reuters, .
  11. Hélène Despic-Popovic, « Au fait, rien n’est réglé en Ukraine », Libération, 1er janvier 2016.
  12. « Les sanctions économiques de l’UE contre la Russie prolongées de six mois », Le Monde, 19 décembre 2016
  13. « Japan imposes sanctions against Russia over Crimea independence », sur Fox News, .
  14. « Ukraine approves law on sanctions against Russia », sur Reuters, .
  15. « Ukraine conflict: Russia rebuffs new Canadian sanctions as 'awkward' », sur CBC, .
  16. « Russia's energy sector : A GRI special report evaluating progress on import substitution and technological sovereignty », sur Global Risk Insights, .
  17. « La Russie compte 500 000 nouveaux pauvres depuis un an », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 1er août 2019)
  18. « Fast 700 Millionen US-Dollar pro Monat: Deutschland leidet unter Russland-Sanktionen », Handelsblatt,‎ (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]