Yvan Blot

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Yvan Blot
Yvan Blot en 2012.
Yvan Blot en 2012.
Fonctions
Député européen
Élection
Réélection
Législature 3e et 4e
Groupe politique GTDE puis non-inscrit
Député du Pas-de-Calais
Élection
Législature VIIIe
Groupe politique RPR
Biographie
Nom de naissance Yvan-Michel Blot
Date de naissance (69 ans)
Lieu de naissance Saint-Mandé (Seine)
Nationalité Français
Parti politique RPR (jusqu'en 1989)
FN (1989-2000)
UMP (2004-2015)
RIF (2011-2013)
Diplômé de IEP de Paris
ENA
Profession Inspecteur général de l'administration
Religion Catholique

Ivan, ou Yvan Blot, né le à Saint-Mandé, est un essayiste haut fonctionnaire, homme politique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et formation[modifier | modifier le code]

Fils de Camille Blot, officier de marine, membre du réseau Combat pendant la Seconde Guerre mondiale, et d'Adela Sophia Brys, une Polonaise, Yvan-Michel Blot[n 1] naît le à Saint-Mandé, dans la Seine[1].

Ancien élève du lycée Henri-IV[2], diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (promotion 1969)[3], il est élève de l'École nationale d'administration dans la promotion François-Rabelais (1973).

Après un diplôme d'études supérieures (1974)[4], il soutient en 2004 une thèse de doctorat ès sciences économiques[5].

Club de l'horloge et RPR (1971-1988)[modifier | modifier le code]

Il découvre le Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne (GRECE) par l'entremise de Jacques-François de Chaunac-Lanzac, le frère de François d'Orcival, et y adhère[6].

Fondateur[7], puis animateur de 1971 à 1973 du cercle Pareto avec Guillaume Faye et Jean-Yves Le Gallou[8], il écrit de 1971 à 1974 sous le nom de plume de « Michel Norey », ce qu'il a nié pendant plusieurs années, avant d'affirmer qu'il s'agissait d'un pseudonyme collectif[6]. Il continue cependant de figurer sous ce nom dans le comité de rédaction de Nouvelle École jusqu'en 1987)[9]. Il est alors « l'auteur des textes les plus racialistes de la Nouvelle Droite »[10] : il écrit ainsi en 1972 qu'« il faut des esclaves pour que surgisse une nouvelle aristocratie », ou en 1974 qu'« ethnie et dressage sont les deux fondements d'une humanité supérieure »[11].

Après avoir quitté le GRECE — il déclarera plus tard : « l'antichristianisme prôné par le GRECE me déplaisait, tout comme la personnalité d'Alain de Benoist[12] » —, il cofonde le [13] le Club de l'horloge, avec Jean-Yves Le Gallou et Henry de Lesquen, où il défend la constitution d'une droite nationale-libérale. Dans le même temps, il est membre du Cercle renaissance de Michel de Rostolan[14].

Il fait ses débuts comme administration civil au ministère de l'Intérieur, chargé de mission à la direction des Collectivités locales.

En 1978, il est brièvement chargé de mission au cabinet du président du Sénat, Alain Poher[2]. De 1978 à 1984, il est directeur de cabinet des différents secrétaires généraux du Rassemblement pour la République (RPR) (Alain Devaquet puis Bernard Pons)[15].

Il est de 1973 à 1983 maître de conférences à Sciences Po Paris[2].

En 1979, il parraine l'adhésion de son ami Bruno Mégret au RPR.

En 1981, il participe aux côtés d'Édouard Balladur et Alain Juppé à la réorientation de la plate-forme présidentielle de Jacques Chirac, qui marque un retour à la ligne du RPR plus libéral en économie[16].

En , il est élu conseiller municipal de Calais et, en , conseiller général du canton de Calais-Centre[2]. L'année suivante, il devient député de ce même département. Il décrit l'arrivée de Jacques Chirac au poste de Premier ministre en 1986 comme « une période très stimulante car il a appliqué même si ce n'est que partiellement la plate-forme RPR-UDF[17] ». Il participe pendant l'automne 1986, sous la direction d'Édouard Balladur et Jacques Friedmann, à la rédaction du projet de loi sur l'immigration que doit présenter Charles Pasqua, dont il est alors « très proche »[18]. Mais en , à la suite de l'affaire Malik Oussekine, le gouvernement renonce à faire figurer dans son projet les mesures les plus restrictives ; il affirmera que « le texte définitif [...] était une pâle copie de ce qu'[il] avai[t] concocté[18]. »

En , il perd son siège de député. Il se prononce peu après pour un accord général entre la droite et le FN. Le quotidien Le Monde écrit ainsi dans son édition datée du 18 juin :

« M. Yvan Blot […] a constaté que, sur la question fondamentale de l'immigration, « l'unité de la droite existe déjà. » Pour lui, la comparaison, sur ce point, de la plate-forme RPR-UDF avec le programme du FN de 1985 ne révèle aucune différence de fond, le parti de M. Jean-Marie Le Pen se montrant simplement « plus audacieux. » Les dirigeants du club de l'Horloge appellent donc de leurs vœux une union de toute la droite, nécessaire et légitime, qui l’aidera à affirmer face à la gauche ses « valeurs communes », comme a tenté de le faire M. Charles Pasqua ».

Au FN (1989-1998)[modifier | modifier le code]

Ce qu'il décrit comme une « dérive centriste et socialisante »[19] de la ligne du RPR le pousse à rejoindre le Front national en 1989. Selon Blot : Jacques Chirac « n'a pas su faire la synthèse entre les aspirations au libéralisme économique et les attentes populistes de la droite nationale[19] ». D'après Emmanuelle Reungoat, il contribue à orienter le positionnement du FN, d'abord « pro-intégrationniste », vers l'opposition à la CEE et au supranationalisme[20]. Il devient député européen du FN après les élections européennes de juin 1989.

En 1992, une polémique éclate après que Stern eut publié une photo prise deux ans plus tôt, où il figure aux côtés de Bela Edwald Althans (en), lors d'une réunion négationniste intitulée « Le thème d'Auschwitz » ; il affirme alors qu'il ne connaissait pas ce « jeune homme bon chic bon genre », et qu'il s'agissait en fait d'une réunion des Républicains[11]. La date de la photo correspond à celle où Ivan Blot était à une réunion du conseil général du Pas-de-Calais ; il exige un droit de réponse du Monde et le TGI de Paris lui donne raison[Quand ?][réf. nécessaire].

Il tente vainement de s'implanter à Hyères, Jean-Marie Le Pen lui demandant de s'occuper du FN en Alsace[18]. Il devient conseiller régional d'Alsace dès 1992, et sera réélu en 1998.

En , il participe à la première table ronde de Terre et Peuple, alors qu'un de ses collaborateurs au Parlement européen, Stéphane Bourhis, conseiller régional d'Alsace et conseiller municipal de Hœnheim, est membre de ce mouvement[12].

En 1995, il est élu conseiller municipal de Strasbourg, fonction qu'il conservera jusqu'en 2001[2]. Il est vice-président du conseil régional sous la férule de Marcel Rudloff[2] jusqu'en 1998, et dirige le FN du Bas-Rhin avec Stéphane Bourhis.

En , il est chargé de l'instruction publique et des universités dans le contre-gouvernement du FN supervisé par Jean-Claude Martinez[21]. En juin, il participe à une élection législative partielle à Saverne, où il recueille 19,54 % des voix[11].

Au lendemain de la dissidence Mégret, il est exclu du FN en 1998[22]. Robert Spieler estime que dans le cadre de sa direction de la fédération départementale du FN, « [son] erreur [...] est d'avoir cherché à faire des militants avec des notables et de délaisser la base, avec laquelle il est mal à l'aise[18]. »

Lors du congrès de Marignane, il est élu membre du Bureau national et délégué national aux relations extérieures du Front national-Mouvement national mégrétiste. Dès le printemps 1999, il demande toutefois sa réincorporation au sein du FN, s’estimant avoir été trompé sur la ligne tenue par Mégret. Il accuse ce dernier d'avoir menti concernant son ambition de modernisation de l’ex-FN, censée le rendre plus offensif, et d'avoir organisé son ralliement à l'alliance RPR-UDF-DL[23]. Il lui reproche notamment d’avoir reçu un soutien matériel d’un « important industriel proche de Jacques Chirac » et de l’avoir poussé à prendre contact avec les responsables RPR du Bas-Rhin pour constituer une liste commune aux élections municipales de 2001[23].

Retour à droite (depuis 2000)[modifier | modifier le code]

À la suite du conseil des ministres du 27 mars 2002, il est nommé inspecteur général de l'administration au ministère de l'Intérieur.

Il tente la même année de rejoindre l’UMP. Alors que la fédération UMP du Bas-Rhin indique dans un premier temps son adhésion, la direction de l'UMP affirme le 29 novembre 2002 que « la commission de contrôle des opérations électorales a décidé de ne pas accepter » ce nouvel adhérent[24]. En novembre 2004, après l'accession de Nicolas Sarkozy à la présidence de l'UMP, Yvan Blot a obtenu sa carte d'adhérent au titre de la fédération de Paris.

Après avoir soutenu sa thèse, il est chargé de TD à l'université de Nice Sophia-Antipolis[réf. nécessaire], puis chargé de cours de science politique a l'Institut catholique de Rennes[25].

Il préside l'Institut néo-socratique (INSO)[26],[27].

Il crée, en juillet 2010, une nouvelle association, Agir pour la démocratie directe (APD)[28], qui prend la suite d'une autre qu'il avait fondée en 1986[1], l'Association pour le développement de la démocratie directe (A3D)[29].

Il rejoint en 2011 le RIF[30] et en devient le vice-président[31]. En de la même année, alors qu'il est invité au salon des écrivains du B'nai B'rith France, il est décommandé après un article du Monde évoquant son passage au GRECE[10].

Lors des élections législatives de 2012, il se présente sous l'étiquette du RIF dans la deuxième circonscription de Paris, avec Cendrine Chéreil de La Rivière, son épouse, comme candidate suppléante[32], et obtient 76 voix soit 0,17 % des suffrages exprimés[33],[34]. Il devient ensuite vice-président du Rassemblement, parti présidé par Alain Bournazel et issu d'une fraction du Rassemblement pour l'indépendance et la souveraineté de la France (RIF) qui refuse d'être absorbée par le parti Souveraineté, Indépendance et Libertés (SIEL)[35].

Il prend sa retraite du ministère de l'Intérieur le .

Depuis 2012, il est sociétaire de l'Académie catholique de France[36].

Il est coopté en 2014 au Club Valdaï[37]. Il est membre du conseil des experts du centre d'analyse international Rethinking Russia[38].

En 2016, il est élu membre du conseil d'administration de Dialogue franco-russe[39]. En septembre de cette année, il succède à Arnaud Guyot-Jeannin dans la direction du Libre journal des enjeux actuels sur Radio Courtoisie, avant de prendre la tête en décembre du Libre journal de la résistance française toutes les quatre semaines.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Marié en 1978 à Bernadette Boyer, il a deux enfants[2] et s'est remarié avec Cendrine Chéreil de La Rivière, ancienne épouse de Jean-Marie Le Chevallier[40].

Alors que son ami Bernard Lebeau dit l'avoir connu « plutôt athée », Philippe Lamy relève que « sa position à l'égard du christianisme évolue » au fil du temps[41] ; il signe ainsi en 2006 un manifeste en faveur de la messe tridentine qui paraît dans Le Figaro[42].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Prix[modifier | modifier le code]

  • Prix du livre libéral 2007 pour Herbert Spencer, un évolutionniste contre l'étatisme[43].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il utilise également la graphie « Ivan Blot ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Yvan Blot », sur whoswho.fr.
  2. a, b, c, d, e, f et g Kintz 2004.
  3. « Ivan Blot », sur sciences-po.asso.fr.
  4. L'Apport d'Ernst Wagemann à la querelle entre l'école historique allemande et l'école néo-classique (mémoire de diplôme d'études supérieures ès sciences économiques), Paris, université Paris-I, , 82 p. (SUDOC 014700360).
  5. Sous la dir. d'Alain Wolfelsperger, La Pensée économique et politique de Herbert Spencer (thèse de doctorat ès sciences économiques), Paris, Institut d'études politiques de Paris, , 763 p. (SUDOC 097120502).
  6. a et b Lamy 2016, p. 275.
  7. Kathleen Evin, « Les rendez-vous des stratèges », Le Nouvel Observateur,‎ , p. 34-35 (lire en ligne).
  8. Emmanuel Lemieux, « Le retour des affreux », Technikart, no 68,‎ (lire en ligne)
  9. Pierre-André Taguieff, Sur la Nouvelle Droite : jalons d'une analyse critique, Paris, Descartes et Cie, , XV + 425 p. (ISBN 2-910301-02-8, notice BnF no FRBNF35692893), p. 183.
  10. a et b Abel Mestre et Caroline Monnot, « Yvan Blot, le drôle d’invité du Salon des écrivains du B’nai B’rith », sur droites-extremes.blog.lemonde.fr, .
  11. a, b et c Dossiers du Canard 1998, p. 16.
  12. a et b Michaël Darmon et Romain Rosso, L'Après Le Pen : enquête dans les coulisses du Front national, Paris, Le Seuil, coll. « L'Épreuve des faits », , 270 p. (ISBN 2-02-030739-1), p. 85.
  13. Lamy 2016, p. 291.
  14. Sylvain Laurens, « Le Club de l'horloge et la haute administration : promouvoir l'hostilité à l'immigration dans l’entre-soi mondain », Agone no 54, 2014, p. 88(lire en ligne).
  15. François Denord, Néo-libéralisme, version française, Démopolis, Paris, 2007, p. 297.
  16. François Denord, Néo-libéralisme, version française, p. 291.
  17. Interview donnée au Monde, vendredi 2 juin 1989, p. 15.
  18. a, b, c et d Dossiers du Canard 1998, p. 15.
  19. a et b Interview donnée au Monde, Vendredi, 2 juin 1989, p. 15.
  20. Emmanuelle Reungoat, « Le Front national et l'Union européenne », dans Sylvain Crépon, Alexandre Dézé, Nonna Mayer, Les Faux-semblants du Front national : sociologie d'un parti politique, Presses de Sciences Po, , p. 228-229
  21. « Jean-Marie Le Pen réunit son « pré-gouvernement », sur lemonde.fr, .
  22. « Yvan Blot exclu », Le Figaro, 25 décembre 1998, p. 4.
  23. a et b « FN : les accusations d'un transfuge », Le Figaro, 5 février 1999, p. 7.
  24. Libération, samedi 30 novembre 2002, p. 15. Le Monde, 2 décembre 2002, p. 9.
  25. https://www.icrennes.org/linstitut/les-intervenants/.
  26. Yvan Blot, site officiel des éditions du Rocher. Consulté le 14 janvier 2009.
  27. www.insoc.fr
  28. www.democratiedirecte.fr
  29. https://www.streetpress.com/sujet/1409-jean-robin-ecrit-a-streetpress.
  30. « Jeudi 24 mars deux mil onze ; Paris - Rencontres », sur for-interieur.over-blog.fr, le blog de Paul-Marie Coûteaux, . Consulté le 20 mai 2012.
  31. Laurent de Boissieu, « Rassemblement pour l'indépendance et la souveraineté de la France (RIF) », sur france-politique.fr (consulté le 17 juin 2016).
  32. http://lafautearousseau.hautetfort.com/media/01/02/3195874370.pdf
  33. Candidature d’Yvan Blot face à François Fillon, sur r-i-f.org, le site officiel du RIF, . Consulté le 20 mai 2012.
  34. Résultats des élections législatives de 2012 - Paris (75) - 2e circonscription, sur interieur.gouv.fr, le site du ministère de l'Intérieur. Consulté le 30 juin 2012.
  35. Laurent de Boissieu, « Le Rassemblement (2013) », sur http://www.france-politique.fr/ (consulté le 30 décembre 2014)
  36. http://www.academiecatholiquedefrance.fr/index.php/qui-sommes-nous/membressocietaires-individuels/165-monsieur-yvan-blot.
  37. http://valdaiclub.com/about/experts/184/.
  38. http://rethinkingrussia.ru/en/wp-content/uploads/2016/05/Journal_Eng.pdf.
  39. http://dialoguefrancorusse.com/fr/association/notre-mission/1813-yvan-blot.html.
  40. Mathias Destal et Marine Turchi, « Marine est au courant de tout... » : argent secret, financements, hommes de l'ombre : une enquête sur Marine Le Pen, Paris, Flammarion, coll. « Enquête », , 409 p. (ISBN 978-2-0813-7691-5), p. 106, n. 21.
  41. Lamy 2016, p. 337.
  42. « Un manifeste en faveur de la messe tridentine », publié dans Le Figaro le 16 décembre 2006, mis en ligne le . Consulté le 14 janvier 2009.
  43. « Le prix du livre libéral 2007 à Yvan Blot », libres.org, . Consulté le 25 août 2009.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]