Axel Loustau

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Axel Loustau
Illustration.
Fonctions
Conseiller régional d'Île-de-France
En fonction depuis le
(6 ans, 5 mois et 8 jours)
Élection 13 décembre 2015
Circonscription Hauts-de-Seine
Président Valérie Pécresse
Groupe politique FN puis RN
Biographie
Date de naissance (51 ans)
Lieu de naissance Issy-Les-Moulineaux
Nationalité Française
Parti politique FN puis RN
Profession Homme d'affaires

Axel Loustau, né le à Issy-les-Moulineaux, est un homme d'affaires et homme politique français, membre du Front national, devenu Rassemblement national.

Militant du Groupe union défense (GUD) dans les années 1990, proche de Marine Le Pen, il est conseiller régional d'Île-de-France depuis 2015. Il est également trésorier du micro-parti Jeanne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Axel Loustau est né le 17 février 1971 à Issy-les-Moulineaux dans les Hauts-de-Seine[1].

Son père est Fernand Loustau, ami de Jean-Marie Le Pen. Ancien parachutiste et partisan de l’Algérie française, Fernand Loustau est également un ancien actionnaire de National-Hebdo et a créé la société de gardiennage Normandy SA en 1977. Il est mort en 1993[2],[3].

Militantisme à l'extrême droite radicale[modifier | modifier le code]

Dans les années 1990, Axel Loustau milite au sein du Groupe union défense (GUD), un mouvement étudiant connu « pour sa violence et ses engagements à l'extrême droite »[pas clair][4].

Série de rencontres avec le Sturmbannführer Léon Degrelle[modifier | modifier le code]

Accompagné de Frédéric Chatillon, Axel Loustau rencontre en 1992 Léon Degrelle, ancien Waffen-SS, afin de lui rendre hommage[5]. Il déclare : « Mon général, c’est un très grand honneur »[4]. Dans un article publié en septembre 2017, le quotidien Libération fait notamment état de « l'adoration » qu'Axel Loustau vouait à Léon Degrelle. Au sujet de l'admiration qu'il portait au Sturmbannführer, Axel Loustau plaide cependant pour l'erreur de jeunesse, en soulignant qu'il avait vingt ans au moment de la poignée de main à Madrid. Tout en affirmant « avoir du respect pour les gens qui se battent pour leurs idées », Axel Loustau souligne qu'il aurait fait de même pour « un général soviétique qui a libéré Berlin »[6].

Proximité avec Abdelhakim Sefrioui[modifier | modifier le code]

En octobre 2020, quelques jours seulement après l'assassinat à Conflans-Sainte-Honorine du professeur d'histoire-géographie Samuel Paty, Axel Loustau se voit reprocher, par plusieurs médias, ses relations passées avec l'imam Abdelhakim Sefrioui, mis en examen le 22 octobre 2020 pour complicité d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste[7][8][9][10]. D'après Mediapart, Axel Loustau, aux côtés de Frédéric Chatillon, ancien chef du Groupe union défense (GUD), aurait participé le 10 janvier 2009 à une manifestation organisée par le collectif Cheikh Yassine. Une vidéo que s'est procurée Mediapart montre, selon le média, une proximité entre Axel Loustau, Frédéric Chatillon, l'humoriste Dieudonné et l'imam Abdelhakim Sefrioui. Des images extraites de cette manifestation pro-palestinienne ont également été diffusées par le site internet antifasciste La Horde[11].

Salut nazi de septembre 2011[modifier | modifier le code]

En septembre 2011, lors de son anniversaire, il effectue un salut le bras tendu qualifié de salut nazi[12]. Lors de l'émission L’Entretien politique du 28 mars 2017, Marine Le Pen est invitée à réagir à cette photographie que le journaliste David Pujadas lui présente : « Vous avez vu cette photo où l’on voit Axel Loustau faire un salut nazi ? ». Marine Le Pen s'indigne et explique qu'Axel Loustau « dit bonjour à ses amis »[4].

Par ailleurs, des captures d'écran de sites de réseaux sociaux, publiées par des médias, montrent la photo d'une assiette, où une croix gammée est dessinée par les grains de riz, avec comme commentaire : « Une bonne petite assiette de riz. Toute simple »[13]. Il a tenu plusieurs comptes Facebook avec les pseudonymes « Alex Soulatu », « Alex Saloutu », « Alex Talusou », « Edmond Dantes »[4].

Paiement des cautions de Logan Djian et Loïk Le Priol[modifier | modifier le code]

La société Financiere Agos d'Axel Loustau est soupçonnée d'avoir payé, le , les cautions de Logan Djian (dit « Le Duce ») et Loïk Le Priol[14],[15], deux militants du Groupe union défense mis en examen et placé en détention provisoire pour avoir torturé leur ancien président, Edouard Klein, à son domicile le [16],[17],[18].

Politique[modifier | modifier le code]

En 1997, il est candidat aux élections législatives dans la dixième circonscription des Hauts-de-Seine, présenté par le Front national. Il y réalise le score de 10,74 %, dépassé par André Santini et Guy Janvier, qui s'affrontent au second tour[19].

En avril 2013, Axel Loustau est interpellé par les forces de l'ordre, casqué, lors des violences en fin des manifestations de La Manif pour tous[20].

Axel Loustau anime le cercle Cardinal, dont la vocation est de rapprocher le Front national des dirigeants d'entreprise[21].

En 2015, placé en troisième position de la liste FN des élections régionales pour le département des Hauts-de-Seine, il n'est pas élu mais remplace la seconde de liste (Nathalie Betegnies)[22] à la suite de sa démission, et siège au conseil d'Île-de-France[20],[23].

Pour l'élection présidentielle de 2017, Axel Loustau et Jean-Michel Dubois assurent la question financière de la campagne de Marine Le Pen[24].

Secrétaire départemental FN du département des Hauts-de-Seine, il devait être candidat, pour la deuxième circonscription (Asnières - Colombes sud), aux élections législatives qui suivront la présidentielle de 2017[25]. C'est finalement Liliane Pradier qui est investie.

En novembre 2017, Le Monde le présente comme « un ami de Marine Le Pen incontournable » et évoque l'exclusion du FN d'Antoine Chudzik, après que celui-ci a accusé Axel Loustau de menaces et s’en est plaint auprès de sa direction[26].

À l'occasion du XVIe congrès du Front national, il est candidat pour la première fois au comité central du parti[27].

Il n'est pas réinvesti par le RN pour les élections régionales de 2021 en Île-de-France : il se serait volontairement mis en retrait pour se consacrer à ses activités professionnelles, alors que l'hypothèse de sa candidature avait suscité des remous en interne, notamment sous l'impulsion du « Rassemblement national juif », un collectif regroupant les quelques élus du RN de confession juive, et notamment de Jean-Richard Sulzer. En outre, Valérie Pécresse, candidate à sa réélection à la tête de la Région, avait publiquement rappelé le pedigree d'Axel Loustau[28].

Homme d'affaires[modifier | modifier le code]

Axel Loustau est le dirigeant de plusieurs sociétés dont Vendome Sécurité[29]. Il est actionnaire de la société Riwal de son ami Frédéric Chatillon, au moins jusqu'en octobre 2013[30]. Lorsque — dans le cadre de l'affaire Jeanne — Riwal se voit interdite de relation commerciale directe ou indirecte avec le Front national[31], il reprend le marché du matériel de campagne du parti avec sa société Presses de France, créée en 2015[32],[33], déclarant au Parisien : « J'ai dit à Marine que j'avais les capacités financières pour monter une société. Il n'y a rien d'illégal. On n'allait pas se tourner vers l'imprimerie du Front de gauche ! »[34].

En janvier 2022, Le Monde révèle que Loustau et Chatillon détiennent 45% d'e-Politic, une agence de communication fournissant des prestations au Rassemblement national et qui s'occupe notamment de la campagne numérique de Marine Le Pen, malgré le fait que les deux hommes d'affaires soient officiellement tenus à l'écart du RN[35].

Affaires judiciaires[modifier | modifier le code]

Mediapart[modifier | modifier le code]

Le 5 février 2015, Edwy Plenel, directeur de Mediapart, invité du Grand Journal de Canal Plus, évoque une agression de plusieurs personnes à l'égard de Marine Turchi, une journaliste du quotidien : « On a déposé une main courante au commissariat du 11e arrondissement de Paris. Marine Turchi, qui suit le Front national et qui révèle encore des choses sur le parti de Marine Le Pen, eh bien, Monsieur Loustau, le trésorier, a dit avec un autre, ils lui ont dit : "On va te tuer, on va t’attendre chez toi" ». Axel Loustau poursuit alors en diffamation Edwy Plenel. Le 30 mars 2017, la cour d'appel de Paris confirme le jugement de première instance du 17 juin 2016 qui donne tort à Axel Loustau. Ce dernier se pourvoit en cassation[36].

Le 12 septembre 2015, Axel Loustau poursuit en diffamation Mediapart, qui affirme qu'il a fait un salut nazi[37]. L'audience a lieu le 8 septembre 2017 et, le 10 octobre de la même année, le tribunal — considérant que les arguments présentés par Mediapart « ne suffisent pas à prouver, avec certitude, qu'il s'agit d'un salut fasciste » et que la « référence au "code" gestuel nazi du pouce replié et de la main tendue (...) demeure de l'ordre de l'interprétation subjective » — condamne le directeur de la publication Edwy Plenel à 500 euros d'amende, et la journaliste Marine Turchi, à 500 euros avec sursis. Le média fait appel[38] et, le , la cour lui donne raison, infirmant la décision prise par la 17e chambre du tribunal de grande instance de Paris[39].

Jeanne[modifier | modifier le code]

Le 16 mars 2015, Axel Loustau est mis en examen pour escroquerie dans le cadre de l'affaire Jeanne — concernant le micro-parti de Marine Le Pen, dont il est alors le trésorier[40]. À l'issue de l'enquête, il est renvoyé devant le tribunal correctionnel, en octobre 2016[41],[42]. Le procès — au cours duquel comparaissent neuf autres personnalités physiques ou morales (FN et proches) — se tient du 6 au [43],[44] et par jugement rendu en première instance, le , le conseiller régional est relaxé. Les neuf autres personnalités impliquées sont condamnées à diverses peines[45].

Harcèlement et menaces[modifier | modifier le code]

Une assistante du groupe RN au conseil régional d'Île-de-France dépose une main courante pour harcèlement moral et menaces de mort en 2016. Axel Loustau, avec qui elle avait eu une liaison, n'aurait pas accepté leur rupture et multiplierait mails, appels et SMS menaçants. Il aurait déposé une balle dans son sac à main, et fait pression auprès de Marine Le Pen pour empêcher son embauche au conseil régional. Interrogée par Le Monde en novembre 2017, Marine Le Pen estime que l’affaire « relève de la vie privée de ces personnes »[46].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Axel Loustau
  2. Antoine Bouthier Au 104, c'est un membre du FN qui s'occupe de la sécurité Rue89, 1er août 2010
  3. Olivier Faye (Journaliste du quotidien Le Monde) FN : Axel Loustau investi candidat en position éligible pour les élections régionales en Ile-de-France 1er octobre 2015
  4. a b c et d Mathias Destal, « FN : Axel Loustau, le trésorier de Marine Le Pen, en roue libre sur Facebook », Marianne, (consulté le )
  5. (en) Emma-Kate Symons, « The New National Front Is the Same as the Old National Front », Foreign Policy, (consulté le )
  6. Tristan Berteloot, « Front national : Axel Loustau, un brun encombrant », sur Libération (consulté le )
  7. « Assassinat de Samuel Paty : sept personnes déférées et mises en examen dont le parent d'élève », sur Franceinfo, (consulté le )
  8. Pascale Pascariello, Yann Philippin, Antton Rouget, Matthieu Suc et Marine Turchi, « Attentat de Conflans: révélations sur l’imam Sefrioui », sur Mediapart (consulté le )
  9. Le JDD, « Attentat de Conflans-Sainte-Honorine : deux amis de Le Pen en lien avec l'islamiste Sefrioui », sur lejdd.fr (consulté le )
  10. Afp, « Islamistes et extrême droite, le pas de deux », sur www.lamarseillaise.fr (consulté le )
  11. La Horde, « À propos d'Abdelhakim Sefrioui et du collectif Cheikh Yassine », sur La Horde, (consulté le )
  12. Le salut fasciste du trésorier du micro-parti de Marine Le Pen L'Obs, 24 novembre 2014
  13. Les sulfureux comptes Facebook d'Axel Loustau, trésorier de Marine Le Pen RTL, 6 avril 2017
  14. « Mort de l'ex rugbyman Federico Martin Aramburu : l'itinéraire violent du principal suspect, Loïk Le Priol », France Inter, (consulté le )
  15. « Meurtre de Martin Aramburu : Loïk Le Priol mis en examen et incarcéré », Le Point, (consulté le )
  16. Mathias Destal, « Retour sur une violente agression entre "gudards", dans la sphère du Front national », Marianne, (consulté le )
  17. Paul Conge, « Ultradroite : cinq gros bras du GUD seront jugés pour violences avec arme en réunion en octobre 2021 », Marianne, (consulté le )
  18. Paul Conge, « Ces militants du GUD avaient tabassé et humilié leur ex-chef : les dessous de l'affaire », Marianne, (consulté le )
  19. https://www.assemblee-nationale.fr/elections/circ97-2/645.html
  20. a et b « Avec Axel Loustau, le FN envoie un dur au conseil régional », sur liberation.fr,
  21. FN: les hommes de la présidente Libération, 16 novembre 2016
  22. « Élus de la liste conduite par M. Wallerand De Saint Just », (consulté le )
  23. Fiche « Axel Lousteau », sur iledefrance.fr (consulté le )
  24. Marine Le Pen lève le voile sur son organisation présidentielle BFMTV, octobre 2016
  25. « Législatives : le FN présente treize candidats dans les Hauts-de-Seine », sur leparisien.fr,
  26. Olivier Faye, « Axel Loustau, un ami de Marine Le Pen incontournable », sur lemonde.fr, (consulté le ).
  27. « Front national : jeunesse, débats et vieux démons », sur lepoint.fr, (consulté le ).
  28. Robin D'Angelo, « Régionales : Axel Loustau, cet élu très radical que le RN a écarté de ses listes en Île-de-France », sur lejdd.fr, (consulté le ).
  29. Axel Loustau
  30. Louis Hausalter avec AFP FN : le trésorier du micro-parti de Marine Le Pen mis en examen Europe1, 20 mars 2015
  31. Olivier Faye et Caroline Monnot (Journalistes du quotidien Le Monde) Les Presses de France : pour les régionales, le FN fait appel à une nouvelle société du « GUD business » 21 septembre 2015
  32. Front national : Châtillon et Loustau, ces associés qui rediabolisent Le Pen JDD, 26 mars 2017
  33. Marc de Boni, AFP, AP, Reuters Agences, « Législatives : les ex du GUD gardent la main sur les kits de campagne FN », sur lefigaro.fr,
  34. « Axel Loustau, des rangers au costard cravate », sur leparisien.fr,
  35. Maxime Vaudano, Jérémie Baruch, Vincent Nouvet et Pierre Januel, « La « GUD connexion » toujours présente dans les coulisses de la campagne de Marine Le Pen », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne Accès payant, consulté le )
  36. Rédaction de Mediapart, « Le trésorier de Marine Le Pen perd son procès en appel contre Mediapart », blogs.mediapart.fr, 25 avril 2017.
  37. « FN : Axel Loustau un brun encombrant », sur liberation.fr,
  38. « Loustau (FN) fait condamner Mediapart pour lui avoir imputé un salut "fasciste" », sur ouest-france.fr, (consulté le )
  39. « «Salut fasciste» : poursuivi pour diffamation, «Mediapart» gagne en appel contre Axel Loustau », sur liberation.fr,
  40. « Le trésorier de Jeanne le micro-parti de Marine Le Pen, mis en examen pour escroquerie », sur Le Monde.fr,
  41. Jonathan Bouchet-Petersen, « Avec Axel Loustau, le FN envoie un dur au conseil régional », sur liberation.fr,
  42. Marine Tuchi, « Le micro-parti de Marine Le Pen visé par une nouvelle enquête judiciaire », sur mediapart.fr, )
  43. Ivanne Trippenbach, « Financement de campagnes: le procès des amis de Marine Le Pen s’ouvre par une «mise en bouche» », sur lopinion.fr, .
  44. Samuel Laurent, « Le procès du FN révèle le fonctionnement clanique du parti de Marine Le Pen », sur lemonde.fr, .
  45. Samuel Laurent, « Le FN et plusieurs de ses cadres condamnés à une amende pour « recel d’abus de biens sociaux » », sur lemonde.fr, (consulté le ).
  46. « Au Front national, des femmes menacées, une direction sourde », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mathias Destal et Marine Turchi, Marine est au courant de tout... : Argent secret, financements et hommes de l'ombre, une enquête sur Marine Le Pen, Flammarion collection : EnQuête, , 411 p. (ISBN 978-2-08-137691-5 et 2-08-137691-1)

Liens externes[modifier | modifier le code]