Stéphane Ravier

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Stéphane Ravier
Illustration.
Fonctions
Sénateur français
En fonction depuis le
(4 ans, 2 mois et 10 jours)
Élection 28 septembre 2014
Circonscription Bouches-du-Rhône
Groupe politique RASNAG
Conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur
En fonction depuis le
(8 ans, 8 mois et 13 jours)
Élection 28 mars 2010
Réélection 13 décembre 2015
Circonscription Bouches-du-Rhône
Président Michel Vauzelle
Christian Estrosi
Renaud Muselier
Groupe politique FN puis RN
Conseiller municipal de Marseille
En fonction depuis le
(4 ans, 8 mois et 7 jours)
Élection 30 mars 2014
Circonscription VIIe secteur de Marseille
Maire Jean-Claude Gaudin
Groupe politique FN puis RN
Maire du VIIe secteur de Marseille

(3 ans, 5 mois et 11 jours)
Prédécesseur Garo Hovsepian
Successeur Sandrine D'Angio
Biographie
Date de naissance (49 ans)
Lieu de naissance Gap (France)
Nationalité Française
Parti politique FN (1985-2018)
RN (depuis 2018)
Profession Fonctionnaire des PTT
Religion Catholicisme
Résidence Marseille

Stéphane Ravier, né le à Gap, est un homme politique français.

Membre du Front national, où il siège au bureau politique depuis 2010, il est conseiller régional de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, sénateur des Bouches-du-Rhône et maire du VIIe secteur dans les quartiers nord de Marseille. Stéphane Ravier est une figure symbolique de la percée du Front national aux élections municipales et sénatoriales de 2014.

Biographie[modifier | modifier le code]

Stéphane Ravier naît le 4 août 1969 à Gap[1]. Il est le fils d'un ouvrier électricien et d'une mère au foyer italienne naturalisée française à 15 ans. Sa famille s'installe à Marseille, dans les quartiers Nord, quand il a trois ans. Son grand-père était communiste et ses parents votaient François Mitterrand.

Il est reçu au concours de la fonction publique d'État et intègre l'administration des Postes, télégraphes et téléphones (PTT) dans le service postal[2]. Il occupe ensuite les fonctions d'employé au service commercial d'Orange (ex-PTT) à Marseille. Il est désormais en disponibilité de la fonction publique[2].

Stéphane Ravier est marié et père de deux enfants.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Il milite au Front national depuis l'âge de 16 ans et participe à toutes les élections depuis 1995, date à laquelle il est élu, à 25 ans, conseiller du IIIe secteur de Marseille[3],[4],[5],[6],[7].

Ascension[modifier | modifier le code]

En 2008, lors des élections municipales, il mène la liste du Front national à Marseille[8] qui obtient 8,76 % des suffrages (23 475 voix) au premier tour. Il est alors l'un des rares élus FN de la ville (conseiller du VIIe secteur de Marseille)[9].

Lors des élections régionales de 2010 en Provence-Alpes-Côte d'Azur, il est tête de la liste FN dans les Bouches-du-Rhône, la liste régionale étant menée par Jean-Marie Le Pen[10]. La liste obtient 22,99 % des suffrages, 147 846 voix, au second tour dans une triangulaire gagnée par Michel Vauzelle, président de la région PACA (PS). Stéphane Ravier est élu, le 21 mars 2010, conseiller régional [11].

Aux élections législatives de 2012, il arrive en tête au premier tour (29,87 % des voix) dans la 3e circonscription des Bouches-du-Rhône qui se situe dans le Nord-Est de Marseille. Au second tour, il est battu de peu (49,01 %, 17 263 voix) par Sylvie Andrieux (PS) qui a seulement 699 voix d'avance[12].

Au cours de la campagne, il est suivi, parmi d'autres candidats en France, par Serge Moati qui réalise un documentaire, Législatives 2012, la vraie campagne, diffusé en juin 2012 par France Télévisions[13],[14].

Maire et sénateur[modifier | modifier le code]

Lors des élections municipales de 2014, il fait campagne avec des militants de l'Action française[15],[16]. Sa liste « Marseille bleu Marine » du Front national obtient un score important au premier tour avec 23,16 % des suffrages, 59 159 voix, en seconde position derrière celle de Jean-Claude Gaudin (UMP) et devant celle de Patrick Mennucci (PS). Au second tour, la liste de Jean-Claude Gaudin gagne mais, pour la première fois, un secteur de Marseille est remporté par un responsable du Front national, Stéphane Ravier[17]. Ce sont les 13e et 14e arrondissements de la ville, dans les quartiers nord, les plus peuplés avec plus de 150 000 habitants et dont les électeurs offrent au FN l'une des plus grosses prises de son histoire[18],[19]. Jérôme Fourquet, directeur à l'IFOP, relève que « c'est d'abord, et très majoritairement, l'électorat non issu de l'immigration qui a voté Stéphane Ravier au second tour des municipales, alors que les bureaux à plus forte proportion de prénoms musulmans sont restés massivement fidèles à la gauche »[20]. Stéphane Ravier est élu maire du VIIe secteur de Marseille le [21],[22],[23]. Sa gestion des mairies d'arrondissement ne fait pas l'unanimité, ce qui lui vaut, selon les médias, le surnom de « dictateur nord-phocéen » par ses propres adjoints[24]. Par ailleurs, en novembre 2016, sept élus frontistes ont démissionné de leurs fonctions d'adjoints et du Front national et deux fonctionnaires sont partis[25].

Lors des élections sénatoriales du 28 septembre 2014, Stéphane Ravier est élu sénateur des Bouches-du-Rhône (la liste qu'il mène obtient 12,4 % des voix) et devient l'un des deux premiers élus FN au Sénat avec David Rachline, maire de Fréjus[26].

Il est candidat aux élections législatives de 2017 dans la 3e circonscription des Bouches-du-Rhône[27].

À la suite du vote de la loi sur le non-cumul des mandats, il démissionne de son mandat de maire du VIIe secteur de Marseille. Sandrine D'Angio, sa première adjointe et nièce, assure l'intérim comme maire de secteur. Elle est pressentie pour lui succéder[28].

Positionnement au sein du FN[modifier | modifier le code]

D'après le politiste Joël Gombin, Stéphane Ravier fait partie des frontistes qui, lors de la crise de 2015 opposant Marine Le Pen à Jean-Marie Le Pen, ont « dû faire allégeance à Marine Le Pen et Florian Philippot, même si, au fond d'eux, ils jugeaient excessive leur intransigeance à l'égard de Jean-Marie Le Pen[29] ». Mediapart souligne que tout en condamnant la «  sortie rivarolienne  » de Jean-Marie Le Pen, il a salué son « courage extraordinaire » et s'est opposé à son exclusion, avant de se ranger derrière Marine Le Pen[30]. Lors de l'université d'été 2015 du FN, il justifie son soutien à Marine Le Pen en expliquant que Jean-Marie Le Pen lui a appris « le sens de la discipline et de la fidélité au parti »[31].

Il condamne l'indépendance de l’Algérie et qualifie le général de Gaulle de « général félon »[32].

Prises de position[modifier | modifier le code]

Le , en réponse à Thierry Ardisson qui lui demande s'il ne faudrait pas légaliser le cannabis pour lutter contre les trafics à Marseille, Stéphane Ravier lui répond avec ironie : « On pourrait légaliser le viol aussi ! Parce que le viol, finalement, c'est un rapport amoureux, qu'une partie des deux souhaite. La deuxième pourrait faire un effort. Si je suis votre raisonnement, c'est la même chose. On pourrait légaliser le viol, ou le vol de voiture. »[33],[34],[35],[36]. La phrase est initialement présentée dans les médias sortie du contexte de l'ironie, ce qui témoigne, selon les journalistes spécialistes du FN Dominique Albertini et David Doucet, d'une difficulté des médias à traiter le sujet du parti frontiste[37].

Stéphane Ravier défend la thèse du grand remplacement[31].

En juin 2016, dans le cadre du projet de loi travail, il dépose au Sénat, avec David Rachline, des amendements visant notamment à relever des seuils sociaux, à encadrer l'activité syndicale, à faciliter les accords d'entreprise et à défiscaliser les heures supplémentaires[38]. Marine Le Pen lui enjoint de retirer ces amendements, qu'elle juge trop libéraux[38].

En novembre 2016, il organise une manifestation pour réagir à l'arrivée de moins de 80 migrants à Marseille après avoir fait voter une délibération anti-migrant dans sa mairie d'arrondissement[39]. Face à cette manifestation d'une centaine de personnes, une contre-manifestation pro-migrants réunissant cinq-cents personnes est organisée à l'appel de différentes associations marseillaises[40].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Municipales. Stéphane Ravier offre au FN une mairie de 150 000 habitants », sur ouest-france.fr, (consulté le 28 août 2017).
  2. a et b « Ravier, le mister « nobody » du FN qui bouscule Marseille », sur lemonde.fr, (consulté le 24 septembre 2015)
  3. Stéphane Ravier (biographie), « Rencontre avec un candidat à la Mairie de Marseille : Stéphane Ravier, FN », Marseille Autrement,‎ (lire en ligne).
  4. Leparisien.fr, « Municipales 2014 à Marseille : Stéphane Ravier, candidat frontal », Leparisien.fr,‎ (lire en ligne).
  5. Aliette de Broqua et Guillaume Mollaret, « Qui sont les autres possibles élus d'extrême droite », Lefigaro.fr,‎ (lire en ligne).
  6. Ariane Chemin, « Ravier, le « Mister Nobody » qui bouscule Marseille », Le Monde, no 21520,‎ , p. 11 (lire en ligne).
  7. Marie-Christine Tabet, « Ravier, le minot du Front national », Le Journal du dimanche,‎ (lire en ligne).
  8. Rédaction du Post, « Municipales à Marseille: Gaudin, stop ou encore? », Le Post,‎ (lire en ligne)
    Les archives du Post sont conservées sur le site Le Huffington Post.
  9. Ministère de l'Intérieur - Élections, « Résultats des élections municipales à Marseille Secteur VII », ministère de l'Intérieur,‎ (lire en ligne).
  10. Jean-Baptiste de Montvalon, « Le Front national, maître du jeu », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  11. Ministère de l'Intérieur - Élections, « Résultats des élections régionales dans les Bouches-du-Rhône », ministère de l'Intérieur,‎ (lire en ligne).
  12. Lexpress.fr, « Résultats des élections législatives 2012 de la 3e circonscription des Bouches-du-Rhône », L'Express.fr,‎ (lire en ligne).
  13. Jean-Marie Leforestier, « Moati raconte "la vraie campagne" de Ravier et Preziosi », Marsactu,‎ (lire en ligne).
  14. Serge Moati, « Législatives 2012 : la vraie campagne », France Télévisions sur Dailymotion,‎ (lire en ligne).
  15. Louise Fessard, « À Marseille, Front national, royalistes et néofascistes font bon ménage », sur Mediapart, (consulté le 3 décembre 2015).
  16. Benoît Gilles, « L’Action française, plongée au cœur d’une nébuleuse de l’extrême-droite », sur marsactu.fr, (consulté le 14 novembre 2017).
  17. Mickaël Penverne, « Municipales 2014: Stéphane Ravier (FN) élu maire du 7e secteur de Marseille », 20 minutes,‎ (lire en ligne).
  18. Ariane Chemin et Gilles Rof, « Stéphane Ravier, le FN qui a séduit les cités « chaudes » de Marseille », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  19. Paul Molga, « Municipales à Marseille : Stéphane Ravier, le FN des quartiers nord », Les Échos,‎ (lire en ligne)
  20. Jérôme Fourquet, « Le vote Front national dans les électorats musulman et juif : sociologie d'un parti politique », dans Sylvain Crépon, Alexandre Dézé, Nonna Mayer, Les Faux-semblants du Front national, Presses de Sciences Po, (ISBN 978-2-7246-1810-5, lire en ligne)
  21. Alexis Pluyette, « VIDEO. Marseille : l'élection mouvementée du FN Stéphane Ravier », BFM TV,‎ (lire en ligne).
  22. Nouvelobs.com, « Mariage homo, manif anti-FN... Débuts chaotiques pour Ravier à Marseille », Le Nouvel Observateur,‎ (lire en ligne).
  23. G.L. Leparisien.fr, « Marseille : l'élection du FN Stéphane Ravier perturbée par des manifestants », Le Parisien,‎ (lire en ligne).
  24. Marc de Boni, « FN : défections en série autour du «dictateur nord-phocéen» Stéphane Ravier », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne)
  25. « Nouvelle démission au Front national », LaProvence.com,‎ (lire en ligne)
  26. Lefigaro.fr, « Entrée historique du Front national au Sénat », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  27. « Législatives : Ravier (FN) candidat dans la 3e circonscription de Marseille », laprovence.com, 11 mai 2017.
  28. « Marseille : Stéphane Ravier (FN) abandonne son mandat de maire », sur https://france3-regions.francetvinfo.fr, (consulté le 29 septembre 2017)
  29. Thomas Wieder, « C'est Marion, et non Marine, la vraie héritière de Jean-Marie Le Pen », Le Monde, no 21960,‎ (lire en ligne)
  30. Marine Turchi, « En Paca, la « révolution » des lepénistes historiques », sur Mediapart, (consulté le 5 septembre 2015)
  31. a et b « Marine Le Pen tue le père mais cultive son héritage politique », sur Mediapart, (consulté le 6 septembre 2015)
  32. Le Lab d'Europe 1, « Stéphane Ravier s'en prend au "général fellon, le général de Gaulle », Le Lab,‎ (lire en ligne).
  33. Stéphane Ravier, « Petite leçon de manipulation de la Pravda provençale, archives du blog de Stéphane Ravier », Blog de Stéphane Ravier,‎ (lire en ligne).
  34. Francetvinfo.fr, « Le candidat FN à Marseille assimile le viol à un rapport amoureux », France Télévisions Info,‎ (lire en ligne).
  35. Lemonde.fr, « Viol et cannabis, la comparaison douteuse d'un candidat FN », Lemonde.fr,‎ (lire en ligne).
  36. Huffingtonpost.fr, « Le candidat FN à Marseille dément vouloir légaliser le viol qu'il compare à un rapport amoureux et parle d'une manipulation », Le Huffington Post,‎ (lire en ligne).
  37. Dominique Albertini et David Doucet, « Viol et "rapport amoureux" : le candidat FN à la mairie de Marseille n'a pas "dérapé" », slate.fr, 1er mars 2013.
  38. a et b https://www.marianne.net/loi-travail-marine-pen-bannit-les-amendements-trop-liberaux-marion-marechal-100243847.html
  39. « Polémique : Stéphane Ravier récupère les migrants », LaProvence.com,‎ (lire en ligne)
  40. Cyril Castelliti, « Les Inrocks - À Marseille, le FN mis en échec par une contre-manifestation pro migrant(e)s », sur Les Inrocks, (consulté le 15 novembre 2016)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le sociologue Sylvain Crépon qui a suivi Stéphane Ravier dans les quartiers nord de Marseille au début 2012, le cite à plusieurs reprises dans son livre Enquête au cœur du Front national, Nouveau Monde éditions, coll. « Les enquêteurs associés », , 302 p. (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Ressource relative à la vie publique : SénatVoir et modifier les données sur Wikidata
  • Gilles Rof, « L'élection sous tension de Stéphane Ravier, maire FN à Marseille », Le Monde,‎ (lire en ligne).