Marie-Caroline Le Pen

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Marie-Caroline Le Pen
Illustration.
Fonctions
Conseillère régionale d'Île-de-France

(12 ans et 6 jours)
Élection 22 mars 1992
Réélection 15 mars 1998
Biographie
Nom de naissance Marie-Caroline Le Pen
Date de naissance (58 ans)
Lieu de naissance Neuilly-sur-Seine (France)
Nationalité Française
Parti politique FN (1975-1998)
MNR (1998-2000)
FN (2016-2018)
RN (depuis 2018)
Père Jean-Marie Le Pen
Mère Pierrette Lalanne
Fratrie Yann Le Pen
Marine Le Pen
Conjoint Philippe Olivier
Profession Agent immobilier
Religion Catholique

Marie-Caroline Le Pen (prononcé [lə pɛn]), née le à Neuilly-sur-Seine en France, est une femme politique française.

Elle est l'aînée des trois filles de Jean-Marie Le Pen et de sa première épouse Pierrette Lalanne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Vie privée[modifier | modifier le code]

Marie-Caroline Le Pen naît le à Neuilly-sur-Seine ; elle a pour parrains Jean-Louis Tixier-Vignancour[1] et Jacques Dominati[2],[3].

Elle étudie au lycée Camille-Sée, dans le 15e arrondissement de Paris[4].

Son second époux, Philippe Olivier.

Épouse de Jean-Pierre Gendron puis de Philippe Olivier, elle a, de ce dernier, une fille et un fils[5], et vit avec lui au hameau de Champrosay, près de Draveil.

Ascension au Front national (1975-1998)[modifier | modifier le code]

Elle s'engage jeune en politique, au sein du Front national (FN). Elle indique que cette initiative est motivée en premier lieu par les « attaques dont ma famille a été la victime. C’est en tout cas de cette manière que j’ai pris conscience de la politique et que par la suite j’ai choisi mon camp et que je n’en ai plus changé »[4]. Elle a d'abord pour conjoint Jean-Pierre Gendron, qui exerce, comme les autres gendres de Jean-Marie Le Pen, une influence notable dans la vie du FN[6].

En vue de l'élection présidentielle de 1974, elle assiste Christian Baeckeroot et son épouse Myriam pour le recueil des cent signatures nécessaires au dépôt de la candidature de son père[7].

Elle intègre le Front national de la jeunesse (FNJ) en 1975[7].

Elle dirige National vidéo, qui produit les cassettes vidéo du Front national, la Société d'études et de relations publiques (SERP[8]), société de diffusion musicale fondée par son père, ainsi que le Pôle de recherche et d'enseignement supérieur (PRES), maison d'édition. Elle utilise alors le pseudonyme « Marie-Caroline Duick »[9], et écrit sous ce nom quelques articles dans Le Figaro Magazine[10].

Elle participe à la campagne de son père en vue de l'élection législative partielle de 1983 dans la deuxième circonscription du Morbihan[7]. Elle se présente aux élections cantonales de mars 1985 dans le canton de Neuilly-sur-Seine-Nord, où elle obtient 16,09 % des voix au premier tour face au maire RPR, Nicolas Sarkozy, puis à nouveau dans ce même canton aux élections d'octobre 1988 et de mars 1992 face au président du conseil général, Charles Pasqua. Ce dernier l'aide matériellement en 1985, puisqu'il en voulait à Nicolas Sarkozy, qui l'avait empêcher de devenir maire de Neuilly[11]

Après avoir siégé à la commission culture du conseil régional d'Île-de-France à partir de 1986, elle est élue conseillère régionale lors des élections de 1992, sur la liste FN dans les Hauts-de-Seine[7].

La fille aînée de Jean-Marie Le Pen a aussi été candidate aux élections législatives à deux reprises dans la 6e circonscription des Hauts-de-Seine face à Nicolas Sarkozy. En mars 1993, elle remporte 12,01 % des voix au premier tour. Puis, lors de l'élection législative partielle organisée en , Marie-Caroline Le Pen accède au second tour à l'issue duquel elle remporte 24,04 % des voix.

Elle est élue au Comité central du FN en mars 1997[7].

Candidate aux élections législatives de , dans la 8e circonscription des Yvelines, elle arrive en tête au premier tour avec 28,48 % des voix. Durant l'entre-deux-tours, elle reçoit, pour la première fois, le soutien de son père qui se rend à Mantes-la-Jolie où il défraie la chronique en empoignant violemment la candidate socialiste Annette Peulvast-Bergeal et en insultant un manifestant devant les caméras de la télévision. Au second tour, dans le cadre d'une triangulaire, elle obtient 24,09 % des voix, face au député sortant RPR Pierre Bédier et à Annette Peulvast-Bergeal, qui est élue. L'historienne Valérie Igounet souligne que « son résultat du second tour est inférieur au précédent »[7],[12].

Aux élections régionales de mars 1998, elle figure en 2e position sur la liste FN des Hauts-de-Seine, qui obtient 13,75 % des voix, et est réélue conseillère régionale d'Île-de-France.

Rupture avec le FN et sa famille en 1998[modifier | modifier le code]

Lors de la scission provoquée par Bruno Mégret au sein du Front national, Marie-Caroline Le Pen décide, avec son mari Philippe Olivier[n 1], de se rallier à Bruno Mégret. Elle fait une tentative de médiation entre les parties à l'aide d'une « charte de réconciliation nationale »[13], que signe Bruno Mégret. En réaction, son père parle, au journal de vingt heures de TF1, des « femmes qui ont l'habitude de suivre leur mari ou leur amant plutôt que leur père »[14]. Elle quitte alors le domicile de son père à Saint-Cloud.

En 1999, elle est numéro quatre sur la liste du Mouvement national républicain aux élections européennes. Le , Philippe Olivier et elle démissionnent du MNR, en désaccord avec l'influence des conceptions de Pierre Vial et Terre et Peuple sur l'Europe ethnocentrée.

Rapprochement avec Marine Le Pen[modifier | modifier le code]

Lors de la campagne pour les élections législatives de 2007, elle accompagne Marine Le Pen sur les marchés dans la circonscription d'Hénin-Beaumont[11].

Le , elle est présente avec son père Jean-Marie au spectacle de Dieudonné au Zénith de Paris, au cours duquel il fait monter Robert Faurisson sur scène[15].

Lorsque Georges Tron est mis en examen pour viol en réunion le et placé sous contrôle judiciaire[16],[17], l'accusé a vu dans cette affaire une manœuvre de Marie-Caroline Le Pen, qui lui avait déjà reproché en un emploi aidé en faveur de la belle-sœur du maire de Draveil[18].

En 2011, Marine Le Pen indique qu'elle lui a « totalement pardonné son ralliement à Mégret parce que c'est ma sœur et que nos enfants sont cousins »[19].

Alors que les liens sont rompus avec son père après son choix de suivre Bruno Mégret, elle sort pour la première fois de son silence en 2015, lors de la suspension de son père par le bureau politique du FN, avec quelques tweets qui s’apparentent à un soutien à Jean-Marie Le Pen[4]. En septembre 2015, elle ouvre la porte à un retour au FN dans un entretien pour L'Express[19].

L'Express indique que pour « les vieux cadres du Front national », elle était « la fille initialement appelée à succéder » à Jean-Marie Le Pen, ce qu'elle qualifie de « légende de journalistes »[19].

Le 4 avril 2017, elle apparaît, lors du débat télévisé qui oppose les 11 candidats à l'élection présidentielle, aux côtés de Gilbert Collard et Florian Philippot dans le public derrière Marine Le Pen[20]. Elle travaille bénévolement à la campagne de sa sœur, aidant notamment à organiser les meetings[21]. En octobre 2017, Challenges relève qu'elle a déposé à l’Institut national de la propriété industrielle une demande pour la marque « Union nationale » et qu'elle devrait en devenir propriétaire début février 2018, soit quelques semaines avant le congrès du Front national qui doit notamment entériner un nouveau nom pour le parti[22].

En juin 2018, elle se réconcilie publiquement avec son père à l'occasion de son 90e anniversaire, en présence de ses deux sœurs[23].

Elle travaille à temps réduit dans l'immobilier[19].

Positionnement[modifier | modifier le code]

En , elle se définit comme « catholique, nationaliste et moderne ». Elle qualifie la sortie de la zone euro de « programme anxiogène », selon L'Express, et « penche du côté du bonapartisme et de l'union des droites », comme son mari Philippe Olivier[19].

Elle s'oppose à la loi de 2013 ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe et déjuge la position du FN sur le sujet[19].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Lui aussi conseiller régional d'Île-de-France et bras droit de Bruno Mégret au parti.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Géraldine Catalano, « Quand Marine Le Pen exerçait en tant qu'avocate », sur www.lexpress.fr, L'Express, (consulté le 16 octobre 2015).
  2. Olivier Warin, Le Pen de A à Z, Paris, Albin Michel, coll. « De A à Z », , 219 p. (ISBN 2-226-07665-4, notice BnF no FRBNF35746243), p. 16.
  3. Renaud Dély, « On aura tout vu à Montretout », sur liberation.fr, .
  4. a, b et c Valérie Igounet, « Les filles Le Pen à « cœur ouvert » », (consulté le 2 juin 2015)
  5. http://www.parismatch.com/Actu/Politique/Une-candidature-qui-dechaine-les-passions-Georges-Tron-723444
  6. Renaud Dély, « On aura tout vu à Montretout », sur www.liberation.fr, Libération, (consulté le 10 octobre 2015).
  7. a, b, c, d, e et f Valérie Igounet, « Un Le Pen en moins = une le Pen en plus ? », sur http://blog.francetvinfo.fr/derriere-le-front/, France Télévisions, (consulté le 6 septembre 2016).
  8. SOCIÉTÉ D’ÉTUDES ET DE RELATIONS PUBLIQUES (SERP), Societe.com
  9. Emmanuel Ratier (préf. Henry Coston), Encyclopédie des pseudonymes, t. I, Paris, Faits et Documents, , 330 p. (ISBN 2-909-76910-0, notice BnF no FRBNF35616656), p. 90, 302 :

    « Duick, Marie Caroline
    Journaliste
    Marie Caroline Le Pen »

    .
  10. Christiane Chombeau, Le Pen, fille et père, Paris, Le Panama, 2007, p. 109-110.
  11. a et b « Sisters de contraste », Les dossiers du Canard enchaîné - Les dégâts de la Marine, no 120, juillet 2011, pages 17-18.
  12. Marie Caroline Le Pen Mantes, INA, 30 mai 1997
  13. Chapitre 4 : Le sursaut salvateur, sur le site bruno-megret.com
  14. 20 heures de TF1, le 9 décembre 1998
  15. Valérie Igounet, Robert Faurisson : portrait d'un négationniste, Paris, Le Seuil, coll. « Médiations », (ISBN 978-2-207-25998-6), p. 368.
  16. Georges Tron mis en examen pour viol, Europe 1
  17. Georges Tron mis en examen pour viols, sur le site lefigaro.fr du 23 juin 2011
  18. « Georges Tron, un ancien villepiniste rallié à Sarkozy », Le Figaro, 29 mai 2011.
  19. a, b, c, d, e et f Tugdual Denis, « Marie-Caroline, la plus secrète des filles Le Pen », sur www.lexpress.fr, L'Express, (consulté le 16 octobre 2015).
  20. « Débat télévisé : Lassalle et sa grande carcasse, Asselineau et ses dossiers... », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  21. Virginie Le Guay, « Front national : La guerre des dynasties », Paris Match, semaine du 6 au 12 avril 2017, page 32.
  22. Laurent Fargues, « Exclusif. Le FN, bientôt rebaptisé «Union nationale» ? », sur challenges.fr, (consulté le 18 octobre 2017).
  23. Virginie Le Guay, « Jean-Marie Le Pen, la photo de la réconciliation avec ses trois filles », sur parismatch.com, (consulté le 1er juillet 2018).