Planification familiale

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Un centre de planification familiale en Malaisie, en 2005.

La planification familiale, ou le planning familial, est l'ensemble des moyens qui concourent au contrôle des naissances, dans le but de permettre aux femmes et donc aux familles de choisir d'avoir un enfant.

Les centres de planification familiale sont les lieux qui mettent à disposition ces moyens et qui informent sur leur mise en œuvre.

Les centres de planification informent sur la contraception et l'interruption volontaire de grossesse (dans les pays où elle est autorisée), orientent vers les médecins et partenaires, pratiquent des tests de grossesse. La prescription d'une contraception (pilule, stérilet, implant, etc.) est possible grâce à la présence d'un médecin ou d'une sage-femme.

À la différence de la planification familiale, le mouvement français pour le planning familial est une association. Comme d'autres associations (par exemple CLER Amour et Famille[réf. nécessaire]), elle peut dans certains départements être chargée de l'accueil dans les centres de planification.

Les planifications familiales ont pour origine les préoccupations raciales, sociales, de nativité des Sociétés eugénistes initiés par Francis Galton en 1890, des membres idéologiquement opposés (majoritairement conservateurs, il subsiste cependant divers socialistes parfois divergents mais soutenant le point de vue féministe) et des mouvements féministes comme celui de Margaret Sanger à l'origine du planning familial américain.

Historique du terme[modifier | modifier le code]

Le terme « planning familial » vient de l'anglais family planning. Ce terme semble être introduit pour la première fois de manière officielle dans les années 1930 où le British National Birth Control Association (association britannique pour le contrôle des naissances) prend le nom de Family Planning Association, appellation à la connotation plus positive[1].


La planification familiale dans le monde[modifier | modifier le code]

En Chine[modifier | modifier le code]

Politique de l'enfant unique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique de l'enfant unique.

En Chine, la politique de planification familiale vise seulement les familles de l'ethnie Han[2],[3]. Il est interdit aux familles Han d'avoir un deuxième enfant, sous peine d'amende. Si la famille ne peut pas payer, elle peut se voir interdite d'obtenir une identité légale pour l'enfant, ce qui lui supprime le droit d'aller à l'école.

Les responsables tuent rarement les nouveaux-nées, ils imposent plutôt un amende entre 30 mille yuan à 200 mille yuan. Cependant, plusieurs croient que même s'ils les tuent, cela ne serait pas annoncé en public. Le 15 août 2000, un garçon-bébé Han est tué par un responsable de la Planification Familiale de région. Ce fait a provoqué une controverse, la plupart des gens pensant que même si avoir un deuxième enfant est interdit, il ne faut pas supprimer une vie. Les parents du bébé ont contacté l'agence responsable, mais cette dernière n'a jamais répondu[4], [5].

En revanche, pour les ethnies minoritaires, avoir un deuxième enfant est encouragé ; non seulement ils ne payent pas l'amende, mais ces familles peuvent même recevoir une récompense[6]. De ce fait, certaines personnes d'ethnie Han payent pour changer leur ethnie affichée sur la carte d'identité (le motif pour un tel changement peut aussi être l'obtention de points bonus à l'examen national). Entre 1983 et 1990, environ 5 millions de Han ont changé leur identité ethnique affichée sur la carte. À cause de cette politique, la proportion de l'ethnie Han diminue chaque année ; le pourcentage des Han est de 94,22 % en 1964, 91,96 % en 1985, 91,02 % en 1990, et 90,56 % en 2005[7],[8].

Comparé au recensement de 2000, l'augmentation la population de Han entre 2000 et 2005 est de 2,03 %, celle des ethnies minoritaires est de 15,88 %. Le taux de croissance des populations d'ethnies minoritaires est environ huit fois plus élevé que celui des Han. Entre 2000 et 2005, 42 % des nouveau-nés étaient issus d'ethnies minoritaires[9].

Stérilisation et avortement forcés[modifier | modifier le code]

Dans certaines régions, l'avortement ou la contraception sont imposés aux femmes[10],[11] ,[12],[13]. Ainsi en juin 1999, devant la commission des Droits de l'homme de l'ONU, la Ligue internationale des droits de l'homme évoque dans un rapport[14] des cas de stérilisation forcée au Tibet[15].

Pour le démographe chinois Yan Hao, la région autonome du Tibet, loin d'avoir été soumise à une politique draconienne de contrôle des naissances, a connu en fait une forte croissance démographique, ce qui est confirmé par les résultats des recensements. Les familles tibétaines rurales ont en moyenne de 4 à 5 enfants. Il n'est pas rare de rencontrer des familles ayant de 7 à 8 enfants. La plupart des allégations de méthodes coercitives de contrôle des naissances, poursuit Yan Hao, viennent de réfugiés tibétains en Inde qui, pour s'attirer le soutien des autorités, exagèrent ou simplement inventent. Il reconnaît qu'il peut y avoir eu des abus isolés dans les provinces du Qinghai et du Sichuan car les règlements locaux y sont différents de ceux de la région autonome et que la planification familiale a pu y être appliquée avec plus de rigueur, en raison de la nécessité de combattre une surpopulation déjà existante[16].

Cette politique de stérilisation et d'avortement forcés se retrouve dans d'autres régions et provinces chinoises[17]. En 2012, les avortements forcés sont très fréquents en Chine[18]. Le dissident politique Chen Guangcheng a défendu la cause de femmes forcées à être stérilisées ou à avorter, parfois à quelques jours de l'accouchement[19].

En France[modifier | modifier le code]

La loi permet aux mineures un accès libre et gratuit à la contraception. Les centres de planification familiale agréés sont appelés « Centres de Planification et d'Éducation Familiale » (CPEF)[20].

Il en existe un peu partout en France. Ils sont particulièrement pratiques pour les mineures qui peuvent y aller sans être accompagnées d'un adulte et sans payer. Le secret et l'anonymat sont respectés.

Tous les sujets peuvent y être abordés sans tabous : s'informer sur la sexualité, la contraception, l'IVG, les infections sexuellement transmissibles (IST), dont le Sida ; parler de toute forme de violence (conjugale, sexuelle…).

La loi du 23 janvier 1990 (dite « loi Calmat ») permet à ces centres de dépister les IST et de délivrer les traitements nécessaires gratuitement aux mineures et aux personnes qui n'ont pas de Sécurité Sociale[21].

La plupart des centres de planification en France font partie des services de solidarité des Conseils Généraux.

Mouvement français pour le planning familial[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'une association à but non lucratif fondée en 1956 dont le premier objectif fut d'obtenir le droit à la contraception (interdite jusqu'en 1967).

Le MFPF est un interlocuteur privilégié des pouvoirs publics en matière de droit des femmes et de sexualité. Il est essentiellement financé par des subventions et c’est lui qui reçoit les femmes ou jeunes filles mineures que les services sociaux ou éducatifs lui orientent. Certains centres de planification sont gérés par le MFPF.

En 2005, le MFPF signe l'appel pour un nouveau combat féministe, lancé par le mouvement « Ni putes ni soumises ».

En Iran[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Planning familial en Iran.

Point de vue religieux[modifier | modifier le code]

Église catholique[modifier | modifier le code]

Dans l'encyclique Humanae Vitae, l'Église catholique affirme « le lien indissoluble, que Dieu a voulu et que l'homme ne peut rompre de son initiative, entre les deux significations de l'acte conjugal : union et procréation »[22] et exclut donc l'utilisation de moyens de contraception artificiels.

La même encyclique encourage le recours à la planification familiale naturelle dans le cadre d'une « paternité responsable » qui « s'exerce soit par la détermination réfléchie et généreuse de faire grandir une famille nombreuse, soit par la décision, prise pour de graves motifs et dans le respect de la loi morale, d'éviter temporairement ou même pour un temps indéterminé une nouvelle naissance »[23].

Ces réflexions ainsi que la doctrine de Jean-Paul II sur la sexualité sont détaillées par Yves Semen dans l'ouvrage La Sexualité selon Jean-Paul II[24].

Sur l'avortement[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Pro-vie.

L'Église catholique considère que la vie humaine commence dès la conception. De ce fait, elle estime que l'avortement est un infanticide qui s'oppose donc au sixième commandement des Tables de la Loi. Ce point de vue est partagé par le Judaïsme et l'Islam qui, cependant, date la création factuelle d'un être humain (L'apport d'une âme par Dieu) à partir du quarantième jour de gestation.

L'argumentation principale du mouvement pro-vie consiste à dire qu'un fœtus est un être vivant, et même autonome à partir d'une certaine date en deçà de la durée légale où l'avortement est permis. Ainsi, certains fœtus peuvent vivre à moins de vingt-deux semaines de gestation et donc, de ce point de vue, les avorter reviendrait donc à un infanticide[25].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hall LA, Perspectives, Historical Keyword : Family planning, Lancet, 2008; 371:805
  2. http://bbs.cnwest.com/viewthread.php?tid=78313
  3. http://www.wyzxsx.com/Article/Class22/200808/46822.html
  4. http://beijingspring.com/c7/xw/zgbd/20081031193739.htm
  5. Article sur TheThirdMedia.com
  6. http://www.ybnews.cn/news/newsyb/200807/68724.html dernier paragraphe
  7. http://www.stats.gov.cn/TJGB/RKPCGB/qgrkpcgb/t20020404_16776.htm
  8. http://www.stats.gov.cn/TJGB/RKPCGB/qgrkpcgb/t20020404_16768.htm
  9. http://www.stats.gov.cn/TJGB/RKPCGB/qgrkpcgb/t20060316_402310923.htm
  10. http://crd-net.org/Article/Class53/200704/20070418234523_4031.html
  11. http://share.youthwant.com.tw/sh.php?do=D&id=22005584(attention aux personnes sensibles)
  12. http://www.peacehall.com/news/gb/china/2007/01/200701310646.shtml
  13. http://www.peacehall.com/news/gb/yuanqing/2008/06/200806120141.shtml
  14. Source : Commission des Droits de l'homme de l'ONU
  15. «Régulation forcée des naissances. Bien que la Chine ait ratifié la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, la violence d'État à l'encontre des femmes est chose courante. L'article 16 de la Convention reconnaît aux femmes le droit de décider du nombre et de l'espacement des naissances et interdit la stérilisation et l'avortement obligatoires. Dans la pratique, des mesures rigoureuses de contrôle des naissances sont imposées au Tibet par la force et la contrainte. On continue à recevoir des informations faisant état de campagnes d'avortement et de stérilisation forcés dans les villages, ou même en ville, par exemple dans le quartier de Chushur à Lhasa, où 308 femmes ont été stérilisées en un mois vers la fin de 1996. Des réfugiés parvenus en Inde et au Népal signalent aussi des mesures coercitives, y compris le refus de délivrer une carte d'enregistrement et d'accorder diverses prestations sociales pour les nouveau-nés au-delà du nombre fixe d'enfants, ainsi que la perte de l'emploi ou de lourdes amendes si une femme ne consent pas à se faire avorter ou stériliser. La Chine transfère dans le même temps des millions de colons chinois au Tibet, ce qui amène à s'interroger sérieusement sur d'éventuelles violations de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide
  16. (en) Yan Hao, Tibetan Population in China: Myths and Facts Re-examined), in Asian Ethnicity, vol. 1, Number 1, March 2000, pp. 28-29 : « Understandably, local officials of Sichuan simply cannot afford to take a laissez faire attitude toward birth control in a province where (...) the population stood at over 107 million (according to the 1990 census ».
  17. « Chine : condamnation pour avoir dénoncé stérilisations et avortements forcés Synthèse de presse quotidienne du 25 août 2006 : Libération (Abel Ségrétin) 25/08/06 - La Croix (Jean Décotte) 25/08/06 - Le Figaro 03/08/06 sur Généthique.org »
  18. Disparition du mari d'une Chinoise forcée à avorter à sept mois, Libération, 26 juin 2012
  19. Le défenseur des avortées par force In Chine, l'empire du double langage, Le Nouvel Observateur, N°2265, p.61, avril 2008
  20. Article L2311 du Code de la santé publique
  21. Article L2311-5 du Code de la santé publique
  22. Humanæ vitae, point 12
  23. Humanæ vitae, point 10
  24. Yves Semen, La sexualité selon Jean-Paul II, Presses de la Renaissance, 2004, ISBN 978-2-7509-0036-6
  25. L'infanticide se pratique encore aux États-Unis

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]