Steve Bannon

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Steve Bannon
Illustration.
Steve Bannon en 2017.
Fonctions
Conseiller du président des États-Unis

(6 mois et 29 jours)
Président Donald Trump
Gouvernement Administration Trump
Prédécesseur John Podesta
Successeur Kellyanne Conway
Biographie
Nom de naissance Stephen Kevin Bannon
Date de naissance (67 ans)
Lieu de naissance Norfolk (Virginie)
Nationalité Américaine
Parti politique Parti républicain
Religion Catholicisme[1],[2]

Stephen Bannon, dit Steve Bannon, est un homme d’affaires et un homme politique américain, né le à Norfolk (Virginie).

Il est également dirigeant de médias, réalisateur et producteur de cinéma.

Militant conservateur proche de l'extrême droite, il est, de 2012 à 2016, président exécutif de Breitbart News LLC, la société mère de Breitbart News, qu'il décrit comme « la plate-forme de l'Alt-right ». Il a réalisé un film hagiographique consacré à l'ancien président Ronald Reagan, In the Face of Evil, et un film pro-Tea Party, Generation Zero. En 2012, il cofonde GIA, journal d'investigation politique.

En 2016, Steve Bannon est choisi comme directeur exécutif de la campagne présidentielle de Donald Trump. Après la victoire de celui-ci, il est nommé au poste, nouvellement créé, de conseiller stratégique du président des États-Unis. Il est rapidement limogé (il n’est en fonction que sept mois, de janvier à ), et poursuit depuis son engagement partisan, notamment au niveau international, avec son organisation The Movement.

Situation personnelle[modifier | modifier le code]

Naissance et origines[modifier | modifier le code]

Steve Bannon naît dans une famille modeste d'origine irlandaise, qui soutient John Kennedy. Syndicaliste, son père travaille comme poseur de lignes électriques dans une entreprise de distribution d’électricité[3],[4].

Études[modifier | modifier le code]

Il fait ses études secondaires dans une académie militaire catholique, où il reçoit une éducation stricte[3]. Il obtient une licence en urbanisme à Virginia Tech en 1976 où il avait été élu président des étudiants. Il est aussi titulaire d'une maîtrise en études de sécurité nationale délivrée par l’université de Georgetown.

Officier de la marine américaine puis retour à l’université[modifier | modifier le code]

Ses études achevées, Steve Bannon s’engage dans l’United States Navy, où il est jeune officier, notamment à bord du destroyer USS Paul F. Foster (en) dans la flotte du Pacifique[5]. Observant l’humiliation de l'armée américaine en Iran à la fin des années Carter, il perd ses convictions démocrates[3],[4]. Il quitte la Navy après quelques années[6].

Il retourne à l’université, dans la prestigieuse Harvard Business School, où il obtient à l’âge de 30 ans (en 1983) un MBA avec distinction[7]

Parcours professionnel et politique[modifier | modifier le code]

Carrière dans les affaires et les médias[modifier | modifier le code]

Ensuite, Bannon travaille comme banquier d’investissement dans le département Fusions & Acquisitions de Goldman Sachs[8]. En 1990, avec plusieurs de ses collègues de Goldman Sachs, il fonde Bannon & Co, une banque d’investissements qui se spécialise dans les médias. Par son truchement, Bannon négocie la vente de Castle Rock Entertainment à Ted Turner. En guise de paiement, Bannon & Co accepte une participation dans cinq shows télévisés, comprenant Seinfeld.

La Société générale fait l’acquisition de Bannon & Co en 1998[9].

Steve Bannon commence sa carrière dans le cinéma en 1991, en tant que producteur exécutif du film The Indian Runner, première réalisation de Sean Penn.

En 1993, alors qu’il dirige encore Bannon & Co, Steve Bannon est désigné directeur gérant du projet de recherche Biosphère II à Oracle, petite ville de l’Arizona. Sous sa direction le projet fait passer sa priorité de « la recherche sur l’exploration et la colonisation de l’espace » vers « la pollution et le réchauffement climatique ». Il quitte le projet en 1995[10],[11].

Après la vente de Bannon & Co en 1998, Steve Bannon devient producteur exécutif à Hollywood. Il produit en 1999 le film Titus, avec Anthony Hopkins. Il devient partenaire de Jeff Kwatinetz (en), un acteur de l’industrie du divertissement au travers de la société « The Firm Inc. », une société de gestion de films et documentaires de cinéma et de télévision[9].

En 2004, Steve Bannon réalise un documentaire à la gloire de Ronald Reagan intitulé In the Face of Evil. Au cours de la réalisation du film, il fait la connaissance de l’universitaire Peter Schweizer (en) et de l’éditeur Andrew Breitbart[9]. Au cours des années qui suivent, il réalise plusieurs autres documentaires, dont The Undefeated, une hagiographie de Sarah Palin , gouverneur de l'Alaska de 2006 à 2009 et colistière de John McCain à l’élection présidentielle de 2008[12],[13].

De 2007 à 2011, Steve Bannon est le directeur et chef exécutif de Affinity Media. De à , il est le président exécutif de Breitbart News LLC, la société mère du média Breitbart News classé à l'extrême droite[14],[15], et qui se caractérise par des attaques contre le couple Clinton et des positions anti-immigration[16]. Andrew Breitbart le décrit comme le « Leni Riefenstahl du mouvement Tea Party[9] ». Il est également le président exécutif et cofondateur du « Government Accountability Institute » où il apporte son aide à l’orchestration de la publication du livre Clinton Cash[17],[14].

Bannon est également l’animateur de l'émission de la radio d’extrême droite Breitbart News Daily diffusée sur un canal radio de Sirius XM[18].

En 2015, Steve Bannon est classé no 19 sur la liste Mediaite des « 25 personnes les plus influentes dans les médias d’information politiques »[19].

Selon le site web « scout.ai », Bannon serait membre du conseil d'administration de la société Cambridge Analytica dont les méthodes d'analyse et d'action auraient pu jouer un rôle dans l'élection de Donald Trump ou dans le référendum sur le Brexit[20].

Collaborateur de Donald Trump[modifier | modifier le code]

Manifestations contre la nomination de Bannon.

Le , Donald Trump l’engage au poste de chef exécutif de sa campagne électorale pour la présidence des États-Unis[21],[22],[14],[23], remplaçant Paul Manafort[16]. Il est le co-fondateur et le directeur exécutif du Government Accountability Institute (en) et ancien président de Breitbart News LLC, la société mère de Breitbart News[17]. Il quitte Breitbart pour prendre ses nouvelles fonctions[15],[24]. Après l'élection de Donald Trump à la présidence son nom est annoncé comme candidat possible au poste de chef de cabinet de la Maison-Blanche[25].

Le , le président élu Donald Trump le désigne « Haut conseiller et chef de la stratégie » de la Maison-Blanche[26], soit conseiller du président des États-Unis. Le , Donald Trump le nomme au Conseil de la sécurité nationale[27]. Cette décision provoque de fortes critiques tant du Parti républicain que du Parti démocrate. Le , la Maison-Blanche annonce que Bannon ne fait plus partie du Conseil de sécurité nationale[28]. Une semaine plus tard, la presse, qui avait précédemment rapporté des divergences de vues récurrentes entre Bannon et Jared Kushner, gendre et conseiller du président, fait état d'une interview donnée au New York Post par Trump au cours de laquelle ce dernier prend ses distances avec Bannon[29].

En mai-, il plaide avec succès auprès du président pour que les États-Unis quittent l'accord de Paris sur le climat. Depuis le début de la présidence de Donald Trump, il fait partie de l'aile nationale-populiste du cabinet présidentiel, « qui se méfi[e] d'un interventionnisme excessif » à l'étranger et pour qui « l'essentiel est de défendre les intérêts de l'Amérique de manière sourcilleuse, sans céder aux logiques contraignantes des organisations internationales », s'opposant notamment à l'aile interventionniste qui plaide pour une méthode inspirée de Ronald Reagan et d'une autre, plus modérée, défendue par les conseillers Ivanka Trump et Jared Kushner[30].

Selon The Daily Beast, Bannon appuierait les efforts d'Erik Prince, dont il est proche, lequel cherche à convaincre le Pentagone de faire appel à sa société de mercenaires Blackwater pour fournir des troupes destinées à renforcer le contrôle américain en Afghanistan[31].

Le , la porte-parole de la Maison-Blanche annonce que « le secrétaire général de la Maison-Blanche John Kelly et Steve Bannon se sont mis d'accord sur le fait qu'aujourd'hui serait le dernier jour de Steve[32],[33],[34],[35],[36],[37] », moins d'une semaine après la manifestation « Unite the Right » de Charlottesville, qui dégénéra en violences et en colère. Alors que les membres des deux partis politiques condamnaient la haine et la violence des nationalistes blancs, des néonazis et des militants de droite, le New York Times notait que Trump « était la seule figure politique nationale à reprocher la « haine, le sectarisme et la violence » ayant entraîné la mort d'une personne à « plusieurs camps » »[38],[39]. La décision de cette déclaration aurait été prise par Steve Bannon en tant que stratège en chef de la Maison-Blanche[40]. L'organisation de défense des droits civiques NAACP publie alors une déclaration affirmant que, bien qu'elle « reconnaît et apprécie le désaveu du président Trump de la haine qui a entraîné la perte d'une vie aujourd'hui », elle demande à Trump « de prendre une mesure tangible en retirant Steve Bannon - un leader suprématiste blanc bien connu - de son équipe de conseillers. » La déclaration décrit Bannon comme un « symbole du nationalisme blanc » qui « stimule ce sentiment » grâce à son poste actuel à la Maison-Blanche[41].

Son départ est également réclamé par différentes associations, par des commentateurs et des personnalités politiques aussi bien démocrates que républicaines, tels que l'éditorialiste en vue William Kristol (républicain), le consultant Roger Stone (républicain), l'auteur David French (républicain) et la chroniqueuse Jennifer Rubine (républicaine), les représentants républicains Peter King et Ileana Ros-Lehtinen, les démocrates Nancy Pelosi et Ted Lieu ainsi que plus de 70 élus démocrates ayant signé une résolution de la Chambre des représentants demandant instamment au président de révoquer « tous les conseillers qui l'ont pressé de satisfaire les mouvements suprémacistes blancs. »[41].

Bannon déclarera plus tard n'avoir pas été limogé mais qu'il avait au contraire soumis sa démission dès le . Rappelant qu'il avait rejoint la campagne présidentielle le , il dit « avoir toujours prévu de rester un an », mais qu'il était resté quelques jours de plus à cause de la manifestation Unite the right. Selon d'autres sources, le chef de cabinet John F. Kelly aurait démandé à Bannon le de remettre sa démission à effet immédiat sous peine d'être renvoyé[42]. Le même jour le site Breitbart annonce que Bannon réintègre son poste de président exécutif au sein de l'organisation tandis que Bannon déclare « je quitte la Maison-Blanche et je pars au combat pour Trump et contre ses opposants - au Capitole, dans les médias et dans le monde des affaires[43] ».

Après son limogeage de la Maison-Blanche[modifier | modifier le code]

Prises de position[modifier | modifier le code]

Lors d'un entretien accordé à CBS News, Steve Bannon, de confession catholique, explique au sujet du débat en cours sur le statut DACA que l'attitude de l'Église catholique — qui s'oppose à la volonté de Trump et des hommes politiques conservateurs d'abolir les dispositions en cause — est lamentable. Il explique l'attitude de l'Église par le fait qu'« elle a besoin d'immigrants illégaux pour remplir ses églises » et qu'elle a donc « un intérêt économique à ce que se produise une immigration illégale illimitée ». Interrogé sur ces propos, le cardinal Timothy Dolan répond qu'ils sont « absurdes » et « insultants »[44].

Publications et déclarations[modifier | modifier le code]

La publication du livre Le Feu et la Fureur : Trump à la Maison-Blanche, dans lequel Bannon accuse de trahison le fils de Donald Trump pour avoir rencontré une avocate russe dans le but d'obtenir des informations compromettantes sur Hillary Clinton, semble marquer la rupture définitive de ses relations avec le Président américain. Dans un communiqué publié par la Maison-Blanche, ce dernier explique que « Steve n'a eu qu'un rôle très limité dans [sa] victoire », et accuse Bannon d'avoir « perdu la raison »[45]. Le , la milliardaire Rebekah Mercer annonce que sa famille retire tout soutien financier à Bannon et se range du côté de Donald Trump[46]. Le sénateur Mitch McConnell et d'autres personnalités politiques républicaines se réjouissent ouvertement de la disgrâce de Bannon, qu'ils voyaient comme une menace pour les élections de mi-mandat et le maintien d'une majorité républicaine au Congrès en raison de ses menaces de mettre à mal l'establishment républicain[47]. Le , Steve Bannon présente des excuses pour avoir critiqué la famille du président et explique que ses reproches s'adressaient en fait à Paul Manafort et non à Donald Trump Jr[48]. Deux jours après, la PDG du groupe Breitbart annonce le départ de Bannon de la direction de Breitbart News, poste qu'il avait repris après avoir quitté ses fonctions à la Maison-Blanche[49].

Fondation de Mouvement[modifier | modifier le code]

En , les médias se font l’écho de l'intention de Steve Bannon de développer la fondation Le Mouvement, créée à Bruxelles par Mischaël Modrikamen[50], afin de regrouper les mouvements populistes et nationalistes d'extrême droite en Europe[51]. Il déclare s'inspirer de la fondation de George Soros, avec laquelle il entend rivaliser[52]. Il imagine Nigel Farage et Marine Le Pen jouer un rôle majeur dans la mise sur pied d'un groupe parlementaire européen qui abriterait ces partis et d'autres encore[53]. Des réactions mitigées s’expriment dans plusieurs partis populistes ou d'extrême droite européens[50],[54]. Selon Tim Gosling du Foreign Policy, Bannon n'a qu'une connaissance limitée des réalités internes de l'Union européenne, en particulier dans les ex-pays de l'Est : ainsi, son message qui prône le protectionnisme économique risquerait-il de mal passer dans des pays dont le PIB est très dépendant de leurs exportations[55].

Steve Bannon annonce avoir rencontré ou échangé avec plusieurs personnalités politiques, comme Boris Johnson et Jacob Rees-Mogg (Royaume-Uni), Jérôme Rivière (France), Mischaël Modrikamen et Filip Dewinter (Belgique)[53],[56]. Le , il est reçu par le ministre de l’Intérieur italien et secrétaire fédéral de la Ligue, Matteo Salvini, qui à cette occasion se dit intéressé par Le Mouvement et prêt à travailler avec Steve Bannon[57]. Le dirigeant du Parti pour la liberté néerlandais Geert Wilders annonce partager la même position[57].

Début , Facebook, sur dénonciation du groupe Avaaz.org, bloque un réseau de désinformation détenu par Steve Bannon et des associés, ses pages étant suivies par environ 2,4 millions d'utilisateurs[58].

Poursuites judiciaires[modifier | modifier le code]

Le , alors qu'il se trouve sur le yacht d'un ami dans le Long Island Sound au large du Connecticut, Steve Bannon est arrêté sur instruction d'Audrey Strauss, la procureure fédérale de Manhattan[59], par des policiers de l'United States Postal Inspection Service et des membres de l'équipe de la procureure, aidés par l'US Coast Guard[60],[61]. Il est inculpé de détournement de fonds et de malversations financières. L’ancien conseiller de Donald Trump est formellement accusé d’avoir détourné avec trois autres personnes, dont Brian Kolfage (en), des dons versés à l'association We Build The Wall (en) censée contribuer à la construction d’un mur entre les États-Unis et le Mexique. Dans la soirée, menotté et masqué, Bannon comparaît lors d'une première audience par visioconférence face à un juge de Manhattan qui lui notifie les raisons de son arrestation. Libéré contre une caution de 5 millions de dollars, son procès est fixé au . Steve Bannon fait face à une peine allant jusqu'à 20 ans de prison en cas de condamnation[62],[63]. Il est finalement gracié par Donald Trump à la veille de son départ de la Maison-Blanche, le 19 janvier 2021[64].

Vie privée[modifier | modifier le code]

En , il est accusé de violences par sa seconde épouse qui l’accuse de l’avoir maltraitée dans leur maison. Il est alors inculpé pour violences conjugales et pour avoir tenté d'empêcher un témoignage en sa défaveur. L'affaire est cependant abandonnée lorsque son épouse ne comparaît pas au tribunal. Dans les minutes du procès, elle déclare par la suite que son conjoint lui aurait ordonné de quitter la ville pour ne pas avoir à témoigner[65],[66],[67].

Idées et influences[modifier | modifier le code]

Steve Bannon en mai 2018.

Durant la crise financière mondiale de 2007-2008, Bannon dit avoir été frappé par l'impact de la crise sur une grande partie des Américains dont son père qui perd ses économies[3]. Il se dit scandalisé par l'irresponsabilité du monde financier et le sauvetage des grandes banques par l'administration Obama alors que la classe moyenne est durement touchée par la crise des subprimes et doit faire face aux expulsions. Il rejoint alors le mouvement des Tea Party, dont il devient le représentant idéologique le plus en vue[3]. Selon Laure Mandeville, « c'est à cette époque que lui vient sa volonté de « nettoyer le marigot » washingtonien, qu'il voit comme un véritable système de corruption gouvernementale »[3]. Il se pose en défenseur « du pays profond »[3].

Il se dit opposé aux idées libérales de l'école de Chicago. Préconisant la création d'un impôt sur les plus riches, il milite pour une baisse des impôts en faveur des entreprises et des classes moyennes. Au nom de la protection des ouvriers américains et pour relancer l'industrie manufacturière, il est pour la mise en œuvre d'un protectionnisme qui favorise davantage les États-Unis, position qui le met en porte à faux tant avec les républicains que la majorité des hommes politiques démocrates[3].

Il se considère lui-même comme un conservateur et un « nationaliste économique »[22],[68],[69]. Évoquant son rôle au sein de Breitbart, Bannon explique : « Nous nous voyons nous-mêmes comme virulemment anti-establishment, en particulier contre la classe politique permanente[70]. »

Sur les questions de politique internationale, il souhaite une politique étrangère moins interventionniste sans pour autant tomber dans une position strictement isolationniste comme l'indiquent ses déclarations marquées contre l'Iran et l'accord nucléaire iranien, contre l'islam radical et contre la Chine[3].

Bannon serait très inspiré par l'essai The Fourth Turning: What the Cycles of History Tell Us About America’s Next Rendezvous with Destiny publié en 1997 par les historiens amateurs Neil Howe (en) et William Strauss (en), connus pour être les initiateurs de la Strauss–Howe generational theory (en). Selon cette théorie, les États-Unis vivraient une crise majeure par siècle et chaque siècle serait divisé en quatre saisons. La crise financière marquerait l'arrivée de l'hiver au terme duquel un nouveau cycle séculaire est censé commencer. Le début d'un nouveau cycle ne pourrait toutefois pas avoir lieu sans conflits de forte intensité. Si la théorie de Strauss-Howe est régulièrement critiquée, certains n'y voyant que pseudoscience, le fait que Bannon ait validé cette théorie tout en ayant l'oreille du président des États-Unis inquiète certains observateurs[71],[72]. Il admire Ronald Reagan, à qui il a consacré un documentaire hagiographique[73]. Il se déclare influencé par la doctrine du nationalisme intégral de Charles Maurras[74].

Il cite régulièrement Le Camp des Saints, un roman apocalyptique de Jean Raspail racontant l'invasion de la France par une multitude de migrants. Au sujet de la crise migratoire en Europe, il déclare en sur Breitbart News que « l'Europe centrale et de l'est a quasiment subi une invasion du type Camp des Saints ». En , il ajoute que « le problème de l'Europe, c'est l'immigration. C'est aujourd'hui un problème mondial, un Camp des Saints généralisé »[75].

Steve Bannon est un fervent soutien de plusieurs personnalités ou mouvements de droite populiste radicale et d'extrême droite en Europe[76], en Asie et en Amérique latine tels que le Front national, le Parti pour la liberté néerlandais, l'Alternative pour l'Allemagne, le Parti de la liberté d'Autriche, ainsi que le Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni britannique, les partis italiens Ligue du Nord et Frères d'Italie[77],[76], le Fidesz de Hongrie[78], les Démocrates de Suède[79], l'Union démocratique du centre suisse[80], les partis belges Vlaams Belang et Parti populaire[53], le parti des Vrais Finlandais[53], le parti espagnol Vox[81], le Likoud israélien[82], le gouvernement de Narendra Modi en Inde[83] ainsi que le candidat brésilien à la présidentielle Jair Bolsonaro[84], qu'il conseille pour la propagation de fake news sur les réseaux sociaux[85]. Selon lui, ces mouvements de droite plus ou moins radicales, auxquels il ajoute Vladimir Poutine en Russie, Xi Jinping en Chine, Shinzō Abe au Japon, Recep Tayyip Erdoğan en Turquie, Mohammed ben Salmane en Arabie saoudite, Donald Trump aux États-Unis, Rodrigo Duterte des Philippines ainsi que les dirigeants d'Égypte, de Pologne et de Corée du Sud, illustrent le basculement du monde vers plus de nationalisme[86],[87],[88].

Invité en à participer au congrès du Front national, il prononce un discours où il s'en prend aux journalistes, qu'il qualifie de « chiens » et de « parti médiatique d’opposition », et déclare aux militants présents : « Vous faites partie d'un mouvement qui est plus grand que l'Italie, plus grand que la Pologne, plus grand que la Hongrie. […] Vous vous battez pour votre liberté ? Ils vous traitent de xénophobes. Vous vous battez pour votre pays ? On vous appelle « racistes ». Mais les temps de ces paroles dégueulasses sont finis. Laissez-les vous appeler racistes, xénophobes, islamophobes. Prenez ça comme un compliment parce que chaque jour qui passe nous devenons plus forts, et eux s’affaiblissent. […] L'histoire est de notre côté et nous propulsera de victoire en victoire. » Il exprime également son admiration pour Marion Maréchal, qu'il avait déjà qualifiée de « nouvelle étoile montante de l'extrême droite » en 2016[89],[90].

Bannon dit s’opposer à l’idéologie du nationalisme blanc et considérer les nationalistes ethniques comme des « losers »[91].

À la mi-, il s'installe à Paris, à l’hôtel Bristol, pour observer les élections européennes, et conseiller « de manière informelle » selon ses dires[92], le Rassemblement national de Marine Le Pen, suscitant les protestations de La République en marche et du MoDem qui y voient « une atteinte à la souveraineté de l'élection »[92]. Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) décide de décompter le temps de parole de Steve Bannon de celui de la liste du Rassemblement national menée par Jordan Bardella[93].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

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