Reynald Secher
| Directeur de la communication Conseil régional de Poitou-Charentes | |
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| Distinctions | Liste détaillée Prix René-Petiet () Prix Renaissance des lettres () Prix Combourg () Prix littéraire des Droits de l’Homme (d) () Ordre sacré et militaire constantinien de Saint-Georges () |
Reynald Secher, né le à Nantes (Loire-Atlantique), est un historien, écrivain et scénariste français.
Ses travaux portent principalement sur la guerre de Vendée. Il défend depuis les années 1980 la thèse d'un génocide vendéen orchestré par le gouvernement révolutionnaire français. Il est critiqué pour cette position par la majorité des historiens spécialistes de la Révolution française, qui parlent de crimes de guerre et non de génocide.
Biographie
[modifier | modifier le code]Famille
[modifier | modifier le code]Il naît le , à Nantes[1].
Reynald Secher est issu d'une famille de dix enfants originaire de La Chapelle-Basse-Mer[2],[3].
Il est marié et père de quatre enfants[4].
Formation
[modifier | modifier le code]En 1985, il soutient sa thèse en Sorbonne[5].
Carrière
[modifier | modifier le code]Il déclare avoir monté l'association Mémoires du futur en 1992[6].
Contribution à l'étude du génocide franco-français : la Vendée-Vengé (1985)
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Il fait paraître en 1985 l'ouvrage Le génocide franco-français : La Vendée-Vengé , à l'origine une thèse d'État qui prend la suite d'une thèse de troisième cycle consacrée une paroisse de Loire- Atlantique[7].
L'analyse de son travail a fait l'objet de critiques, notamment des historiens français Michel Vovelle, Jean-Clément Martin[8],[9],[10].
Bandes dessinées historiques
[modifier | modifier le code]En 2016, Reynald Secher se voit interdire par Bruno Genini, l'accès au salon de la bande dessinée de Blois, au motif que sa ligne éditoriale ne correspond pas aux valeurs et à l'éthique du salon[11].
Il fait restaurer en 2017 un prieuré pour en faire un mémorial érigé en mémoire des martyrs vendéens[12].
Prises de positions
[modifier | modifier le code]Il demande en 2010 l’abrogation des lois d’anéantissement et d’extermination de la Vendée des 1er août, 1er octobre, 7 novembre 1793.
Critiques
[modifier | modifier le code]Choix du terme de génocide au sujet de la Vendée
[modifier | modifier le code]Le choix du terme de « génocide vendéen » est contesté par les autres historiens dès après la soutenance de la thèse de Reynald Secher. Il est reçu comme un choix de mot visant à provoquer plus qu'à désigner la réalité précise des événements, alors qu'aucun historien ne conteste le fait qu'il y a bien eu des crimes de guerre en Vendée[5].
L'historien Jean-Clément Martin, membre du comité scientifique de la Société des études robespierristes[13], polémique à plusieurs reprises avec Reynald Secher, via médias interposés. Cette querelle dure depuis la publication de la thèse sur le génocide franco-français en 1986 ; Martin était alors universitaire. Depuis lors, polémiques et droits de réponse ont été échangés (« Ni génocide ni mémoricide » entretien avec Jean-Clément Martin dans L'Histoire[14] et « Reynald Secher : La riposte de la Vendée » dans La Nouvelle Revue d'histoire[15] en juin/septembre 2012), des entretiens radio (« Deux lectures de la Vendée » dans Questions d'éthique sur France Culture en mai 2012[16],[17],[18]) ou articles de sites d'actualité (« Vendée, où est le génocide ? »[19] et « Vendée, le génocide est là ! »[20] en octobre 2012 dans Causeur), leurs thèses respectives sont même confrontées dans une émission télévisée à caractère historique (L'Ombre d'un doute: Robespierre, bourreau de la Vendée ?[21] sur France 3 en mars 2012). L'historien Donald Sutherland estime lui aussi que les crimes de guerre commis en Vendée ne constituent pas un génocide[22].
Comparaison avec la Shoah
[modifier | modifier le code]Pour Michel Morineau :
S'il avait parlé pour la Vendée d'un immense Oradour-sur-Glane, il est probable que personne n'y aurait trouvé à redire tant l'adéquation des situations paraissait pertinente. C'est l'emploi du mot génocide qui a posé un problème. Était-il légitime de l'employer pour les Vendéens comme on s'en servait pour les Juifs sous le Ille Reich, vu l'ampleur inégale des exterminations (en chiffres absolus), d'une part ; vu les différences dans les motivations et les desseins à long terme, d'autre part ? Le débat a donné lieu à de vifs échanges que nous n'avons pas à rappeler ici en détail. Certains ont voulu conserver au mot génocide son sens étymologique et en réserver par conséquent, l'usage à des cas très précis et bien circonscrits, tandis que l'évolution du langage et l'actualité, hélas, tendaient à le généraliser par une spéculation sur son caractère-choc et sans prendre garde aux déformations et aux affaiblissements, même, qui en résultaient. Mettant en jeu des sensibilités : un souci de rigueur sémantique et historique, d'un côté ; la réaction viscérale, de l'autre, de ceux qui continuent à porter comme une plaie le souvenir de 1793 et 1794 et à souffrir du mépris qui a longtemps enveloppé et leurs ancêtres et eux-mêmes, la discussion a pu se durcir jusqu'à l'affrontement et jusqu'à la polémique[23].
Méthode de calcul
[modifier | modifier le code]La méthode de calcul du nombre de victimes des Guerres de Vendée utilisée par Secher est critiquée par plusieurs historiens, dont Charles Tilly, Michel Vovelle[24] et François Lebrun[25]. Tilly reproche à Secher d'utiliser des « des méthodes douteuses pour estimer les pertes de population et d'habitations attribuables à la contre-révolution et à sa répression »[26]. François Lebrun argumente pour une estimation de 150 000 rebelles tués, tandis que Jean-Clément Martin estime les victimes parmi les rebelles à entre 220 000 et 250000[27]. Donald Sutherland, de l'université du Maryland, estime que les recherches de Reynald Secher ont été rendues obsolètes par celles de Jacques Hussenet, qui argument en faveur d'une estimation de 165 000 victimes[28]. Sutherland reproche à Secher de faire montre d'une « crédulité stupéfiante dans sa façon d'accorder du crédit à toutes les histoires d'atrocités anti-républicaines qu'il peut trouver »[22],[29].
Publications
[modifier | modifier le code]Ouvrages
[modifier | modifier le code]- La Chapelle-Basse-Mer, village vendéen. Révolution et contre-révolution, Paris, Perrin, 1986
- Le génocide franco-français : La Vendée-Vengé, Paris, Presses universitaires de France, 1986
- traduction en italien Il genocidio vandeano (préface de Jean Meyer, présenté par Pierre Chaunu), Effedieffe, 1989
- traduction en anglais A French Genocide: The Vendee (traduit par George Holoch), University of Notre Dame Press, 2003
- traduction en polonais Ludobójstwo francusko-francuskie. Wandea departament zemsty (traduit par Marian Miszalski), Varsovie, Iskry, 2003
- réédition Le génocide franco-français : La Vendée-Vengé, Paris, Perrin, 2006
- Reynald Secher, Juifs et Vendéens : d'un génocide à l'autre, O. Orban, (ISBN 978-2-85565-639-7, lire en ligne)
- Histoires de Résistance en Bretagne, préface d'Yvon Bourges, Paris, Presses de la Cité, 1994
- réédition Histoires de résistants en Bretagne, préface d'Yvon Bourges, Presses de la Cité, 2006
- Le Livre noir de la Révolution française, (en collaboration avec une quarantaine d'auteurs), éditions du Cerf, 2009
- Reynald Secher, La désinformation autour des guerres de Vendée et du génocide vendéen, Atelier Fol'fer, coll. « L'étoile du berger », (ISBN 978-2-35791-010-2)
- Reynald Secher, Hélène Piralian et Stéphane Courtois, Vendée, du génocide au mémoricide: mécanique d'un crime légal contre l'humanité, les Éd. du Cerf, coll. « Cerf politique, démocratie ou totalitarisme », (ISBN 978-2-204-09580-8)
- Gérard Bedel, Mircea Goga, Reynald Secher et Daniel Lordey, Neuf histoires de Noël, Via romana, (ISBN 978-2-916727-33-2)
- Reynald Secher, La guerre de Vendée : itinéraire de la Vendée militaire, Tallandier, coll. « Guides "Historia" », (ISBN 978-2-235-01817-3, lire en ligne)
Documents
[modifier | modifier le code]- Gracchus babeuf. La guerre de la Vendée & le système de dépopulation (texte de Gracchus Babeuf présenté et annoté par Reynald Secher et Jean-Joël Brégeon, Paris, Tallandier, collection In-Texte, 1987.
Guides
[modifier | modifier le code]- La guerre de Vendée : itinéraire de la Vendée militaire, Tallandier, collection Guides Historia, 1989.
Romans historiques
[modifier | modifier le code]- Les Vire-couettes, Paris, Presses de la Cité, coll. « Roman », 1989.
- Le miroir sans retour, Le Rocher, 2018
Bandes dessinées
[modifier | modifier le code]- Reynald Secher et René Le Honsec, Vendée 1789-1801: Anjou, Bretagne, Poitou, Fleurus, (ISBN 978-2-215-01171-2)
Vidéos
[modifier | modifier le code]- Guerres en Vendée. Combat de Géants, Reynald Secher avec Christian Esquines et Marc Jouanny, 1h30, édition Vidéo-Visite, 1988 (VHS).
Collaborations
[modifier | modifier le code]Documentaires
[modifier | modifier le code]En 2007, la chaîne nationale russe Rossiya 1 a contacté Reynald Secher afin d'obtenir son expertise et sa participation dans le cadre d'un documentaire mettant en parallèle l'écrasement de la révolte de Tambov par Lénine et celui du soulèvement de la Vendée[30].
Revues
[modifier | modifier le code]- La Nouvelle Revue d'histoire, hors-série no 2, « L'histoire de la Vendée-Vengé. Entretien avec Reynald Secher », « Reynald Secher et le mémoricide par Stéphane Courtois » et « le Mémoricide vendéen par Reynald Secher », printemps-été 2011.
- La Nouvelle Revue d'histoire, no 57, « Le génocide vendéen: Révélations exclusives de Reynald Secher», novembre-décembre 2011.
- La Nouvelle Revue d'histoire, no 62, « Reynald Secher: la riposte de la Vendée », septembre-octobre 2012.
- Le Figaro histoire, no 26, "Par le fer et le feu", juin-juillet 2016.
Distinctions
[modifier | modifier le code]Prix littéraires
[modifier | modifier le code]- 2012 : prix Combourg « pour son livre Vendée. Du génocide au mémoricide et pour l'ensemble de son œuvre » décerné le 6 octobre 2012[31],[3],[32][note 1].
- 1987 : prix Georges-Goyau, médaille de bronze, pour son ouvrage La Chapelle-Basse-Mer, village vendéen : révolution et contre-révolution, décerné à Paris le 27 juin 1987[34].
- 2012 : Prix littéraire des Droits de l'homme, décerné par les Nouveaux droits de l'homme (NDH), une organisation non gouvernementale fondée en France par Pierre Bercis en 1977[3].
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]Références
[modifier | modifier le code]- ↑ « Biographie de Reynald SECHER (1955 - ) | Chiré », sur www.chire.fr (consulté le )
- ↑ Biographie de Reynald Secher, site des Éditions de Chiré
- 1 2 3 https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/lhistorien-reynald-secher-recompense-1518920
- ↑ État civil, Reynald Secher Éditions
- 1 2 « Contre-révolution : vérités et contre-vérités », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/philippe-de-villiers-et-la-royaute-francaise-convies-dans-le-vignoble-nantais-c79175dc-d1f8-11ec-b0ed-05ec53e3374f
- ↑ Jean-Clément Martin, « Reynald Sécher, Le génocide franco-français, la Vendée-Vengé », Annales, vol. 41, no 5, , p. 1009–1012 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Jean-Clément Martin, « Reynald Sécher, Le génocide franco-français, la Vendée-Vengé [compte-rendu] », Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, no 5, septembre-octobre 1986, p. 1009-1012, lire en ligne.
- ↑ Antoine de Baecque, « Contre-révolution : vérités et contre-vérités », Le Monde, (lire en ligne)
- ↑ Jean-Clément Martin, « À propos du « génocide vendéen ». Du recours à la légitimité de l'historien », Sociétés contemporaines, no 39, p. 23-38, lire en ligne.
- ↑ « Blois : le festival bd Boum exclut les éditions Reynald Sécher », sur magcentre.fr,
- ↑ https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/loire-atlantique/le-prieure-du-xie-siecle-retrouve-de-sa-splendeur-5186441
- ↑ Alain Sanders, « Un historien victime de la guillotine sèche » in Présent, jeudi 24 septembre 2009
- ↑ La Vendée : Enquête sur les crimes de la Révolution, revue L'Histoire, no 377, juin 2012, p. 52-54
- ↑ Les droites radicales en Europe. 1900-1960, La Nouvelle Revue d'histoire, no 62, septembre-octobre 2012, p. 27-29
- ↑ Dispositif exceptionnel: l'émission censurée dans un premier temps a droit à une « deuxième lecture ». L'entretien enregistré avec Reynald Secher et qui devait être diffusé le 23 février 2012 est différé de trois mois - à la suite de la dénonciation de la censure exercée par France Culture par Reynald Secher dans Atlantico le 8 mars 2012 - pour être finalement diffusé, le 17 mai 2012 et être confrontée à une autre « lecture » imprévue, celle de Jean-Clément Martin.
- ↑ Deux lectures de la Vendée : Première partie avec Reynald Secher., Questions d'éthique, France Culture, 17.05.2012
- ↑ Deux lectures de la Vendée : Seconde partie avec Jean-Clément Martin., Questions d'éthique, France Culture, 24.05.2012
- ↑ Vendée, où est le génocide ? Il ne faut pas remplacer une histoire officielle par une autre, Jean-Clément Martin, Causeur, Publié le 24 octobre 2012
- ↑ Vendée, le génocide est là ! Réponse à Jean-Clément Martin, Causeur, Publié le 28 octobre 2012
- ↑ Émission du 7 mars 2012, L'ombre d'un doute, France 3
- 1 2 Sutherland (2004), 236-237.
- ↑ Michel Morineau, « Reynald Secher. Le Génocide franco-français. La Vendée-Vengé, 1986 ; ; Jean de Malestroit et R.P. Emile Laure, o.p. Histoire de Vallet. Maulévrier, 1985 », Annales de Démographie Historique, vol. 1987, no 1, , p. 416–425 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Tilly (1989), p.90.
- ↑ François Lebrun, « Reynald Sécher et les morts de la guerre de Vendée », Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, vol. 93, no 3, , p. 355–360 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Tilly (1989), p.93.
- ↑ Gough (1987), p. 987.
- ↑ Sutherland (2004), p.237.
- ↑ an eye-popping gullibility in crediting every anti-republican atrocity story he can find« an eye-popping gullibility in crediting every anti-republican atrocity story he can find »
- ↑ La Guerre de la Vendée : quand Babeuf présente un génocide., Christophe Dickès, Un jour dans l'histoire, Canal Académie, 15.02.2009, enregistrement audio sur Youtube
- ↑ « Page4 », sur Combourg, petite cité de caractère en Bretagne (consulté le )
- ↑ https://www.ouest-france.fr/bretagne/saint-malo-35400/lhistorien-reynald-secher-laureat-du-14e-prix-combourg-451737
- ↑ https://www.ouest-france.fr/bretagne/rennes-35000/vendredi-et-samedi-dedicaces-de-reynald-secher-1035940
- ↑ Canal Académie - La Vendée-Vengé, le génocide franco-français
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- (en) Hugh Gough, « Genocide and the Bicentenary: The French Revolution and the Revenge of the Vendee », The Historical Journal, vol. 30, no 4, , p. 977-988
- (en) D. M. G. Sutherland, « Review: A French Genocide: The Vendée by Reynald Secher », The English Historical Review, vol. 119, no 480, , p. 236–237
- (en) Charles Tilly, « State and Counterrevolution in France », Social Research, vol. 56, no 1 « The French Revolution and the Birth of Modernity », , p. 71-97
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressource relative à la littérature :
- Ressource relative à la recherche :
- Ressource relative à la bande dessinée :
- Historien français du XXe siècle
- Historien français du XXIe siècle
- Historien de la Révolution française
- Essayiste français du XXe siècle
- Essayiste français du XXIe siècle
- Écrivain français du XXe siècle
- Écrivain français du XXIe siècle
- Naissance à Nantes
- Naissance en octobre 1955
- Collaborateur de L'Homme nouveau
- Naissance dans la Loire-Inférieure
- Étudiant de l'université Paris-Sorbonne

