Robert Ménard

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Robert Ménard
Robert Ménard en meeting à Toulouse le 18 mai 2015.
Robert Ménard en meeting à Toulouse le .
Fonctions
Maire de Béziers
En fonction depuis le
(1 an 3 mois et 30 jours)
Élection mars 2014
Prédécesseur Raymond Couderc
Biographie
Date de naissance (62 ans)
Lieu de naissance Oran (Algérie)
Nationalité Drapeau de la France Française
Profession Journaliste

Robert Ménard, né le à Oran (Algérie), est un journaliste et homme politique français[1], fondateur de l'association Reporters sans frontières (RSF), dont il a été le secrétaire général jusqu'en septembre 2008[2].

Après s'être rapproché de l'extrême droite, il se lance dans la vie politique à l'occasion des élections municipales de 2014 à Béziers : il est élu maire de cette ville avec le soutien du Front national, de Debout la République, du Mouvement pour la France et du Rassemblement pour la France.

Première carrière journalistique et fondation de Reporters sans frontières[modifier | modifier le code]

Jeunesse et débuts dans le journalisme[modifier | modifier le code]

Robert Ménard grandit dans le village aveyronnais de Brusque (ci-haut) et ensuite dans le quartier de la Devèze à Béziers (ci-bas).

Issu d'une famille catholique pied-noir installée en Algérie depuis 1850[3], Robert Ménard a neuf ans lorsque sa famille, rapatriée d'Algérie[4], s'installe à Brusque dans l'Aveyron[5] puis dans le quartier pauvre de la Devèze, à Béziers[6]. Son père, Émile, est tour à tour commerçant, imprimeur et éleveur de poules[7] ; également syndicaliste communiste[6], il devient membre de l'OAS[8],[9]. L'un des oncles de Robert Ménard est par ailleurs emprisonné pour avoir piloté un avion de putchistes[10].

Robert Ménard suit les cours du collège religieux Saint-Gabriel à Saint-Affrique, et envisage de devenir prêtre, ce à quoi sa mère s'oppose[11]. En mai 1968, il fait fermer son collège[10]. Poursuivant ses études à Montpellier, il choisit la philosophie, choix qu'il décrit comme ne répondant pas spécialement à une vocation.

En 1973, au lycée Jean-Moulin à Béziers, à l'époque des manifestations contre la loi Debré de réforme de l'enseignement, il donne des cours de philosophie, pendant les grèves, à des lycéens pour éviter qu'ils ne prennent trop de retard[12].

Toujours à Béziers, il est proche des milieux anarchistes puis trotskistes et milite à la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), de 1973 à 1979. Il s'inscrit par la suite au Parti socialiste[4], qu'il rejoint via le courant du CERES, l'aile gauche du PS ; il sera délégué du CERES pour la fédération de l'Hérault au congrès de Metz (6 au 8 avril 1979)[13]. Il démissionne du PS six mois après l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République, se disant stupéfait par tous ceux « qui se précipitaient sur les places »[3].

Dans la mouvance des radios libres, Robert Ménard crée en 1978 Radio Pomarède (du nom d'un bandit d'honneur du Biterrois), radio qui continue d'émettre malgré l'interdiction du ministère de l'Intérieur[14]. Son objectif initial est de servir son combat contre La Littorale, filiale de Union Carbide, qui fabrique alors à Béziers le Temik, l'insecticide responsable de la catastrophe de Bhopal[15]. Devenu président de l'Association Consensus Liberté Radio, il est la cible de très nombreuses poursuites judiciaires. Lors d'un de ses procès, François Mitterrand, alors premier secrétaire du Parti socialiste, se porte témoin de moralité à son égard[4]. Toujours à Béziers, Robert Ménard participe au lancement en 1979-1980, sous la mandature du communiste Paul Balmigère, d'un nouveau journal gratuit d'informations et d'annonces créé par la Régie Occitane de publicité, intitulé Le Petit Biterrois. Celui-ci est contraint de l'arrêter un an plus tard à la suite de difficultés avec ses annonceurs[4],[16].

Il devient en 1983 journaliste à Radio France Hérault, poste qu'il occupe jusqu'en 1989[4].

1985-2008 : à la tête de Reporters sans frontières[modifier | modifier le code]

Robert Ménard crée Reporters sans frontières avec le concours de Rony Brauman, qui l'incite à orienter dans un premier temps l'association vers le suivi des catastrophes internationales.

À la suite d'un voyage au Japon où, avec trois autres journalistes politiques de Montpellier (Rémy Loury, Jacques Molénat et Émilien Jubineau)[7], il découvre le club de la presse de Tokyo, et après avoir entendu Rony Brauman déplorer le peu d'empressement des journalistes à suivre les catastrophes internationales[17], Robert Ménard, s'affirmant choqué par la couverture médiatique des conflits qui surviennent dans le Tiers monde[4], fonde le 25 juin 1985 à Montpellier, avec ses trois confrères, ainsi que Rony Brauman et Jean-Claude Guillebaud, l'association Reporters sans frontières (RSF). Il bénéficie du soutien de François Mitterrand[3] et de Jean-Michel Du Plaa, conseiller général PS de l'Hérault et chef de cabinet du président du conseil général Gérard Saumade[18]. Dans un premier temps, il oriente RSF vers la lutte contre l'indifférence des médias aux conflits perçus comme marginaux[19] et fonde en parallèle un « Observatoire de l'information » qui se consacre à la liberté de l'information ; celui-ci organise notamment un séminaire international en 1988 et publie l'année suivante deux ouvrages sur le sujet (L'information dans le monde aux Éditions du Seuil et L'Atlas mondial des libertés aux éditions Arléa). Au milieu de l'année 1989, l'organisation cesse son activité de reportage et s'intéresse essentiellement à la liberté de l'information[17]. Ménard réussit à faire de RSF l'une des plus grandes organisations de défense de la liberté de la presse dans le monde, ce qui lui vaut d'être interdit de séjour dans de nombreux pays (Tunisie, Cuba, Turquie, Algérie, Burkina Faso) du fait de ses prises de position à ce sujet[20].

Selon Thierry Perret, « l'Afrique est un terrain privilégié pour l'association [...] Robert Ménard a très tôt pris fait et cause pour Pius Njawé, et le patron du Messager du Cameroun, devenu son ami, est assuré d'un soutien sans faille. [...] Robert Ménard, avec sa dégaine d'éternel adolescent, est un agitateur-né, qui ne se cache pas de recourir à toutes les recettes du marketing et de l'action médiatique pour faire avancer la « cause. »[21] Lors de la guerre de Bosnie-Herzégovine, il organise le soutien matériel et moral à l’équipe d’Oslobodjenje, le seul journal multiethnique de Sarajevo[15]. France Télévisions cite le cas de la prise d'otage de Florence Aubenas pour illustrer le fait qu'il « se fait surtout connaître par sa défense des journalistes en zone de conflit. Mobilisé dès le premier jour [...], Robert Ménard n'hésite pas à faire du lobbying auprès d'entreprises privées comme Sanofi, Pathé, Suez ou Areva, afin de récolter des fonds pour hâter la libération de la journaliste. Il se rapproche même d'Omar Harfouch, un ami du colonel Kadhafi, « mais aussi un ami de RSF, qui répond toujours présent quand on le sollicite », comme il l'explique au Monde en mai 2005. »[22]

Déploiement, à Paris en 2008, du drapeau de RSF représentant les anneaux olympiques sous forme de menottes accompagné de la mention « Beijing 2008 ».

Robert Ménard est promu chevalier de la Légion d'honneur le 23 mars 2008[23] sur proposition de Bernard Kouchner[24]. Hasard du calendrier, il ne l’apprend que le lendemain par les médias, alors que des images de quelques manifestants de RSF perturbant la cérémonie d’allumage de la flamme olympique en Grèce[25] font le tour du monde. En effet, afin de protester contre les violations des droits de l'homme en Chine avant les Jeux olympiques en Chine, Ménard a décidé de s’approcher de la tribune officielle lors du discours du responsable chinois à Olympie sous le slogan : « Freedom in China ! »

Robert Ménard s'est fortement mobilisé, en tant que président de RSF, pour la libération des journalistes Florence Aubenas et Pius Njawé.

Il organise des manifestations lors du passage de la flamme à Paris : plusieurs grimpeurs accrocheront des drapeaux représentant les anneaux olympiques sous forme de menottes, symboles de la campagne de RSF, sur un grand nombre de monuments emblématiques de Paris. Lui-même grimpera, de nuit, sur Notre-Dame, afin d’y brandir ce drapeau avec le journaliste Jean-François Julliard et les écrivains voyageurs Sylvain Tesson et Priscilla Telmon[26],[27].

Quelques mois plus tard, il est interpellé sur les Champs-Élysées, alors qu’il proteste contre la présence du président syrien Bachar el-Assad à la tribune officielle du défilé du 14 juillet 2008[4].

Au cours de son mandat, Robert Ménard a été accusé de manquer d'objectivité dans le traitement de la liberté de la presse dans le monde. Jean-Claude Guillebaud, cofondateur de RSF, quitte l'agence en 1993 en regrettant qu'elle ait abandonné la critique des médias français ; selon lui et Acrimed, ce changement s'est opéré à l'initiative de Ménard, dans le but d'obtenir leur soutien[28],[29]. Cette attitude sera de fait assumée par l'intéressé, notamment dans son livre Ces journalistes que l'on veut faire taire (2001), où il écrit qu'en s'attardant sur le cas de la France, « nous risquons de mécontenter certains journalistes, de nous mettre à dos les grands patrons de presse et de braquer le pouvoir économique. Or, pour nous médiatiser, nous avons besoin de la complicité des journalistes, du soutien des patrons de presse et de l'argent du pouvoir économique ». Mais, en juin 2004, il rachète et relance la revue trimestrielle Médias pour répondre aux critiques lui reprochant de se préoccuper davantage des journalistes emprisonnés à l’étranger que de la situation des médias en France[4][réf. insuffisante]. Stéphane Courbit devient actionnaire du titre à la fin de 2007[30],[5].

Jean-Claude Guillebaud juge également RSF trop proche de la presse anti-Chávez au Venezuela et trop peu critique à l'égard des États-Unis[28], tandis que Jean-Luc Mélenchon fait grief à Ménard de s'attaquer systématiquement aux cibles des néoconservateurs américains[31]. De son côté, Jacques-Marie Bourget accuse RSF d'avoir « cessé de compter les journalistes blessés ou tués par des GI ou des soldats de Tsahal », et d'avoir signalé trop tardivement le cas de Sami al-Haj, journaliste soudanais emprisonné à Guantánamo[32]. Quant à l'écrivain et journaliste Maxime Vivas, il affirme que plusieurs officines-écrans de la CIA ont subventionné RSF[33], ce que Ménard conteste formellement[34].

Rony Brauman, autre cofondateur de RSF qui quitte l'organisation en 1995, dénonce, pour sa part, l'autoritarisme de Ménard à la tête de l'ONG[29] : « J'ai vu l'autre Ménard, le petit tyran domestique, sortir de sa chrysalide. Il a un ego exagérément enflé, qui le pousse à être excessif. »[35] Alla Lazaréva, ancienne correspondante de RSF, tient des propos similaires : « Monsieur Ménard aspire trop à substituer sa propre personne à la cause entière de la liberté de la presse. »[32]

2008-2009 : à la tête du Centre pour la liberté de l'information à Doha[modifier | modifier le code]

Dominique de Villepin et Patrick Poivre d'Arvor intègrent le conseil d'administration du centre pour la liberté de l'information à Doha au Qatar sous la direction de Robert Ménard.

Le 30 septembre 2008, Robert Ménard annonce brusquement sa démission et quitte la direction de Reporters sans frontières. Le 1er mars de la même année, après une proposition faite à Cheikha Mozah[36], Robert Ménard avait pris les fonctions de directeur général du centre pour la liberté de l'information à Doha au Qatar créé en décembre 2007 sous l'impulsion de RSF[37], censé accueillir et soutenir des journalistes persécutés dans leur pays, et doté d'une subvention annuelle de 3 millions de dollars par l'émir[38]. Son conseil d’administration comptait entre autres Patrick Poivre d’Arvor et Dominique de Villepin[38]. Les détracteurs de l'ancien secrétaire général de RSF s'étonnèrent de cette reconversion dans un pays qui n'a rien d'une démocratie : le pouvoir y est transmis par hérédité et la presse n'a pas le droit d'émettre des critiques contre la famille régnante ni le gouvernement[39]. RSF elle-même « classait régulièrement le Qatar au fin fond du tableau de la liberté de la presse, vers la 80e place »[36]. Mais Jean-François Julliard indiquait en décembre 2008 : « Chaque semaine ou presque, nous faisons des propositions de projets à soutenir ou de gens à aider : des médias touchés par un cyclone en Haïti, par exemple, qui auraient besoin d'un groupe électrogène. Le Centre de Doha répond aux besoins »[37].

Après avoir menacé de démissionner du centre en mars 2009[36], Ménard finira par passer à l'acte en juin 2009, estimant qu'il n'a « plus ni la liberté ni les moyens de travailler »[40],[41]. Maxime Vivas soutient que la prétention de Ménard à gérer seul l'argent du Centre s'est heurtée au droit de regard confié par l'émir à l'un de ses parents, membre du conseil d'administration[42]. De son côté, Télérama affirme : « Le président du conseil d’administration du Centre de Doha, Sheikh Hamad Bin Thamer Al Thani — qui n’est autre que le président de la chaîne de télévision Al Jazeera — a visiblement tout fait pour bloquer la machine. Querelle de pouvoir au sein des cercles dirigeants de l’émirat ? C’est la version donnée par l’entourage de l’ex secrétaire général de RSF »[36].

2009-2014 : retour au journalisme[modifier | modifier le code]

Robert Ménard retourne au journalisme en tant que chroniqueur et éditorialiste à RTL, I-Télé puis Sud Radio.

Après son départ de RSF, il revient au journalisme en tant que chroniqueur et éditorialiste sur une ligne réactionnaire dans des talk-shows de grande écoute, et voit ainsi sa notoriété s'accroître[43],[44].

Fin 2008, il crée la maison d'édition Mordicus[45].

Entre fin 2009 et juillet 2010, il reçoit un invité chaque matin à 11 h 5 dans Ménard sans interdit, sur la chaîne d'information en continu I-Télé. Toujours sur la même chaîne, il rejoint l'équipe du 17 h-20 h (L'Info sans interdit) de Julian Bugier et Sonia Chironi pour renouveler son entrevue déplacée à 17 h 45 et ses éditoriaux, bien qu'il soit toujours présent dans la tranche h-h de la chaine, pour différents éditoriaux et échanges avec le journaliste Claude Askolovitch.

Après avoir été débarqué de RTL, où il disposait d'une chronique et participait à l'émission On refait le monde[6],[46], il prend la tête de la matinale de Sud Radio[47] (h-h 30) en août 2011.

En juin 2012, la revue trimestrielle Médias, dirigée par lui-même et Emmanuelle Duverger, doit s'arrêter en raison notamment d'une baisse de 80 % des recettes publicitaires en deux ans, que les dirigeants attribuent à « sa réputation sulfureuse »[48]. L'année précédente, RSF, qui était détentrice de parts dans la société qui publie le magazine, avait indiqué vouloir se séparer de celles-ci par la voix de son président Jean-François Julliard[49]. Stéphane Courbit, actionnaire, avait également décidé de jeter l'éponge[48]. Médias avait notamment ouvert ses colonnes à Jean-Marie Le Pen, Marine Le Pen, Alain Soral, Renaud Camus, Christian Vanneste, ou encore Pierre Cassen de Riposte laïque, ce qui témoigne déjà, selon Marine Turchi de Mediapart, de l'évolution politique de Robert Ménard[50].

La chaîne d’information i-Télé lui signifie en juillet 2012 l’arrêt de son émission Ménard sans interdit, programmée chaque jour à 17 h 45. Céline Pigalle, nouvelle directrice de la rédaction de la chaîne d'information en continu, estime que « le rendez-vous de Robert Ménard constituait le moment où on ne savait [...] plus si c'était un journaliste ou s'il exprimait une opinion ». Le journaliste refuse la proposition de la chaîne de devenir l'un de ses éditorialistes et s'estime « débarqué ». La direction d'i-Télé assure pour sa part que l’arrêt de ce programme s’est fait en concertation avec Robert Ménard[51]. Ce dernier affirmera plus tard avoir été « congédié d'i-Télé après avoir invité l'historien de l'Afrique Bernard Lugan »[6].

En septembre 2012, il rejoint le Comité consultatif international de Channel 9, une chaîne de télévision géorgienne contrôlée par l'homme d'affaires et politique Bidzina Ivanichvili[52].

Le 1er octobre 2012, il lance avec Dominique Jamet un site d'information intitulé « Boulevard Voltaire » et dont le contenu est fourni par des éditorialistes comme André Bercoff, Éric Brunet, Gilles-William Goldnadel, Pierre Hillard, Jean Sévillia ou Denis Tillinac[53],[54].

Le 9 avril 2014, il annonce se retirer du site pour se consacrer à la mairie de Béziers[55].

Évolution politique[modifier | modifier le code]

Durant sa période à la tête de RSF —  et sans que cela apparaisse évident auprès des observateurs, ou auprès de ses collaborateurs —[49],[56], il s'éloigne de ses idées de gauche et s'oriente de plus en plus vers la droite. Il en arrive, au tournant des années 2010, à se rapprocher de l'extrême-droite française[57], bien qu'il assure penser « pis que pendre » de certains de ses représentants. Dans le même temps, il se coupe de quasiment tous les intellectuels et journalistes de gauche qu’il côtoyait avec son épouse[58]. Cette évolution suscite l'incompréhension de ses anciens amis de l'époque RSF. Robert Ménard perçoit quant à lui son parcours politique comme l'histoire d'une « maturation » : « Peut-être est-ce ça, devenir adulte ? Je dis ouvertement des choses que je pensais sans oser les dire ou me les avouer »[35]. Alors que Robert Ménard affirme qu'il a « toujours été réactionnaire », le journaliste Jacques Molénat y voit une surprise pour « ceux qui l’ont vu tourner les talons plutôt que de serrer la main de Bruno Mégret » ou faire appel à Jean Cardonnel, « icône à Montpellier des bobos et des gauchos », pour bénir son troisième mariage[15]. Il est par ailleurs un « europhile proclamé »[8].

À l'élection présidentielle de 2007, il indique avoir voté pour François Bayrou au premier tour, puis pour Nicolas Sarkozy au second tour[35]. À l'élection présidentielle de 2012, il indique avoir voté pour Nicolas Dupont-Aignan au premier tour (tout en étant « en désaccord avec ce qu’il dit sur l’Europe »[56]), puis pour Nicolas Sarkozy au second tour (« en se bouchant le nez », précise-t-il)[8]. Il indique à ce sujet : « J’essaye de bricoler, je n’ai pas un parti avec lequel je suis d’accord »[56].

En 2010, il se montre particulièrement offensif à l'encontre du Bloc identitaire, qu'il situe à l'« l'extrême-droite de l'extrême-droite », alors qu'il interviewe son dirigeant de l'époque et Pierre Cassen à l'occasion de l'apéro saucisson-pinard[59]. En octobre 2011, il prend part aux « 4es de la ré-information » de la Fondation Polémia, un think tank d'extrême droite dirigé par Jean-Yves Le Gallou[60]. Il précise qu'il a accepté cette invitation « comme [il] le fai[t] avec tous ceux qui [l]’invitent et [lui] proposent d’aborder des thèmes sur lesquels [sa] contribution peut avoir un intérêt »[61]. En septembre 2012, il intervient aux côtés d'Alain Benajam (Réseau Voltaire) et d'Étienne Chouard à la journée porte-ouverte de l'université de l’Union populaire républicaine (UPR), parti que Conspiracy Watch décrit comme « une petite formation ultra-souverainiste au discours paranoïde »[62]. On le voit également participer à un colloque organisé par Jacques Bompard à l'Assemblée nationale[63]. En février 2013, il se rend à La Traboule, le local de la branche lyonnaise du Bloc identitaire[63], et prend la présidence du comité de soutien des identitaires qui ont occupé la mosquée de Poitiers[58]. Il précise à leur sujet : « Je ne partage pas leurs idées. Mais je refuse qu'il y ait deux poids, deux mesures »[35].

En mai 2013, il intervient comme conférencier au local d'une organisation d'extrême-droite, Troisième Voie, dissoute peu après à la suite de l'affaire Clément Méric[64],[65], expliquant qu’il veut débattre avec tout le monde[66].

Il a également prononcé une conférence chez les royalistes du cercle de Flore[58]. En 2014, il participe à la création de TV Libertés, une chaîne issue de la mouvance d'extrême droite[67].

Enfin, Denis Cheyrouze, « figure importante gravitant dans l’orbite de l'Opus Dei » d'après Rue89, est cofondateur et webmestre du site Boulevard Voltaire ; il a également participé à la refondation de la grille de Sud Radio qui a provoqué l'arrivée de Robert Ménard, et l'a coaché pour l'animation de la matinale. Robert Ménard a néanmoins indiqué ignorer ses accointances avec l'Opus Dei avant les révélations du journal en ligne[68].

Rapports avec le Front national[modifier | modifier le code]

En 2011, ses déclarations à l'antenne de RTL, où il dit comprendre le vote Front national et dénonce le manque de représentation de ce parti au niveau des conseils généraux, suscitent une certaine émotion[69]. Son ouvrage Vive Le Pen ! suscite de vives réactions, en particulier chez RTL, radio qu'il finira par quitter[6]. Robert Ménard explique à propos de ce pamphlet :

« Je ne voterai pas Front national mais je pense que ce parti, qui doit être considéré comme républicain aussi longtemps qu'il ne sera pas interdit, doit bénéficier du droit à la liberté d'expression. Je dirais la même chose du Front de gauche ou de la Ligue communiste révolutionnaire. Défendre la liberté d'expression n'est pas défendre l'extrême droite[70]. »

En septembre de la même année, il déclare sur l'antenne de RTL à propos de Marine Le Pen :

« Elle pose des questions qui sont des vraies questions. Contrairement à ce que disent les gens, elle apporte des réponses qui sont des réponses […]. Elle piétine une classe politique qui est dans l'incapacité totale de résoudre les problèmes qu'il y a[71]. »

Ces rapports sont prolongés par le soutien qu'apporte le Front national à sa candidature aux élections municipales de Béziers en 2014. À cette occasion, Robert Ménard déclare au Monde :

« Je n'ai pas la carte [du FN] et je ne la prendrai jamais, pas plus que celle d'un autre parti. Cela dit, je suis d'accord avec 80 % de leurs idées, notamment celles sur l'immigration[35]. »

Il affirme également qu’il n’a « jamais voté Le Pen[72]. » D'après Rue89, « Robert Ménard valide une grande partie de leur programme (la préférence nationale aussi), seul « le programme économique » lui pose problème. Le jour où le FN reviendra sur la sortie de l’euro, il est possible que Ménard bascule dans le Rassemblement bleu Marine. Dans ce cas, il est probable qu’il l’assumera pleinement. L’ancien patron de RSF n’a pas peur de l’isolement que cela pourrait provoquer[58]. » Il précise concernant ses désaccords avec le FN : « Les gens attachent trop peu d'importance au fait qu'on ne se fasse plus la guerre sur ce continent, ce qui ne veut pas dire qu'il ne faille pas renégocier les traités. Autre désaccord, ma vision économique est infiniment plus libérale que celle de Marine Le Pen »[73].

Maire de Béziers (depuis 2014)[modifier | modifier le code]

Robert Ménard est élu maire de Béziers face à Élie Aboud (UMP) (en haut), candidat de la majorité municipale sortante alors dirigée par Raymond Couderc (UMP) (en bas).

Campagne électorale[modifier | modifier le code]

Il brigue la mairie de Béziers lors des élections municipales de 2014 avec une liste transpartisane[74] qui doit rassembler de « la gauche à l'extrême droite »[22] : celle-ci est composée de six militants du Front national, un du Rassemblement bleu Marine, trois de Debout la République, un du Rassemblement pour la France, et de six UMP ou ex-UMP ; soit un quart de candidats encartés, d'autres ayant « toujours voté à gauche » d'après Robert Ménard[75]. Il est opposé à Élie Aboud pour l'UMP, député et membre de l'équipe municipale du maire Raymond Couderc ; à Jean-Michel Du Plaa pour le PS, un ami de longue date[9] ; et à Aimé Couquet, candidat du Front de gauche.

Soutiens de Debout la République et du Front national[modifier | modifier le code]

Outre le Front national, la candidature de Robert Ménard à la Mairie de Béziers reçoit le soutien de Nicolas Dupont-Aignan, Christian Vanneste et Philippe de Villiers (de haut en bas).

Il commence sa campagne avec un petit groupe de militants de Debout la République (DLR), le parti de Nicolas Dupont-Aignan[8] : Grégoire Annet, chef de file biterrois de DLR, est notamment le secrétaire général de l'association Choisir Béziers présidée par Robert Ménard[76].

En mai 2013, il annonce qu'il accepte le soutien du Front national, tout en maintenant le caractère « apolitique » de sa liste[77]. Marine Le Pen avait d'abord envisagé d'investir une liste FN à Béziers, avant de se raviser devant la réaction de Robert Ménard[9]. Par ailleurs, Guillaume Vouzellaud, figure locale du FN à Béziers, aurait rejoint Robert Ménard s'il n'avait pas été victime d'un « burn-out »[58].

En septembre 2013, Nicolas Dupont-Aignan annonce officiellement son soutien à Robert Ménard et à un « programme de salut public »[78]. Le député-maire d'Yerres affirme qu'il l'a « poussé à se présenter avant même qu’il n’ait le soutien du FN »[79], mais concède : « À la suite de la déclaration de Marine Le Pen, il est vrai, j'ai beaucoup réfléchi. Mais une fois que j'avais donné mon soutien, il était difficile de le retirer » ; ajoutant qu'il l'aurait fait si Robert Ménard avait adhéré au Rassemblement bleu Marine. Mais pour Louis Aliot, vice-président du FN, « il en est de facto. Cela étant, Robert Ménard prend un peu trop de pincettes avec l'étiquette FN. S'il donnait l'impression de porter l'image malgré lui, il pourrait désarçonner une partie de notre électorat, qui n'aime pas être stigmatisé et apprécie la franchise »[80].

En novembre 2013, Robert Ménard indique que Nicolas Reynès, secrétaire départemental des jeunes du FN et membre de son équipe de campagne, ne figurera pas sur sa liste, après que L'Express a rappelé son retrait de l’investiture du Front national en 2012 dans le Nord-Pas-de-Calais, où il était candidat aux législatives, pour avoir publié sur sa page Facebook des photos de femmes blanches nues, images trouvées sur un site néonazi[81].

Le , il accueille Marine Le Pen à l'aéroport de Montpellier et l'accompagne jusqu'à Sète où elle doit tenir un meeting le soir-même. Celle-ci lui apporte un soutien sans ambiguïté[82].

Soutiens divers à droite[modifier | modifier le code]

Le blog dédié à sa campagne est lancé avec l'aide technique de Denis Cheyrouze[68]. Il a également reçu l’appui du Rassemblement pour la France (RPF) de Christian Vanneste[83], qui est représenté par Brice Blazy et dit apprécier la personnalité du candidat ainsi que « ses valeurs conservatrices sur les questions liées à la famille »[80] ; d’une responsable de l’UDI (promise à l’exclusion) ; et d’encartés UMP[84]. Son équipe compte en outre deux figures du Bloc identitaire, à savoir Arnaud Naudin et Christophe Pacotte[85]. Robert Ménard indique à leur sujet en octobre 2013 : « Ils nous aident dans la campagne. Ils sont les bienvenus »[86]. Néanmoins, Nicolas Dupont-Aignan dit peu apprécier ces relations[80]. En novembre 2013, il enregistre le soutien d'Annie Schmitt, deuxième adjointe au maire Raymond Couderc[87]. En décembre 2013, c'est Philippe de Villiers et son parti, le Mouvement pour la France, qui apportent leur soutien au journaliste[88].

Contenu de la campagne[modifier | modifier le code]

Certains observateurs rapprochent la campagne menée par Robert Ménard de celles de Jacques Bompard (en haut) à Orange et de Louis Aliot (en bas) à Perpignan.

L'historien Nicolas Lebourg observe une campagne axée sur la sécurité et « nettement plus proche des conceptions d’un Jacques Bompard, maire d’Orange depuis une vingtaine d’années, que de celles volontairement clivantes d’un Bruno Mégret à Vitrolles. L’angle est populiste, sans ostentation excessive. L’accent est plus mis sur la nécessité de redonner une cohérence à un territoire que sur des positionnements idéologiques »[89].

Les universitaires David Giband et Marie-Anne Lefèvre mettent en avant les points communs des discours de campagne de Robert Ménard et Louis Aliot à Perpignan, à savoir « des propositions mettant en avant la préférence communale et la baisse de la fiscalité, nouveaux référents de l’action politique de l’extrême droite, renvoyant au second plan la lutte contre l’insécurité ou l’immigration. Aliot et Ménard, en dénonçant les « trois piliers » du déclin (clientélisme, communautarisme et affairisme), entonnent un même discours antisystème »[90].

Élection[modifier | modifier le code]

Robert Ménard sort nettement en tête du premier tour en recueillant 44,88 % des suffrages exprimés, devant l'UMP Élie Aboud (30,16 %), le PS Jean-Michel Du Plaa (18,65 %) et Aimé Couquet pour le Front de Gauche (6,29 %). Les deux listes de gauche fusionnent pour le second tour derrière Jean-Michel Du Plaa, qui refuse de se retirer comme le requiert le Parti socialiste afin de constituer un front républicain, et se voit donc retirer son investiture[91].

Robert Ménard sort à nouveau en tête du second tour, au terme d'une triangulaire, en recueillant 46,98 % des suffrages exprimés, contre 34,62 % pour Élie Aboud et 18,38 % pour Jean-Michel Du Plaa[92]. David Giband et Marie-Anne Lefèvre soulignent l'« homogénéité spatiale et la stabilité entre les deux tours » du vote en faveur de Robert Ménard ; ses scores les plus élevés sont situés dans les quartiers pavillonnaires voisins des cités d’habitat social les plus difficiles et dans une partie des quartiers centraux[90].

Robert Ménard en meeting politique à Toulouse.

Le succès de Robert Ménard a plusieurs raisons :

  • ses origines biterroises — il est connu localement pour son investissement dans les radios libres[93] — et pieds-noirs, sur lesquelles il s'est appuyé pendant la campagne en envoyant notamment des courriers ciblés à la communauté des rapatriés d’Algérie, très nombreuse à Béziers[94] ;
  • une image jugée rassembleuse et ambiguë, due à son statut de créateur de Reporters sans frontières, à sa notoriété nationale et au fait qu'il ne soit pas encarté[94],[93] ;
  • sa couverture médiatique qui lui a permis de pallier une faible implantation locale[90] ;
  • une campagne de terrain active et commencée très tôt[93],[95] ;
  • l'essoufflement de l'UMP, usée localement après la direction de la ville pendant 19 ans par Raymond Couderc (présent sur la liste d'Élie Aboud), et qui s'est appuyée sur un système clientéliste typique de la façade méditerranéenne mais en situation de crise et facile à dénoncer[93],[96],[94],[97] ;
  • le manque de légitimité du candidat UMP Élie Aboud, battu sur le fil en 2012 avant de prendre sa revanche[93] et qui s'est heurté à une partie de la droite biterroise ainsi qu'aux velléités de Couderc pour la présidence de l’agglomération[90] ;
  • la faiblesse structurelle et ancienne de la gauche locale[93] ;
  • l'indifférence des Biterrois issus de l'immigration à l'égard du soutien que lui apporte le Front national[96], et plus globalement, l'acculturation de la population au discours extrémiste après le durcissement de la droite locale[93] ;
  • le fait d'avoir su prospérer sur le lent déclin économique de la ville, en cours depuis les années 1980[93],[97].

Les universitaires David Giband et Marie-Anne Lefèvre rapprochent la victoire de Robert Ménard du score élevé réalisé à Perpignan par Louis Aliot (FN) lors des mêmes élections : ils voient en effet dans ces deux résultats l'émergence de « « nouveaux » maîtres du Sud » — reformulant ainsi une expression d'Emmanuel Négrier, dans l'intérêt de « révéler l’ancrage d’acteurs politiques à l’extrême droite et le changement d’une époque en Languedoc-Roussillon »[90].

Exercice du mandat[modifier | modifier le code]

D'une manière générale, Nicolas Lebourg confirme la proximité de Robert Ménard avec Jacques Bompard dans l'exercice de son mandat, les deux hommes faisant preuve d'« un même populisme localiste assumé » et de « positons proches de celles des Identitaires »[98]. Alors que son mandat est marqué par des polémiques dont l'écho est national, David Giband, professeur en géographie à l'UPVD (université de Perpignan Via Domitia), considère que « la provocation participe de l'habillage politique de Robert Ménard, comme de tous les élus d'extrême droite », et que « cela ne change pas la donne » sur le plan électoral[97].

Sécurité et incivilités[modifier | modifier le code]

Après avoir fait de la sécurité l’une de ses priorités de campagne, Robert Ménard débute son mandat en débarquant le chef de la police municipale[99] et en recrutant dix nouveaux policiers municipaux[100]. En novembre 2014, Midi libre fait le point sur le renforcement en cours de la police municipale : une brigade canine a vu le jour ; des revolvers 38 spécial, des tasers et des caméras embarquées ont été commandés ; la création d'une brigade équestre, l'armement des policiers et l'élargissement de leurs horaires sont prévus pour la fin de l'année[101]. Après l'arrestation d'un forcené sur le territoire communal[102], la ville de Béziers mène début 2015 une campagne d'affichage pour signaler l'armement de la police municipale qui suscite une polémique nationale et la condamnation du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve — les affiches en question arborent un pistolet semi-automatique sous la phrase : « Désormais la police municipale a un nouvel ami »[103],[104].

Au début de son mandat, Robert Ménard prend un arrêté municipal qui prévoit un couvre-feu pour les mineurs de moins de 13 ans de 23 heures à 6 heures en période estivale, dans l'hypercentre-ville de Béziers et la Devèze, le quartier « sensible » de la ville. Bien que des mesures similaires aient été prises précédemment dans plusieurs villes françaises[105], cet arrêté crée la polémique[106]. En mai 2014, il cible les incivilités en instaurant une verbalisation de 35 euros pour les déjections canines et des sanctions contre le stationnement illicite. Il prend également un arrêté interdisant d'étendre en journée le linge aux balcons et fenêtres donnant sur les rues du centre-ville[107]. Ce dernier est largement relayé par les réseaux sociaux et les médias nationaux, ce qui suscite l'étonnement d'Arnaud Gauthier de Midi libre pour qui il s'agit d'« une décision comme en prennent de nombreux syndics de copropriété... dans l’indifférence générale, dans une normalité absolue »[108]. Cet arrêté n'est en fait pas appliqué[109],[110]. En juin 2014, il décide d'instaurer des séances de rappel à l'ordre pour les auteurs de petits délits ou de simples incivilités dans la salle du conseil municipal, et menace de stopper le versement des aides sociales de la Ville à ceux qui refuseraient de venir[111]. Dans la continuité de son prédécesseur Raymond Couderc, il met en place un plan visant à mettre fin à « la pollution visuelle que constituent les paraboles dans le périmètre du secteur sauvegardé de la ville »[112]. En septembre 2014, il prend un « arrêté anti-crachat dans l'espace public »[113].

Budget et organisation de la mairie[modifier | modifier le code]

Lors de son premier conseil municipal, il fait voter une baisse des impôts locaux de 2 millions d'euros et la diminution de 30 % des indemnités des élus[114] ; par ailleurs, 400 000 euros destinés à financer la réforme des rythmes scolaires sont supprimés, et le budget du centre communal d'action sociale (CCAS) est diminué de 5 %, alors qu'une baisse similaire avait déjà été décidée par l'équipe précédente — Robert Ménard précise : « le CCAS avait un surplus dont il n'avait plus besoin. Il n'y aura aucune baisse des prestations »[109]. En septembre 2014, il crée une mutuelle sociale au service exclusif des Biterrois. Il déclare à ce sujet : « C'est la chose dont je suis le plus fier depuis ces derniers six mois »[115]. Dans le même temps, il annonce la fin des « passe-droits » et du « clientélisme » dans la gestion du personnel de la Ville, la diminution des recrutements, le non-remplacement de fonctionnaires nouvellement retraités, l'augmentation des heures de travail annuelles et la mise en place d'un nouvel organigramme de la mairie[116]. Dans les faits, il « ramène la durée du travail des employés municipaux à 35 heures parce qu'ils en faisaient moins »[117]. En mai 2015, la municipalité établit un partenariat avec une entreprise locale de fabrication de « patchs anti-ondes » afin de tester l'efficacité de ce dispositif sur trente volontaires parmi le personnel municipal[118],[119].

Le budget primitif 2015 de la ville de Béziers comporte 1,5 million d'euros d'économies sur les charges à caractère général, soit près de 7 %, et près d'un million sur les charges de personnel. En revanche, les crédits alloués à la communication augmentent nettement d'après Midi libre, qui constate une augmentation de de 167 % de la ligne budgétaire dévolue à la “publicité, publications, relations publiques” (de 193 900 € à 518 400 €) ; la création d'un nouveau chapitre dénommé “publication” qui bénéficie de 49 800 € ; et l'allocation dans un budget annexe de 56 740 euros aux catalogues et imprimés, et de 162 000 € au bulletin municipal. La Ville conteste cette augmentation et évoque une baisse du budget communication de -18,2 % en prenant en compte les dépenses qui étaient précédemment payées par la communauté d'agglomération, du fait de la mutualisation du service communication[120]. Par ailleurs, les subventions versées aux associations diminuent de 580 000 €[121].

École[modifier | modifier le code]

La proposition de Robert Ménard d'offrir une blouse à tous les écoliers de la ville (maternelle et primaire) dont les familles le souhaitent est aussi très médiatisée[122] : elle n'est cependant utilisée que par les élèves de l'école privée Sainte-Madeleine[123]. Il en est de même pour son intention de supprimer l'étude surveillée, entre 7h35 et 8h30, aux élèves de primaire dont les parents ne travaillent pas, justifiée par un souci d'économies, contre laquelle s'élèvent les élus de l'opposition — Aimé Couquet (PCF) faisant remarquer qu'elle est illégale — ; des mesures similaires ont néanmoins été appliquées dans de nombreuses autres communes françaises[124],[125].

En mai 2015, Robert Ménard déclare lors d'une émission de télévision que 64,9 % des enfants inscrits dans les écoles primaires et maternelles de Béziers sont musulmans ; il précise qu'il s'appuie sur les prénoms des enfants, qui « disent les confessions » selon lui, et reconnaît qu'il n'en a « pas le droit ». Par la suite, il indique qu'il juge trop élevée la proportion d'« enfants issus de l'immigration » dans les écoles publiques en maternelle et en primaire, qui empêche selon lui leur intégration. Dans la foulée, la mairie est perquisitionnée et nie l'existence d'un fichier ; une enquête préliminaire est ouverte pour « tenue illégale de fichiers en raison de l’origine ethnique ». Parmi de nombreuses réactions, le président de la République François Hollande et le Premier ministre Manuel Valls réprouvent publiquement les propos de Robert Ménard[126]. Cette polémique relance le débat national sur les statistiques ethniques[127] : à cette occasion, Robert Ménard demande à Manuel Valls[128] et aux députés de les autoriser[129]. Dans les jours qui suivent, plusieurs centaines de personnes manifestent à Béziers à l'appel de différentes formations de gauche et d'associations musulmanes pour condamner les propos de Robert Ménard[130]. Le 11 mai, le tribunal administratif de Montpellier rejette le référé liberté déposé par la Coordination contre le racisme et l'islamophobie (CRI) pour enjoindre à Robert Ménard de cesser la collecte d'informations sur la religion d'élèves. Dans son jugement, le tribunal estime que « ni les pièces soumises au juge ni des informations recueillies lors de l'audience » n'indiquent que la ville de Béziers aurait constitué « un ou plusieurs fichiers spécifiques, dématérialisés ou non, fondés sur l'appartenance religieuse (…) des élèves ». L'avocat de l'association annonce alors un référé sur le fond devant le tribunal administratif[131]. Le 2 juillet 2015, le parquet de Béziers annonce avoir classé l’enquête sans suite[132].

Par ailleurs, Robert Ménard indique avoir mis en place « un programme de 4 à 5 millions d'euros pour faire les travaux qui s'imposent dans les écoles » et avoir fait baisser le tarif des cantines scolaires[133].

Culture, commémorations et communication[modifier | modifier le code]

Éric Zemmour a été le premier invité du cycle de conférences lancé sous le mandat de Robert Ménard, intitulé « Béziers libère la parole ».

En juin 2014, il annonce son intention d'interdire les manifestations anti-corrida à proximité des arènes de Béziers[134]. De juillet 2014 à juin 2015, il rend les musées communaux gratuits pour la population biterroise[135]. Le 14 juillet 2014, il prononce un discours dans lequel il affirme que la fête nationale n'est pas « la célébration de la prise de la Bastille », mais celle de « la fête de la fédération » de 1790 qui « a consacré ce que l’ancienne royauté avait préparé »[136]. En août 2014, il organise une messe en ouverture de la Feria de Béziers, souhaitant faire de cet événement une fête « plus familiale, plus traditionnelle »[137] : il est désapprouvé par l’archiprêtre de la ville, qui dénonce une instrumentalisation du culte catholique[136]. À l'automne 2014, la ville de Béziers inaugure un cycle de conférences intitulé « Béziers libère la parole » auquel participent Éric Zemmour, Philippe de Villiers, Laurent Obertone, André Bercoff et Philippe Bilger[138] ; l'objectif affiché est d'inviter « tous ceux qui ont quelque chose à dire qui dérange ce système », mais Marine Turchi de Mediapart estime que « la ville assure ainsi la promotion d'essayistes et politiques déroulant un même logiciel ultra-réactionnaire »[139],[50]. En octobre 2014, la commission d'appels d'offres de la ville valide la proposition du cabinet de Robert Ménard de confier à l'écrivain d'extrême droite Renaud Camus la rédaction d'un livre sur la ville de Béziers qui sera par la suite offert à ses visiteurs[140] : le projet échoue en raison d'un désaccord sur le plan financier[141]. Pour les festivités de fin d'année, Robert Ménard fait également installer une crèche — avec l'autorisation du tribunal administratif de Montpellier[142],[143] — et un chandelier à neuf branches de la fête juive Hanoucca dans le hall de l'Hôtel de Ville[144],[145]. En avril 2015, la ville de Béziers recourt de nouveau à une campagne d'affichage pour dénoncer la décision de Ginette Moulin, propriétaire des Galeries Lafayette, de fermer son magasin bitterois. Robert Ménard menace alors de prendre d'autres mesures de rétorsion[146]. En mai 2015 se tient la « foire 1900 » sur le Plateau des poètes, avec des animations que Robert Ménard veut dans « l'esprit de la Belle Époque, de la France d'avant que je ne cesse d'appeler de mes vœux »[147],[148].

En juillet 2014, il commémore le massacre du 5 juillet 1962 devant une stèle en l'honneur d'Albert Dovecar, Claude Piegts, Jean-Marie Bastien-Thiry et Roger Degueldre ; Élie Aboud s'associe à ce geste[149]. En décembre 2014, il annonce sa décision de rebaptiser la rue du « 19 mars 1962 », date marquant le cessez-le-feu de la guerre d'Algérie, en rue du « commandant Hélie Denoix de Saint-Marc », du nom de l'ancien résistant et militaire ayant participé au putsch des généraux contre l’indépendance de l’Algérie[150],[151]. La Ligue des droits de l'homme, le Mouvement de la paix, le président départemental de la Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie (FNACA) et le conseiller municipal PCF Aimé Couquet manifestent leur opposition à ce changement de nom, ce dernier en déposant un recours en excès de pouvoir[152],[153]. La rue change officiellement de nom le 14 mars 2015 ; le Parti socialiste et le gouvernement expriment alors leur désapprobation[154]. Robert Ménard fait également mettre les drapeaux de Béziers en berne pour l'anniversaire des accords d'Évian, le 19 mars 2015[155]. Il précise à ce sujet : « Pour moi, débaptiser la rue du 19-Mars-1962, c'était payer une dette à l'égard des communautés pied-noir et harkie, à l'égard de ma famille et de mon père »[73].

L'historien Nicolas Lebourg voit dans les diverses opérations menées par Robert Ménard dans le champ culturel, et en particulier dans celles autour de la guerre d'Algérie, « une offre de signes en charge de réassurer la cohésion du groupe ethno-national majoritaire » et de compenser « l'absence d'impact du politique sur les réalités socio-économiques ». Il relève également que son discours autour de la guerre d'Algérie s'appuie sur une analogie historique entre la « colonisation de peuplement » menée par la France en Algérie et le grand remplacement, « une thématique présente dans l'extrême droite radicale depuis des décennies, mais qui a su trouver le succès récemment ». Par ailleurs, Nicolas Lebourg souligne que le positionnement de Robert Ménard sur la guerre d'Algérie s'inscrit dans une forte mobilisation autour de ce sujet de la part de la classe politique du littoral méditerranéen, où « les rapatriés, harkis et pieds-noirs, ont fait souche »[156].

Par ailleurs, Robert Ménard utilise largement le journal municipal comme outil de promotion de sa politique, voire de « propagande » aux yeux du Figaro et de Libération. « Le Journal de Béziers » s'en prend notamment au journal local Midi libre[138],[157]. Robert Ménard lui-même et son directeur de cabinet André-Yves Beck participent à la rédaction[158]. Pour Le Monde et Les Inrockuptibles, le magazine développe un discours semblable à celui du Bloc identitaire[158],[98]. Sur le plan graphique, Le Monde confirme une ressemblance avec « les visuels du Bloc identitaire », tandis que Zvonimir Novak, auteur de plusieurs ouvrages sur le graphisme politique, le rapproche davantage de « Choc, une revue tenue dans les années 80 par des anciens de l’OAS »[98].

Choix du cabinet et relations avec les partis politiques[modifier | modifier le code]

Il choisit comme directeur de cabinet André-Yves Beck, qui a dirigé la communication de Jacques Bompard pendant 19 ans, a été membre de Troisième Voie, fondateur de Nouvelle résistance et proche de la direction du Bloc identitaire[159] ; et comme chef de cabinet Christophe Pacotte, membre du bureau directeur du Bloc identitaire[160]. Le maire de Béziers indique que les deux autres membres de son cabinet sont « Laurent Vassalo, un ancien du PS » et « Alain Laugé, issu de la droite modérée ». Il précise : « J'aime être confronté à des gens qui ne pensent pas comme moi. Ce n'est pas un cabinet conforme à mes choix, ni à mes convictions. J'ai choisi des gens de talent »[161]. Le choix d'André-Yves Beck et de Christophe Pacotte fait réagir Louis Aliot, vice-président du FN : « Il y a peut-être une certaine contradiction en disant “Je ne suis pas Front national” comme s'il avait en face de lui un épouvantail, tout en prenant à son cabinet des gens qui sont beaucoup plus radicaux que ne le sera jamais le Front national ». Louis Aliot déplore en particulier la désignation d'André-Yves Beck, qui a été selon lui « un adversaire acharné du Front national et de Jean-Marie Le Pen depuis toujours, nous ne partageons pas les valeurs de son combat »[162]. Robert Ménard choisit par ailleurs Michel Cardoze comme conseiller culturel[163], qui se désiste rapidement en raison des « amalgames désagréables dont [il a] fait l'objet »[164]. En juin 2014, il se sépare finalement de Christophe Pacotte pour « confiance trahie », ce dernier figurant toujours dans l'organigramme du Bloc identitaire alors que Robert Ménard lui avait demandé d'en démissionner à sa prise de fonctions. Il est remplacé par Jacques-Henri de Rohan Chabot, ancien directeur de cabinet d'André Santini[165].

En octobre 2014, il déclare vouloir « convaincre Dupont-Aignan, Villiers et tous les patriotes sincères, d'où qu'ils viennent (...) de s'installer à la même table » que Marine Le Pen « pour le salut de la France »[166]. Peu après, la majorité municipale perd le soutien du Rassemblement pour la France et de son représentant au conseil, Brice Blazy. Il est notamment reproché à Robert Ménard de nourrir des ambitions électorales[167], ainsi que « l'arrivée en masse de personnes d'extrême droite à la mairie »[168].

Pour les élections départementales de 2015, Robert Ménard choisit trois membres de son association Choisir Béziers comme candidats sur les trois cantons de Béziers, en binôme avec un ou une candidate FN[169] : les binômes qu'il soutient sont tous élus[170]. Dans le même temps, il se rapproche de Gérard Gautier (UMP), maire de Cers et conseiller général sortant du canton de Béziers-2, ainsi que de Robert Gely, élu maire de Lieuran-lès-Béziers sous l'étiquette UDI, et dont l'épouse se présente aux élections départementales sur les listes de Robert Ménard après avoir quitté l'UMP[171].

En avril 2015, il voit dans le conflit opposant Marine Le Pen à Jean-Marie Le Pen, l'occasion pour le FN « de rompre définitivement avec un certain nombre de gens et pour Marine Le Pen, qui incarne autre chose que son père, l'occasion de tourner définitivement une page ». Il s'oppose ainsi à la possible candidature de Jean-Marie Le Pen à l'élection régionale de 2015 en Provence-Alpes-Côte d'Azur et le considère comme « le pire ennemi » du FN[172].

En juillet 2015, il livre dans une interview une liste de responsables politiques de droite (Philippe de Villiers, Thierry Mariani, Xavier Lemoine), selon lui de « très grande qualité » et susceptibles de « contribuer » à l'accession de Marine Le Pen au pouvoir. Il qualifie en revanche Nicolas Dupont-Aignan d'« énorme déception », estimant qu'il est « incapable d'assumer les ruptures nécessaires »[173].

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Après avoir déboisé et illuminé les remparts de la ville en août 2014, la municipalité lance en novembre de la même année un appel à projet afin de valoriser le Palais des Évêques et l'ancienne prison, deux sites architecturaux emblématiques de Béziers encadrant la cathédrale Saint-Nazaire. La Ville indique à cette occasion qu'elle « souhaite notamment, mais pas limitativement, conforter son image et encourager la diversification de l'offre hôtelière et de restauration haut de gamme sur son territoire »[174].

En avril 2015, la ville de Béziers rouvre le quai Port-Neuf en créant une halte nautique à l'est et en ouvrant la Maison batelière[175].

Intercommunalité et relations extérieures[modifier | modifier le code]

En décembre 2014, Robert Ménard et Didier Mouly, maire de Narbonne, annoncent des collaborations économiques, culturelles et sportives entre leurs villes respectives.

Robert Ménard échoue à prendre la présidence de la Communauté d'agglomération Béziers Méditerranée (compétente dans le développement économique et la politique de la ville), battu par le maire divers droite de Sérignan Frédéric Lacas, qui réunit sur sa candidature les voix de gauche et de droite[176]. Il est élu 2e vice-président de l'agglomération après avoir menacé de quitter celle-ci, faute d'avoir pu obtenir la 1re vice-présidence dans les négociations[177],[178]. Après avoir refusé la 2e vice-présidence et menacé de saisir le tribunal administratif[179],[180],[181], il signe avec Frédéric Lacas un protocole d'accord comprenant quatre points : la diminution des taxes locales et des charges de fonctionnement de la collectivité ; l'instauration d'un conseil mensuel des maires ; la garantie de la souveraineté du maire sur le territoire de sa commune ; et l'attribution à Robert Ménard d'une deuxième vice-présidence chargée du développement du commerce et de l'artisanat des cœurs de ville, du Renouvellement urbain, de l'habitat et du logement[182].

Robert Ménard a jumelé Béziers avec le village syrien de Maaloula, dont on voit ici la partie chrétienne.

Le conflit reprend à l'automne 2014 : Robert Ménard, qui entend appliquer sa promesse électorale de faire baisser le prix de l'eau à Béziers, fait pression sur l'intercommunalité, qui dispose de la compétence afférente, pour renégocier immédiatement les tarifs auprès de la Lyonnaise des eaux. Frédéric Lacas s'y refuse, préférant attendre l'échéance des contrats liant la communauté d'agglomération à la Lyonnaise des eaux[183]. Les séances du conseil d'agglomération deviennent houleuses, y compris sur d'autres points[184].

En-dehors de l'intercommunalité, Robert Ménard échoue à prendre la présidence du conseil de surveillance du centre hospitalier de Béziers (structure indépendante) qui est attribuée au maire d'Espondeilhan, Alain Roméro[185],[186].

En décembre 2014, Robert Ménard et Didier Mouly, maire de Narbonne, annoncent des collaborations économiques, culturelles et sportives entre leurs villes respectives[187].

En octobre 2014, il annonce son intention de jumeler Béziers avec le village syrien de Maaloula et de s'y rendre : « C'est une petite commune qui a été martyrisée, occupée par les islamistes, libérée, occupée, libérée. On ne peut pas la laisser tomber. [...] Maaloula, c'est le dernier village où l'on parle l'araméen, la langue du Christ. Ce n'est pas rien »[188]. Il s'exprime à cette occasion sur la guerre civile syrienne : « il y a, aujourd'hui, une obligation à défendre un régime, certes critiquable, mais qui est le seul à pouvoir faire barrage à Daesh »[189]. Cette coopération a essentiellement un but humanitaire : aider les habitants de la ville à reconstruire leur maison, mettre en place les conditions d'un développement touristique durable à Maaloula, soutenir l'institut d'enseignement de la langue araméenne, apporter une aide dans l'assainissement, faciliter la réouverture de l'orphelinat[190].

En mars 2015, Robert Ménard annonce son intention de jumeler Béziers avec avec le district taïwanais d'Anping, notamment pour exporter le vin de sa commune[191].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Père de deux enfants nés de deux unions différentes[5], Robert Ménard est marié à Emmanuelle Duverger (sa quatrième épouse[15]), rédactrice en chef de l'ancienne revue trimestrielle Médias[11], responsable des Éditions Mordicus et ancienne juriste à la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme. Libération la décrit comme une « catholique militante proche de la nébuleuse Civitas »[192] et « engagée dans les Manif pour tous »[193]. Ensemble, ils ont écrit plusieurs livres, dont La Censure des bien-pensants et Vive Le Pen !. Leur rencontre, qui a eu lieu en 2000, aurait marqué un tournant dans la vie de Robert Ménard : celui-ci s’est en effet « recatholicisé » au contact de son épouse et de leur fille, toutes deux catholiques pratiquantes[58],[35],[73]. S'il affirme : « Elle m'a apporté quelque chose : je n'ai plus honte de ce que je pense »[5], Emmanuelle Duverger tempère : « Il est plus structuré que moi idéologiquement »[35]. Celle-ci demeure influente dans l'action de Robert Ménard à la mairie de Béziers[50], où elle l'a poussé à s'engager[193].

Prises de position publiques[modifier | modifier le code]

Liberté d'expression[modifier | modifier le code]

Influencé par l'ancien président de l'Agence France-Presse Claude Moisy, Robert Ménard défend une « approche américaine de la liberté d’expression »[58]. Vincent Brossel, ancien responsable de RSF, affirme : « Lorsqu'il a découvert le premier amendement de la Constitution américaine qui la garantit, ça a été pour lui une révélation. Il est devenu très américanophile, même s'il ne parle pas un mot d'anglais »[35]. Robert Ménard précise qu'il tolère « seulement deux » exceptions à la liberté d'expression : « les appels explicites à la violence et les attaques ad hominem »[73].

Il a écrit plusieurs ouvrages à ce sujet, dont La Censure des bien-pensants en 2003 avec son épouse Emmanuelle Duverger, ou encore Vive Le Pen ! publié en 2011 et également coécrit avec Emmanuelle Duverger, dans lequel ils affirment : « Défendre la liberté d’expression, aujourd’hui, revient fatalement à défendre celle de la droite extrême et de tous ceux qui y sont assimilés. Pour les autres, pas de problème »[58]. Il relie ce phénomène au fait que, selon lui, « presque tous les journalistes sont de gauche »[35].

Il a ainsi donné la parole à Thierry Meyssan[194], à Bernard Lugan ou à Alain Soral[24] ; il a soutenu l'humoriste Dieudonné et le journaliste Éric Zemmour[195] ; il s'est opposé à l'interdiction en France de la chaîne du Hezbollah Al-Manar et à toutes les lois réduisant la liberté d'expression[3], dont la loi Gayssot[24],[196] contre laquelle il a signé en 2010, aux côtés de plusieurs révisionnistes, une pétition qui appelait à la libération de Vincent Reynouard[58].

Peine de mort[modifier | modifier le code]

Suscitant la polémique à la suite de déclarations favorables à la peine de mort sur France Inter[197] et i-Télé, il affirme qu'il a « toujours été pour la peine de mort dans certains cas », et qu’il ne considère pas nécessairement son abolition comme « un droit de l’homme »[198]. Il précise : « Il va de soi que cette solution radicale n'est valable que si on est sûr à 100% que les gens sont coupables »[199].

Torture[modifier | modifier le code]

En 2007, à propos de l'affaire de l'assassinat de Daniel Pearl, Robert Ménard déclare que l'usage de la torture pour sauver une ou plusieurs vies représente « une vraie question » et que l'on peut s'interroger sur la légitimité de son emploi dans certains cas. Le site Rue89 l'accuse à cette occasion de vouloir légitimer la torture[200],[197].

Homosexualité[modifier | modifier le code]

Robert Ménard se dit « fier d'avoir été de tous les défilés de La Manif pour tous ».

En février 2010 sur Paris Première, Robert Ménard déclare qu'il ne veut pas que ses enfants voient le dessin animé Le Baiser de la Lune évoquant une relation amoureuse entre deux poissons mâles, et avoir « envie que [ses] enfants aient une sexualité hétérosexuelle ». Plus tard, il se dit « fier d'avoir été de tous les défilés de La Manif pour tous »[35]. Candidat à la mairie de Béziers, il affirme qu'il ne célébrera « aucun mariage homosexuel » s'il est élu[201]. Il refuse cependant d'être accusé d'homophobie[35].

Islam et laïcité[modifier | modifier le code]

Robert Ménard se dit notamment à l'écoute de l'intellectuel d'extrême droite Renaud Camus sur la question de l'islam.

D'après son épouse, Robert Ménard et elle-même ont « évolué sur la question de l’islam » et « entamé « une phase de réflexion » sur le danger d’un islam conquérant, agressif », en étant à l'écoute d'intellectuels comme Renaud Camus ou Michèle Tribalat. L'intéressé admet ainsi avoir changé d’avis sur l’interdiction du foulard à l’école, à laquelle il n'est plus opposé. Il déclare également que « le voile est un problème par sa présence massive »[58]. Par ailleurs, il répète régulièrement sur son blog que l'islam n'est pas soluble dans la démocratie[96].

Néanmoins, il affirme également, en 2013 : « je combats l’idée que l’islam serait ontologiquement un problème, c’est une monstruosité »[58]. En 2010, il déclare que la loi contre la burqa est une « ineptie », mais également qu'il n'a « aucune envie qu’il y ait autant de mosquées que d’églises dans notre pays »[3]. Dans un entretien filmé datant de 2011, Robert Ménard explique que, par souci d’égalité des religions, il ne serait « pas choqué par un financement d’État des mosquées ou des autorisations données à des processions musulmanes ». Cette vidéo circulant lors de sa candidature à la mairie de Béziers, il dénonce une « magouille » et une « tromperie »[72].

Décoration[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Club des 500 : les 500 qui font le Languedoc-Roussillon, Montpellier, Éditions ensoleillées-Intelligence Média, 1990.
  • Ces journalistes que l'on veut faire taire (avec Géraldine Faes), Éditions Albin Michel, 2001, (ISBN 2226122133 et 9782226122131).
  • La Censure des bien-pensants (avec Emmanuelle Duverger), Albin Michel, 2003.
  • Les jeux de la honte, Le Cherche-Midi, 2008.
  • Des libertés et autres chinoiseries, Robert Laffont, 2008.
  • Les Français sont-ils antisémites ? (avec Élisabeth Lévy, Léonard Vincent), Mordicus, 2009.
  • Mirages et cheikhs en blanc : enquête sur la face cachée du Qatar, le coffre-fort de la France (avec Thierry Steiner), 2010 (ISBN 978-2354170738).
  • Vive Le Pen ! (avec Emmanuelle Duverger), Mordicus, paru le 21 avril 2011[202] (ISBN 978-2918414278).
  • Vive l'Algérie française ! (avec Thierry Rolando), Mordicus, 7 juin 2012, 30 p.

Robert Ménard a signé plusieurs préfaces :

  • Ahmat Zeidane Bichara, prix de journalisme Lorenzo-Natali de l’Union européenne en mars 2006 pour son reportage « Centre de dressage pour les enfants et les épouses » ;
  • Lise Garon, Le Silence tunisien : les alliances dangereuses au Maghreb, L'Harmattan, 1998 ;
  • Raoul Vaneigem, Rien n'est sacré, tout peut se dire : réflexions sur la liberté d'expression, Éditions La Découverte, 2003 ;
  • Journal d'un réfugié politique, Éditions Le Bord de L'eau, 2006 ;
  • Thomas Dandois et Hervé Deguine, En territoire interdit, Arthaud, 2008 ;
  • André Sibomana et Pierre Creisson, Gardons espoir pour le Rwanda, Mordicus, 2008.

Références[modifier | modifier le code]

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  13. Michel Frontère, op. cit., p. 65 : « Plus tard, je l'ai retrouvé au Parti socialiste, où nous militions ensemble au CERES au moment du congrès de Metz (1979). »
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  198. « Robert Ménard : « Pour la peine de mort dans certains cas », Télé 2 Semaines, 17 décembre 2010.
  199. Charlotte Menegaux, « Peine de mort : R. Ménard se justifie », Le Figaro, 22 mars 2010
  200. Jean-Noël Darde, « Quand Robert Ménard, de RSF, légitime la torture », Rue89, 26 août 2007.
  201. Antoine Guiral, « Robert Ménard, candidat sans frontières aux municipales de Béziers », Libération, 9 juin 2013, mis à jour le 10 juin 2013.
  202. « Robert Ménard publie Vive Le Pen », Europe 1, 31 mars 2011.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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