Cette page est en semi-protection longue.

Orelsan

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Orelsan
Description de cette image, également commentée ci-après
Informations générales
Surnom Orel, RaelSan, San
Nom de naissance Aurélien Cotentin
Naissance (37 ans)
Alençon, Orne, Drapeau de la France France
Activité principale Rappeur, compositeur
Activités annexes Acteur, réalisateur, scénariste, doubleur
Genre musical Hip-hop français, rap hardcore, electro-hop, hip-hop alternatif, dirty rap, comedy rap, rap conscient
Instruments Voix, piano (seulement en concert)
Années actives Depuis 2002
Labels Wagram Music, 3e bureau, Label 5, 7th Magnitude, Warner Music France
Site officiel www.orelsan7th.com

Orelsan, de son vrai nom Aurélien Cotentin, né le à Alençon dans l'Orne, est un rappeur, compositeur, acteur, réalisateur, scénariste et doubleur français.

Il se fait connaître sur Internet via la chanson Saint-Valentin puis perce en 2008 avec le titre Changement. Son premier album, Perdu d'avance, est publié en 2009. Une polémique éclate autour de la chanson Sale Pute, accusée d'inciter à la violence envers les femmes. L'album sera néanmoins un succès public, certifié disque d'or[1] et nommé au Prix Constantin.

Son deuxième album Le Chant des sirènes, sort en 2011. Il est certifié double disque de platine[1] et reçoit deux Victoires de la musique.

Avec son ami Gringe, ils forment les Casseurs Flowters dès le début des années 2000. En 2013, ils publient l'album Orelsan et Gringe sont les Casseurs Flowters, qui sera certifié disque de platine. Fin 2015, Orelsan co-réalise un film centré sur son duo, Comment c'est loin, dont la bande originale sera aussi certifiée platine. Les deux amis se mettent aussi en scène dans le programme court Bloqués diffusé en 2015-2016 sur Canal+ et YouTube. Ces productions permettent à Orelsan de populariser son personnage de trentenaire loser et paresseux, doté néanmoins d'un esprit créatif et d'un humour décalé.

Il est depuis 2016 la voix française de Saitama pour l'adaptation en anime du manga One Punch Man. En 2017, il revient à la musique avec le single Basique qui annonce la sortie de son troisième album solo : La fête est finie. L'album est certifié disque de diamant et remporte trois Victoires de la musique.

Biographie

Jeunesse

Aurélien Cotentin a grandi à Alençon[2], dans l'Orne. Sa mère est institutrice et son père directeur de collège[3]. Lorsqu'il a une douzaine d'années et alors qu'il écoute plutôt du rock et du metal (Nirvana, Iron Maiden, Guns N' Roses, AC/DC, etc.), ses camarades de basket-ball et de skate-board lui font découvrir l'univers du rap[4]. Il accroche vite à ce genre musical : « La façon de décrire le quotidien, la densité des textes et des images. J'apprenais les textes par cœur, NTM, IAM... Je traduisais aussi les textes de Public Enemy. Je me suis pris au jeu, je rappais pour le plaisir. »[5]

En 1998, la famille déménage à Caen lorsque son père est muté – Orel a alors 16 ans. Il obtient un baccalauréat économique et social, spécialité anglais[6] au lycée Victor-Hugo de Caen. Il intègre ensuite l'École de Management de Normandie (diplômé en 2004), où il rencontre en 2000 le producteur musical Skread (qui composera notamment pour Diam's, Booba, Rohff ou Nessbeal). Il passe l'année scolaire 2004/2005 à Tampa en tant qu'étudiant à l'Université de Floride du Sud.

À Caen, il rencontre aussi Gringe, originaire de Cergy et arrivé en 2000 en Normandie avec ses parents. Gringe rappe également et les deux jeunes gens décident de former un duo : les Casseurs Flowters. Leur nom est un jeu de mots (flow : rythme utilisé par un rappeur pour cadencer ses chants) sur le surnom – Casseurs flotteurs – des deux bandits maladroits du film Maman, j'ai raté l'avion : « On adore ce film et la comparaison avec ces deux bras cassés, le grand maigre et le petit gros, était inévitable », explique Orelsan[7].

Il vit à Paris depuis 2011.

Débuts musicaux (2002–2008)

Il décide d'utiliser son surnom, Orel, comme nom de scène. Lors de la sortie de son album Perdu d'avance, il veut s'inscrire à la SACEM mais «Orel » est déjà pris... par lui-même – il avait oublié qu'il s'était déjà inscrit sous ce nom. Il s'inscrit alors sous l'alias « Orelsan » et détient donc les deux noms à la SACEM.

« Orelsan » se compose d'« Orel », diminutif de son prénom Aurélien, et de « -san », suffixe japonais de cordialité utilisé à l'oral (Aurélien est amateur de mangas). Durant son année aux États-Unis, il vit une relation amoureuse ambigüe avec une Américaine qui lui inspirera la chanson 50 pour cent[8]. En 2002, les Casseurs Flowters sortent une mixtape. Ils apparaissent ensuite sur des morceaux de différentes compilations de rap[9],[10].

De retour des États-Unis, Orelsan s'essaye à plusieurs petits boulots (documentés dans ses chansons), notamment celui de gardien de nuit dans un hôtel dont il profitera pour écrire une partie de ses textes. En , il charge sur YouTube son premier clip amateur, Ramen. Il connaît un succès plus important l'année suivante avec le clip Saint-Valentin, parodie sarcastique de la fête des amoureux. Il attire alors les internautes vers son site Myspace où il ajoute régulièrement de nouveaux morceaux.

En 2008, le label 3e bureau lui propose de produire son album en collaboration avec 7th Magnitude, label de Skread et Ablaye. Durant l'été 2008, il connaît une certaine médiatisation, notamment à la télévision[réf. nécessaire], à la suite d'une campagne de promotion des titres Changement, distribué par TF1 Vidéo[11] puis No life, premier clip du rappeur réalisé par un professionnel.

Perdu d'avance (2009–2010)

Orelsan en 2009.

Orelsan publie son premier album, Perdu d'avance, le 16 février 2009 . Les instrumentaux en sont composés par Skread. L'album comprend plusieurs participations musicales (featurings) dont celles de Gringe et Ron Thal (ancien guitariste des Guns N' Roses)[4]. Sur le site web du Printemps de Bourges, la présentation du rappeur annonçait en exprime son positionnement volontairement provocateur : « Revendiquant ses quatorze ans d'âge mental, ses humeurs de cancre assis au fond de la classe et son mental de puceau frustré, Orelsan a tout pour agacer les bien-pensants[12]. » Fin 2009, il est nommé au concours des révélations françaises du prix Constantin. En même temps, il est élu par les Internautes comme étant le meilleur artiste français de l'année pour représenter la France aux MTV Europe Music Awards[13].

Le , à l'occasion de l'émission Planète Rap qui lui est consacrée par la radio Skyrock, Jena Lee chante son titre Je rêve en enfer en duo avec Orelsan. Le titre y gagne une parenthèse : Je rêve en enfer « (Reste en enfer)» et la ballade d'origine profite des nombreuses punchlines qu'invente le rappeur. En 2010, on le retrouve aussi aux côtés de Nessbeal pour le titre Ma grosse.

En , dans l'émission Canal Street, il annonce écrire un nouvel album qui devrait vers . Date qu'il n'infirme pas le sur sa page Facebook : « L'album avance bien, à mon avis ça sortira en mars/avril. Je commencerai à en dévoiler plus début 2011. »

En 2010, Orelsan participe à Diversidad, projet musical qui regroupe une vingtaine d'artistes issu de douze pays différents pour un album intitulé The Experience. Il y représente la France aux côtés de DJ Cut Killer, Abd Al Malik et Spike Miller. Diversidad accueille également les Allemands Curse et Mariama, les Néerlandais MC Melodee et GMB, le Bosnien Frenkie, les Belges Rival et Pitcho, le Suédois Marcus Price, le Portugais Valete, les Espagnols Nach, Big Size et Zock, le Luxembourgeois C.H.I, l'Italien Luche, les Croates Remi et Shot, et le Grec Eversor[14].

Sa collaboration avec The Toxic Avenger sur le titre N'importe comment donne lieu à trois clips vidéos différents, à la sortie d'un single ainsi qu'à un maxi de remixes du titre publié par le label Roy Music[15].

Le Chant des sirènes et Casseurs Flowters (2011–2017)

Orelsan en 2011.

Fin , il publie Raelsan (en référence à Raël), le premier clip extrait de son nouvel album qui sort le 26 septembre 2011 : Le Chant des sirènes[16]. Sur YouTube est diffusé un second extrait intitulé Double vie, qui passe également sur Skyrock. De juillet à , l'artiste publie trois extraits de son nouvel album : Plus rien ne m'étonne (fin juillet), disponible en écoute gratuite, 1990 (fin août), hommage aux années 1990 avec une apparition d'Oxmo Puccino, d'Olivier Cachin et des membres du groupe 1995, puis Suicide social ().

Un mois après sa sortie, jour pour jour, Le Chant des sirènes devient disque d'or[17]. En 2012, Orelsan remporte deux Victoires de la musique : la première dans la catégorie « Album rap et musiques urbaines de l'année » pour l'album Le Chant des sirènes ; la seconde dans la catégorie « Groupe ou artiste révélation du public ».

A l'occasion de son concert à l'Olympia de Paris du 31 mai 2012, la certification platine du Chant des sirènes est rendue publique (100 000 exemplaires vendus).

Orel apparaît avec Gringe sur la mixtape À la youv de Canardo pour le morceau Mauvais plan. Il fait également un featuring sur l'album Itinéraire bis de Flynt dans le morceau Mon pote, ainsi que sur l'album Extra-Lucide de Disiz et sur celui de Benjamin Biolay.

Il est également présent sur le remix de la chanson Boombadeing de Mokobe aux côtés de ce dernier, de Dry, Youssoupha et Leck. Orelsan accepte en outre de faire la publicité française de la marque Reebok en France à la rentrée 2012.

Le morceau La Terre est ronde, extrait de l'album Le Chant des sirènes remporte un succès commercial certain, se plaçant dans le top 10 des ventes de singles en France. La Terre est ronde passe en rotation permanente sur les radios spécialisées hip-hop telles que Génération et Skyrock et dans des radios généralistes comme NRJ. Cela lui vaut une nomination aux NRJ Music Awards 2013 dans la catégorie « Révélation francophone de l'année » aux côtés de C2C, Youssoupha et de Tal

la gagnante.

Dans l'émission Planète Rap consacrée au rappeur Canardo (été 2012), Orelsan annonce la préparation d'un album ou d'une mixtape avec Gringe, dont la sortie interviendrait au premier semestre 2013, signant le retour des Casseurs Flowters. Auparavant, Orel termine sa tournée et figure sur le deuxième album de Stromae avec qui il a enregistré le titre AVF[18].

Entre 2013 et 2016, il se consacre donc au groupe qu'il forme avec Gringe : Casseurs Flowters.

À la rentrée 2015, il participe au programme court Bloqués aux côtés de Gringe. Imaginée par Kyan Khojandi et Bruno Muschio, la série diffusée sur Canal+ met en scène « deux mecs qui discutent assis sur un canapé, en attendant qu'il se passe quelque chose, ils ont décidé de ne rien faire ». Orelsan exerce également une activité de comédien de doublage pour l'anime One Punch Man et le long-métrage français Mutafukaz de Guillaume Renard.

La fête est finie (depuis 2017)

Le , six ans après son dernier album solo, Orelsan dévoile sur YouTube le clip du titre Basique. Un mois après pile, le rappeur originaire de Caen publie son nouvel album solo[19]. Intitulé La fête est finie, il comporte 14 pistes dont 5 featurings avec Nekfeu, Dizzee Rascal, Stromae, Ibeyi et Maître Gims[20].

La Fête est finie est certifié disque d'or en trois jours[21] , disque de platine quatre jours plus tard[22], double disque de platine un mois après[23]. Le , le clip du morceau Tout va bien, tourné en Ukraine (comme celui de Basique), est publié sur Youtube[24],[25]. Outre ce succès commercial, son troisième album solo apporte à Orelsan trois Victoires de la musique[26]. En , La fête est finie est certifié disque de diamant[1].

Lors d'un passage à l'émission Boomerang, Orelsan propose un titre inédit, Mes grands-parents, sur un sample ralenti de Colette Magny[27]. Fin février 2018, le clip du morceau Défaite de famille est youtubé. Entièrement filmé à l'iPhone, il a nécessité une quinzaine d'heures de maquillage car le rappeur y incarne 27 rôles différents directement inspirés de sa propre famille[28].

En , Orelsan réédite La fête est finie avec onze nouvelles chansons (dont Mes grands-parents) sous le titre La fête est finie - Épilogue[29],[30].

Particularités artistiques

Le premier album d'Orelsan bénéficie le , jour de sa parution, d'articles promotionnels et de comparaisons flatteuses dans L'Express et Libération[4],[31]. Selon son attaché de presse, son statut (blanc, classe moyenne, originaire de province) l'oblige à une certaine dose d'autodérision. Ainsi, il pratique la provocation avec minutie en usant de punchlines, petites phrases cinglantes et assassines. Il sait néanmoins adopter un ton sérieux : la dépression et le sentiment de mal-être éprouvés par la jeune génération font partie de ses thèmes de prédilection, tout comme le quotidien (jeux vidéo, Internet, télévision...), les relations amoureuses (difficultés à draguer, masturbation, fantasmes)[4]. D'autres médias, comme le magazine Têtu, s'interrogent sur ses textes qu'ils considèrent homophobes[32].

Dans Libération et L'Express, Orelsan est comparé à divers artistes reconnus : rappeur blanc, le nom d'Eminem est cité tout comme celui de Mike Skinner (The Streets) qui, en plus de la « couleur », partage avec Orelsan un certain goût pour la morosité et l'ennui. Lors de la sortie de la chanson Saint-Valentin, ses textes provocateurs et crus lui ont valu, toujours selon Libération, une comparaison avec le groupe TTC[4] qui n'est pas à son goût. Considèrant que leur rap-électro est trop « élitiste » et ne ressemble pas à ce qu'il fait[10], il commente, dans la chanson Courez, courez : « Je sais que j'ai des fans dans ce délire et je voudrais pas les vexer mais quand tu me compares à des TTC c'est comme si tu me manquais de respect ».

Polémiques et poursuites judiciaires

Orelsan (au centre) au Festival Les Nuits Secrètes à Aulnoye-Aymeries, Nord-Pas-de-Calais le 4 août 2013.

En , son titre Sale Pute suscite la polémique[33]. Le rappeur incarne un homme en costume menaçant de violences l'ex-petite amie qui l'a trompé, en lui promettant entre autres qu'il lui « déboîterait la mâchoire » ou la « ferait avorter à l'opinel ». Déclenchée par des blogueuses, la polémique l'amène à répondre via ses conseillers en communication : ceux-ci soulignent qu'Orelsan ne joue pas cette chanson sur scène, « conscient qu'elle puisse heurter ». Le texte exprimerait « une pulsion que toute personne à qui ce type de mésaventure serait arrivé aurait pu être amenée à ressentir dans ce genre de situation. En aucun cas ce texte [ne serait] une lettre de menaces, une promesse de violence ou une apologie du passage à l'acte[12] ».

La polémique prend un tour politique, le FN dénonçant la chanson, puis le Parti socialiste dénonçant dans un communiqué « un texte scandaleux aux propos odieux qui incitent directement à la violence » et indiquant « qu'il s'associe à toutes les voix qui demandent la déprogrammation d'Orelsan du Printemps de Bourges »[33]. La secrétaire d'État à la solidarité Valérie Létard[34] prend alors la parole et, estimant que la chanson Sale Pute incite à la violence sexiste, demande aux dirigeants des sites de vidéo en ligne comme Dailymotion de la retirer, « alors qu'en France une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon ».

La secrétaire d'État soutient l’initiative d'associations qui souhaitent se constituer partie civile et porter plainte en invoquant l’article 24 de la loi de 1881 sur la liberté de la presse, prévoyant que toute incrimination de provocation à commettre un crime (viol ou meurtre) ou une atteinte à l'intégrité de la personne ou une agression sexuelle est punie de 5 ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d'amende.

Le rappeur s'étonne du buzz alors que cette chanson date de deux ans[3]. Il explique :

« Dans cette chanson, j'essaie de montrer comment une pulsion peut transformer quelqu'un en monstre. J'ai tourné un clip où je porte un costume cravate et bois de l'alcool, pour montrer qu'il s'agit d'une fiction. En aucun cas je ne fais l'apologie de la violence conjugale. L'attitude de ce personnage me dégoûte, mais j'ai l'impression de représenter artistiquement la haine, comme a pu le faire un film comme Orange mécanique. »

« J'ai effectivement déjà été trompé par ma meuf, mais là, j'ai surtout voulu décrire la pulsion de rage que tu peux avoir dans ces moments-là. Ce n'est pas un texte misogyne à la con », déclare-t-il dans une interview au magazine Planète Rap Mag[35]. « Conscient que ces paroles [peuvent] choquer », il présente ses excuses et indique qu'il ne joue plus cette chanson en concert depuis plusieurs mois – chanson qui ne figure d'ailleurs pas dans son album[3]. Il ajoute toutefois : « Quoi que j'aie dit, je serai toujours moins violent que les séries sur TF1, où un type se fait cogner au bout de cinq minutes à 20 h 30 sans raison[36]. »

Le festival du Printemps de Bourges maintient le rappeur dans sa programmation du 25 avril 2009 : « Aussi scandaleux que soit le texte de cette chanson, nous avons engagé ce jeune artiste pour une prestation artistique qui, comme son album, n'inclut pas cette chanson. Pour cette raison, nous ne déprogrammerons pas Orelsan car nous assumons nos choix artistiques. Cet album de hip hop, interprété en français, nous a paru excellent, composé de bons textes qui nous semblaient le parfait reflet d'une génération (celle des 20 ans) un peu perdue et désabusée[37]. »

François Bonneau (président PS du conseil régional du Centre) menace alors le festival de représailles financières s'il ne revient pas sur sa décision[38]. Finalement, il retire le montant du cachet du chanteur (soit 1 500 €) de la subvention totale de 360 000 €[39].

Deux organisateurs de concerts déprogramment cependant Orelsan, le au Confort moderne de Poitiers et le à Cluses, la mort dans l'âme[40]. Mais la chanteuse Anaïs Croze, qui a écrit une chanson sur un thème proche, prend sa défense[41]. « Personne ne m'a jamais reproché tout ce que l'on reproche à Orelsan lorsque j'ai fait ma chanson Christina » dit-elle.

La polémique rebondit lors des Francofolies de La Rochelle où Orelsan est déprogrammé. Le chanteur Cali et le rappeur Syrano s'en prennent violemment aux organisateurs du festival, dont Jean-Louis Foulquier, qui accuse Ségolène Royal d'avoir à son tour fait du chantage aux subventions[42]. Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, s'empare de l'affaire et déclare dans un communiqué soutenir le jeune homme, en dénonçant la censure qu'aurait exercée contre lui Ségolène Royal[43] ; la majorité n'est cependant pas soudée sur cette affaire[44]. Ségolène Royal dément vivement tout chantage et indique n'avoir que demandé des informations aux organisateurs ; elle se déclare cependant satisfaite de la déprogrammation de l'artiste[45].

Le , Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture, affiche son soutien au rappeur au nom de la liberté d'expression – en évoquant des précédents comme Rimbaud – et déclare juger la polémique « ridicule »[46]. Poursuivi depuis pour « provocation au crime » par Ni putes ni soumises, il est relaxé le par le tribunal correctionnel de Paris, qui estime que le rappeur s'exprimait « dans le cadre de sa liberté d'expression artistique »[47].

En , pour le festival Sakifo, sur l'île de La Réunion, le conseil régional de l'île supprime sa subvention de 150 000 euros soit 1/10e du budget du festival. La venue du chanteur est remise en question. Finalement, les organisateurs le gardent mais s'engagent à reverser 1 euro symbolique pour chaque billet vendu pour la date du show aux associations qui avaient protesté. La chanson faisant le plus polémique est alors Saint Valentin[48][source insuffisante]. Le , Orelsan est condamné en première instance à 1 000 euros d'amende avec sursis pour injure et provocation à la violence à l'égard des femmes par le tribunal correctionnel de Paris[49]. Le , la cour d'appel de Paris met fin aux poursuites et classe la plainte initiale, jugeant que l'action des associations féministes est prescrite[50].

Le , la Cour de cassation reprend le dossier et Orelsan est rejugé. Le , la cour d'appel de Versailles le relaxe[51].

En , un duo féministe publie un clip parodiant la chanson Saint Valentin afin de tourner en dérision Orelsan et dénoncer les violences conjugales[52],[53]. Dans un premier temps censuré par les plateformes Facebook et YouTube, ce clip est finalement remis en ligne avec une restriction pour les moins de 18 ans[54].

En 2018, après la sortie de l'album La fête est finie, la polémique reprend de plus belle après son sacre – trois prix reçus – aux Victoires de la Musique. Christiane Taubira réagit à propos de ses récompenses[55] et une pétition est même lancée pour demander le retrait de ces trophées[56]. Elle a récolté au plus de 84 000 signatures[57] ; deux ans après, elle atteint le chiffre stratosphérique de 85 177 signatures.

Mode

En 2014, le rappeur crée sa propre marque de vêtements, « Avnier », avec l’aide du créateur de mode suisse, Sébastian Strappazzon[58] (ex-semi-pro de BMX). Avnier est dérivé des termes « avant-dernier »[59]. La marque commercialise des vêtements unisexes. Les capsules sont essentiellement composées de pièces sportswear minimalistes ; des sweats allant du pantalon de jogging au bonnet brodé. En 2017, Avnier collabore avec Umbro pour une collection spéciale Avnier x Umbro[60].

Discographie

Filmographie

Information icon with gradient background.svg Sauf indication contraire ou complémentaire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par la base de données IMDb.

Comme acteur

Cinéma

Télévision

Doublage

Autres

Distinctions

Récompenses

Nominations

Notes et références

  1. a b et c « Les Certifications - SNEP », SNEP,‎ (lire en ligne, consulté le 8 mai 2018).
  2. « Orelsan, le rap gagnant », Le Journal du dimanche, (consulté le 3 mai 2015).
  3. a b et c « Polémique autour de la chanson Sale pute, d'Orelsan », (consulté le 14 avril 2009).
  4. a b c d et e « Orelsan, le rap à plat », sur Libération.fr, (consulté le 7 mai 2016).
  5. Eric Mandel, « Orelsan: "Moins hardcore qu'une série sur TF1" », Le JDD,‎ (lire en ligne, consulté le 15 août 2017).
  6. « Orelsan - Bac ES spécialisation anglais puis école de management en Normandie », sur Gentside (consulté le 15 août 2017).
  7. Scherer A. : « Casseurs flowteurs : le duo de potes qui dépote », air le mag, no 43, octobre 2013, p. 22-23.
  8. Akeem Kossoko, « Orelsan, le « Eminem d'Alençon » au cœur d'une polémique en France », (consulté le 6 mai 2016).
  9. « Talents fachés #3 », sur rap-francais.com (consulté le 6 mai 2016).
  10. a et b « Interview d'Orelsan », sur ABCDR du son.com (consulté le 7 mai 2016).
  11. Clip de Changement distribué par TF1-vidéos, sur wat.tv (plateforme TF1).
  12. a et b « Orelsan se défend face aux critiques », sur 20minutes.fr, (consulté le 6 mai 2016).
  13. « Orelsan est le meilleur artiste français », sur mtv.fr, (consulté le 7 mai 2016).
  14. « THE EXPERIENCE ALBUM » [archive du ], sur diversidad-experience.com/the-album-page (consulté le 6 mai 2016).
  15. « Clip de N'importe comment », sur Musiquemag (consulté le 6 mai 2016).
  16. « Orelsan : le nouvel album », sur Musiquemag, (consulté le 6 mai 2016).
  17. « Orelsan est disque d'or ! », sur MizikSpirit, (consulté le 7 mai 2016).
  18. Jonathan Hamard, « Stromae invite OrelSan pour un duo sur son deuxième album », Charts in France, (consulté le 9 mai 2013).
  19. Abigaïl Aïnouz, « Vidéo : Orelsan annonce son grand retour avec le clip impressionnant de Basique ! », sur Les Inrockuptibles, (consulté le 27 janvier 2018).
  20. « La liste impressionnante des featurings du prochain album d'Orelsan », sur Les Inrockuptibles, (consulté le 27 janvier 2018).
  21. « Orelsan n'a vraiment pas le temps : "La Fête est finie" est disque d'or en trois jours ! », sur Le Mouv, (consulté le 24 octobre 2017).
  22. B. P., « Orelsan se réjouit d'être « déjà disque de platine » avec La fête est finie », sur BFMTV, (consulté le 29 octobre 2017).
  23. « Double disque de platine en un mois pour Orelsan ! », Buzzdefou crée ton buzz,‎ (lire en ligne, consulté le 20 novembre 2017).
  24. orelsan, « OrelSan - Tout va bien [Clip officiel] », (consulté le 20 novembre 2017).
  25. « Tout va bien, la vie rêvée d'Orelsan et Stromae », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le 20 novembre 2017)
  26. Sylvain Siclier, « Victoires de la musique : Orelsan, grand vainqueur de l’édition 2018 », Le Monde, 10 février 2018.
  27. « Boomerang - Jamais sans Orelsan ! », sur France Inter, (consulté le 27 janvier 2018).
  28. Jérémie Léger, « Dans le clip fou de Défaite de famille, Orelsan se paye sa famille en jouant 27 rôles », Konbini France,‎ (lire en ligne, consulté le 10 mars 2018).
  29. « Orelsan annonce la sortie d'un nouvel album de 11 titres jeudi ! », sur Culturebox (consulté le 12 novembre 2018).
  30. « Orelsan annonce la sortie de 11 titres inédits avant la fin de semaine », sur Les Inrocks (consulté le 12 novembre 2018).
  31. « Orelsan / Perdu d'avance », sur l'express.fr, (consulté le 7 mai 2016).
  32. « Rap : Orelsan homophobe juste pour rire », sur Têtu, (consulté le 7 mai 2016).
  33. a et b « Orelsan, pas très net... », sur Journal du dimanche, (consulté le 7 mai 2016).
  34. « Orelsan se dit désolé d'avoir choqué avec Sale pute », sur Libération, .
  35. Interview Planète Rap Mag de février 2009.
  36. (en) « French rapper Orelsan's onslaught on women prompts outrage », sur The Guardian, (consulté le 6 mai 2016).
  37. « Orelsan / Printemps de Bourges », sur zyvamusic.com, (consulté le 7 mai 2016).
  38. « Affaire Orelsan : menace de représailles financières sur le Printemps de Bourges », sur Libé Orléans.fr, (consulté le 7 mai 2016).
  39. « Présence du rappeur Orelsan au Printemps de Bourges: la région Centre retire une partie de sa subvention », sur Le Point, (consulté le 7 mai 2016).
  40. « Orelsan déprogrammé de deux salles », sur 20minutes.fr, (consulté le 7 mai 2016).
  41. « Anaïs vole au secours d'Orelsan », sur 20minutes.fr, (consulté le 7 mai 2016).
  42. « Francofolies : polémique autour de la déprogrammation d'Orelsan », sur Ouest France, (consulté le 7 mai 2016).
  43. « L'UMP proteste contre la déprogrammation d'Orelsan et s'en prend à Royal », sur parisien.fr, (consulté le 7 mai 2016).
  44. Le Figaro du 14/07/09, citant Dominique Bussereau et Brice Hortefeux, moins enclins à défendre Orelsan dans cette affaire.
  45. « Royal se défend de tout « chantage » pour obtenir la déprogrammation d'Orelsan », sur Le Parisien, (consulté le 7 mai 2016).
  46. « Orelsan : la controverse court toujours… malgré les précédents », sur Rue89, (consulté le 7 mai 2016).
  47. « Poursuivi par Ni putes ni soumises pour sa chanson Sale Pute, le rappeur Orelsan est relaxé », sur Le Monde, (consulté le 7 mai 2016).
  48. Clicanoo, 16 mars 2012.
  49. « Le rappeur Orelsan condamné pour injure et provocation à la violence », sur Le Monde, (consulté le 7 mai 2016).
  50. « Orelsan n'est plus poursuivi », sur BFMTV, (consulté le 7 mai 2016).
  51. « Provocation à la violence : le rappeur Orelsan relaxé », sur Le Figaro, (consulté le 7 mai 2016).
  52. Jérémy B., « “C.L.I.T.” : quand le rap de filles est aussi hardcore que celui d'Orelsan et Booba, c'est drôle ! », sur démotivateur (consulté le 7 mai 2016).
  53. « Clip féministe pariodant Saint Valentin d'Orelsan de retour sur Youtube », sur Huffington Post, (consulté le 7 mai 2016).
  54. « Le clip féministe de rap qui parodie Orelsan encore censuré par YouTube », sur Le Huffington Post (consulté le 17 janvier 2017).
  55. « Christiane Taubira "horrifiée" par les paroles du rappeur Orelsan, récompensé aux Victoires de la musique », sur La 1ere France TV Info (consulté le 18 février 2018).
  56. « Victoires de la musique: une pétition réclame "l'annulation des prix d'Orelsan" », LExpress.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 10 mars 2018).
  57. « Annulation des prix du rappeur Orelsan aux Victoires de la Musique », sur Change.org (consulté le 10 mars 2018).
  58. « Oreslan le rap et la mode ont toujours été super liés », sur nouvelsobs.com, .
  59. « OrelSan & Sébastian Strappazzon, L’Amitié Tournée Vers L’AVNIER », sur hypebeast.com, .
  60. « La collection Umbro x Avnier (créée par Orelsan) est enfin disponible », sur hiphopinfosfrance.com (consulté le 10 mars 2018).
  61. « Kyan Khojandi revient sur Canal+ avec un nouveau programme court », sur Le Huffington Post (consulté le 9 septembre 2015)
  62. « Le rappeur Orelsan va prêter sa voix au héros de manga One Punch Man », sur Le Figaro, (consulté le 1er juillet 2016).

Liens externes