Patrick Buisson

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Patrick Buisson
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Chevalier de la Légion d'honneur‎
Commandeur de l'ordre de Saint-Grégoire-le-Grand (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Patrick Buisson, né le à Paris, est un journaliste et conseiller politique français.

Spécialiste des études d'opinion, il est aussi directeur général de la chaîne Histoire depuis 2007. Il a été conseiller de l'ancien président de la République Nicolas Sarkozy.

Biographie[modifier | modifier le code]

Une jeunesse maurassienne (1949-1980)[modifier | modifier le code]

Fils d'un ingénieur d'Électricité de France engagé d'abord à l'Action française avant d'adhérer au Rassemblement du peuple français du général de Gaulle[1], Patrick Buisson est élevé dans le culte de Charles Maurras et dans l'anticommunisme[2]. À partir de l'âge de cinq ans, il l'est par sa mère seule, qui a divorcé en 1954[3]. En 1956, celle-ci l'emmène manifester contre l'entrée des chars soviétiques à Budapest[4].

En 1961, il a douze ans et c'est son père qui désormais le prend en charge[3]. Son engagement politique débute au lycée Pasteur[5], à Neuilly-sur-Seine, où, marqué par la guerre d'Algérie, il refuse de respecter une minute de silence après un attentat meurtrier de l'OAS[1]. Étudiant en histoire à l'université de Nanterre, appréciant notamment Philippe Ariès et Raoul Girardet, il obtient une licence, puis une maîtrise en histoire en 1971. Sous la direction de Girardet, il rédige un mémoire de maîtrise sur le mouvement Algérie française.

Durant ses études, il devient vice-président de la Fédération nationale des étudiants de France (FNEF), et s'oppose au Mouvement du 22-Mars en 1968 aux côtés d'Alain Renault[2]. À cette époque, il est également rédacteur en chef avec François Duprat des Cahiers européens, publication nationaliste révolutionnaire[6].

Journaliste politique (1981-1993)[modifier | modifier le code]

Analyste et militant politique d'extrême droite, Buisson s'éloigne cependant de la politique active dès la fin de ses études et, après quelques années d'enseignement, se tourne pour l'essentiel vers le journalisme engagé d'extrême droite avec Minute (1981-1987) dont il devient le correspondant à l'Assemblée nationale, puis pendant un an le directeur de la rédaction.

En 1984, il publie avec Pascal Gauchon, ex-rédacteur en chef de Défense de l'Occident et ancien secrétaire général du Parti des forces nouvelles, le livre OAS, Histoire de la résistance française en Algérie, préfacé par Pierre Sergent, l'un des dirigeants de l'organisation[1],[6].

La même année, il publie un Album Le Pen, album photographique sur Jean-Marie Le Pen, coécrit avec Alain Renault, ancien secrétaire national du Front national et contributeur du journal Militant, ainsi que Le Guide de l'opposition, dans lequel il recense les partis, personnes et clubs de droite et d'extrême droite des villes de France, dans la perspective d’une alliance contre la gauche[1],[6]. Jean-Marie Le Pen lui propose d'être candidat en vue des élections législatives de 1986, mais il décline[6].

Il œuvre alors au rapprochement de toutes les droites[1], déclarant que « Le Pen, le RPR et le PR, c'est la droite. Souvent, c'est une feuille de papier à cigarettes qui sépare les électeurs des uns ou des autres »[7]. Selon son analyse, « les électeurs du FN sont pour l'essentiel d'anciens électeurs du RPR déçus par le recentrage et l'évolution pro-européenne de Chirac, pour le reste d'anciens communistes nostalgiques du temps où le PC était conservateur, autoritaire et nationaliste. »[1]

Remercié par Minute en 1987, il rejoint brièvement Le Crapouillot puis, la même année, Valeurs actuelles[2], dont en 1992 il devient pour six années directeur de la rédaction générale[1].

Conseiller politique (1994-1995)[modifier | modifier le code]

Après quinze ans de presse écrite, il s'oriente vers le conseil aux hommes politiques. Il devient conseiller de Jimmy Goldsmith et de Philippe de Villiers dont il dirige la campagne pour les élections européennes de 1994 et la campagne présidentielle de 1995, en axant les discours vers l'aile droite du RPR par l'affirmation du souverainisme. Avec la société Publifact qu'il a créée en juillet 1982[8], il vend ses services à Alain Madelin et François Bayrou[2].

Homme de médias (1996-2004)[modifier | modifier le code]

Il lance en 1996 la revue hebdomadaire Politique Opinion en association avec l'ensemble des directeurs des instituts de sondages, et anime à partir de 2000 la page « Opinion » du Figaro.

Créateur et animateur de nombreuses émissions politiques sur LCI dont Le Club de l'opinion (1997-2000), Politoscopie (1999- 2000) puis 100 % Politique (à partir de 2001), en compagnie de David Pujadas. Créateur et animateur de Un livre, un débat en 2003,

Conseiller à l'Élysée et la chaîne Histoire (2005-2011)[modifier | modifier le code]

En 2005, il anime l'émission Questions qui fâchent et coanime, jusqu'en 2007, l'émission hebdomadaire sur LCI intitulée Politiquement Show, et assure également l'émission Questions qui fâchent avec Michel Field.

Ayant prédit la victoire du « non » à 55 % au référendum français sur le traité constitutionnel européen, il est approché en 2005 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, qui en fait l'un de ses proches conseillers, équilibrant le gaullisme social d'Henri Guaino, rédacteur des principaux discours de sa campagne présidentielle[2]. Il est alors considéré comme un des artisans de la ligne victorieuse de la campagne de 2007 autour d'un discours « décomplexé » sur l'autorité, la morale, l'immigration, la délinquance, l'assistanat, mai 68, l'identité nationale[9].

Sans poste officiel à l'Élysée, à sa demande, il demeure cependant un collaborateur très écouté du nouveau président de la République, et quitte l'antenne de LCI[10]. Dès lors, Patrick Buisson guide les choix de Nicolas Sarkozy, notamment sur la création du ministère de l'Identité nationale (et de l'Immigration)[11] ou encore dans la conquête du vote Front national via l'élaboration d'un discours sécuritaire ad hoc[12].

Chaîne Histoire et positions politiques (depuis 2011)[modifier | modifier le code]

Il dirige la chaîne Histoire (détenue à 100 % par le groupe TF1) depuis octobre 2007[13]. Selon Le Monde, c'est sa proximité avec le président de la République qui aurait permis à la chaîne Histoire de recevoir, entre 2008 et 2009, 270 000 euros de la part du ministère de la Culture[14].

Vanessa Schneider et Ariane Chemin dans leur livre, Le mauvais génie (2015), ont prêté à Patrick Buisson une proximité avec Jean-Luc Mélenchon[15], ce que ce dernier a qualifié lui-même de « pure invention »[16].

En , il est reconduit pour un an à la tête de la chaîne Histoire[17].

En septembre 2016, il publie La Cause du peuple, dans lequel il fait plusieurs révélations critiques sur l'action et le comportement de Nicolas Sarkozy[18]. Pour le site en ligne Causeur, l'ouvrage « parle de la France et du pouvoir avec beaucoup de culture et d’intelligence »[19]. Pour L'Express, le livre mêle anecdotes et réflexions pour raconter et démonter le quinquennat de Nicolas Sarkozy[20]. L'essai est un succès de librairie[21].

Il apporte son soutien à François Fillon entre les deux tours de la primaire présidentielle des Républicains de 2016[22].

Affaires[modifier | modifier le code]

Affaire OpinionWay[modifier | modifier le code]

En 2008, à la tête de Publifact, Patrick Buisson envoie à l'Élysée un total de 130 factures pour des conseils, dont une quinzaine de sondages réalisés par OpinionWay et publiés par Le Figaro et LCI, pour un prix de 392 288 euros. Selon la Cour des comptes, le total de ses prestations a atteint la somme de 1,5 million d'euros pour l'année 2008[23]. Le 23 juillet, le PS demande la création d'une commission d'enquête[24].

À la suite de l'échec de Nicolas Sarkozy en mai 2012 à l'élection présidentielle, ses choix idéologiques et ses conseils dans la campagne sont l'objet de diverses appréciations et polémiques. Françoise Fressoz, éditorialiste du journal Le Monde souligne son « populisme »[25], et selon Stéphane Rozès, la « droitisation » à laquelle il réussit à mener l'UMP a participé à provoquer le « dynamitage »[25] de ce parti à la suite des élections pour le renouvellement de ses dirigeants au congrès de novembre 2012[26],[27].

Patrick Buisson dépose une plainte le 11 décembre 2012 contre la ministre de la Justice Christiane Taubira pour « prise illégale d'intérêt », celle-ci faisant partie alors du comité de parrainage d'Anticor, l'association à l'origine d'une plainte contre X dans le cadre de l'affaire des sondages. La plainte est jugée recevable en janvier 2014[28]. En novembre 2015, la presse révèle que l'association a géré ce dossier en concertation avec le cabinet de Christiane Taubira et avance que la juge d'instruction Sabine Kheris en près de deux ans n'a accompli aucun acte d'instruction[29],[30].

En , il est mis en examen pour recel de favoritisme, abus de biens sociaux et détournement de fonds publics dans l'affaire des sondages de l'Élysée réalisés entre 2007 et 2012 sous la présidence de Nicolas Sarkozy, sans mise en concurrence préalable[31].

Affaire des enregistrements de l’Élysée[modifier | modifier le code]

Durant la période où il travaille à l'Élysée, Patrick Buisson a enregistré des réunions « à l'insu » de Nicolas Sarkozy et des autres conseillers présidentiels, à l'aide d'un dictaphone caché[32] (dissimulation qu'il nie par l'intermédiaire de son avocat Me Gilles-William Goldnadel[33]). L'existence de ces enregistrements est révélée par l'hebdomadaire Le Point en février 2014, puis des extraits sont publiés par Le Canard enchaîné et Atlantico en mars. Le couple Bruni-Sarkozy porte plainte pour violation de la vie privée, à la fois contre Atlantico et contre Patrick Buisson[34] ; Patrick Buisson porte plainte contre X pour vol et recel[35],[36], mais Patrick Buisson est condamné pour atteinte à la vie privée en 2014[37].

Décorations[modifier | modifier le code]

Il est décoré par le président de la République au titre de chevalier de la Légion d'honneur, le 24 septembre 2007[38].

Le 21 janvier 2012, le pape Benoît XVI le promeut, dans la salle ducale du palais du Vatican, commandeur de l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand[39].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Documentaires[modifier | modifier le code]

  • 1985 : Le Pen sur le front, réal. avec Anne-Sophie Druet et Serge de Beketch, Paris, Intervalles
  • 1985 : L'école libre est dans la rue : Paris 24 juin 1984, réal. avec Hervé de Canteloube et Anne-Sophie Druet, Paris, Intervalles
  • 2011 : Paris Céline : Sur les pas de Céline avec Lorànt Deutsch, réal. avec Guillaume Laidet, aut. Lorànt Deutsch, Paris, Montparnasse
  • 2013 : Gustave Thibon, il était une foi, réal. Guillaume Laidet
  • 2014 : Si je mourais là-bas, la guerre des écrivains, réal. Guillaume Laidet
  • 2015 : Si Paname m'était conté, Paris années 50, réal. Guillaume Laidet
  • 2016 : Les Dieux meurent en Algérie, la guerre des combattants, réal. Guillaume Laidet

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g Carole Barjon, « Patrick Buisson : le stratège de l'ombre », Le Nouvel Observateur, 20 novembre 2008.
  2. a, b, c, d et e Raphaëlle Bacqué, « Patrick Buisson, l'hémisphère droit de Sarkozy », Le Monde, 2 octobre 2008.
  3. a et b Emeline Cazi & Ariane Chemin, « Les Buisson, une famille en miettes », in Le Monde, Paris, 12 mars 2014.
  4. « L'éminence brune », Les dossiers du Canard enchaîné - Les dégâts de la Marine, n°120, juillet 2011, pages 56-57.
  5. Thierry Leclère, « Patrick Buisson, conseiller très à droite du Président. », Télérama, Paris, 7 novembre 2009.
  6. a, b, c et d Valérie Igounet, « Patrick Buisson, plume du FN ? », sur blog.francetvinfo.fr/derriere-le-front, (consulté le 30 septembre 2016).
  7. Éric Mandonnet, Romain Rosso et Ludovic Vigogne, « Patrick Buisson, le conseiller en transgression de Sarkozy », L'Express, 25 septembre 2008.
  8. Gérald Andrieu, « Patrick Buisson, un gourou près de ses sous », sur marianne.net,
  9. Damon Mayaffre, Mesure et démesure du discours. Nicolas Sarkozy 2007-2012, Paris, Presses de Sciences Po, chap. 4 "Révolution conservatrice : 2007, une campagne fondatrice" (p. 97-152).
  10. Anna Bitton, « Patrick Buisson - L'oracle de Nicolas Sarkozy », Le Point, no 1846, 31 janvier 2008.
  11. « Guerre d'Algérie et “identité nationale” », Ldh-toulon.net, 18 novembre 2009. Consulté le 19 novembre 2009.
  12. Augustin Scalbert, « Derrière l'offensive sécuritaire de Sarkozy, deux conseillers-clés », Rue89, 14 août 2010.
  13. Le Canard Enchaîné, 25 juin 2008.
  14. Béatrice Jérome, « Comment Patrick Buisson a fait financer la chaîne Histoire », Le Monde, 28 juillet 2009.
  15. « Révélations sur Patrick Buisson, « mauvais génie » de Nicolas Sarkozy », sur lexpress.fr,
  16. Jean-Luc Mélenchon qualifie de «pure invention» son amitié supposée avec Patrick Buisson, liberation.fr, 18 mars 2015
  17. « Patrick Buisson rempile à la chaîne Histoire », telerama.fr, 12 juin 2015.
  18. Magali Ghu, « La Cause du peuple, le livre de Patrick Buisson qui étrille Sarkozy », lavoixdunord, 27 septembre 2016.
  19. “La vraie trahison, c’est celle de Sarkozy”, entretien avec Patrick Buisson, causeur.fr, 7 novembre 2016
  20. La présidence Sarkozy vue de l'intérieur, L'Express, 27 septembre 2016.
  21. Livre de Buisson : "Ça part comme des petits pains", assure son entourage, lejdd.fr, 2 octobre 2016
  22. Ellen Salvi, « Fidèles, sarkozystes, droite extrême: les soutiens empoisonnés de Fillon », sur Mediapart, (consulté le 24 novembre 2016).
  23. Antoine Guiral et Lilian Alemagna, « Les sondages très controversés du conseiller de l'Élysée », Libération, 18 juillet 2009.
  24. Le Canard enchaîné, 4 novembre 2009, page 2.
  25. a et b Françoise Fressoz, « Quand Buisson dynamite l’UMP », fressoz.blog.lemonde.fr, 12 décembre 2012.
  26. Françoise Fressoz, « Derrière la guerre Fillon Copé, le triomphe de Patrick Buisson », sur lemonde.fr
  27. Olivier Laffargue, « UMP : "Cette crise vient d'un décentrement né du discours de Grenoble" », bfmtv.com le 19/11/2012
  28. Une plainte de Patrick Buisson contre Christiane Taubira jugée recevable, lemonde.fr, 20 janvier 2014
  29. Plainte de Buisson contre Taubira : des e-mails embarrassants pour la garde des Sceaux, francetvinfo.fr, 10 novembre 2015
  30. Plainte de Buisson contre Taubira : de nouveaux éléments semblent compromettre la ministre de la Justice, atlantico.fr, 9 novembre 2015
  31. lefigaro.fr, « Patrick Buisson mis en examen dans l'affaire des sondages de l'Élysée » (consulté le 29 juillet 2015)
  32. http://www.lepoint.fr/confidentiels/exclusif-buisson-enregistrait-sarkozy-a-son-insu-12-02-2014-1790925_785.php
  33. « Selon Buisson, Sarkozy savait qu'il était enregistré », Le Monde, 6 mars 2014.
  34. Affaire Buisson. Le référé de Nicolas Sarkozy sera examiné lundi Ouest-France, 7 mars 2014
  35. « Affaire Buisson. Au tour de Patrick Buisson de porter plainte »,Ouest-France, 6 mars 2014.
  36. Affaire Buisson : après la surprise, les poursuites, site Internet d’Europe 1, 6 mars 2014.
  37. France TV Infos 28/09/2016 Patrick Buisson : j'ai enregistré Nicolas Sarkozy pour le servir
  38. Décret du 13 juillet 2007 portant promotion et nomination, JORF no 162 du 14 juillet 2007, p. 11922, texte no 3, NOR PREX0710522D, sur Légifrance.
  39. Lola Petit, « Le Vatican donnerait-il une consigne de vote déguisée ? », Le Monde des religions, 10 février 2012.
  40. Omar Carlier, Michel Cornaton, Mohammed Harbi, Jean-Charles Jauffret, Gilbert Meynier, André Nouschi, Pierre Sorlin, « L'Algérie que rêvait l'armée française », Le Monde, 22 décembre 2009.
  41. Muriel Frat, « Lorànt Deutsch : Le Paris de Céline du film au papier », Le Figaro Magazine / TV Magazine.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages
  • William Blanc, Aurore Chéry, Christophe Naudin, Les historiens de garde: de Lorànt Deutsch à Patrick Buisson, la résurgence du roman national, Inculte Éditions, 2013, 253 p.
  • Ariane Chemin, Vanessa Schneider, Le mauvais génie, Fayard, 2015, 312 p., Prix Bernard-Mazières du livre politique
  • Renaud Dély, La Droite brune: UMP-FN : Les secrets d'une liaison fatale, Flammarion, 274 p.
  • Ian Hamel, Sarko & cie, Archipel, 2011, 280 p.
  • François Bousquet, Enquête sur la droite buissonnière, éditions du Rocher, 2017.
Articles

Vidéographie[modifier | modifier le code]

  • Reportage d’Envoyé spécial, « Qui est Patrick Buisson ? », mars 2014.