Brigadier

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Dans plusieurs armées, le grade de brigadier correspond à celui de général de brigade. Cependant, certaines armées ont ou ont eu des grades de brigadiers correspondant à des grades de militaires du rang.

France[modifier | modifier le code]

Sous l'Ancien régime[modifier | modifier le code]

Dans l'armée française de l'Ancien Régime, brigadier désignait deux grades militaires : un bas-officier (c'est-à-dire un sous-officier), l'équivalent du caporal dans la cavalerie, et un officier de rang élevé, dont le titre officiel était « brigadier des armées du roi » dans l'armée (de terre) et « brigadier des armées navales » dans la marine.

Dans l’armée de terre, le Brigadier des Armées du Roi était un grade intermédiaire[1] créé en 1657 entre celui de colonel (ou mestre de camp dans la cavalerie) et celui de Maréchal de camp (équivalent de Général de brigade dans l'armée moderne).

Le grade fut d’abord créé dans la cavalerie à la demande de Turenne le 8 juin 1657[2],[3] puis dans l’infanterie le 17 mars 1668 et dans les Dragons le 15 avril 1672[4]. En temps de paix le brigadier commandait son régiment et, en manœuvre ou en temps de guerre, il en commandait deux ou trois – voire quatre - réunis pour former une brigade[5] (dont le sien mais par la suite, le grade fut décerné non seulement à des colonels - ou des mestres de camp - mais également à des lieutenants-colonels, ce qui permettait de promouvoir un officier non doté de son propre régiment).

Ce grade supérieur ne doit pas être confondu avec le rang de brigadier existant au sein de la garde du roi, qui désigne un garde expérimenté, responsable d'une unité élémentaire de quelques hommes (brigade). Ces brigadiers de la garde ont rang d'officier subalterne dans les régiments ordinaires.

Le grade de brigadier des armées est supprimé en 1788.

L'insigne du grade de brigadier des armées était une étoile unique. Lorsque le grade est supprimé en 1788, le nombre d'étoiles de ses supérieurs immédiats n'est pas modifié, ce qui explique pourquoi les généraux français ont une étoile de plus à leur insigne que leurs homologues étrangers (notamment américains).

Le grade de Chef de brigade créé sous la Révolution française remplaçait celui de Colonel. Un chef de brigade commandait alors… une demi-brigade (nom qui avait remplacé celui de régiment)!

Dans la marine, le titre de brigadier des armées navales a été créé en 1782. En 1765, il avait été décidé que les cinquante capitaines de vaisseau les plus anciens prendraient rang avec les brigadiers, les autres prenant rang avec les colonels. L’ordonnance du 26 décembre 1782 crée le titre de Brigadier des armées navales, qui pouvait être décerné aux capitaines de vaisseau sans condition d’ancienneté[6].

Le titre de Brigadier des armées navales a été implicitement supprimé par l’ordonnance du 1er janvier 1786 qui créait les chefs de division.

Depuis le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Depuis le début du XIXe siècle, dans les armes dites « à cheval » de l'armée française, le grade de brigadier est équivalent à celui de caporal. Les armes montées ou dites « à cheval » sont la cavalerie (devenue Arme blindée et cavalerie), l'artillerie, le train et la gendarmerie.

Le grade supérieur de brigadier-chef est équivalent à celui de caporal-chef.

Le grade de brigadier est également utilisé dans la police nationale (Sous-Brigadier de police, Brigadier de police et Brigadier-chef de police) ainsi que dans la police municipale (Brigadier et Brigadier-chef principal).

Italie[modifier | modifier le code]

En Italie, au sein des Carabiniers et de la Garde des finances, les grades de vice-brigadier (vice brigadiere), brigadier (brigadiere) et brigadier-chef (brigadiere capo) correspondent grossièrement au grade de sergent de l'armée.

Suisse[modifier | modifier le code]

Insigne du grade de brigadier de l'armée suisse

Dans l'armée suisse, le grade de brigadier (en allemand Brigadier) se reconnaît par une étoile. Il se trouve entre le colonel et le divisionnaire. Il est le premier grade des officiers généraux.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Équivalents civils[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Comme on le verra ci-dessous, le brigadier est un colonel (ou un mestre de camp dans la cavalerie) qui, en temps de paix ne commande que son régiment, mais, même s'il reçoit un brevet de brigadier il n'est pas un officier général à part entière car il ne commande que des troupes d'une seule arme. Pour les puristes de l'époque l'appellation de brigadier « des armées du roi » n'est donc pas justifiée et on devrait uniquement parler de « brigadier de cavalerie » ou de « brigadier d'infanterie ». Voir également les autres notes ci-dessous.
  2. Général Louis Susane, Histoire de la Cavalerie Française, t. 1, Paris, J. Hetzel et Cie, 1874
  3. D’après le Général Susane, Turenne estimait que le commandement de la cavalerie d’une armée ne pouvait revenir qu’à un officier général pleinement qualifié. Hors il n’existait dans son esprit que trois charges répondant à cette exigence : celle de Colonel Général de Cavalerie (dont il était titulaire depuis le 24 avril 1657), celle de Mestre de camp Général de la Cavalerie et celle de commissaire général de la cavalerie (qui avait également été créée à son initiative). Donc, lorsque le nombre d’armées en campagne était supérieur à trois, il existait une carence que ces nominations venaient corriger. La première « fournée » de brigadiers comptait 13 mestres de camp.
  4. Cité dans le document « Insignes des grades et des fonctions des officiers généraux. » sur le site du ministère de la défense. Ce document cite la Chronologie historique militaire de M.Pinard, qui est disponible sur Gallica
  5. L'existence des brigades est antérieure à celle du grade de brigadier. Avant la création du grade, ce commandement pouvait être exercé temporairement par les colonels ou mestres de camp mais se posaient alors des problèmes de préséance.
  6. Voir document « Insignes des grades et des fonctions des officiers généraux. » sur le site du ministère de la défense (op. cit.)