Élie Halévy

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Élie Halévy

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Élie Halévy

Naissance
Étretat, Drapeau de la France France
Décès (à 66 ans)
Sucy-en-Brie, Drapeau de la France France
Nationalité Française
Pays de résidence France
Diplôme
doctorat de philosophie
Profession philosophe, historien
Ascendants
Famille
frère ainé de Daniel Halévy

Élie Halévy ( à Étretat- à Sucy-en-Brie) est un philosophe et historien libéral français, spécialiste du Royaume-Uni.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né en 1870, Élie Halévy est le fils de Ludovic Halévy, le célèbre librettiste d'opéra, d'origine juive, auteur en particulier de livrets pour Jacques Offenbach et de Louise Breguet, fille d'une dynastie d'horlogers protestants. Élie et son jeune frère Daniel grandissent à Montmartre, dans un monde d'intellectuels et d'artistes, et dans la religion protestante de leur mère, selon la règle de la famille.

Élève brillant, il s'intéresse à la philosophie, où il obtient un premier prix au concours général. En 1890, il entre à l'École normale où il fréquente Xavier Léon, Célestin Bouglé, Alain et Léon Brunschvicg et Dominique Parodi[1]. L'année de l'agrégation, il réfléchit en particulier sur Platon, ce qui aboutira en 1896 à la publication d'un ouvrage sur la théorie platonicienne du savoir. Il fonde avec Xavier Léon la Revue de métaphysique et de morale qui commence à paraître en 1893.

En 1901, il passe son doctorat sur la « formation du radicalisme philosophique » une étude sur Jeremy Bentham et l'utilitarisme.

À partir de 1892 Halévy, à la demande d'Émile Boutmy, commença à donner un cours à l'École libre des sciences politiques sur « L'évolution des idées politiques dans l'Angleterre au XIXe siècle ». En 1900, un second cours lui fut confié sur le développement du socialisme[2]. Ses cours sur l'Angleterre ont donné naissance à ses deux principaux ouvrages : La Formation du radicalisme philosophique (1901-1904) et l'Histoire du peuple anglais au XIXe siècle (1912-1932).

Pendant la Première Guerre mondiale, trop vieux déjà pour être mobilisable, il s'est porté volontaire comme infirmier, et on l'a affecté à Chambéry où il vit « dans le cléricalisme d'ambulance » (lettre du 17 novembre 1914). Sa correspondance avec Alain et avec Xavier Léon, où il se révèle un observateur aigu et souvent prophétique, a été partiellement publiée (Paris, Gallimard, 1957).

Influence[modifier | modifier le code]

Élie Halévy fut à la fois préoccupé par les idées sociales et proche du libéralisme. Sur ce point son rôle est à rapprocher à celui de Graham Wallas dont après la guerre de 1914, il fut l'ami[3]. Si Graham Wallas a contribué à éloigner Walter Lippmann du socialisme, Élie Halévy a joué un rôle similaire dans l’évolution de Raymond Aron[4].

Tout comme Graham Wallas, il était en faveur du libre échange. Raymond Aron note dans ses mémoires qu'il lui aurait confié que « seul le libre-échangiste a le droit de se dire pacifique[5] ». Après la guerre de 1914, il lui fut proposé un poste à la Société des Nations[6] qu'il a refusé afin de se consacrer à la fin de son histoire de l'Angleterre au XIXe siècle. Il donna des conférences au Royal Institute of International Affairs un think tank anglais spécialisé dans les relations internationales.

Il fut l'un des premiers à rapprocher le fascisme et le communisme dans des conférences qui furent publiées en 1938 sous le titre de l’Ère des tyrannies. Trois membres de l’association des amis d’Élie Halévy, présidée par Célestin Bouglé, ont participé en 1938 au Colloque Walter Lippmann : Raymond Aron, Robert Marjolin et Étienne Mantoux.

Œuvres[modifier | modifier le code]

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  • 1896, La Théorie platonicienne des sciences, 1896, Félix Alcan, Paris 1896, p. xl, 379
  • 1901-1904, La Formation du radicalisme philosophique
    • 1901, La Jeunesse de Bentham 1776-1789
    • 1901, L’Évolution de la doctrine utilitaire de 1789 à 1815
      qui lui servit pour passer sa thèse
    • 1904, Le Radicalisme philosophique
  • 1913-1923, Histoire du peuple anglais au XIXe siècle, trois volumes et un volume posthume, 1947
    • 1913, L’Angleterre en 1815
    • 1923, Du lendemain de Waterloo à la veille du Reform bill
    • 1923, De la crise du Reform Bill à l’avènement de Sir Robert Peel : 1830-1841
    • 1946, Le Milieu du siècle : 1841-1852
  • 1926, Épilogue 1. Les impérialistes au pouvoir : 1895-1914
  • 1932, Épilogue 2. Vers la démocratie sociale et vers la guerre : 1895-1914
  • 1938, L’Ère des tyrannies, préf. de Célestin Bouglé, nouvelle édition, Gallimard 1990[7]
  • 1948, Histoire du socialisme européen rédigé à partir de notes de cours par des anciens étudiants : Raymond Aron, Robert Marjolin, Jean-Marcel Jeanneney, Pierre Laroque.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cristopher Bone, « Élie Halévy: Historian as Philosopher », The Journal of British Studies, vol. 13, no 1 (Nov., 1973), p. 151-168. accès JSTOR[1]
  2. André Siegfried, nécrologie : Élie Halévy, Revue d'économie politique, mars avril 1938, p. 431
  3. Il remercie souvent en début de ses livres Graham Wallas un homme qu'il connaissait depuis les années 1890
  4. Baverez, 1993, p. 101
  5. in Mémoires, édition 1983, p. 212
  6. André Siegfried, nécrologie : Élie Halévy, Revue d'économie politique, mars avril 1938, p. 432
  7. Célestin Bouglé a des mots durs envers un des principaux dirigeants fabiens : « et Sidney Webb, écrit-il, a le doit de rire, d’un rire méphistophélique, ce même Sidney Webb dont Élie Halévy, dès son arrivée en Angleterre, a senti les sympathies pour la conception hégélienne de l’État et les méthodes prussiennes de la bureaucratie organisatrice »

Références[modifier | modifier le code]

  • Aron Raymond, 1983, Mémoires, Julliard.
  • Baverez Nicolas, 1993, Raymond Aron, Flammarion 1995
  • Chase Myrna, 1980, Élie Halévy : an Intellectual Biography, Columbia University Press