Silvio Berlusconi

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Silvio Berlusconi
Silvio Berlusconi, en 2010.
Silvio Berlusconi, en 2010.
Fonctions
81e président du Conseil des ministres italien
8 mai 200816 novembre 2011
(&&&&&&&&&&&012873 ans, 6 mois et 8 jours)
Président Giorgio Napolitano
Gouvernement Berlusconi IV
Législature XVIe
Coalition PdL-LN-MpA (2008-2010)
PdL-LN-PeT (2010-2011)
Prédécesseur Romano Prodi
Successeur Mario Monti
Ministre du Développement économique
(par intérim)
5 mai 20104 octobre 2010
Président du Conseil Lui-même
Prédécesseur Claudio Scajola
Successeur Paolo Romani
79e président du Conseil des ministres
11 juin 200117 mai 2006
(&&&&&&&&&&&018014 ans, 11 mois et 6 jours)
Président Carlo Azeglio Ciampi
Gouvernement Berlusconi II
Berlusconi III
Législature XIVe
Coalition Maison des libertés
Prédécesseur Giuliano Amato
Successeur Romano Prodi
Ministre de l'Économie et des Finances
(par intérim)
8 mai 200617 mai 2006
Président du Conseil Lui-même
Prédécesseur Giulio Tremonti
Successeur Tommaso Padoa-Schioppa
Ministre de la Santé
(par intérim)
10 mars 200617 mai 2006
Président du Conseil Lui-même
Prédécesseur Francesco Storace
Successeur Livia Turco
Ministre de l'Économie et des Finances
(par intérim)
3 juillet 200416 juillet 2004
Président du Conseil Lui-même
Prédécesseur Giulio Tremonti
Successeur Domenico Siniscalco
Président du Conseil européen
1er juillet 200331 décembre 2003
Prédécesseur Costas Simitis
Successeur Bertie Ahern
Ministre des Affaires étrangères
(par intérim)
6 janvier 200214 novembre 2002
Président du Conseil Lui-même
Prédécesseur Renato Ruggiero
Successeur Franco Frattini
74e président du Conseil des ministres
10 mai 199417 janvier 1995
(&&&&&&&&&&&&02528 mois et 7 jours)
Président Oscar Luigi Scalfaro
Gouvernement Berlusconi I
Législature XIIe
Coalition Pôle des libertés - Pôle du bon gouvernement
Prédécesseur Carlo Azeglio Ciampi
Successeur Lamberto Dini
Biographie
Date de naissance 29 septembre 1936 (77 ans)
Lieu de naissance Milan (Italie)
Parti politique Forza Italia (1994-2009)
Le Peuple de la liberté
(2009-2013)
Forza Italia (depuis 2013)
Conjoint Carla Dall'Oglio (1965-1985)
Veronica Lario (1990-2014)
Enfant(s) Marina Berlusconi
Pier Silvio Berlusconi
Barbara Berlusconi
Eleonora Berlusconi
Luigi Berlusconi
Diplômé de Université de Milan
Profession Homme d'affaires
Religion Catholicisme
Résidence Villa San Martino
Palais Grazioli

Signature

Silvio Berlusconi
Présidents du Conseil des ministres d'Italie

Silvio Berlusconi Prononciation du titre dans sa version originale Écouter, autrefois surnommé il Cavaliere[1], né le 29 septembre 1936 à Milan, est un homme d'affaires et homme politique italien, président de Forza Italia.

Fondateur et dirigeant de la holding financière Fininvest, puis du groupe de communication Mediaset, Silvio Berlusconi est, en 2012, selon le magazine Forbes, le sixième homme le plus riche d'Italie et le 169e plus riche au monde, avec des actifs estimés à 5,9 milliards de dollars américains[2].

Après avoir créé le mouvement politique de centre-droit Forza Italia, il est nommé président du Conseil des ministres en mai 1994, à la suite de la victoire de son parti aux élections générales. Huit mois plus tard, du fait du retrait de la Ligue du Nord de sa coalition gouvernementale, Silvio Berlusconi quitte ses fonctions. En juin 2001, après la victoire de sa coalition de centre-droit aux élections générales, il est à nouveau appelé à la tête du gouvernement ; il dirige deux gouvernements successifs jusqu'en avril 2006, lorsqu'il est défait de justesse par la coalition de centre-gauche menée par Romano Prodi. Deux ans plus tard, le 8 mai 2008, des élections générales anticipées lui permettent de retrouver la présidence du Conseil des ministres pour la troisième fois. Il quitte son poste en novembre 2011, en pleine crise économique nationale et européenne. À l'issue des élections générales de 2013, Berlusconi est élu sénateur pour la première fois et la coalition de centre-droit qu'il conduit lors de la campagne talonne le centre-gauche, cette situation compliquant la formation d'un gouvernement. Il est déchu de son mandat le 27 novembre 2013, alors qu'il était parlementaire sans discontinuer depuis 1994, à la suite de sa condamnation définitive pour fraude fiscale ; il se place alors dans l'opposition au gouvernement Letta avec une reprise de Forza Italia.

Troisième chef de gouvernement à la plus grande longévité depuis la réunification de l'Italie, en 1861, il détient le record de longévité à la présidence du Conseil sous la République italienne (plus de neuf ans). Il a profondément marqué la vie politique italienne, que ce soit par son style de gouvernement ou par les scandales et mises en cause judiciaires qui ont émaillé sa vie politique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines, études et vie privée[modifier | modifier le code]

Silvio Berlusconi est le premier enfant d'une famille de la petite bourgeoisie milanaise. Il passe son enfance au nord-ouest de Milan, d'abord à Saronno[3], ville natale de son père, puis à Lomazzo durant l'occupation allemande alors que son père qui était soldat avait dû se réfugier en Suisse[4]. Son père, Luigi Berlusconi (1908-1989), a travaillé la majeure partie de sa vie à la Banque Rasini (it), passant du rang de simple employé à celui de fondé de pouvoir. Sa mère, Rosa Bossi (1911-2008), était femme au foyer, après avoir été secrétaire chez Pirelli durant la guerre[4].

Il passe sa maturité en 1954, dans une section lettres classiques, au lycée catholique Copernic de Milan et il s'inscrit en droit à l'Université d'État de cette ville. Il enchaîne les petits boulots comme vendeur de produits d'électroménager, photographe lors de cérémonies ou encore chanteur dans un orchestre, se produisant notamment sur des bateaux de croisières.

Silvio Berlusconi obtient, en 1961, une licence en droit en présentant une thèse sur les aspects juridiques de la publicité à l'université de Milan[5].

En 1965, il épouse Carla Maria Elvira Dell’Oglio (1940), originaire de Gênes, avec laquelle il a deux enfants :

En 1980, Silvio Berlusconi, au théâtre Manzoni de Milan, rencontre l'actrice Veronica Lario, celle-ci occupant un rôle dans une pièce de théâtre[6]. Ils entretiennent une liaison amoureuse, au cours de laquelle l'homme d'affaires fait don à sa maîtresse d'un appartement, situé sur la cossue via Rovani à Milan à quelques pas du siège social de l'entreprise Fininvest. En 1984, en Suisse, Veronica Lario donne naissance à une fille, Barbara. Après la naissance de cet enfant illégitime que l'homme d'affaires reconnaît, Silvio et Carla Berlusconi divorcent. Berlusconi assume alors la relation qu'il entretient avec son ancienne maîtresse. Le couple aura deux autres enfants, Eleonora (1986) et Luigi (1988). Le 10 décembre 1990, Silvio Berlusconi épouse civilement Veronica Lario, à Milan ; la cérémonie, célébrée par le maire socialiste de la ville, Paolo Pillitteri, a pour témoins le journaliste Gianni Letta, l'homme d'affaires Fedele Confalonieri et l'ancien président du Conseil socialiste Bettino Craxi.

En mai 2009, Veronica Berlusconi, « excédée par [le] comportement » de Berlusconi et les relations de son époux avec des femmes bien plus jeunes que lui, décide de demander le divorce[7]. En mai 2010, le tribunal de Milan demande à Silvio Berlusconi de verser à son ex-épouse une pension de 300 000 € par mois[8],[9]. Le 28 décembre 2012, le tribunal de Milan rend un nouveau jugement : Veronica Lario touche finalement trois millions d'euros de pension mensuelle, soit 100 000 euros par jour[10]. Le divorce du couple est officiellement prononcé le 18 février 2014, bien que des négociations de nature financière soient toujours en cours.

En décembre 2012, Silvio Berlusconi s'affiche au bras de Francesca Pascale, une jeune militante de son parti, qu'il présente officiellement comme sa fiancée[11].

Activités de mécénat[modifier | modifier le code]

Collectionneur de tableaux et d'art (Le Tintoret, Canaletto, Cascella, Briante), Silvio Berlusconi est passionné par les antiquités et la botanique, mais surtout par la musique légère. Il apprécie particulièrement les chansons françaises ; dans sa jeunesse il fut, avec son ami Fedele Confalonieri, animateur et chanteur à bord des paquebots de croisière de la compagnie Costa Crociere ; Confalonieri jouait du piano, Berlusconi chantait en s’accompagnant à la guitare et à la contrebasse. Sa passion pour les livres l'a conduit, alors qu'il était devenu le principal éditeur italien, à s'occuper personnellement de l'édition de nombreux ouvrages, parmi lesquels L'Éloge de la folie d'Érasme, l’Utopie de Thomas More, Le Prince de Machiavel avec les annotations de Napoléon, De hominis dignitate de Jean Pic de la Mirandole, La Città del sole de Tommaso Campanella, le Manifeste du Parti communiste de Marx et Engels, Le Spaccio della bestia trionfante de Giordano Bruno.

Il possède la villa San Martino à Arcore, près de Milan et la luxueuse villa Certosa, dont le domaine est plus vaste que celui du Vatican, à Porto Rotondo (Sardaigne), et où il a invité fastueusement plusieurs hommes d'État, dont Vladimir Poutine et Tony Blair. En juillet 2010, selon Il Sole 24 Ore et les médias espagnols, Silvio Berlusconi souhaiterait la vendre pour 450 millions d'euros[12].

Carrière dans le monde des affaires[modifier | modifier le code]

C'est en 1961 que Silvio Berlusconi entame sa carrière d'entrepreneur dans le domaine du bâtiment et comme promoteur, associé avec Pietro Canali, au sein de la société « Cantieri Riuniti Milanesi Spa ». Fondateur de l'entreprise Edilnord en 1963 puis d'Edilnord 2 en 1968, il lance à Brugherio la construction d'un complexe résidentiel de 18 tours, pouvant accueillir 4 000 personnes. À partir de la fin des années 1960, il fait construire les quartiers résidentiels Milano 2 et Milano 3[13].

En 1976, il inaugure « Telemilano », la télévision câblée de Milano 2[14], qui très rapidement diffuse ses émissions dans toute la Lombardie. En 1978, Silvio Berlusconi fonde la holding Fininvest, qui deviendra le deuxième groupe privé italien après Fiat en contrôlant trois chaînes de télévision (groupe privé Mediaset), le plus grand éditeur italien (Mondadori), un groupe de services financiers (banque de détail, assurances) et la plus importante régie publicitaire italienne, présente dans le cinéma (Medusa) et la vidéo.

Il est fait « chevalier de l'ordre du Mérite du travail » en 1977, ce qui lui vaudra son surnom d'il Cavaliere, titre dont il s'auto-suspend le 20 mars 2014, avant que l'Ordre n'examine sa radiation.

Reçu de 100 000 lires de Silvio Berlusconi comme membre à la loge clandestine pseudo-maçonnique « P2 » (Propaganda 2).

L'année suivante, en janvier 1978, il a adhéré à la loge maçonnique secrète Propaganda Due (P2)[15]. Par la suite, il a été condamné pour parjure pour avoir nié son appartenance à cette organisation puis il a bénéficié d'une prescription juridique.

En 1980, il lance Canale 5, la première chaîne de télévision privée à l’échelle nationale, puis rachète les chaînes Italia 1 au groupe Rusconi (1982) et Rete 4 au groupe Mondadori (1984). Aussitôt après, il s'élargit en Europe : il lance la Cinq en France (1986)[16], puis Telefünf en Allemagne (1987) et Telecinco en Espagne (1989).

Silvio Berlusconi achète le club de football en difficultés, le Milan AC, en 1986[17]. S'occupant personnellement de celui-ci, toujours proche des divers entraîneurs (Sacchi, Capello, Ancelotti) et des joueurs (en particulier Maldini, Schevchenko, Kaká, Ronaldinho), il parvient à redresser et moderniser le club qui connaît ainsi de nombreux succès, dont cinq coupes d'Europe (et trois autres fois en finale). Par la suite, il se servira de cette réussite pour sa carrière politique[18].

Dans le secteur des assurances et des produits financiers, il Cavaliere possède les sociétés Mediolanum et Programma Italia. En 1990, il entre également chez l’éditeur Mondadori, devenant le principal éditeur italien de livres et de périodiques, et contrôle plus de 80 % du capital du quotidien Il Giornale. Avec la Medusa et Cinema 5, il devient également le premier producteur et distributeur de cinéma italien.

En 2007, la part majoritaire (75 %) du groupe de production télévisuelle Endemol, détenue par Telefonica, est vendue à un consortium composé de Mediaset, le groupe de Silvio Berlusconi et Goldman Sachs, pour un montant de 2,629 milliards d'euros[19].

Dans sa liste des milliardaires du monde en 2004, le magazine Forbes le cite, comme étant la personne la plus riche d'Italie, avec un patrimoine estimé à 12 milliards de dollars.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Lancement de Forza Italia (1993 - 1994)[modifier | modifier le code]

Silvio Berlusconi se définit comme anticommuniste depuis qu'à l'âge de 11 ans, il a été « agressé par des activistes communistes qui voulaient l'empêcher de coller des affiches »[20]. Il fut par la suite un proche du socialiste Bettino Craxi, parrain de sa fille Barbara et témoin de son mariage avec Veronica Lario, qui participa à son ascension au sein du monde audiovisuel[21].

Il Cavaliere entre pour la première fois dans le débat politique italien en apportant son soutien au candidat du MSI (extrême droite) à la mairie de Rome, Gianfranco Fini, en 1993.

Le 18 janvier 1994, quatre jours après la dissolution du Parlement décidée par le président de la République, Oscar Luigi Scalfaro, il annonce la création d'un nouveau parti politique de centre-droit, Forza Italia (« Allez l'Italie »), dans lequel il investit 22 milliards de lires. À cette occasion, il se pose en défenseur de la liberté, de la famille – « noyau principal de la société » –, de la tradition chrétienne et du travail.

Dans une déclaration télévisée de neuf minutes, le 26 janvier suivant, il Cavaliere déclare son intention de briguer la présidence du Conseil : « J'ai choisi de descendre sur le terrain et de m'occuper de la chose publique. […] Je ne veux pas vivre dans un pays non libéral, gouverné par des forces immatures et des hommes liés à un passé politiquement et économiquement désastreux[22]. » Deux mois avant les élections générales anticipées, alors que l'opération Mains propres a éliminé du paysage politique la Démocratie chrétienne et le Parti socialiste italien, la coalition de gauche formée autour du Parti démocrate de la gauche est la grande favorite du scrutin[22].

Lors de sa campagne, durant laquelle il fait réaliser plusieurs sondages pour déterminer ses grands axes, Silvio Berlusconi promet de lutter activement contre la criminalité organisée, l'endettement de l'État et le chômage, qui touche plus de 11 % des actifs italiens. Il mise aussi sur sa réussite professionnelle, qu'il estime ne devoir qu'à lui, et mobilise ses trois chaînes de télévision, sa régie publicitaire et son groupe éditorial pour sa campagne électorale[23]. Dans le même temps, il parvient à rallier le parti régionaliste La Ligue du Nord d'Umberto Bossi au sein du Pôle des libertés (circonscriptions du Nord et du Centre de l'Italie), l'Alliance nationale de Gianfranco Fini dans le Pôle du bon gouvernement (circonscriptions du Sud et du Centre) et le Centre chrétien-démocrate.

Au cours de ses grands meetings auxquels participent beaucoup de citoyens de toutes classes sociales, l'homme d'affaires promet « une Italie propre ». Il déclare, entre autres, à Milan, lors du lancement de sa campagne, qu'il représente « l'Italie des travailleurs, et pas des baratineurs, l'Italie qui produit et pas celle qui gaspille, l'Italie qui épargne et non celle qui vole, l'Italie des gens comme il faut et non plus celle des vieux partis »[24]. Alors que sa candidature suscite le scepticisme de ses adversaires[25], Silvio Berlusconi connaît une soudaine hausse de popularité, arrivant en tête des sondages quant aux personnalités que les Italiens souhaitent voir s'installer à la présidence du Conseil[26]. Sorti vainqueur d'un duel qui l'opposait au candidat de la gauche Achille Occhetto, il s'attaque aux communistes et promet un « nouveau miracle économique ».

Les 27 et 28 mars 1994, massivement soutenu par les classes moyennes (artisans, commerçants, petits chefs d'entreprise), le Pôle des libertés - Pôle du bon gouvernement remporte la majorité absolue à la Chambre des députés (366 sièges sur 630) et la manque de peu au Sénat (156 sièges sur 315). Deux mois après sa fondation, Forza Italia s'impose comme la première force politique du pays.

Premier mandat de président du Conseil (1994 - 1995)[modifier | modifier le code]

À 57 ans, Silvio Berlusconi est le chef de la nouvelle majorité. Peu après sa victoire aux élections, soucieux de rompre avec les méthodes de l'ancienne classe politique, il refuse à l'opposition la présidence d'une des deux chambres, comme il était d'usage jusqu'alors : le 16 avril 1994, la jeune militante catholique de la Ligue du Nord Irene Pivetti est élue présidente de la Chambre des députés, tandis que le professeur Carlo Scognamiglio se voit confier le titre de président du Sénat de la République, avec une voix d'avance sur Giovanni Spadolini[27].

Le 28 avril 1994, Silvio Berlusconi est chargé par le chef de l'État, Oscar Luigi Scalfaro, de former le nouveau gouvernement. Au terme de onze jours de négociations, la composition du cabinet Berlusconi est dévoilée : sur 25 ministères, Forza Italia se voit attribuer neuf portefeuilles, l'Alliance nationale et la Ligue du Nord en obtiennent cinq chacune, le Centre chrétien-démocrate et l'Union du Centre deux, tandis que deux portefeuilles sont confiés à des personnalités indépendantes. Le leader de la Ligue du Nord, Umberto Bossi, obtient la nomination de Roberto Maroni, numéro deux du parti régionaliste, au poste de vice-président du Conseil et ministre de l'Intérieur, après le refus du très populaire juge de l'opération Mains propres, Antonio Di Pietro. À la suite des réticences du président de la République à nommer Cesare Previti au ministère de la Justice, le nouveau président du Conseil se résout à proposer le poste au centriste Alfredo Biondi. Le gouvernement, après avoir obtenu une voix de majorité au Sénat, est investi par la Chambre des députés par 366 voix contre 245[28]. Au niveau international, la présence de ministres néo-fascistes et eurosceptiques trouble et inquiète plusieurs dirigeants, parmi lesquels François Mitterrand[29].

Les premières élections que doit affronter la nouvelle majorité sont un succès. Le 12 juin 1994, le Pôle des libertés - Pôle du bon gouvernement obtient près de 50 % des suffrages aux élections européennes, alors que le Parti démocrate de la gauche recueille 19,1 %. Forza Italia, avec 30,6 % des voix, conforte sa prépondérance dans le paysage politique italien.

Le ministre de la Justice, Alfredo Biondi, provoque la première polémique à laquelle doit faire face le gouvernement en présentant un décret qui limite la possibilité d'arrêter les inculpés pour corruption ou concussion, sauf en cas de risque de fuite. À son retour du G7 de Naples où sa première prestation internationale a été saluée, Silvio Berlusconi le fait adopter en Conseil des ministres. Mais devant l'opposition farouche de la gauche et de la magistrature, le texte est retiré le 19 juillet 1994[30].

Dès lors, les tensions se multiplient entre les pouvoirs exécutif et judiciaire. Le 22 novembre 1994, le président du Conseil, qui préside le sommet mondial de l'ONU contre la criminalité organisée, reçoit un avis d'ouverture d'enquête. Celui-ci nie les accusations de corruption et, fait unique pour un chef de gouvernement en exercice, est entendu le 13 décembre, au palais de justice de Milan, pour le versement de 330 millions de lires à la brigade financière.

Au sein de la majorité, les points de désaccord entre les différentes composantes sont chaque jour plus nombreux, comme sur les privatisations, ce que la situation économique et sociale, qui ne s'améliore pas du fait du niveau de la bourse, n'atténue pas[31]. Silvio Berlusconi annonce alors un plan de rigueur de 50 000 milliards de lires, qui prévoit en particulier une réforme du système de retraites et dans le même temps, des allègements fiscaux pour les entreprises réinvestissant leurs bénéfices et les artisans.

Le départ d'Umberto Bossi, dirigeant de la Ligue du Nord qui redoute de voir une partie de son électorat passer dans le camp de Forza Italia[32], rend Berlusconi minoritaire au Parlement. De fait, Berlusconi se rend au palais du Quirinal remettre sa démission le 22 décembre 1994 au président Scalfaro, et quitte officiellement ses fonctions le 17 janvier 1995. Lors de son départ du palais Chigi, malgré une reprise de la croissance économique, le chômage dépasse encore les 12 % et la pression fiscale reste à un niveau élevé.

Un gouvernement « technique » est formé par son ancien ministre du Trésor, Lamberto Dini, auquel il n'apporte pas son soutien. Contrairement aux espérances d'il Cavaliere, dont la popularité reste forte[33], le chef de l'État s'oppose à la convocation d'élections anticipées. Silvio Berlusconi dénoncera le comportement hostile d'Umberto Bossi, qu'il accuse d'avoir « mis à dure épreuve » sa patience et celle de tout son gouvernement. Par la suite, en raison du rapprochement avec la Ligue du Nord lors des élections de 2001, il vilipendera la magistrature et le président Scalfaro, qui auraient incité Bossi à retirer son soutien à l'exécutif[34].

Leader de l'opposition à la coalition de centre-gauche (1995 - 2001)[modifier | modifier le code]

Après avoir envisagé l'arrêt de sa carrière politique, Silvio Berlusconi se ravise : « Je vais en décevoir quelques-uns, mais je n'abandonne pas la politique », déclare-t-il peu après sa démission de la présidence du Conseil. Le 23 avril 1995, lors d'élections régionales marquées par un fort taux d'abstention, le centre-droit est devancé par la coalition de centre-gauche, qui s'empare de neuf présidences de régions sur les quinze renouvelables. En juin de la même année, des référendums visant à interdire à une personne privée de posséder plus d'une chaîne nationale et à limiter les coupures pubs sont soumis à la population, qui les rejette[35] : menacé, l'empire médiatique d'il Cavaliere est finalement sauvé.

À la suite de l'échec de la constitution d'un gouvernement d'unité nationale destiné à réformer les institutions, Oscar Luigi Scalfaro dissout le Parlement le 16 janvier 1996. Silvio Berlusconi repart en campagne à la tête d'une coalition agitée, le Pôle pour les libertés, qui n'inclut pas la Ligue du Nord. Face à L'Olivier, qui réunit les différentes formations de centre-gauche sous la houlette de Romano Prodi, son programme ne constitue plus une nouveauté. Lors des élections générales du 21 avril 1996, L'Olivier devance le centre-droit : bien que majoritaire en nombre de voix, celui-ci perd 120 sièges à la Chambre des députés et 39 au Sénat par rapport au scrutin de 1994. Revenant sur sa promesse de quitter la vie politique en cas d'échec, Silvio Berlusconi indique qu'il sera « le chef de l'opposition, la sentinelle de la liberté »[35].

Le soutien du Parti de la refondation communiste se révèle indispensable à la formation du cabinet Romano Prodi. Celui-ci prête serment le 18 mai 1996, en faisant de l'Europe sa priorité. Il conduit une politique de rigueur, critiquée par l'opposition et quelques communistes, dans le but de réintégrer la lire italienne dans le système monétaire européen. Les élections municipales partielles de 1997 sont un cinglant échec pour la droite, largement défaite à Rome, Venise ou encore Naples. Qualifié par le président du Conseil de « candidat le plus facile à battre »[35], Silvio Berlusconi, affaibli physiquement par un cancer de la prostate[36], est tenu pour principal responsable de cette déroute.

Malgré la réduction des déficits publics, le gouvernement Prodi est renversé d'une voix par la Chambre des députés, le 9 octobre 1998, à la suite d'une motion de défiance votée par des communistes. Refusant des élections générales anticipées de peur que Silvio Berlusconi ne revienne au pouvoir[37], l'ex-communiste et secrétaire des Démocrates de gauche, Massimo D'Alema, forme un nouveau cabinet avec l'appui de huit partis politiques, dont l'UDR de l'ancien président démocrate-chrétien Francesco Cossiga. Mais la majorité, vite confrontée à des dissensions internes (sur l'autorisation d'asile au leader kurde Abdullah Öcalan ou à propos de l'engagement au Kosovo), part divisée aux élections européennes de 1999, où Forza Italia (25,17 % des voix) supplante nettement les Démocrates de gauche (17,34 %). Silvio Berlusconi, fraîchement élu député européen, réclame alors la démission du président du Conseil, qui procède seulement à un mini-remaniement du gouvernement, comptant pas moins de 66 secrétaires d'État pour satisfaire ses différents alliés[38].

Lors des élections régionales de l'année suivante, alors que le temps de parole des personnalités politiques à la télévision est désormais limité, le leader de Forza Italia lance une gigantesque campagne d'affichages[39]. Le 16 avril 2000, la Maison des libertés (Casa delle libertà), coalition qui succède au Pôle pour les libertés et dans laquelle figure la Ligue du Nord, remporte huit des quinze régions à statut normal, parmi les plus peuplées et les plus prospères d'Italie. Avec 50,8 % des suffrages exprimés contre 45,1 % à la majorité au niveau national, l'opposition ravit notamment la présidence du Latium en la personne de Francesco Storace (AN). En conséquences, Massimo D'Alema remet sa démission au président de la République, qui charge Giuliano Amato de former un nouveau cabinet, composé « en bonne partie de la classe dirigeante craxienne », selon l'ancien juge et député IdV Antonio Di Pietro[40].

Malgré ses démêlés judiciaires et la contestation de son leadership au sein de la droite, Silvio Berlusconi parvient à s'affirmer comme le véritable leader de l'opposition. La décision du président du Conseil Massimo D'Alema de dialoguer directement avec lui, en l'associant par exemple à la réforme des institutions, lui permet d'acquérir une légitimé d'homme d'État qu'il n'avait pas auparavant[41]. Dans cette optique et dans une approche atlantiste, il soutient l'intervention de l'OTAN au Kosovo, l'élection de Romano Prodi à la présidence de la Commission européenne et celle de l'économiste Carlo Azeglio Ciampi à la présidence de la République, avec l'espoir de ne pas être en conflit avec celui-ci dans l'hypothèse d'un retour à la présidence du Conseil[42]. De plus, à partir de la fin de l'année 1999, il Cavaliere remporte plusieurs batailles judiciaires[43], bien que d'autres affaires attendent encore d'être jugées. À l'approche de la campagne électorale de 2001, il se pose en victime et dénonce l'acharnement des « juges communistes »[44].

En vue des élections générales de 2001, Silvio Berlusconi tire les leçons de son échec à la tête du gouvernement quelques années plus tôt, en favorisant par exemple l'implantation locale de son parti Forza Italia, qui compte plus de 300 000 adhérents. Il renoue aussi avec la Ligue du Nord, autour d'un programme prévoyant la mise en œuvre du fédéralisme et une lutte accrue contre l'immigration. Dans le même temps, la majorité sortante, qui n'a pas réussi à maintenir la stabilité politique (quatre cabinets en cinq ans, une cinquantaine de groupes parlementaires constitués lors de la XIIIe législature, une centaine de parlementaires qui ont changé de camp[45]), à redéfinir les rapports entre pouvoirs exécutif et judiciaire ou encore à lutter activement contre l'immigration, est divisée entre ses différents responsables : Romano Prodi, Massimo D'Alema, Walter Veltroni.

Six mois après la nomination de Giuliano Amato à la présidence du Conseil, c'est le maire de Rome, Francesco Rutelli, qui est choisi pour conduire L'Olivier aux élections générales de mai 2001. Jeune et télégénique, il ne parvient cependant pas à faire oublier les divisions de son camp : ainsi, certains dirigeants de la majorité dénoncent un manque de projet et d'équipe[46], et la Sicile passe à droite à la suite de la défection de plusieurs conseillers régionaux de gauche. De son côté, Silvio Berlusconi s'adresse aux couches populaires et s'engage à être un « président du Conseil ouvrier », mettant tout en œuvre pour « faire sortir de leurs conditions actuelles » les sept millions de pauvres, augmentant les pensions de retraite et négociant avec les syndicats[47]. Il prône la tolérance zéro en matière de sécurité et promet de relancer la croissance du pays via le lancement de grands travaux. Violemment vilipendé par ses adversaires qui mettent en garde contre une « droite arrogante et dangereuse » et envisagent l'hypothèse d'une sortie de l'Europe si il Cavaliere revenait au pouvoir[48], Silvio Berlusconi, qui cherche à séduire les modérés, ne suscite néanmoins plus autant de craintes que par le passé.

Le 13 mai 2001, la Maison des libertés, qui regroupe Forza Italia, l'Alliance nationale, la Ligue du Nord, le Centre chrétien-démocrate, les Chrétiens démocrates unis et le Nouveau Parti socialiste italien, obtient 368 élus à la Chambre des députés et 176 au Sénat, contre respectivement 246 et 127 pour L'Olivier. Souhaitant faire montre d'une certaine ouverture, Berlusconi, chef de de la nouvelle majorité parlementaire, accepte de soutenir la candidature d'un centriste, Pier Ferdinando Casini, à la présidence de la Chambre des députés.

Deuxième mandat de président du Conseil (2001 - 2006)[modifier | modifier le code]

Silvio Berlusconi, en compagnie du président américain George W. Bush, à la Maison-Blanche, à Washington, le 31 octobre 2005.

Silvio Berlusconi retrouve les fonctions de président du Conseil le 11 juin 2001, en prêtant serment devant le président de la République Carlo Azeglio Ciampi, qui l'a chargé quelques jours plus tôt de former le nouveau gouvernement. Le deuxième gouvernement Berlusconi s'est poursuivi jusqu'au 23 avril 2005, ce qui en fait le plus long gouvernement italien de l'après-guerre, et ce malgré des crises mineures et constantes : pas moins de 19 modifications auront lieu dans la composition du gouvernement, avec des changements relatifs à des postes-clés (comme ceux des Affaires étrangères, de l'Économie, de la vice-présidence du Conseil, de l'Intérieur ou encore des Réformes).

À la suite de déclarations eurosceptiques répétées au sein du gouvernement, le ministre des Affaires étrangères, Renato Ruggiero démissionne le 5 janvier 2002, et Silvio Berlusconi en assure personnellement l'intérim jusqu'au 14 novembre suivant, en sa qualité de chef du gouvernement.

Les élections européennes de 2004 sont analysées comme étant un relatif échec pour la majorité de centre-droit, qui partait désunie, puisque L'Olivier arrive en tête avec 31,08 % des voix. Le 3 juillet 2004, le ministre de l'Économie et des Finances, Giulio Tremonti est contraint de démissionner par l'Alliance nationale. Après un nouvel intérim confié à Berlusconi, c'est un ministre technicien, Domenico Siniscalco, qui le remplace.

Lors des élections régionales des 3 et 4 avril 2005, la Maison des libertés ne conserve que deux régions (la Lombardie et la Vénétie), alors que l'opposition de centre-gauche en remporte 12. Une dizaine de jours plus tard, la direction de l'Union des démocrates chrétiens et du centre demande à ses ministres de quitter le gouvernement et réclame un gouvernement Berlusconi « bis » ; le Nouveau Parti socialiste italien fait de même. Après s'être adressé au Parlement le 20 avril, Silvio Berlusconi remet sa démission au président de la République Carlo Azeglio Ciampi, qui le charge deux jours plus tard de constituer un nouveau gouvernement, faute de quoi il convoquera des élections générales anticipées. Le 23 avril 2005 est formé le gouvernement Berlusconi III, qui comprend 25 ministres, 9 sous-ministres et 63 secrétaires et ne présente pas beaucoup de changements, sinon l'arrivée de Giulio Tremonti à la place de Marco Follini au poste de vice-président du Conseil et la création d'un nouveau ministère, sans portefeuille, pour le Développement du Mezzogiorno.

Au moment des élections générales de 2006, Silvio Berlusconi est le président du Conseil dont le mandat est le plus long de toute l'histoire de la République italienne (4 ans, 11 mois et 6 jours).

Opposant de Romano Prodi (2006 - 2008)[modifier | modifier le code]

Silvio Berlusconi lors d'une visite au Japon.

Les élections parlementaires de 2006, après les cinq années de gouvernement de Berlusconi, opposent le président du Conseil sortant à la tête de la coalition de « La Maison des Libertés », de droite, et l'Unione, coalition allant des catholiques du centre-gauche aux communistes du PRC (Partito della Rifondazione Comunista), conduite par Romano Prodi, que toute la gauche avait choisi, au cours de « primaires » qui avaient rassemblé plusieurs millions de personnes.

La campagne commence d'une manière conventionnelle mais les sondages montrent un retard grandissant pour Berlusconi. Il change alors sa méthode pour revenir aux traditions de la Commedia dell'arte qui paraissent aux étrangers d'une rare violence. Nanni Moretti dit alors que c'est une « campagne très agressive », et que le déséquilibre de temps de parole est assimilable à « un coureur qu'on laisserait partir avec 800 m d'avance dans une course d'un kilomètre »[49]. Face à il Professore, réputé austère et discret, le chef du gouvernement sortant, qualifié de populiste par la presse de gauche, agite la peur des communistes et va jusqu'à traiter de « couillons » ceux qui voteraient pour la gauche ; plusieurs partisans de la gauche s'amusèrent par la suite à utiliser comme slogan de rassemblement « Je suis un couillon ».

À la dernière minute d'un débat télévisé, il propose la suppression totale de la taxe d'habitation. Romano Prodi dénonce le bilan économique de Berlusconi et son amoralité politique. Une autre explication, avancée le soir des élections par Fausto Bertinotti était une prétendue « hégémonie culturelle » de la gauche qui a incité des électeurs de Berlusconi à ne pas se déclarer comme tels lors des sondages.

Les résultats des élections sont extrêmement serrés. Les premières estimations donnent une large victoire à Romano Prodi mais très vite l'écart se resserre et Silvio Berlusconi repasse en tête. Finalement, l'Unione remporte la Chambre des députés avec une courte avance de seulement 24 000 voix et il faut attendre les votes des Italiens de l'étranger pour lui donner la victoire au Sénat.

Mais Silvio Berlusconi refuse de reconnaître sa défaite, se lançant dans de multiples accusations de fraudes et d'irrégularités qui provoquent le recomptage de plusieurs dizaines de milliers de bulletins de vote. Après la proclamation officielle des résultats et la confirmation de la victoire de Prodi, il annonce qu'il se lancera dans une opposition très ferme et qu'il fera tout pour empêcher le centre-gauche de gouverner.

Au mois de mai, les députés, sénateurs et représentants de région doivent élire le nouveau président de la République, qui succédera au chef de l'État sortant, Carlo Azeglio Ciampi, qui a pris la décision de ne pas présenter sa candidature pour un second mandat. Le centre-droit, mené par Berlusconi, affiche son soutien à Gianni Letta, sous-secrétaire d'État du Conseil des ministres dans le gouvernement sortant ; l'espoir de Silvio Berlusconi est de voir la nouvelle majorité de centre-gauche offrir une fonction prestigieuse, c'est-à-dire celle de président de la République, à la nouvelle opposition de droite. Après quatre tours de scrutin marqués par de profondes divisions idéologiques au sein des deux camps politiques, c'est une personnalité de gauche, Giorgio Napolitano, ancien président de la Chambre des députés respecté par l'ensemble de la classe politique pour son image lisse d'homme de dialogue et de consensus, qui est élu chef de l'État[50],[51].

Romano Prodi succède à Silvio Berlusconi en prêtant serment le 17 mai 2006, après sa nomination à la présidence du Conseil des ministres par le président Napolitano. Quand il quitte le palais Chigi, Silvio Berlusconi affirme aux journalistes qui l'accompagnent qu'il prépare déjà l'opposition au nouveau gouvernement.

Le 26 novembre 2006, l'ancien président du Conseil est pris d'un malaise en plein discours à la tribune d'une salle de Toscane. Il est alors évacué en hélicoptère vers sa propriété de Macherio. Quelques heures plus tard, il se rend dans un hôpital de Milan pour y subir des examens et y passer la nuit. Celle-ci a été calme et sans complication. Il quitte l'établissement après avoir subi plusieurs autres séries de tests dans la journée du 29 novembre. Le 18 décembre suivant, il est hospitalisé et opéré dans un hôpital américain, où il se fait poser un stimulateur cardiaque.

Troisième mandat de président du Conseil (2008 - 2011)[modifier | modifier le code]

Silvio Berlusconi prêtant serment au palais du Quirinal, le 8 mai 2008, devant le président Giorgio Napolitano.

Après deux années d'opposition, Silvio Berlusconi et la coalition de centre-droit le Peuple de la liberté (PdL) remportent les élections générales italiennes de 2008 face à la coalition de centre-gauche de Walter Veltroni. Au Sénat, la coalition menée par Silvio Berlusconi obtient la majorité absolue avec 47,3 % des suffrages contre 38,0 % pour celle dirigée par Veltroni, soit 174 sièges sur 315. À la Chambre des députés, elle obtient 46,8 % des voix contre 37,5 % pour le centre-gauche, ce qui assure à Silvio Berlusconi 344 sièges sur 630. Par la suite, Renato Schifani, le dirigeant du groupe des sénateurs de Forza Italia, est élu président du Sénat de la République, puis l'ancien ministre des Affaires étrangères, Gianfranco Fini, proche des milieux post-fascistes, se voit confier la présidence de la Chambre des députés, grâce au soutien du Cavaliere.

Pour la troisième fois, Silvio Berlusconi devient président du Conseil italien : chargé par le président de la République, Giorgio Napolitano, de former un gouvernement le 7 mai, il prête serment devant celui-ci avec son gouvernement, au palais du Quirinal, le lendemain. Le 13 mai, Silvio Berlusconi tient son discours de politique générale, à la Chambre des députés, dans lequel il affirme qu'avec « l'aide de Dieu et d'un peu de chance », l'Itaie peut se « relever »[52].

Un an après son retour au pouvoir, et en pleine crise économique, sa popularité atteint un niveau jusque-là inégalé[53]. Silvio Berlusconi s'implique personnellement en faveur du relogement de milliers de victimes du tremblement de terre à L'Aquila[54]. À cette occasion, la presse souligne qu'il reste éveillé pendant 44 heures consécutives[55].

Entre 90 000 et 500 000 manifestants réclament sa démission à Rome, le 5 décembre 2009, lors du « No Berlusconi Day »[56].

Le 13 décembre 2009, sur la piazza del Duomo, Silvio Berlusconi reçoit un violent coup de statuette (réplique miniature du dôme de Milan) à la sortie d'un meeting[57]. Le chef du gouvernement italien, apparu devant les caméras le visage en sang, souffre alors d'une fracture au nez, de deux dents cassées et d'une large coupure à la lèvre[58]. Transféré à l'hôpital San Raffaele, il en sort quatre jours plus tard, en appelant au dialogue avec l'opposition[59]. Cette agression est sévèrement condamnée par l'ensemble de la classe politique et, en premier lieu, par le président Giorgio Napolitano qui « condamne fermement ce grave geste d'agression »[60]. Son agresseur, un ingénieur de 42 ans suivi pour troubles mentaux depuis des années, est déclaré inapte à être jugé en juin 2010[61].

L'amnistie fiscale mise en place en septembre 2009 par le gouvernement Berlusconi a permis, à la fin de l'année 2009, le rapatriement ou la régularisation de 95 milliards d'euros, et 30 milliards supplémentaires pourraient encore l'être d'ici avril 2010. Cette mesure a ainsi rapporté cinq milliards à l'État, alors que la dette publique s'établit à 115,1 % du PIB, principalement du fait de la crise économique[62].

Silvio Berlusconi aux côtés du président américain Barack Obama, le 15 juin 2009.

Malgré la relative victoire de la droite aux élections régionales du printemps 2010, une crise majeure s'installe au sein du principal parti de la majorité, Le Peuple de la liberté, entre les partisans majoritaires (ceux qui proviennent de Forza Italia) et les anciens de l'Alliance nationale, qui ont pour leader le président de la Chambre des députés, Gianfranco Fini. Celui-ci se fait au fil des mois de plus en plus critique vis-à-vis de l'action gouvernementale, dénonçant des prises de position trop proches de celles de la Ligue du Nord, ainsi que l'implication de ministres (obligés de démissionner) et de responsables du PdL dans différentes affaires judiciaires[63],[64].

Le 22 avril 2010, devant la direction du PdL, Gianfranco Fini accuse Silvio Berlusconi de vouloir étouffer tout débat interne et de donner trop d'influence à la Ligue du Nord dans les domaines de l'immigration et de la décentralisation. Le président du Conseil lui répond et dénonce l'attitude du président de la Chambre des députés, censé être « au-dessus des partis », ce à quoi ce dernier réplique, hors de lui : « Qu'est-ce que tu fais, tu me chasses ? ». Devant ces fortes tensions, la réunion est alors suspendue[65].

Le 8 juillet 2010, Silvio Berlusconi annonce que le gouvernement démissionnera si le Parlement n'approuve pas son plan d'austérité, notamment critiqué par les présidents de région, magistrats, fonctionnaires, médecins du service public. Celui-ci prévoit le gel des salaires des fonctionnaires pour trois ans, une réduction de 10 % des budgets des ministères, l'intensification de la lutte contre l'évasion fiscale et une diminution des transferts financiers aux collectivités locales, dans le but de réaliser 24,9 milliards d'euros d'économies et de ramener ainsi le déficit public à 2,7 % du PIB en 2012 (contre 5,3 % en 2009)[66],[67]. Parallèlement, ce plan d'austérité fixe les modalités de mise en œuvre du relèvement de l'âge légal de départ à la retraite des salariés du privé et du public, mesure votée à l'été 2009 et qui devrait permettre de réaliser 86,9 milliards d'euros d'économies d'ici à 2050, alors que le système de retraites italien, réformé en 1995 et en 2007, est déjà à l'équilibre[68]. Deux semaines après son adoption par le Sénat et au lendemain d'un vote de confiance au gouvernement, le texte est définitivement approuvé par la Chambre des députés le 29 juillet 2010[69].

Ce même 29 juillet, Silvio Berlusconi défère devant la commission de discipline du Peuple de la liberté trois députés proches de Gianfranco Fini, et demande une nouvelle fois à ce dernier de quitter la présidence de la Chambre. Le président du Conseil déclare dans un document qu'il lit aux journalistes : « La confiance dans le rôle d'arbitre du président de la Chambre vient à manquer. Il n'était jamais arrivé que la troisième charge de l'État se comporte de façon politique »[70]. Gianfranco Fini refuse d'abandonner son poste et annonce la création d'un nouveau groupe parlementaire, Futur et liberté pour l'Italie, à la Chambre des députés (34 membres) et au Sénat (10 membres), ce qui prive le PdL de la majorité absolue[71],[72]. Une motion de censure, déposée par la gauche contre le sous-secrétaire d'État Giacomo Caliendo, accusé de participation à l'organisation secrète P3, est soumise au vote de la Chambre des députés, qui la repousse le 4 août 2010[73].

Alors que la perspective d'un scrutin avancé semble s'éloigner à la suite de l'annonce par le président du Conseil d'un vote de confiance au Parlement sur un programme en cinq points que les membres du groupe Futur et liberté pour l'Italie ont promis de voter, le dirigeant historique de la Ligue du Nord, Umberto Bossi, se prononce le 22 août 2010 pour la tenue immédiate d'élections, hypothèse qui permettrait à son parti de gagner des élus d'après les sondages[74], mais se rétracte trois jours plus tard, à l'issue d'une rencontre avec il Cavaliere[75]. Le 4 septembre suivant, Silvio Berlusconi donne un gage aux partisans de Gianfranco Fini en annonçant le retrait de ses projets prioritaires d'une réforme de la justice lors du vote de la question de confiance à son gouvernement[76]. La Chambre des députés vote la confiance au gouvernement Berlusconi le 29 septembre 2010 par 342 voix contre 275, les « finiens » ayant voté pour ; le Sénat fait de même le lendemain[77]. À l'issue de ces deux scrutins, le président du Conseil déclare que sa « majorité est plus forte » et exprime son intention de gouverner jusqu'au terme de la législature, en 2013.

Silvio Berlusconi avec le président chilien Sebastián Piñera, le 2 mars 2011.

La crise politique continue néanmoins de s'accentuer. Le 7 novembre 2010, Gianfranco Fini réclame devant 10 000 partisans réunis à Pérouse la démission du président du Conseil. Le 15 novembre, quatre membres du gouvernement (Andrea Ronchi, Adolfo Urso, Antonio Buonfiglio et Roberto Menia), proches de Fini, démissionnent[78]. Le groupe parlementaire Futur et liberté pour l'Italie donne alors pour consigne de voter la motion de défiance déposée par l'opposition de gauche. Le 14 décembre, après le Sénat (162 voix contre 135), la Chambre des députés rejette la motion de censure dans un climat extrêmement tendu, à seulement trois voix près (314 contre 311)[79]. Pour la presse, la situation est intenable et Silvio Berlusconi n'aura d'autre choix que de demander au président de la République, Giorgio Napolitano, de convoquer des élections anticipées.

Néanmoins, le président du Conseil parvient dans les mois qui suivent à consolider sa majorité en obtenant le ralliement de plusieurs députés de l'opposition, surnommés les « Responsables », à l'instar de Daniela Melchiorre[80]. Dans le même temps, il évoque ouvertement sa succession, se disant en mai 2011 « heureux de laisser à d'autres la conduite du gouvernement » si « des personnalités se manifestaient » d'ici à 2013 et citant tour à tour les noms du ministre de la Justice, Angelino Alfano, et du ministre de l'Économie et des Finances, Giulio Tremonti, comme possibles successeurs au palais Chigi[80],[81]. L'échec de la droite à Milan et à Naples, ainsi que la victoire du « oui » au référendum visant à empêcher le retour au nucléaire, la privatisation de la gestion de l'eau et la forme d'immunité judiciaire accordée au président du Conseil et aux ministres, sont considérés comme un important revers pour Silvio Berlusconi[82],[83]. Ce dernier confirme le 8 juillet 2011 qu'il ne briguera pas un nouveau mandat de président du Conseil lors des élections générales prévues en 2013, notamment en raison de son âge, et annonce qu'il souhaite laisser sa place à Angelino Alfano[84]. Alors que la presse italienne s'interroge sur la possibilité d'une candidature de Berlusconi au palais présidentiel du Quirinal en 2013, il réfute cette idée et annonce son soutien à Gianni Letta pour cette fonction honorifique et respectée[84].

En juillet 2011, Silvio Berlusconi et son gouvernement font voter un nouveau plan d'austérité, de 48 milliards d'euros, face au risque de contagion à l'Italie de la crise de la dette publique dans la zone euro[85]. Porté par le ministre des Finances Giulio Tremonti, il vise à ramener le budget à l'équilibre d'ici à 2014 en augmentant notamment la participation aux soins de santé, en réduisant les avantages fiscaux et les retraites les plus élevées ou en prévoyant la privatisation de groupes publics. Il comporte par ailleurs 16 mesures destinées à stimuler la croissance. Ce plan d'austérité, qui repose essentiellement sur les années 2013 et 2014, est rapidement adopté par le Parlement italien, ce qui est considéré comme un « miracle » pour le président de la République, Giorgio Napolitano[86]. Devant la situation sur les marchés financiers, toujours inquiets du niveau de la dette de l'Italie (environ 120 % du PIB), de sa faible croissance et de l'incertitude concernant l'avenir du gouvernement, Silvio Berlusconi annonce, le 3 août 2011, un « plan d'action immédiat », promettant notamment l'adoption rapide de la réforme de la fiscalité, neuf milliards d'euros pour des infrastructures dans le Sud du pays et proposant de réformer le marché du travail afin d'« attirer plus d'investissements » ; il précise que le pays dispose de « fondamentaux économiques solides » dont le marché devrait tenir compte, comme la solidité du système bancaire, le faible endettement des ménages et le niveau du déficit public, inférieur à celui de beaucoup de pays européens[87]. Dans l’espoir de mettre fin aux attaques spéculatives contre l'Italie sur les marchés, Silvio Berlusconi est contraint par ses partenaires européens et la Banque centrale européenne d'annoncer, le 12 août 2011, un nouveau plan d'économies, qui s'élève à 45,5 milliards d'euros sur deux ans et fera l'objet d'un décret-loi. Il prévoit une « taxe de solidarité » de 5 % sur les revenus supérieurs à 90 000 euros et de 10 % pour ceux supérieurs 150 000 euros, le relèvement du taux d'imposition des revenus financiers de 12,5 à 20 %, de l'âge de la retraite pour les femmes à partir de 2016 et non de 2020 comme prévu initialement, le regroupement des jours fériés pour accroître le nombre des jours ouvrables, ainsi que l'augmentation de la taxation des revenus parlementaires[88]. L'Italie s'est engagée à revenir à l'équilibre budgétaire dès 2013 au lieu de 2014. Le 29 août, le plan d'austérité est en partie revu (annonce du remplacement de la taxe sur les hauts revenus, de la réduction des coupes au sein des collectivités locales, etc.)

Le président Giorgio Napolitano annonce, le 8 novembre 2011, que Silvio Berlusconi démissionnera au milieu du mois, après le vote du plan d'austérité par le Parlement, une information confirmée peu après par le président du Conseil lui-même[89]. Cette décision intervient quelques heures après le vote du bilan financier de l'État pour 2010, approuvé par la seule coalition au pouvoir, mais avec seulement 308 voix, ce qui signifie la perte de la majorité absolue à la Chambre des députés[90]. Avant le vote, Umberto Bossi, secrétaire fédéral de la Ligue du Nord et ministre des Réformes pour le fédéralisme, principal allié du dirigeant italien, l'avait appelé à démissionner et à céder la place à Angelino Alfano, secrétaire politique national du Peuple de la liberté[91].

Le 12 novembre 2011, dans la soirée, à la suite de l'adoption de la loi d'austérité par la Chambre des députés et le Sénat, Silvio Berlusconi, comme annoncé, remet sa démission au président Giorgio Napolitano, au palais du Quirinal, après avoir présidé pour la dernière fois le Conseil des ministres italien[92],[93]. Sur la place du palais présidentiel, quelques centaines d'opposants le conspuent[94]. Le lendemain, Silvio Berlusconi envoie une lettre au secrétaire national de La Droite, dans laquelle il déclare être « orgueilleux » de son action « au cours de ces trois ans et demi, marqués par une crise internationale sans précédent dans l'histoire » et dans laquelle il déplore que le fait qu'ait « prévalu, au Parlement, la logique des petits chantages et des transfuges, qui sont le vieux vice de la politique italienne »[95]. Il quitte ses fonctions le 16 novembre 2011, l'économiste Mario Monti lui succédant à la tête d'un gouvernement technique[96].

Pour les médias, cette démission est avant tout la conséquence de la pression des marchés financiers, inquiets de la situation économique de l'Italie et de l'instabilité politique qui y régnait, mais aussi des critiques dont Silvio Berlusconi faisait l'objet, notamment de la part du patronat et de l'Église italienne[97]. Le journal français Libération s'interroge sur les raisons qui ont poussé « les Grands de ce monde » à le « lâcher »[98], tandis que le journal espagnol El Mundo souligne son prétendu manque de modestie à l'occasion d'une intervention télévisée, le 13 novembre, lors de laquelle il a de nouveau loué, « avec orgueil », sa gestion du pays. Le quotidien espagnol La Vanguardia se demande cependant si Berlusconi est « l'unique coupable de la situation économique et financière désastreuse de l'Italie ».

L'après gouvernement (depuis 2011)[modifier | modifier le code]

Silvio Berlusconi, le 1er mars 2012.

En quittant la présidence du Conseil des ministres, en novembre 2011, Silvio Berlusconi retrouve pleinement son mandat de député.

En juillet 2012, la presse italienne affirme qu'il serait tenté de reprendre pleinement la direction du Peuple de la liberté et de conduire son parti aux élections générales prévues en avril 2013[99]. Alors qu'il avait annoncé son intention de ne pas se représenter, il annonce contre toute attente, le 8 décembre 2012, qu'il conduira la coalition de centre-droit lors des élections générales, dans le but de retrouver la présidence du Conseil[100],[101]. Le lendemain, Mario Monti, que les parlementaires du PdL ne soutiennent plus, annonce sa démission prochaine, ce qui ouvre la voie à un scrutin anticipé de quelques mois.

Face au refus de la Ligue du Nord de s'allier avec le PdL tant qu'il se proclame chef de file de la coalition, Silvio Berlusconi renonce à conduire la coalition, déclarant préférer, dans l'hypothèse d'une victoire, la charge de ministre de l'Économie et des Finances, plus propre à son « expérience politique ». À 76 ans, Silvio Berlusconi, qui multiplie les interventions télévisées, est néanmoins au centre de la campagne, profitant du manque de charisme du chef de la coalition de centre-gauche, Pier Luigi Bersani, et de Mario Monti, à la tête d'une coalition centriste. Il critique la prétendue domination de l'Allemagne en Europe et les mesures d'austérité prises depuis son départ du pouvoir, promettant notamment de rembourser l'impopulaire taxe foncière sur la résidence principale, rétablie par le gouvernement Monti. Ses opposants qualifient sa campagne de « populiste ». Bien qu'ayant atteint un niveau record d'impopularité au moment de son départ de la présidence du Conseil, il parvient à faire progresser de manière significative les intentions de vote en faveur de sa formation. Le 24 et 25 février 2013, il réalise un meilleur score qu'annoncé. Alors que le centre-gauche remporte la majorité absolue à la Chambre des députés en raison du mode de scrutin favorisant le parti arrivé en tête, aucune majorité ne se dégage au Sénat, ce qui complique la formation d'un gouvernement et la gouvernance du pays dans un contexte économique difficile. Dans le même temps, le Mouvement 5 étoiles de l'humoriste Beppe Grillo effectue une percée avec près de 25 % des voix.

Élu sénateur pour la première fois, Silvio Berlusconi, qui semblait exclure, dans un premier temps, l'idée de la formation d'un gouvernement d'unité nationale, évoque finalement la possibilité d'une coalition gouvernementale avec le centre-gauche, menée par Pier Luigi Bersani, si celui-ci venait à proposer, en retour, la présidence du Sénat à une personnalité du centre-droit. Dans le même temps, il propose la réélection du chef de l'État, Giorgio Napolitano, qui serait chargé par le Parlement d'assumer, pour une courte durée, la charge présidentielle, le temps que le pays retrouve un juste équilibre institutionnel et politique[102]. La proposition de Berlusconi étant rejetée par Bersani, celui-ci écartant même l'idée d'un governissimo calqué sur les grandes coalitions d'Allemagne, Berlusconi menace le Parti démocrate et ses alliés de centre-gauche d'une « opposition féroce » et évoque la possibilité de nouvelles élections générales à la suite de l'élection du nouveau président de la République[103],[104],[105]. Le 17 avril, à la suite d'une rencontre avec Pier Luigi Bersani, il annonce son soutien à la candidature à la présidence de la République de l'ancien président du Sénat, Franco Marini, proposé par le centre-gauche et présenté par Berlusconi comme un homme « loyal et sérieux ayant su prouver son impartialité »[106],[107]. Mais celui-ci renonce, faute d'avoir recueilli la majorité absolue et alors que le centre-gauche ne parvient pas à se réunir sur un candidat. Après l'échec de la candidature de Romano Prodi, qui suscitait l'opposition farouche de Berlusconi, le président sortant Napolitano, sollicité par le PD, le PdL, la Ligue du Nord et le Choix citoyen, accepte de se représenter et l'emporte au sixième tour de scrutin. Le 24 avril suivant, le président charge Enrico Letta de former un gouvernement d'unité nationale alliant le PD, le PdL et le Choix citoyen ; le nouveau gouvernement est formé et investi quelques jours plus tard. Alors qu'il était quelques mois auparavant considéré comme mort politiquement, Silvio Berlusconi est présenté comme le vainqueur de cette crise politique[108].

Après sa condamnation définitive dans l'affaire Mediaset, le 1er août 2013, il risque la déchéance automatique de son mandat de sénateur du Molise en raison d'une loi qu'il a fait voter par son parti, en décembre 2012, sur l'inéligibilité des condamnés. Le 27 novembre 2013, malgré ses menaces de provoquer la chute du gouvernement Letta, il est déchu de son mandat de parlementaire par le Sénat de la République à l'issue d'un vote solennel et public. Il annonce alors que son parti est désormais dans l'opposition. Ainsi, le même jour, la loi sur la stabilité économique n'est pas soutenue par les groupes de la nouvelle Forza Italia : Berlusconi a en effet dissout le PDL pour redonner naissance à Forza Italia alors qu'une partie de ses membres, dont les ministres PDL, rejoignent le Nouveau Centre-droit.

Le « phénomène Berlusconi »[modifier | modifier le code]

Au début des années 1990, l'opération Mains propres, qui a révélé au grand jour un État corrompu dans toutes ses sphères, a signé la fin de l'hégémonie de la Démocratie chrétienne et du Parti socialiste italien et banalisé les communistes et néo-fascistes, jusqu'ici marginalisés. Dans cette période de trouble, Silvio Berlusconi est apparu comme un nouveau type de leader politique, issu de l'entreprise de médias et symbole de la prospérité économique qu'avait connue le pays à la suite de la Seconde Guerre mondiale.

La longévité en politique de Silvio Berlusconi est néanmoins pour beaucoup un mystère. Selon Pierre Musso, auteur de plusieurs ouvrages sur Berlusconi, celle-ci résulte de la combinaison de trois facteurs[109] :

  • politiques : la maîtrise du premier parti politique de la péninsule (Forza Italia, puis Le Peuple de la liberté) ; une alliance très forte de toutes les droites, notamment avec la Ligue du Nord ; la faiblesse et la division de la gauche et du centre-gauche et la bipolarisation de la vie politique italienne, peu à peu transformée en « bipersonnalisation » par il Cavaliere ;
  • symboliques : la recherche d'un « État entreprise » se référant à l'efficacité, à la culture du « faire » et du travail, combinées aux valeurs et à l'éthique catholique, dominante en Italie (famille, travail, questions morales) ;
  • techniques : conquête et exercice du pouvoir inspirées du marketing (sondage, suivi de l'opinion…) et de la « néo-télévision », la télévision du talk show et de la téléréalité. Ces techniques servent à capter l'attention des citoyens considérés comme un public de consommateurs.

Un autre aspect de la personnalité de Silvio Berlusconi réside dans sa propension à jouer volontairement de son image par l'utilisation de traits d'humour (ses barzellette ou « blagues » étant régulièrement reprises dans les médias italiens) ou maladresses considérés parfois comme de véritables gaffes diplomatiques ou propos insultants vis-à-vis de certaines catégories sociales (femmes, homosexuels, étrangers) ou politiques[110].

Poursuites judiciaires[modifier | modifier le code]

À partir de 1994, le siège du groupe Fininvest fait l'objet de multiples perquisitions et Silvio Berlusconi de plusieurs enquêtes et mises en examen. Des membres de son entourage ont également été inquiétés, parmi lesquels son frère Paolo et son avocat Cesare Previti. Au total, il Cavaliere a été poursuivi dans une vingtaine d'affaires judiciaires pour corruption, fraude fiscale, faux en bilan ou encore financement illicite de parti politique.

Le 7 octobre 2009, la Cour constitutionnelle italienne juge anticonstitutionnelle la loi accordant l'immunité à Silvio Berlusconi[111] : en conséquences, le procès « David Mills » reprend le 27 novembre 2009[112] et celui de « Mediaset », le 18 janvier 2010[113].

Il a ainsi plusieurs fois été condamné en première instance, mais a toujours été relaxé en appel ou a bénéficié de prescriptions, jusqu'au 1er août 2013 où la Cour de Cassation a confirmé la condamnation de Silvio Berlusconi pour fraude fiscale dans l'affaire Mediaset[114].

Type de jugement Procès
Classés sans suite Prescriptions
  • Lodo Mondadori, corruption judiciaire (circonstances atténuantes, jugement définitif)
  • 1,23 milliard de lires en pots-de-vin à Bettino Craxi via le compte All Iberian (jugement définitif)
  • Caso Lentini, faux en bilan (jugement définitif)
  • Pot-de-vin à David Mills, corruption judiciaire
Amnisties
  • Faux témoignage sur son appartenance à la loge P2 (Amnistie survenue pendant la phase d'instruction)
  • Terrains Macherio, accusation pour un des deux faux en bilan (Loi d'amnistie fiscale de 1992)
Acquittements Acquittements obtenus grâce à la modification des lois existantes (le fait n'est plus un délit)
  • All Iberian 2, faux en bilan (supprimé grâce à une nouvelle loi sur le faux en bilan, approuvée par le gouvernement Berlusconi)
  • Sme-Ariosto 2, faux en bilan (supprimé grâce à cette même loi)
Autres acquittements
  • Sme-Ariosto 1, accusation de corruption judiciaire sur la vente de l'Iri (jugement en première instance)
  • Pot-de-vin à la brigade financière italienne (acquittement plein, jugement définitif)
  • Medusa cinematografica, faux en bilan (acquittement plein - le fait existe, mais le juge a estimé que Silvio Berlusconi pouvait ne pas en être informé, jugement définitif)
  • Sme-Ariosto 1, corruption judiciaire, deux pots-de-vin au juge Renato Squillante (acquittement, jugement définitif)
  • Terreni Macherio, accusation de détournements de fonds, fraude fiscale, et un des deux faux en bilan (acquittement, jugement définitif)
  • Droits télévisés, faux en bilan, fraude fiscale, détournements de fonds (acquittement, jugement définitif)
Non-lieux Non-lieux obtenus grâce à la modification des lois existantes (le fait n'est plus un délit)
  • Bilans Fininvest, faux en bilan et détournements de fonds (supprimé grâce une nouvelle loi sur le faux en bilan)
  • Holding Fininvest, faux en bilan (supprimé grâce à cette même loi)
Autres non-lieux
  • Entente sur le marché publicitaire entre Rai et Fininvest (non-lieu pour insuffisance de preuves)
  • Trafic de drogue
  • Ristournes fiscales à Pay-TV
  • Attentats 1992-1993 (attentat de Capaci, attentat de via d'Amelio, attentat de la Via dei Georgofili, attentat de via Palestro), complicité
  • Corruption de sénateurs en vue de faire tomber le gouvernement Prodi
  • Complicité externe avec association mafieuse, avec Marcello Dell'Utri, blanchiment d'argent
  • Mediatrade : Silvio Berlusconi était soupçonné de fraude fiscale et d'abus de confiance
Procès en cours
Condamnations
  • Fraude fiscale, caisse noire autour de droits télé de Mediaset

Affaire SME[modifier | modifier le code]

Dans l'affaire judiciaire dite « SME » du nom d'un groupe italien agroalimentaire semi-public racheté à un prix avantageux, Silvio Berlusconi a été accusé d'avoir versé des sommes importantes de son compte personnel de la Fininvest sur celui du juge italien chargé de cette affaire, à travers le compte de son avocat, Cesare Previti. Silvio Berlusconi aurait ainsi soudoyé des juges pour bloquer la vente de SME à un prix très bas à la société italienne Buitoni appartenant à l'industriel Carlo De Benedetti[115].

En mars 2007, le procureur Piero De Petris requiert une peine de cinq ans d'emprisonnement contre Silvio Berlusconi, mais le 27 avril 2007, une cour d'appel milanaise l'acquitte, confirmant ainsi la relaxe prononcée en première instance, en 2004[116].

Une loi adoptée par son gouvernement stipulait qu'il ne pouvait pas être rejugé, mais celle-ci est déclarée contraire à la Constitution en 2006, donnant aux procureurs l'occasion d'un jugement en appel[117]. Le 26 octobre 2007, la Cour de cassation italienne acquitte définitivement Silvio Berlusconi[118].

Affaire David Mills[modifier | modifier le code]

En mars 2005, selon les procureurs Alfredo Robledo et Fabio De Pasquale, Silvio Berlusconi aurait versé, via sa société Fininvest, 600 000 dollars, en 1997, à l’avocat britannique David Mills (époux de Tessa Jowell alors ministre de la Culture britannique), en échange de faux témoignages et de la destruction de documents lors de deux procès intentés contre lui en 1997 et 1998 (affaire dite du « rachat des droits télévision de Mediaset »). Déjà inculpé de faux en bilan et fraude fiscale dans cette affaire, sa situation serait aggravée par cette subornation de témoin.

Le 10 mars 2006, le parquet de Milan réclame la tenue d'un procès contre Silvio Berlusconi dans cette affaire de corruption présumée en actes judiciaires, impliquant également l'époux de la ministre de la Culture britannique. Cette annonce tombe au plus mal pour le président du Conseil italien à un mois des élections générales des 9 et 10 avril, qu'il perd face à L'Union.

Le 30 octobre 2006, le juge des audiences préliminaires de Milan, Fabio Paparella, renvoie devant la justice Silvio Berlusconi ainsi que son avocat, le Britannique David Mills, pour « corruption en matière d'actes judiciaires ». Le juge reproche à David Mills d'avoir fait plusieurs faux témoignages en faveur de Silvio Berlusconi lors de deux procès impliquant la Fininvest.

Ils comparaissent tous deux en octobre 2007, devant le tribunal de Milan, pour cette affaire. Les peines encourues par les deux prévenus vont de quatre à douze ans de prison.

La loi Alfano, votée après son retour au pouvoir en 2008 et qui lui accordait une immunité jusqu'à la fin de son mandat, étant jugée anticonstitutionnelle par la Cour constitutionnelle italienne le 7 octobre 2009, le procès reprend le 27 novembre suivant[112].

Le 22 décembre 2011, interrogé en vidéoconférence, David Mills déclare qu'étant alors sous la pression du fisc, il a tout inventé, et présente ses excuses à Silvio Berlusconi[119].

Le 25 février 2012, le procureur du Tribunal de Milan Fabio De Pasquale déclare que les faits sont prescrits[120],[121].

Affaire Mediaset[modifier | modifier le code]

Le parquet de Milan demande, le 26 avril 2005, le renvoi de Silvio Berlusconi et de douze autres personnes dans une affaire de droits de retransmission concernant Mediaset, son groupe de télévision.

Silvio Berlusconi, qui contrôle le groupe Mediaset à travers sa holding Fininvest, est accusé de « faux en bilan, fraude fiscale et abus de biens sociaux », dans le cadre d'une enquête judiciaire qui a débuté en juin 2001. Le président du groupe Mediaset, Fedele Confalonieri, ami de longue date de M. Berlusconi fait partie des personnes pour lesquelles un renvoi a été demandé, au terme d'une enquête conduite par les juges d'instruction Alfredo Robledo et Fabio De Pasquale. Berlusconi avait été inscrit dans le registre des personnes « mises sous enquête » (équivalent italien de la mise en examen) le 19 février 2003.

Les magistrats estiment que Mediaset a artificiellement gonflé, à travers des sociétés écrans off-shore, les prix d'achat des droits de diffusion de films américains. Grâce à ces opérations, le groupe appartenant à Silvio Berlusconi aurait réussi à constituer des caisses noires à l'étranger et à réduire en Italie les bénéfices de Mediaset afin de payer moins d'impôts. Entre 1994 et 1995, juste avant son introduction en bourse, la société aurait ainsi gonflé de 171 millions de dollars le prix des films acquis aux États-Unis. Les droits de retransmissions des films et programmes télévision étaient acquis aux États-Unis par deux sociétés écrans. Marina et Piersilvio Berlusconi, les deux enfants aînés de Silvio Berlusconi qui occupent des postes de direction à Fininvest et Mediaset, ont également été impliqués dans cette enquête mais leur dossier a été disjoint du reste de l'instruction. Mediaset s'est toujours défendu d'avoir fraudé, soulignant à diverses reprises, que « les droits cinématographiques ont été acquis aux prix du marché ».

Le procès reprend le 18 janvier 2010, à la suite de l'annulation de la loi Alfano. Le 19 mai 2012, la plus haute instance judiciaire d'appel confirme le verdict de non-lieu[122] rendu en sa faveur dans l'affaire de fraude fiscale et de détournement de fonds liées au dossier Mediatrade[123].

Le 26 octobre 2012, l'ancien président du Conseil italien est reconnu coupable par le tribunal de Milan de fraude fiscale dans l'affaire Mediaset. Il est condamné à quatre ans de prison ferme, en première instance, peine aussitôt réduite à un an en application d'une loi d'amnistie[124]. Il est également interdit de mandat public durant trois ans[125]. Cette peine est confirmée en appel, le 8 mai 2013, et l'interdiction d'exercer un mandat public est portée à cinq ans[126]. Le 1er août 2013, la Cour de cassation confirme la décision de condamnation de la Cour d'appel. C'est la première fois que Silvio Berlusconi est condamné de manière définitive[127],[128].

Première condamnation judiciaire définitive[modifier | modifier le code]

Le 1er août 2013, Silvio Berlusconi écope d'une peine d'un an de prison prononcée par la Cour de cassation italienne pour fraude fiscale dans l'affaire Mediaset. Mais l'interdiction d'exercer un mandat public sera rejugée en appel.

L'ancien Cavalière, devenu définitivement condamné (pregiudicato) est susceptible dans les faits d'échapper à la peine de prison pour deux raisons. La première tient au fait qu'en Italie, au-delà de 70 ans, seuls les coupables de crimes de sang sont emprisonnés en milieu carcéral. Or, au moment de la condamnation, Silvio Berlusconi était âgé de 76 ans. La deuxième tient à la coutume d'application des peines qui veut qu'en dessous de trois ans d'emprisonnement, elles sont rarement purgées. En revanche, l'interdiction d'exercer une fonction publique pendant cinq ans a été renvoyée devant la Cour d'appel de Milan, qui la fixe finalement à 2 ans en mars 2014. Cela a permis à Berlusconi de siéger au Sénat jusqu'à l'appel (en fait, le Sénat vote son expulsion sur la base de la loi Severino à l'automne 2013. Et, si la Cour d'appel confirme par la suite l'interdiction, celle-ci devra encore être confirmée par un vote au Sénat, autre spécificité de la constitution italienne.En fait, le Sénat ne se prononcera pas sur l'arrêt en tant que tel mais bien sur les critères d'éligibilité. Une seule fois dans l'histoire judiciaire de l'Italie, une personnalité politique de haut rang a nécessité ce type de vote. Il s'agissait de Cesare Previti, le bras droit de Berlusconi, condamné en 2007[129].

Le 13 août 2013, le président italien Giorgio Napolitano, déclare dans un communiqué, qu'il estimait que Silvio Berlusconi devait purger sa peine pour fraude fiscale : « Toute sentence est définitive, et l'obligation qui en découle de l'appliquer, doit être prise en considération ». Concernant une éventuelle grâce présidentielle, il ne pourrait le faire que dans des circonstances très précises, et ajoute, qu'il n'a reçu aucune demande officielle à ce sujet de la part de Silvio Berlusconi[130]. Début septembre, une commission de vingt-trois sénateurs (quinze de gauche et huit de droite) examinent cette sentence, afin de décider s'il doit être exclu du Sénat[131], chose qu'ils approuvent.

Après avoir envisagé de le maintenir en résidence surveillée sans possibilité de communiquer avec l'extérieur, le tribunal aménage finalement sa peine en un an de travaux d'intérêt général dans un centre d'accueil pour personnes âgées, à Milan. Silvio Berlusconi continue donc de vivre dans sa villa d'Arcore près de Milan et peut se rendre à Rome du mardi au vendredi pour exercer des activités politiques, à condition qu'il rentre à son domicile milanais chaque soir avant 23 heures. Il lui est également interdit de se présenter en tête de liste aux élections européennes de 2014, dans chacune des cinq circonscriptions italiennes[132].

Affaire Telecinco[modifier | modifier le code]

En 1997, la justice espagnole s'intéresse à une affaire de fraude fiscale liée à la chaîne de télévision espagnole Telecinco. Silvio Berlusconi est soupçonné d'avoir couvert une fraude de l'ordre de 108 millions d'euros entre 1990 et 1993, alors qu'il était vice-président de la société Gestevision détentrice de Telecinco. En septembre 2006, après la perte de son immunité parlementaire à la suite de sa défaite aux élections générales, le juge espagnol Baltasar Garzón a rouvert l'enquête.

Affaires de mœurs[modifier | modifier le code]

Noemi Letizia, en 2009.
Article détaillé : Scandale du Rubygate.

Le 19 novembre 2008, Noemi Letizia, une show girl âgée de 17 ans et demi, participe à un dîner offert par Silvio Berlusconi aux représentants de la Couture italienne[133],[134]. Le 27 avril 2009, au lendemain de la tenue d'une fête célébrant les 18 ans de Noemi à laquelle participait le président du Conseil[135], Veronica Berlusconi annonce son intention de divorcer, invoquant la volonté de son mari de présenter plusieurs show girls de télévision aux élections européennes et le fait qu'il « fréquente des mineures »[136]. Face à la polémique, Silvio Berlusconi se défend d'avoir jamais eu de « rapports osés » avec des mineures et reçoit le soutien de ses cinq enfants[137]. Le 18 juin suivant, le Corriere della Sera affirme que quatre escort girls, dont Patrizia d'Addario, ont été payées par un homme d'affaires proche de Silvio Berlusconi pour se rendre au domicile de ce dernier[138].

Le 14 janvier 2011, le parquet de Milan ouvre une information judiciaire à son encontre. Il lui est reproché d'avoir eu entre février et mai 2010 des relations sexuelles tarifées avec une danseuse marocaine mineure, Karima el Mahroug, dite « Ruby », et d'avoir exercé des pressions sur des policiers milanais afin de la faire libérer après son arrestation pour vol. Le président du Conseil a reconnu avoir téléphoné au commissariat pour la défendre, parce qu'on lui aurait indiqué qu'elle était une nièce du président égyptien Hosni Moubarak. Mais il nie avoir eu des relations sexuelles avec Ruby, ce que celle-ci confirme, et dénonce des accusations sans « aucun fondement », qui ont pour seul but de l'éliminer de la scène politique alors que sa coalition gouvernementale est affaiblie[139]. La juge Cristina Di Censo ordonne le 15 février 2011 le jugement immédiat de Silvio Berlusconi dès le mois d'avril suivant[140].

Silvio Berlusconi aurait versé plusieurs centaines de milliers d'euros à l'homme d'affaires Giampaolo Tarantini, qui a affirmé avoir payé une trentaine de femmes prêtes à avoir des relations sexuelles avec le Cavaliere, par l'intermédiaire de Valter Lavitola. Ce dernier, ancien éditeur du quotidien Avanti!, l'organe officiel du Parti socialiste italien, est en septembre 2011 en fuite à l'étranger (Panama) et est recherché par la police[141].

Le 24 juin 2013, Silvio Berlusconi est condamné pour incitation à la prostitution de mineure et abus de pouvoir, à sept ans de prison et à une peine d'inéligibilité à vie[142]. Il interjette appel de ce jugement. Durant le procès, le ministère public rejette les dénégations de Karima El Mahroug, qui, aux yeux de la procureure, « nie parce qu'elle a reçu plus de 4,5 millions d'euros » en trois mois[142].

Le 18 juillet 2014, Silvio Berlusconi a été acquitté par la Cour d'appel de Milan. Le parquet avait pourtant réclamé la confirmation de la peine déjà prononcée en première instance[143].

Autres affaires[modifier | modifier le code]

Le 23 octobre 2013, Silvio Berlusconi est renvoyé en justice par un magistrat de Naples dans le cadre d'une affaire de corruption dans laquelle il est accusé d'avoir acheté le sénateur d'opposition Sergio De Gregorio. Silvio Berlusconi lui aurait versé 3 millions d'euros entre 2006 et 2008 afin qu'il adhère à son parti et, faisant défection, affaiblisse le gouvernement Prodi[144].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fait « Chevalier » (cavaliere) de l'Ordine al merito del lavoro (Ordre du mérite du travail), obtenu le 14 octobre 1977, dont il s'est auto-suspendu le 20 mars 2014 à la veille de la décision de l'Ordre de le lui retirer. C'est un ordre inférieur à l'Ordre du mérite de la République italienne.
  2. (en) Silvio Berlusconi sur le site du magazine Forbes, 30 avril 2011
  3. (it) « L’infanzia di Berlusconi a Saronno raccontata in una mostra », sur ilsaronno.it (consulté en 4 février 2014)
  4. a et b (it) « L’incredibile storia di Silvio Berlusconi », sur carmillaonline.com (consulté en 4 février 2014)
  5. Éric Jozsef, Main basse sur l'Italie : La résistible ascension de Silvio Berlusconi, Grasset, 2001, p.  72
  6. Chronologie de la vie du président Berlusconi
  7. « L'épouse de Silvio Berlusconi demande le divorce », Le Figaro, 3 mai 2009.
  8. (it) Site Ilgiornale.it
  9. Le Monde qui indique que l'avocat de Veronica Lario avait demandé 3,5 millions d'euros par mois.
  10. « Silvio Berlusconi versera 3 millions d'euros chaque mois à son ex-femme », L'Express, 28 décembre 2012.
  11. « Francesca, la fiancée de Silvio Berlusconi tombe à pic », Le Monde, 17 décembre 2012.
  12. Berlusconi se séparerait de la villa de ses frasques », L'Express, 29 juillet 2010.
  13. Éric Jozsef, Main basse sur l'Italie : La résistible ascension de Silvio Berlusconi, Grasset, 2001, p.  72-73
  14. Éric Jozsef, Main basse sur l'Italie : La résistible ascension de Silvio Berlusconi, Grasset, 2001, p.  75
  15. Dossier Licio Gelli - loge P2: Liste des adhérents - Amnistia news
  16. Silvio Berlusconi est particulièrement attaché à la France, pays qu'il connait bien et dont il maîtrise la langue. Il est connu par une majorité de Français depuis « l'affaire de la Cinq ». François Mitterrand avait fait appel à ses services pour créer cette chaîne de télévision, qui était censée faire contrepoids aux chaînes d'État. Après cet échec, le rachat d'Emap France par Mondadori (dont sa fille est la présidente) signe son retour dans l'univers des médias français. Mondadori France gère des magazines comme TéléStar, Télé Poche, ou encore Closer, soit une cinquantaine de titres de presse de loisirs.
  17. Éric Jozsef, Main basse sur l'Italie : La résistible ascension de Silvio Berlusconi, Grasset, 2001, p.  82
  18. « Je veux que l'Italie soit comme le Milan AC », déclare-t-il le 17 avril 1994.
  19. Annonce de Telefonica, le 14 mai 2007.
  20. Éric Jozsef, Main basse sur l'Italie : La résistible ascension de Silvio Berlusconi, Grasset, 2001, p.  77
  21. Notamment en 1985, avec un décret de loi qui rend provisoirement légaux ses networks.
  22. a et b Éric Jozsef, Main basse sur l'Italie : La résistible ascension de Silvio Berlusconi, Grasset, 2001, p.  57
  23. Éric Jozsef, Main basse sur l'Italie : La résistible ascension de Silvio Berlusconi, Grasset, 2001, p.  63
  24. Le dossier Berlusconi, Arte, février 2011.
  25. Parmi eux, Massimo D'Alema, qui lui conseille de « s'arrêter, car il prendra très peu de voix ».
  26. Éric Jozsef, Main basse sur l'Italie : La résistible ascension de Silvio Berlusconi, Grasset, 2001, p.  65
  27. Éric Jozsef, Main basse sur l'Italie : La résistible ascension de Silvio Berlusconi, Grasset, 2001, p.  87
  28. Éric Jozsef, Main basse sur l'Italie : La résistible ascension de Silvio Berlusconi, Grasset, 2001, p.  86
  29. Éric Jozsef, Main basse sur l'Italie : La résistible ascension de Silvio Berlusconi, Grasset, 2001, p.  106
  30. Éric Jozsef, Main basse sur l'Italie : La résistible ascension de Silvio Berlusconi, Grasset, 2001, p.  91
  31. « Après avoir plutôt bien accueilli l'arrivée au pouvoir de Berlusconi, les milieux d'affaires étrangers réagissent très négativement aux ennuis judiciaires du numéro un italien et de ses proches, ainsi qu'aux divergences de sa majorité. Quelques semaines après la victoire du Pôle des libertés, la lire commence à plonger » - Éric Jozsef, Main basse sur l'Italie : La résistible ascension de Silvio Berlusconi, Grasset, 2001, p.  109
  32. Éric Jozsef, Main basse sur l'Italie : La résistible ascension de Silvio Berlusconi, Grasset, 2001, pp.  101-103
  33. Éric Jozsef, Main basse sur l'Italie : La résistible ascension de Silvio Berlusconi, Grasset, 2001, p.  112
  34. (it) Welfareitalia.it
  35. a, b et c Éric Jozsef, Main basse sur l'Italie : La résistible ascension de Silvio Berlusconi, Grasset, 2001, p.  209
  36. « Silvio Berlusconi, l'insubmersible de la politique italienne », La Dépêche du Midi, 14 avril 2008.
  37. Éric Jozsef, Main basse sur l'Italie : La résistible ascension de Silvio Berlusconi, Grasset, 2001, p.  147
  38. Éric Jozsef, Main basse sur l'Italie : La résistible ascension de Silvio Berlusconi, Grasset, 2001, p.  166
  39. Éric Jozsef, Main basse sur l'Italie : La résistible ascension de Silvio Berlusconi, Grasset, 2001, p.  170
  40. Éric Jozsef, Main basse sur l'Italie : La résistible ascension de Silvio Berlusconi, Grasset, 2001, p.  187
  41. Éric Jozsef, Main basse sur l'Italie : La résistible ascension de Silvio Berlusconi, Grasset, 2001, p.  210
  42. Éric Jozsef, Main basse sur l'Italie : La résistible ascension de Silvio Berlusconi, Grasset, 2001, p.  219
  43. Silvio Berlusconi est acquitté des accusations de fraude fiscale lors de l'achat d'une villa, blanchi des accusations de falsifications de bilan et de fraude fiscale lors du rachat de la société de cinéma Médusa, relaxé des accusations de corruption de magistrat dans le procès de l'achat de la maison d'éditions Mondadori, n'est pas condamné dans l'affaire de corruption de la brigade financière et bénéficie d'une prescription du délit de financement illégal du PSI à travers le compte All Iberian
  44. Éric Jozsef, Main basse sur l'Italie : La résistible ascension de Silvio Berlusconi, Grasset, 2001, p.  204
  45. Éric Jozsef, Main basse sur l'Italie : La résistible ascension de Silvio Berlusconi, Grasset, 2001, p.  276
  46. Éric Jozsef, Main basse sur l'Italie : La résistible ascension de Silvio Berlusconi, Grasset, 2001, p.  285
  47. Éric Jozsef, Main basse sur l'Italie : La résistible ascension de Silvio Berlusconi, Grasset, 2001, p.  218
  48. Déclarations de Massimo D'Alema et Vincenzo Visco
  49. 20 Minutes, 22 mai 2006, interview de Nanni Moretti p. 30
  50. « Giorgio Napolitano élu président de la République », Le Figaro, 10 mai 2006
  51. « Giorgio Napolitano est élu président de la République italienne avec les seuls suffrages des grands électeurs de gauche », Fondation Robert-Schuman, 15 mai 2006
  52. « Silvio Berlusconi : “Avec l'aide de Dieu et d'un peu de chance” », RFI, 13 mai 2008.
  53. « L'insolente popularité de Silvio Berlusconi », Le Monde, 25 février 2009.
  54. « Berlusconi fête son 73e anniversaire avec les sinistrés de L'Aquila », dépêche AFP, 29 septembre 2009.
  55. « Berlusconi a battu son record en restant éveillé “pendant 44h” », Le Nouvel Observateur, 23 avril 2009.
  56. « A Rome, 500.000 Italiens crient leur ras-le-bol à Berlusconi », site de France Info, 5 décembre 2009.
  57. « Frappé en plein visage, Berlusconi reste en observation à l'hôpital », Le Matin, 14 décembre 2009.
  58. « Violente agression de Silvio Berlusconi à Milan : “les conséquences sont graves” », Le Point, 15 décembre 2009.
  59. « Sorti de l'hôpital, Berlusconi appelle au dialogue et va chez le dentiste », dépêche Agence France-Presse, 17 décembre 2009.
  60. « Monde : Silvio Berlusconi hospitalisé après une agression », 14 décembre 2009, 20minutes.fr
  61. « Déclaré fou, l'agresseur de Berlusconi est acquitté », Le Figaro, 29 juin 2010.
  62. « Italie : « succès » de l'amnistie fiscale qui a porté sur 95 milliards d'euros », dépêche AFP, 29 décembre 2009.
  63. Parmi les ministres contraints à la démission, figure Aldo Brancher, ministre de la Mise en œuvre du fédéralisme pendant seulement 17 jours, condamné par la suite à deux ans de prison.
  64. Denis Verdini, coordinateur du Peuple de la liberté, Guido Bertolaso, Giacomo Caliendo, secrétaire d'État à la Justice, sont visés, directement ou indirectement, par l'affaire dite de la « P3 ».
  65. « Vive passe d'armes entre Berlusconi et Fini à une réunion », La Provence, 22 avril 2010.
  66. « Austérité : Berlusconi met la survie de son gouvernement dans la balance », Les Échos, 8 juillet 2010.
  67. « Berlusconi veut régler ses comptes avec Fini », Le Figaro, 9 juillet 2010.
  68. « Italie: l'âge de la retraite relevé », Le Figaro, 29 juillet 2010.
  69. « Le plan d'austérité italien adopté », Le Figaro, 29 juillet 2010.
  70. (it) « Berlusconi: “Non abbiamo più fiducia nel presidente della Camera” », Corriere della Sera, 29 juillet 2010.
  71. « Italie: un groupe de dissidents au Sénat », Le Figaro, 2 août 2010.
  72. « Italie : rupture consommée entre Berlusconi et Fini », Le Nouvel Observateur, 30 juillet 2010.
  73. « En Italie, une motion de censure rejetée contre un ministre de Berlusconi », Le Monde, 4 août 2010.
  74. « Berlusconi lâché par sa droite », Le Journal du dimanche, 22 août 2010.
  75. « Petit arrangement entre amis », Le Courrier international, 26 août 2010.
  76. « Berlusconi fait des concessions à Fini », Le Figaro, 4 septembre 2010.
  77. « Silvio Berlusconi obtient comme prévu la confiance au Sénat », Le Point, 30 septembre 2010.
  78. « Quatre membres du gouvernement Berlusconi démissionnent », Le Monde, 15 novembre 2010.
  79. « Berlusconi sauve sa place à l'arraché », Le Point, 14 décembre 2010.
  80. a et b « Berlusconi conforté par une majorité élargie », Le Figaro, 6 mai 2011.
  81. « Comment Berlusconi prépare sa succession », Les Échos, 13 mai 2011.
  82. « Berlusconi résistera-t-il au “cyclone” ? », L'Express, 31 mai 2011.
  83. « Référendums en Italie: échec cuisant pour Berlusconi », Radio France internationale, 13 juin 2011.
  84. a et b « Silvio Berlusconi ne souhaite pas se représenter en 2013 », Le Monde, 8 juillet 2011.
  85. « Italie : un plan d'austérité de 48 milliards d'euros pour équilibrer les finances jusqu'en 2014 », RFI, 15 juillet 2011.
  86. « Le plan d'austérité est adopté en Italie », La Dépêche du Midi, 16 juillet 2011.
  87. « Berlusconi annonce peu de mesures concrètes sur l'économie », Cyberpresse, 3 août 2011.
  88. « Rigueur en Italie : Berlusconi va taxer les revenus les plus élevés », France Info, 13 août 2011.
  89. « Le président italien annonce la démission prochaine de Berlusconi », Le Monde, 8 novembre 2011.
  90. « Berlusconi en sursis après un vote au Parlement », Le Figaro, 8 novembre 2011.
  91. « Umberto Bossi, principal allié de Berlusconi, demande sa démission », La Tribune de Genève, 8 novembre 2011.
  92. « Berlusconi présentera officiellement sa démission à 20h30 », Le Parisien, 12 novembre 2011.
  93. « Italie : fin de règne pour Silvio Berlusconi », Le Figaro, 13 novembre 2011.
  94. « Silvio Berlusconi conspué par la foule à son arrivée à la présidence », Le Monde, 12 novembre 2011.
  95. « Silvio Berlusconi “fier” de son bilan », France-Soir, 13 novembre 2011.
  96. « Berlusconi l'insubmersible », Le Point, 17 novembre 2011.
  97. « Silvio Berlusconi, “nouvelle victime des marchés financiers” », Le Monde, 9 septembre 2011.
  98. « Berlusconi : pourquoi les grands de ce monde l'ont lâché », Libération, 14 novembre 2011.
  99. « Italie : Berlusconi veut revenir au pouvoir », Le Figaro, 11 juillet 2012.
  100. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2012/10/24/97001-20121024FILWWW00634-berlusconi-renonce-aux-elections-de-2013.php
  101. « Italie : retour de Berlusconi, candidat aux législatives », Le Parisien, 8 décembre 2012
  102. (it) « Berlusconi vuole la presidenza del Senato », Giornalettismo, 27 février 2013
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  104. « Italie : Berlusconi promet à Bersani une opposition féroce », Euronews, 24 mars 2013
  105. « Silvio Berlusconi se dit ouvert à un président de centre-gauche », Le Nouvel Observateur, 12 avril 2013
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  107. « Italie: gauche et droite soutiendront la candidature de Franco Marini à la présidentielle », Le Parisien - Aujourd'hui en France, 17 avril 2013
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  120. Prescription pour Berlusconi, accusé de corruption dans l'affaire Mills, Le Figaro, 25 février 2012.
  121. Nouvelle prescription judiciaire pour Berlusconi, Le Figaro, 25 février 2012.
  122. Mediatrade : non-lieu pour Berlusconi, Le Figaro, 18 octobre 2011.
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  124. Condamné à un an de prison, Berlusconi dénonce un "acharnement judiciaire", Le Monde, 26 octobre 2012.
  125. Mediaset : Berlusconi condamné à 4 ans de prison pour fraude fiscale, Le Figaro, 26 octobre 2012.
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  129. Mediaset: une condamnation pour rien ?, L'Echo, édition du 2 août 2013.
  130. Pour le président italien Giorgio Napolitano, Berlusconi doit purger sa peine, Le Figaro, 13 août 2013.
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  133. « Noemi se confie et joue la jeune fille rangée », site du Soir, 7 septembre 2009.
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  135. « Lolita ou Mazarine ? », site du Soir, 23 mai 2009.
  136. « Berlusconi : le divorce, une affaire “douloureuse” », nouvelobs interactif, 4 mai 2009.
  137. « “Papounet” contre-attaque dans le scandale Noemi », site de Libération, 29 mai 2009.
  138. « Nouveau scandale autour de la vie privée de Berlusconi », Le Figaro, 18 juin 2009.
  139. « Rubygate: le parquet de Milan demande le jugement immédiat de Berlusconi », dépêche AFP, 9 février 2011.
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  141. « L’Italie, “pays de merde” pour Berlusconi », Europe 1, 1er septembre 2011.
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Vidéographie[modifier | modifier le code]

  • « Le dossier Berlusconi », documentaire de Maria-Rosa Bobbi et Michael Busse, diffusé sur Arte le 1er février 2011
  • « Il est des nôtres », documentaire d’Antonio Bellia, Elisa Bolognini, Marzia Mete, Valentina Monti, Gianfranco Pannone et Andreas Pichler, diffusé sur Arte le 01/02/2011
  • « Silvio Forever », film biographique non autorisé de Roberto Faenza et Filippo Macelloni. Sorti au cinéma le 25 mars 2011 en Italie puis diffusé sur LA7

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]