Scandale du Rubygate

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Le scandale du Rubygate — ainsi nommé en référence au scandale du Watergate — est une affaire politico-judiciaire à caractère sexuel dans laquelle se trouve impliqué le président du Conseil des ministres italien Silvio Berlusconi. On parle aussi de l'affaire Ruby[1].

Silvio Berlusconi est soupçonné d'avoir incité à la prostitution une danseuse de discothèque mineure. Entre février et mai 2010, il aurait payé Karima El Mahroug — connue également sous le nom de scène Ruby Rubacuori — alors mineure pour avoir des relations sexuelles avec elle, ainsi qu'avec de nombreuses autres jeunes femmes qui participaient à une série de réceptions privées, les bunga-bunga[2], dans une de ses villas à Arcore, près de Milan.

Une enquête est en cours ; Silvio Berlusconi ainsi que certains de ses associés doivent maintenant répondre à des accusations très graves : abus de position, exploitation de la prostitution et exploitation sexuelle de mineures.

Le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, accusé de relations sexuelles tarifées avec de jeunes prostituées mineures.

Alors que les enquêteurs affirment que l'interception légale de conversations sur téléphones portables leur fournit des preuves écrasantes, les avocats du premier ministre contestent ces allégations, proclamant qu'il s'agit d'une enquête absurde et sans fondement[3],[4].

Les faits[modifier | modifier le code]

Le 27 mai 2010, Karima El Mahroug, une danseuse du ventre professionnelle née au Maroc le 11 novembre 1992 et également connue sous son nom de scène Ruby Rubacuori (soit à peu près « Ruby la voleuse de cœurs ») était arrêtée par la police à Milan. Elle était accusée du vol de trois mille euros. La jeune fille ne portant sur elle aucun papier, fut emmenée au siège de la police locale pour identification et interrogatoire. En égard à son âge, la jeune fille fut orientée vers un refuge pour les délinquants mineurs.

Pendant l'un des interrogatoires, le chef de la police de Milan est appelé de Paris où il était en voyage par le premier ministre Silvio Berlusconi en personne. Celui-ci fait pression pour faire libérer la jeune fille, affirmant qu'elle était « la nièce du président de la République arabe égyptienne Hosni Moubarak » et que, pour éviter une crise diplomatique, il fallait la confier à Nicole Minetti, une femme politique locale qui appartenait à son parti[5].

À la suite de deux appels téléphoniques de Silvio Berlusconi aux autorités policières, la jeune femme a été libérée et remise suivant la volonté du chef du gouvernement à Nicole Minetti, depuis conseillère régionale sur les listes du parti de Silvio Berlusconi, Le Peuple de la liberté[6].

Selon une série de reportages parus dans les médias en octobre 2010, Silvio Berlusconi aurait rencontré Karima El Mahroug, âgée alors de 17 ans, par l'entremise de Nicole Minetti. La jeune fille a insisté sur le fait qu'elle n'avait pas eu de relations sexuelles avec le chef du gouvernement italien, âgé de 74 ans, mais elle a déclaré à la presse italienne qu'elle avait assisté à un dîner dans sa villa près de Milan. Elle a dit qu'elle était assise à côté de Silvio Berlusconi, qu'elle était montée avec lui et qu'il lui avait donné une enveloppe contenant 7000€. Elle a ajouté qu'il lui avait également donné des bijoux.

La villa San Martino, à Arcore, près de Milan. Résidence privée du chef du gouvernement italien, cette villa aurait été le lieu des soirées bunga-bunga organisées par le président du Conseil italien.

En janvier 2011, une enquête pénale a été ouverte contre le président du Conseil Berlusconi au sujet de ses relations avec Karima El Mahroug, pour avoir eu des rapports sexuels avec une prostituée mineure et d'avoir abusé de ses fonctions pour la faire relâcher[7]. Les avocats de Silvio Berlusconi se sont empressés de nier ces allégations, les déclarant « absurdes et sans fondement » et ont qualifié l'enquête d'« atteinte grave à la vie privée du Premier ministre, sans précédent dans l'histoire judiciaire du pays[8]. »

Verdict[modifier | modifier le code]

Le 24 juin 2013, Silvio Berlusconi est condamné pour incitation à la prostitution de mineure et abus de pouvoir, à sept ans de prison ainsi qu'à une peine d'inéligibilité à vie, sentence susceptible d'être suspendue en cas de recours[9]. Durant le procès, le ministère public rejette les dénégations de Karima El Mahroug, qui, aux yeux de la procureure, « nie parce qu'elle a reçu plus de 4,5 millions d'euros » en trois mois[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Berlusconi "se fiche complètement du sort de l'Italie", article du quotidien Le Monde, daté du 10 décembre 2012.
  2. Les fameuses soirées bunga-bunga étaient organisées entre 2009 et 2010 dans la villa San Martino, propriété privée de Silvio Berlusconi ; selon des témoins, ces soirées étaient à caractère sexuel, le chef du gouvernement ayant payé des femmes pour des relations sexuelles.
  3. (en) Stephan Faris, « Did Italy's Berlusconi Pay for Sex? », Time magazine (consulté le 22 January 2011)
  4. (en) James Walston, « Why Silvio Berlusconi is still standing », Telegraph UK (consulté le 22 January 2011)
  5. Guardian, Friday 14 January 2011
  6. (it) « Ruby fu affidata a una Comunità, non a Nicole Minetti », RaiNews24,‎ 30 oct. 2010 (consulté le 17 nov. 2010)
  7. Newsweek, January 14 2011
  8. Time Magazine, 14 January 2011
  9. a et b Anne-Laure Frémont, « Rubygate » : Silvio Berlusconi condamné à sept ans de prison, sur Le Figaro.fr,‎ 24 juin 2013