Marché financier

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Pit de cotation au Chicago Board of Trade.

Les marchés financiers sont un lieu géographique ou virtuel où différents types d'acteurs s'échangent des capitaux au comptant ou à terme. Ce sont également les marchés où sont effectuées les transactions sur des actifs financiers et, de plus en plus, leurs produits dérivés.

Sommaire

Les raisons de la croissance des marchés financiers[modifier]

Article détaillé : Histoire des bourses de valeurs.

Après la forte rivalité des Bourses de Londres et de Paris au XIXe siècle au moment de la conquête coloniale, la situation a évolué. Depuis les années 1930, le système financier est principalement bancaire. Le financement de l'économie s'effectue quasi-uniquement via le bilan des banques. Ce qui donne souvent à celles-ci le contrôle d'une partie du capital des grandes entreprises, particulièrement au Japon et en Allemagne. Du coup, les marchés financiers ont une importance très faible. Aux États-Unis, les banques de dépôt ont même l'interdiction d'y participer depuis le Glass-Steagall Act de 1933, adopté en réaction au krach d'octobre 1929.

Mais, à partir de la fin des années 1970 et surtout des des années 1980, cinq événements relancent de manière décisive la forte croissance des marchés financiers et font émerger le système actuel.
Il s'agit :

- de la libéralisation mondiale des mouvements de capitaux depuis les années 1980[1] ;
– de l'adoption du système des changes flottants en mars 1973 (voir : Dollar US), qui donne naissance à un véritable marché des changes ;
– du gonflement de la dette publique des pays industrialisés, et en particulier des États-Unis, et la fin des politiques d'encadrement du crédit, qui donne naissance au marché des taux d'intérêt ;

ainsi que :

Taux au jour-le-jour (Fed Funds) du marché monétaire américain

Organisation des marchés[modifier]

Principes généraux de fonctionnement[modifier]

L'espérance d'un fonctionnement plus efficient[modifier]

Le mécanisme sur lequel reposent les marchés est celui de la répartition des risques : Les déséquilibres sont censés être mieux corrigés et les chocs mieux absorbés si le marché est plus liquide, les intervenants plus nombreux, avec des vues différentes. Les multiples ajustements sont réputés être plus efficaces face à de petits écarts constatés à court terme[réf. nécessaire]. Arbitrage et spéculation permettent tendanciellement de réduire le risque global et -en augmentant la volatilité à très court terme- permettent en fait de :

– d'amortir la volatilité à moyen terme[réf. nécessaire] ;
– donner un caractère continu et oscillatoire aux marchés, en minimisant l'occurrence de grandes ruptures univoques[réf. nécessaire].

La permanence de la liquidité sur les marchés génériques les plus importants permet l'émergence, quasiment en permanence, de nombreux nouveaux instruments peu liquides mais spécifiques à certains besoins.

Par ailleurs, les normes IFRS ont été établies internationalement dans les années 2000-2005 , car censées fournir aux marchés une idée plus pertinente de la «juste valeur» (fair value) des sociétés cotées en application du principe du «mark-to-market» remplaçant la valorisation traditionnelle au « coût d'acquisition » .

L'ensemble des principes censés améliorer le fonctionnement des marchés financiers a été résumé dans les impératifs dits des 3D : «Décloisonnement, Déréglementation, Désintermédiation» .

Le constat des imperfections potentielles[modifier]

Ce type de fonctionnement « vertueux » peut cependant s'interrompre pendant de brèves périodes présentant un caractère « a-normal », généralement écartées de plusieurs années. L'expérience montre qu'elles n'en sont pas moins dangereuses et marquées par une instabilité intense. Certains auteurs [2] pointent la non-applicabilité des modèles mathématiques habituels et, dans les cas les plus graves, l'apparition d'un risque systémique causé de manière endogène.

Ces crises sont amenées par la nature partiellement grégaire et autoréférentielle (le fameux concours de beauté dénoncé par Keynes) des processus de formation des prix. Lesquels obéissent dans leur développement à des lois mathématiques bien différentes de celles utilisées dans la plupart des modèles de mathématiques financières : Ceux-ci sont généralement basés sur la loi normale et bien adaptés à des périodes de calme relatif ou d'agitation moyenne, mais pas aux phénomènes d'emballements constatés lors de conjonctures « anormales ». (Voir critiques du Modèle Black-Scholes et analyses et propositions de l'économiste franco-américain Mandelbrot pour une meilleure prise en compte du risque et des informations essentielles dans les situations extrêmes).

Trois crises à développement endogène ont été particulièrement importantes depuis 1973 :

– le krach d'octobre 1987 : krach à la fois des marchés de taux et des marchés d'actions ;
– la quasi-faillite du hedge fund Long Term Capital Management en septembre 1998 ;
– la crise bancaire et financière de l'automne 2008.

Elles provoquent des tensions extrêmes dans les relations entre les différents instruments financiers, susceptibles d'amener rapidement un éclatement du système financier international, et n'ont pu être résolues que par une intervention vigoureuse de la banque centrale américaine, la Réserve fédérale des États-Unis.

Des fonctionnements inhabituels des systèmes informatiques ont été remarqués à diverses occasions :

Voir aussi : Crises monétaires et financières et Mathématiques financières

Typologie des acteurs[modifier]

Les participants acteurs sur les marchés financiers sont

Typologie des transactions[modifier]

Les marchés financiers sont à la fois des marchés de gros et de détail. Le plus gros volume des échanges a maintenant lieu via des produits dérivés (forwards, futures, options, swaps, etc.) qui sont en forte croissance depuis le début des années 1980.
Les transactions ont lieu :

Dématérialisation[modifier]

Les marchés financiers sont souvent dits « virtuels » ou « dématérialisés », à cause de leur caractère électronique : ils prennent la forme de réseaux informatiques entre institutions financières. Ainsi, les Bourses comme à Paris le palais Brongniart sont maintenant des bâtiments vides tandis que les sociétés qui gèrent les marchés organisés, comme Euronext Paris, anciennement dénommée Société des bourses françaises (SBF) ou Deutsche Börse, successeur de la Bourse de Francfort, se considèrent dorénavant avant tout comme des prestataires de services informatiques.

La "dématérialisation" fait alors référence à la disparition du titre papier (coupon de papier de format A5) représentant physiquement une action de la société, au profit d'une inscription dans un compte bancaire appelé compte-titres, ainsi qu'au développement concomitant de l'ordre d'intervention (ordre de bourse) informatisé, avec l'apparition d'internet et sa banalisation. Il est ainsi non seulement possible mais également fort simple pour un particulier, aujourd'hui, d'avoir à son domicile l'équivalent d'une salle de marché permettant d'intervenir en direct sur le marché des devises à Paris, sur le marché des actions à New York ou sur le marché des matières premières à Chicago.

Le terme "dématérialisation" est cependant grossièrement inapproprié, car le support informatique n'est pas "immatériel" ou "moins matériel" : il repose sur des infrastructures informatiques importantes, comme des parcs de serveurs, des dispositifs de transmission de données (lignes de transmission, antennes, satellites) et bien sûr, les multiples ordinateurs personnels, écrans, accessoires, etc. Le support papier a simplement été troqué contre un support plastique et métallique.

L'utilisation du terme "dématérialisation" peut également laisser entendre que l'existence et le fonctionnement des marchés financiers sont indépendants de l'économie dite matérielle, ce qui est évidemment faux.

Les transactions à haute fréquence[modifier]

Les transactions à haute fréquence, ou trading haute fréquence (THF ou HFT, de l'anglais High-frequency trading), réfèrent à l'exécution à grande vitesse de transactions financières faites par des algorithmes informatiques. Ces opérateurs de marché virtuels peuvent ainsi exécuter des opérations sur les marchés en un temps calculé en microsecondes[3]. Plusieurs affaires récentes ayant montré que certaines techniques de manipulation de marché pouvaient être obtenues, comme les techniques de «Quote stuffing», «Layering» ou «spoofing» [4].

THF aux États-Unis[modifier]

En juillet 2009, les transactions à haute fréquence génèrent 73 % du volume de négociation d'actions sur les marchés des États-Unis[5]. Ainsi en juillet 2011, le temps moyen de détention d'une action américaine est estimé à 22 secondes[6]. À elle seule, la Bourse de New York génère environ le tiers des transactions boursières mondiales[7].

THF en France[modifier]

Jean-Pierre Jouyet, président de l'AMF, estime le 5 octobre 2011 « qu’il était quasiment impossible de démontrer d’éventuelles manipulations de cours liées au High Frequency Trading (HFT) du fait de sa structure opaque et des manques de données durablement exploitables via le carnet d’ordres »[8]. En France,l'amendement visant à taxer les transactions haute fréquence, voté par le Sénat le 18 novembre 2011, a été rejeté par gouvernement Fillon, représenté alors par Valérie Pécresse[9].

Principaux marchés[modifier]

Il s'agit, par ordre de volumes négociés décroissants :

Marché de la dette monétaire et obligataire[modifier]

Il est difficile d'avoir une idée précise des volumes négociés globalement sur les marchés de taux d'intérêt. L'étude triennale de la Banque des règlements internationaux a montré qu'en 2004, les volumes quotidiens de produits dérivés de taux d'intérêt, et uniquement eux, étaient de l'ordre de 5 500 milliards de dollars US. Compte-tenu des différentes statistiques éparses dont on dispose par ailleurs, un volume global quotidien de l'ordre de 8 000 milliards de dollars semble réaliste.

Certes, il faut bien avoir conscience qu'on additionne ainsi des grandeurs presque aussi hétérogènes que des choux, des automobiles et des T-shirts : 10 millions d'euros d'obligations à 30 ans représentent le même risque de taux que 6 milliards d'euros de taux au jour-le-jour mais un risque de crédit bien moindre.

Marché des changes ou Forex[modifier]

Sur le marché des changes, ou Forex, on échange des devises les unes contre les autres ; Le Forex est le plus interbancaire des trois grands marchés financiers et l'essentiel des transactions y a lieu de gré à gré. C'est le premier marché à avoir développé le trading électronique.
Les volumes quotidiens totaux du marché des changes étaient en 2004 de plus de 1 900 milliard de dollars dont 600 milliards au comptant et 1 300 milliard en produits dérivés. En 2007, ils atteignent, selon la dernière enquête de la BRI, 3 210 milliards de dollars soit une augmentation de près de 65 % par rapport à 2004. Cette augmentation est principalement due aux phénomènes de fusion-acquisition et aux mouvements spéculatifs. Le dollar est impliqué dans 86 % des opérations (sur un total de 200 %), l'euro dans 37 %, le yen et la livre dans, respectivement, 16,5 % et 15 %[10]. Nous pouvons nous attendre à un changement des proportions des devises au regard du cours du dollar par rapport à l'euro; de plus les pays asiatiques et les pays du Golfe tendent à diminuer leurs réserves en dollars au bénéfice de l'euro.

Marché des actions[modifier]

Les volumes quotidiens des marchés d'actions, d'indices boursiers et de leurs dérivés représentent moins de 500 milliards de dollars. Même si ceux-ci ont une volatilité naturelle légèrement supérieure à celle des autres marchés financiers, leur taille est plus modeste. Ils sont très exposés aux dérèglements de la finance, comme lors de la crise financière de 2007 à 2011.

Ce sont les seuls ouverts aux particuliers, capturant l'imagination du public et occupant une part significative dans le traitement de l'information par les médias est complètement disproportionnée par rapport à leur importance économique réelle.

Autres marchés[modifier]

  • et enfin, par tradition, à la frontière avec les marchés organisés de produits de base (en anglais : commodities), les marchés de deux métaux précieux, or et argent, bien que ceux-ci soient de moins en moins monétisés et que leurs marchés soient en fait minuscules en regard de la taille désormais atteinte par les autres marchés.

Questions d'Actualité[modifier]

Évaluation de l'efficience des marchés financiers[modifier]

Régulation des marchés financiers[modifier]

Notes et références[modifier]

Voir aussi[modifier]

Articles connexes[modifier]

Vidéographie[modifier]

À noter et à voir afin de mieux comprendre l'évolution des marchés financiers au XXe et début du XXIe siècle : le documentaire Noire finance en deux parties (1er volet : La Grande Pompe à phynances, 2e volet : Le Bal des vautours) réalisé par Jean-Michel Meurice et Fabrizio Calvi, diffusé sur ARTE en octobre 2012.

Bibliographie[modifier]

  • Dittrich, M. (2009) The physical dimension of international trade, 1962-2005, in: Bleischwitz, R., Welfens, P.J.J., Zhang, Z.X. (Ed.), Sustainable growth and resource productivity. Economic and global policy issues. Greenleaf Publishing, Sheffield, UK.
  • François Chesnais (Sous la coordination de), La mondialisation financière, La Découverte & Syros, 1996