États pontificaux

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42° 49′ 16″ N 12° 36′ 10″ E / 42.82111, 12.6028

États pontificaux
Stati della Chiesa

752 – 1870

Blason
Armoiries des États pontificaux
alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Carte des États pontificaux (vert) en 1789, incluant les enclaves de Bénévent et Pontecorvo ainsi que le Comtat Venaissin et Avignon.

Informations générales
Statut Théocratie
Capitale Rome
Histoire et événements
752 Création
1177 Paix de Venise (indépendance du Saint Empire)
29 mai 1434 République communale et expulsion d'Eugène IV
1443 Retour d'Eugène IV
15 février 1798 République romaine
Juin 1800 Rétablissement
9 février 1849 République romaine
4 juillet 1849 Rétablissement
20 septembre 1870 Unification italienne
11 février 1929 Accords du Latran

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Les États pontificaux (ou « États de l'Église ») sont les États qui furent entre 752 et 1870 sous l'autorité temporelle du pape. Le premier noyau de ces États était baptisé patrimoine de Saint Pierre. Les États pontificaux ont été formellement abolis par les accords du Latran en 1929.

Origine[modifier | modifier le code]

La donation de Pépin (ou traité de Quierzy) au pape Étienne II (754)
Carte des États pontificaux en 1849.

Leur origine se fonde sur un document appelé donation de Constantin, faux probablement fabriqué par la chancellerie pontificale au VIIIe siècle[1]. Selon ce document, qui sert à cette époque les intérêts carolingiens, l'empereur Constantin Ier aurait cédé, en 335, au pape Sylvestre Ier, toutes les provinces de l'Occident.

Ce document est promulgué en 754 par Pépin le Bref, redevable à Étienne II d'avoir légitimé le renversement des Mérovingiens et qui, après s'être engagé à céder au pape des terres conquises sur les Lombards, révèle cette donation à l'Assemblée de Quierzy. Elle correspond aux territoires de l'ancien exarchat de Ravenne et consiste essentiellement en des terres pauvres (contenant notamment les marais pontins) où se pratique pendant des siècles l'agriculture. La donation est confirmée en 774, à Rome, par Charlemagne, fils de Pépin.

L'authenticité de la donation est mise en doute à partir du XIIe siècle, mais la démonstration définitive de son caractère apocryphe n'est établie qu'en 1440 par l'humaniste Lorenzo Valla, dans un travail qui est généralement considéré comme l'acte fondateur de la critique textuelle.

Les États pontificaux jusqu'à la Révolution française[modifier | modifier le code]

Ces États s'accrurent en 1115 par l'héritage de la comtesse Mathilde de Toscane.

En réponse aux luttes fratricides entre Guelfes (partisans du pape) et Gibelins (partisans de l’empereur), la paix de Venise de 1177 consacre l'indépendance des États du pape vis-à-vis du Saint Empire.

Au milieu du XIVe siècle, le Trecento, les États pontificaux sont à leur extension maximale et les Constitutions égidiennes établissent en 1357 sept provinces dans l'ensemble central de l'Italie : Rome, les provinces de Campagne et Maritime (entre Rome, Ostie, vallée du Liri et Terracina), le Patrimoine de Saint Pierre en Toscane, la Sabine, la marche d'Ancône et le duché de Spolète ; auxquels il faut ajouter les enclaves de Bénévent et de Pontecorvo dans le royaume de Naples, Avignon et le Comtat Venaissin.

Pendant les guerres d'Italie, le pape Jules II prend possession des villes que César Borgia avait conquises en Romagne et dans les Marches. Léon X y ajoute les villes d'Émilie : Plaisance, Parme, Reggio, Modène et Bologne.

En 1598, Clément VIII annexe Ferrare et Comacchio.

En 1631, Urbino est intégré aux États pontificaux, puis Castro et Ronciglione en 1649.

Les États pontificaux sous la Révolution française[modifier | modifier le code]

En 1796, le Directoire envoie le général Bonaparte accompagné de Gaspard Monge pour la campagne d'Italie. Le 6 février 1798, les troupes françaises envahissent Rome. Le Directoire avait demandé au pape d'abandonner ses pouvoirs temporels, tout en gardant ses pouvoirs spirituels. Le 17 février, pensant qu'il n'est pas possible de séparer les deux pouvoirs, les émissaires du Directoire demandent à Pie VI de quitter Rome dans les deux jours. Celui-ci s'enfuit dans la nuit du 19 au 20 février 1798. La République romaine est proclamée.

Pie VI trouve refuge dans la chartreuse de Florence. Il est fait prisonnier et emmené par les troupes françaises à Bologne, puis à Parme, Turin, Grenoble, et enfin Valence, où épuisé il décède le 29 août 1799.

En septembre 1799, les troupes napolitaines reprennent Rome, Pie VII y rentre et les États pontificaux sont restaurés en juin 1800. Ils sont de nouveau envahis par les Français en 1808. Le 17 mai 1809, par un décret pris à Schönbrunn, Napoléon décide d'annexer les États pontificaux à l'Empire français pour former les départements du Tibre et de Trasimène.

En 1815, grâce aux puissances réunies au congrès de Vienne, Pie VII rétablit les États pontificaux, qui prirent brièvement une forme républicaine en 1849.

Fin des États pontificaux[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Question romaine.

À l'issue de la deuxième guerre d'indépendance italienne en 1859, les légations, l’Ombrie, les Marches et la Romagne, ainsi que la délégation d'Orvieto, furent intégrées aux Provinces-Unies d'Italie centrale, État satellite du royaume de Sardaigne, laissant Rome, le Latium et la Campanie au souverain pontife.

Un an plus tard, en 1860, le Piémont annexe ces territoires.

En 1870, après l'évacuation des troupes françaises, Rome est envahie et rattachée à son tour au royaume d'Italie.

Le 20 septembre 1900, le pape Léon XIII dissout officiellement les États pontificaux. Le pape reste désormais enfermé dans son palais apostolique.

L'État de la Cité du Vatican est créé le 11 février 1929, par les accords du Latran avec Mussolini. Il est reconnu par cet ensemble de traités internationaux comme « État souverain de droit public international, distinct du Saint-Siège ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cf Lorenzo Valla (trad. Jean-Baptiste Giard), Sur la donation de Constantin, à lui faussement attribuée et mensongère. [« De falso credita et ementita Constantini donatione libri duo »], Lyon, éd. des Belles Lettres, coll. « La roue à livres »,‎ 1993 (1re éd. 1547), 13,5 × 21 cm broché, XXI + 151 p. (ISBN 978-2-251-33920-7, présentation en ligne).