Aorte

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Vue du trajet de l'aorte en rouge.

Chez les mammifères, l’aorte (du latin tardif aorta, du grec ἀορτή « aortē », les deux termes aorte et artère renvoyant au grec « aeiro » signifiant « soulever, suspendre » et faisant référence initialement aux bronches[1]) est la plus grande et la plus grosse artère de l'organisme. Elle naît du ventricule gauche du cœur et elle s'étend jusqu'à l'abdomen, où elle se bifurque en deux artères plus petites (les artères iliaques communes). Elle apporte notamment du sang oxygéné à toutes les parties du corps via la circulation excepté à la circulation fonctionnelle du poumon (artère pulmonaire).

Caractéristiques physiologiques[modifier | modifier le code]

L'aorte est une artère élastique capable de se distendre dans une certaine mesure : durant la contraction du ventricule gauche, la systole, l'aorte se distend. Ainsi durant la phase de repos du ventricule gauche, la diastole, l'élasticité de l'aorte permet de maintenir à un certain niveau la tension artérielle grâce à une recontraction passive.

Anatomie[modifier | modifier le code]

Aorte thoracique, visible en rouge. Le cœur est situé juste en dessous.
Aorte de porc ouverte montrant aussi quelques artères sortantes.

Elle est classiquement divisée en aorte thoracique et en aorte abdominale[2],[3].

Aorte thoracique[modifier | modifier le code]

L'aorte thoracique s'étend du cœur au diaphragme. Elle comprend trois parties : l'aorte ascendante, horizontale et descendante.

Aorte ascendante[modifier | modifier le code]

L'aorte ascendante constitue la partie initiale de l'aorte, elle fait 27 mm de diamètre et émerge du ventricule gauche, dont elle est séparée par la valve aortique. Elle se positionne dans une gaîne péricardique commune avec l'artère pulmonaire. Ces deux artères s'enroulent entre elles, de sorte que l'aorte naît dorsalement par rapport à l'artère pulmonaire mais ensuite l'aorte se tord latéro-ventralement pour se retrouver ventrale par rapport à l'artère pulmonaire[4]. Cette portion fait 6 cm de hauteur, divisé en deux régions :

  • le sinus de Valsalva, fortement dilaté, oblique en avant (segment initial proprement dit ou « segment 0 ») ;
  • le grand sinus aortique, dilaté, jusqu'à la portion horizontale de l'aorte (« segment 1 »).

Le sinus aortique gauche contient l'origine de l' artère coronaire gauche et le sinus aortique droit donne également lieu à l' artère coronaire droite.

D'une manière générale, les branches de l'aorte ascendante irriguent le cœur.

Aorte horizontale[modifier | modifier le code]

L'aorte horizontale passe ensuite au-dessus de l'artère pulmonaire et de la bronche souche gauche (segment 2) et reste liée à l'artère pulmonaire droite par le ligament artériel de Botal, un vestige du canal artériel. Trois vaisseaux naissent de cette crosse aortique, le tronc artériel brachio-céphalique, l'artère carotide commune gauche, et l'artère subclavière gauche. On peut également apercevoir en arrière le début de l'artère thyroïdea Ima (ou artère thyroîdienne moyenne) entre les origines du tronc artériel brachio-céphalique et de l'artère carotide gauche, située postérieurement à cette crosse, mais elle n'en n'est pas issue. D'une manière générale, les branches de l'aorte horizontale irriguent la tête le cou et les bras. Entre l'aorte et l'artère pulmonaire existe un réseau de fibres du système nerveux autonome, le plexus cardiaque ou aortique. Le nerf vague gauche, qui passe ventralement à l'aorte horizontale, dégage une grande branche, le nerf laryngé récurrent gauche, qui forme une boucle sous la crosse de l'aorte juste en dehors du ligament artériel de Botal. Il se dirige ensuite vers le cou.

L'aorte ascendante et l'aorte horizontale constituent la crosse de l'aorte.

Aorte descendante[modifier | modifier le code]

L'aorte descend ensuite dans le tronc (segment3), dans le médiastin, en arrière du cœur et en avant de l'œsophage dans sa partie supérieure, en arrière dans sa partie inférieure. Cette partie est relativement fixée par rapport aux deux autres segments. La jonction entre l'aorte horizontale et descendante est appelée « isthme aortique ». Elle traverse ensuite le diaphragme au niveau du hiatus aortique - qui se situe à hauteur de la 12e vertèbre thoracique (en T12) - et devient l'aorte abdominale (segments 4 et 5).

Les branches collatérales[modifier | modifier le code]

Il en existe deux types :

  • les collatérales principales ;
  • les collatérales accessoires.
Les collatérales principales[modifier | modifier le code]

Elles sont au nombre de cinq :

Les collatérales accessoires[modifier | modifier le code]

On en distingue quatre principales :

  • l'artère thyroïdienne moyenne (ou médiale, ou artère de Neubauer), qui est inconstante ;
  • les artères bronchiques (une droite et deux gauches), vascularisant les pédicules pulmonaires ;
  • les artères œsophagiennes[5], vascularisant l'œsophage thoracique ;
  • les artères graisseuses, présentes à la surface du cœur, inconstantes aussi.
  • les artères inter-costales en face postérieur (qui vascularise muscles, os et moelle)
  • l'artère vertébrale gauche peut naître de la crosse aortique dans une variante anatomique (elle naît la plupart du temps de l'artère sous-clavière gauche).

Aorte abdominale[modifier | modifier le code]

L'aorte abdominale et ses branches

L'aorte abdominale s'étend du diaphragme jusqu'au niveau du disque intervertébral entre les vertèbres L4 et L5 en deux artères iliaques communes et une artère médiane : l'artère sacrale médiane[6]. Celles-ci irriguent le pelvis et donnent les artères irriguant les membres inférieurs. Durant son trajet dans l'abdomen, l'aorte court à gauche de la veine cave inférieure et en avant de la colonne vertébrale. La totalité des vaisseaux irriguant les organes abdominaux naissent de l'aorte abdominale. Bien qu'il existe de nombreuses variantes anatomiques reconnues, la topographie vasculaire la plus fréquente est, de haut en bas : le tronc cœliaque, l'artère mésentérique supérieure, les artères rénales (délimitant les segments 4 et 5), les artères gonadiques et l'artère mésentérique inférieure.

Exploration[modifier | modifier le code]

l'échographie, le scanner avec injection visualise essentiellement la lumière interne du vaisseau. L'IRM avec injection permet de visualiser (et de mesurer) la lumière interne ainsi que les bords externes (lumière + épaisseur des parois), ce qui peux expliquer une certaine discordance entre les mesures, ne dépassant pas toutefois les 5 mm[7].

Aorte thoracique[modifier | modifier le code]

  • On voit sa silhouette sur une radiographie du thorax (de face).
  • L'échographie permet de voir sa partie ascendante et sa partie horizontale. Sa partie descendante n'est habituellement pas accessible.
  • L'échographie par voie trans-œsophagienne permet de la visualiser dans presque sa totalité, seule la zone entre l'aorte ascendante et l'aorte horizontale n'est pas accessible.
  • L'angiographie (injection d'un produit radio-opaque iodé directement dans l'aorte et utilisation de rayons X) permet de visualiser l'intégralité de l'aorte mais son utilisation est beaucoup plus rare depuis l'avènement de la scannographie et de l'IRM. Ces deux dernières techniques permettent des reconstructions en trois dimensions.
  • Le scanner ne perçoit que la silhouette de l'artère. Une injection de produit de contraste par voie veineuse est nécessaire pour bien analyser le vaisseau.
  • L'IRM nécessite également l'injection d'un produit de contraste pour bien visualiser l'artère.

Aorte abdominale[modifier | modifier le code]

  • La palpation permet de percevoir les battements de l'aorte si l'abdomen n'est pas trop graisseux.
  • L'échographie reste l'examen de choix. Il nécessite que le patient soit à jeun. L'IRM et le scanner sont également utilisés.

Pathologies[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. M-P. Duminil, Le Sang, les vaisseaux, le cœur dans la Collection hippocratique. Anatomie et physiologie, Société d'édition Les Belles Lettres,‎ 1983, p. 24-25
  2. (en) Gerard J. Tortora, « Principles of Human », dans John W. Hole & Karen A. Koos, Human Anatomy, Wm. C. Brown Publishing,‎ 1994, 2e éd. (ISBN 0-697-12252-2), p. 479
  3. (en) Ken M. Van De Graaff, Human Anatomy, WCB McGraw-Hill,‎ 1998, 5e éd. (ISBN 0-697-28413-1), p. 548-549
  4. (en) Richard L. Drake, Wayn A. Vogl et Adam W. M. Mitchell, Gray's Anatomy for Students, Churchill Livingstone (Elsevier),‎ 2010, 2e éd. (ISBN 978-0-443-06952-9)
  5. http://www.univ-brest.fr/S_Commun/Biblio/ANATOMIE/Web_anat/Thorax/Oesophage/Arteres_oesophage.htm
  6. (nl) R. Putz et R. Pabst, Atlas van de menselijke anatomie [« Atlas der Anatomie des Menschen »], Bohn Stafleu van Loghum,‎ 2006, 3e éd. (ISBN 90-313-4712-4)
  7. Goldfinger JZ, Halperin JL, Marin ML, Stewart AS, Eagle KA, Fuster V, Thoracic aortic aneurysm and dissection, JACC, 2014;64:1725–1739

Annexes[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]