Paupière

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Paupières fermées.
Paupières ouvertes.
Paupières et fente palpérale séparant les deux paupières.

Les paupières sont des plaques de peau mobiles se rabattant sur les yeux, les protégeant des agressions externes.

Rôle[modifier | modifier le code]

Les paupières jouent plusieurs rôles vis-à-vis des yeux :

  • protéger les yeux de certaines agressions comme les projections de poussières ;
  • bloquer ou limiter la lumière pénétrant dans l'œil (par exemple lors du sommeil) ;
  • aider à la réhydratation et au nettoyage de la cornée.

Structure[modifier | modifier le code]

Chez l'Homme[modifier | modifier le code]

Les paupières sont actionnées par des muscles qui permettent l'ouverture et la fermeture : le muscle orbiculaire sert à l'occlusion (fermeture) ; c'est un muscle strié à fibres circulaires. Il s'insère sur les commissures externe et interne de l’œil. Le muscle releveur de la paupière supérieure joue un rôle très important dans l'ouverture de la paupière. Le muscle de Müller est également un muscle lié à l'ouverture de la paupière supérieure. C'est un muscle lisse qui est tendu de la surface inférieure du muscle releveur de la paupière supérieure au bord supérieur du tarse supérieur.

Chez l'homme, les paupières sont deux voiles musculo-membraneux mobiles qui recouvrent et protègent la partie antérieure du globe de l'œil. Les paupières sont séparées par l'ouverture palpébrale qui mesure en moyenne 30 mm de long sur 10 mm de haut. Elles sont constituées par sept couches superposées :

  • une peau fine : épiderme très mince (0,5 mm d'épaisseur[1]), aussi fin que l'épiderme du tympan ;
  • une couche de tissu cellulaire lâche ;
  • le muscle orbiculaire des paupières ;
  • une deuxième couche de tissu cellulaire lâche ;
  • une couche fibro-élastique, tarses supérieur et inférieur ;
  • une couche de fibres musculaires lisses ;
  • une couche muqueuse ;

Sur les bords libres de la paupière s'implantent les cils sur trois ou quatre rangs. Près de l'angle interne se trouvent :

  • l'ouverture des canaux lacrymaux, appelée papille lacrymale, séparant la partie ciliée et non ciliée ;
  • la caroncule au niveau de la commissure interne de l’œil ;
  • le pli semi-lunaire qui recouvre la sclère : pli vertical de 2 mm ; son mouvement est lié à l'orbite de l’œil et non au mouvement des paupières ;
  • le bord libre supérieur, constitué de 70 à 160 cils et mesurant 30 mm environ ;
  • le bord libre inférieur, constitué de 70 cils environ et mesurant 25 mm ;

Ils[Quoi ?] sont constitués d'orifice des glandes de Zeiss (2 par cil) et des glandes de Maull sur sa partie postérieure et d'orifices des glandes de Meibomius (glandes agissant dans la production lipidique du film lacrymal) sur sa partie antérieure.

Galerie d'images[modifier | modifier le code]

Chez les autres animaux[modifier | modifier le code]

Chez les mammifères, les paupières sont généralement au nombre de deux, en haut et en bas, et la paupière du haut est la plus mobile. Mais un certain nombre d'entre eux sont dotés d'une troisième paupière : la membrane nictitante.

Les cils — poils qui se trouvent sur le bord libre des paupières — aident à la protection en bloquant les poussières avant qu'elles n'atteignent la cornée.

Chez les reptiles les paupières sont en général au nombre de trois. Deux sont en haut et en bas, celle du bas étant la plus mobile, tandis que la membrane nictitante, latérale et sous les précédentes, est parfois semi-transparente.

Chez certains reptiles comme les serpents ou la plupart des geckos il n'y a pas de paupières, mais une écaille transparente qui protège l'œil.

Aspects culturels[modifier | modifier le code]

Après le mort[modifier | modifier le code]

Après la mort, il est commun dans de nombreuses cultures humaines de rabattre les paupières du défunt de façon à lui fermer les yeux.

Doubles paupières[modifier | modifier le code]

Doubles paupières : l'épicanthus se distingue au-dessus de la ligne des cils
Simples paupières (yeux dits bridés) : le pli se confond avec la ligne des cils ; en Asie du Nord et de l'Est, un repli cutané dit « pli palpébral » recouvre généralement partiellement la paupière supérieure

Le terme « doubles paupières » désigne le positionnement du pli épicanthique (entre l'arcade et la paupière) au-dessus de la ligne des cils, une caractéristique systématique chez les personnes de type européen tandis que les asiatiques ont majoritairement les yeux dits bridés (pli épicanthique au niveau de la paupière).

En Chine, les doubles paupières font partie des canons traditionnels de beauté féminine. Il en résulte un recours fréquent à la chirurgie esthétique par les jeunes Chinoises pour obtenir des doubles paupières, faisant de cette opération la plus pratiquée de la chirurgie esthétique (un tiers du million d'interventions recensées en 2007)[2].

Pathologies[modifier | modifier le code]

Plaies palpébrales[modifier | modifier le code]

La paupière peut être affectée par des plaies (dites plaies palpébrales[3]), plus fréquentes chez les enfants et les personnes de sexe masculin[3] et nécessitant l'intervention d'un bon chirurgien[3].

Obliquité des fentes palpébrales[modifier | modifier le code]

Des maladies génétiques telles que le syndrome de Down peuvent faire en sorte que les fentes palpébrales ont une obliquité inhabituelle ou anormale[4].

Ptosis[modifier | modifier le code]

Le ptosis est la chute de la paupière supérieure, résultant d'un déficit du muscle releveur de la paupière supérieure ou d'une désinsertion de ce muscle et de son aponévrose.

Cernes[modifier | modifier le code]

Un cerne est une variation de la coloration de la peau sous l'œil qui donne au regard un aspect fatigué et vieilli[5].

Inflammations[modifier | modifier le code]

Des inflammations peuvent survenir , suite à un contact avec un irritant, ou suie à une infection virale ou bactérienne, éventuellement associée à une conjonctivite,

Allergies[modifier | modifier le code]

Les paupières peuvent être affectées par les allergies ; l'allergène est alors en général un produit cosmétique [6] des topiques médicamenteux à usage dermatologique[6], et moins souvent des allergènes professionnels[6]

Tumeurs[modifier | modifier le code]

Des tumeurs et lymphomes peuvent toucher les paupières[7], mélanome[8], carcinomes[9], etc.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en)Illustrated Encyclopedia of Human Anatomic Variation: Opus IV: Organ Systems
  2. « Dernière tendance asiatique: La chirurgie esthétique des yeux! », sur http://www.zurbains.com/, zurbains,‎ 25 juillet 2008 (consulté le 4 juin 2010)
  3. a, b et c D. Valle, D. Charoki, C. Brugniart, F. Scholtes, A. Segal, A. Ducasse (2008), Les plaies de paupière. Épidémiologie et prise en charge Journal Français d'Ophtalmologie, Volume 31, Supplement 1, April 2008, Pages 89-90
  4. Down Syndrome
  5. ­Qu'est-ce qu'un cerne ?
  6. a, b et c E. Collet, M. Castelain, B. Milpied (2011), Œil, paupières et allergènes de contact ; Revue Française d'Allergologie, Volume 51, no 3, Avril 2011, Pages 318-322 ([ http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1877032011000558 résumé ])
  7. Ram-Wolff, B. Flageul, M.-D. Vignon-Pennamen, M. Battistella, A.-L. Goeldel-Brichet, F. Grange, M. Bagot (2013), Pyoderma gangrenosum de la paupière : chercher le lymphome ! ; Annales de Dermatologie et de Vénéréologie, Volume 140, Issue 12, Supplement 1, déc 2013, Pages S556-S557 C.
  8. Dulaurent, A. Dulaurent, E. Thilliez, M. Mentek, P.-F. Isard (2011), Lambeau de plexus sous-dermique de la lèvre supérieure chez une chienne atteinte d’un mélanome hypopigmenté de la paupière inférieure ; Pratique Médicale et Chirurgicale de l'Animal de Compagnie, Volume 46, Issue 2, Avril–Juin 2011, Pages 35-41 T.
  9. M. Riviere, A. Ferron, F. Scholtes, C. Brugniart, T.D. Nguyen, M. Pluot, A. Ducasse (2007), Carcinomes basocellulaires de paupière : aspects épidémiologiques et prise en charge thérapeutique ; Journal Français d'Ophtalmologie, Volume 30, Supplement 2, Avril 2007, Page 2S248

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • F. D’Hermies, A. Meyer, F. Behar Cohen, X. Morel, M. Halhal, F. Azan, C. Elmaleh, S. Horn, G. Renard Molluscum contagiosum de la paupière inférieure ; Journal Français d'Ophtalmologie, Volume 27, Issue 3, March 2004, Pages 301-303