Canton de Berne

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Canton de Berne
Blason de Canton de Berne
Héraldique
Localisation du canton en Suisse
Localisation du canton en Suisse
Noms
Nom allemand Kanton Bern
Administration
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Entrée dans la Confédération 1353
Abréviation BE
Chef-lieu Berne
Communes 383[1]
Districts 10
Exécutif Regierungsrat, Conseil-exécutif (7 sièges)[2]
Législatif Grosser Rat, Grand conseil (160 sièges)[3]
Conseil des États 2 sièges[4]
Conseil national 26 sièges[5]
Démographie
Population 1 001 281 hab. (31 décembre 2013)
Densité 168 hab./km2
Rang démographique 2e[6]
Langues officielles allemand, français
Géographie
Coordonnées 46° 50′ N 7° 37′ E / 46.833333333333, 7.616666666666746° 50′ Nord 7° 37′ Est / 46.833333333333, 7.6166666666667  
Altitude Min. Aar à Wynau 401,5 m – Max. Finsteraarhorn[7] 4 274 m
Superficie 595 944 ha = 5 959,44 km2
Rang 2e[8]

Le canton de Berne (BE - en allemand Kanton Bern) est un canton de Suisse bilingue dont les langues officielles sont l'allemand et le français, et dont le chef-lieu et la capitale du pays est Berne (Bern en schwiitzerdütsch).

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire du canton de Berne.

Le canton de Berne descend de la Respublica Bernensis. Ce vaste État-Ville au nord des Alpes avait été créé par la ville de Berne, fondée en 1191. Sa souveraineté s'étendait du lac Léman (annexion du pays de Vaud en 1536) à l'Argovie (1415). Membre de la Confédération suisse depuis 1353, Berne accède, après la Réforme (1528), au rang de puissance européenne. À l'heure actuelle, plus de 70 % des habitants du canton sont protestants[9].

Géographie[modifier | modifier le code]

Le canton de Berne se situe dans le nord-ouest de la Suisse, à la frontière entre la partie francophone et germanophone du pays. Il s'étend des Alpes bernoises jusqu'au Jura en traversant le plateau suisse. Il possède une frontière avec 11 autres cantons. Au nord avec le canton du Jura, à l'ouest avec les cantons de Vaud, Neuchâtel et Fribourg, au sud avec le Valais et à l'est avec Soleure, Argovie, Lucerne, Obwald, Nidwald et Uri.

À l'est de la ville de Berne, du côté de l'Oberland bernois (les Préalpes), se situe la vallée de l'Emme, l'Emmental, où est produit le fromage du même nom.

Au nord-ouest de la ville de Berne se trouve le Seeland, une région d'anciens marécages, gagnée à la culture maraîchère grâce à la correction des eaux du Jura.

La partie francophone du canton est située au nord et se nomme le Jura bernois.

La superficie du canton est de 5 959 km2 dont 31 % de forêt, 43,3 % de surface agricole utile, 6,4 % de surface d'habitation et de transport et 19,6 % de surface improductive constitué de la partie montagneuse du canton.

Son point le plus haut est le Finsteraarhorn à 4 274 m, sur la frontière valaisanne, et les autres sommets majeurs sont le Schreckhorn à 4 078 m ainsi que la Jungfrau à 4 158 m. Son point le plus bas se situe au niveau de l'Aar près de Wynau (401,5 m).

Sa population est constituée de 959 100 habitants dont 11,3 % d'étrangers. La densité de la population atteint 161 habitants/km². Ses habitants parlent les langues suivantes : l'allemand pour 84 % d'entre eux et le français pour 8,2 %.

Vue des Alpes bernoises, depuis Neuchâtel.

Économie[modifier | modifier le code]

Espace et structure économiques[modifier | modifier le code]

Le canton de Berne s’étend du Jura aux Alpes. Sa taille et la diversité de ses paysages lui confèrent une structure économique variée. Le secteur public, l’agriculture, l’information, le tourisme et le secteur sanitaire et social y sont fortement représentés par rapport à la moyenne suisse. Le secteur sanitaire et social, qui employait 71 100 personnes en 2008, en est la branche économique majeure.

Le canton de Berne est un espace économique important appelé, par son bilinguisme, à servir de trait d’union entre les régions alémaniques et francophones de la Suisse. Il abrite de nombreuses grandes entreprises internationales, en particulier dans l’industrie de précision, l’horlogerie et le génie médical. Les machines-outils et les montres constituent 44,9 % des exportations bernoises, dont 54,4 % sont destinées aux pays de l’UE (chiffres 2010).

Employant plus de 15 000 personnes, le secteur des technologies énergétiques et environnementales font du canton de Berne un site d’implantation florissant pour les écotechnologies. À l’horizon 2025, la stratégie économique cantonale mise sur la promotion et le développement des technologies propres (communiqué de presse du canton de Berne du 30 juin 2011) (chiffres tirés du « Rapport sur la situation économique », édition 2011)

Clusters[modifier | modifier le code]

Grâce à sa politique des clusters, le canton de Berne favorise les réseaux d’entreprises et, du même coup, le transfert de savoir et de technologie. Véritables réseaux de compétences, les clusters jouent un rôle-clé dans le développement économique. Leur croissance moyenne est supérieure à la croissance économique du canton. 32,8 % de la population active bernoise travaillent au sein de clusters (2008). Les réseaux de compétences suivants réunissent régulièrement quantité d’entreprises :

  • Génie médical
  • Industrie de précision
  • Technologie de l’information et de la communication
  • Conseil économique
  • Technologie énergétique et environnementale
  • Design

Formation et recherche[modifier | modifier le code]

D’une grande richesse, le secteur bernois de la formation se compose de l’école obligatoire, des écoles moyennes, de la formation professionnelle et des hautes écoles. Quatre possibilités s’offrent à ceux et celles qui veulent étudier dans le canton de Berne : l’Université, la Haute École Spécialisée Bernoise, la Haute école pédagogique germanophone (PHBern) et la HEP Bejune (francophone). L’école internationale de Berne est un externat reconnu par le CIS (Council of International Schools) et l’association NEASC (New England Association of Schools and Colleges) qui dispense aux enfants et adolescents un enseignement en langue anglaise selon un programme scolaire international.

L’Université de Berne valorise les connaissances scientifiques de ses diplômés au travers de la recherche. Les hautes écoles spécialisées misent sur la recherche appliquée et le développement pour créer du savoir-faire. La politique bernoise et la Promotion économique soutiennent activement le transfert de connaissances entre la recherche scientifique et le tissu industriel

Tourisme[modifier | modifier le code]

Le canton de Berne est l’un des trois plus importantes destinations touristiques suisses. Il se compose de six grandes régions : l’Oberland bernois, avec ses majestueux lacs et montagnes, l’Emmental, dont les vallons abritent d’imposantes fermes fleuries, la Haute Argovie, avec ses prairies et ses forêts, la région de Berne-Mittelland, avec en son cœur la vieille ville de Berne, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, le Seeland, avec ses lacs et cultures maraîchères, et la région francophone du Jura bernois avec son parc naturel régional du Chasseral. Les destinations touristiques bernoises les plus connues sont la ville de Berne, la Jungfrau Aletsch-Bietschorn – inscrite au patrimoine mondial naturel de l’UNESCO, Gstaad, Grindelwald, Interlaken et Adelboden. Le tourisme est la principale activité économique de l’Oberland bernois.

Depuis juin 2011, les palafittes du lac de Bienne sont également inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO (www.palafittes.org)

Démographie[modifier | modifier le code]

Population[modifier | modifier le code]

Le canton de Berne compte 979 400 habitants en 2010, soit 12,5 % de la population totale de la Suisse ; parmi eux, 13,4 % (CH : 22,5 %) sont étrangers[10]. Le canton de Berne présentait en outre un solde de pendulaires positif (1300 pendulaires). Seul le canton de Zurich est plus peuplé. La densité de population atteint 162 habitants au km², légèrement inférieure à la moyenne suisse.

Religion[modifier | modifier le code]

Les deux-tiers des habitants du canton revendiquent l'appartenance au protestantisme[11].

Le tableau suivant détaille la population du canton suivant la religion, en 2000[11] :

Religion Population  %
Protestants 642 297 67,1
Catholiques romains 153 357 16,0
Musulmans 28 377 3,0
Chrétiens-orthodoxes 9 153 1,0
Catholiques chrétiens 1 064 0,1
Communauté de confession juive 807 0,1
Aucune appartenance 74 162 7,7
Autres 47 980 5,0
Total 957 197 100,0

Note : les intitulés des religions sont ceux donnés par l'Office fédéral de la statistique ; les protestants comprennent les communautés néo-apostoliques et les témoins de Jéhovah ; la catégorie "Autres" inclut les personnes ne se prononçant pas.

Langues[modifier | modifier le code]

Les langues officielles sont l'allemand et le français.

Le tableau suivant détaille la langue principale des habitants du canton en 2000[12] :

Langue Locuteurs  %
Allemand 804 190 84,0
Français 72 646 7,6
Italien 18 908 2,0
Albanais 9 092 0,9
Langues slaves de l'ex-Yougoslavie 8 539 0,9
Espagnol 8 220 0,9
Portugais 6 052 0,6
Turc 3 344 0,3
Romanche 688 0,1
Autres 25 518 2,7
Total 957 197 100,0

Les langues parlées en 2010 sont : l’allemand 85,7 % des habitants, le français 11,0 %, l'italien 3,2 %, l'anglais 2,8 % et les autres langues 10,5 % [13].

Institutions politiques[modifier | modifier le code]

Un statut particulier est accordé aux 3 districts francophones du Jura bernois ainsi qu'à la population francophone de la région de Bienne. Ce statut est destiné à promouvoir la culture francophone de ces régions ainsi qu'à renforcer leur participation politique dans le canton. Cette loi instaure le Conseil du Jura bernois pour le Jura bernois et le Conseil des affaires francophones du district bilingue de Bienne pour le district de Bienne. Loi sur le statut particulier, LStP

Pouvoir législatif : Le pouvoir législatif est détenu par le Grand Conseil, constitué de 160 membres (députés) élus au scrutin proportionnel par le corps électoral. Le Grand Conseil est reconduit entièrement tous les 4 ans. Le dernier en date est 2010.

L'élection du 9 avril 2006 a vu le nombre de députés diminuer de 200 à 160 sièges à la suite de l'acceptation de la nouvelle loi sur le Grand Conseil bernois par le corps électoral lors de la votation cantonale du 22 septembre 2002. Les sièges francophones garantis au Jura bernois restent inchangés par la nouvelle loi. Ceci permet à la minorité francophone du canton d'obtenir un plus grand poids politique au niveau cantonal, soit un peu moins de 10 % de représentativité.

Le Grand Conseil a la composition suivante :

Parti Sièges 2006
(160)
Parts de suffrages exprimés
2006
Sièges 2010
(160)
Parts de suffrages exprimés 2010
UDC 47 27,42 % 44 26,62 %
PS 42 24,03 % 35 18,86 %
PBD 25 16,3 %
PLR 26 16,4 % 17 10,34 %
Les Verts 19 12,9 % 16 10,1 %
PEV 13 7,34 % 10 5,9 %
UDF 6 4,78 % 5 4,4 %
pvl 4 4,07 %
PSA 3 1,29 % 3 1,04 %
PDC 1 1,76 % 1 1,16 %
DS 1 2,19 % 0 0,41 %
Entente 1 0,33 % 0 0,24 %
PSL 1 0,45 %

Pouvoir exécutif : Le pouvoir exécutif est détenu par le Conseil-exécutif, équivalent du Conseil d'État. Il est composé de 7 membres (les conseillers d'état) élus au suffrage majoritaire par le corps électoral, dont un siège est garanti par la Constitution cantonale à la région francophone du Jura bernois.

Les membres du Conseil exécutif depuis 2010 :

Le chancelier est Christoph Auer.

Quelques anciens conseillers d'État :

Pouvoir judiciaire : Le pouvoir judiciaire, en ce qui concerne les affaires civiles et pénales, est représenté par le Tribunal d'arrondissement (tribunal de 1re instance) et la Cour suprême (tribunal de recours). Il existe 13 tribunaux d'arrondissement. La Cour suprême est composée de 20 juges nommés par le Grand Conseil pour une durée de 6 ans.

En parallèle, le Tribunal administratif assure les questions de droit administratif et des litiges concernant les assurances sociales. Ses membres sont au nombre de 18 (plus 2 suppléants) et c'est le Grand Conseil qui les élit pour 6 ans.

Arrondissements[modifier | modifier le code]

Arrondissements du canton de Berne

Jusqu'au 1er janvier 2010, le canton était découpé en 26 districts tous nommés selon leur chef-lieu. À partir de cette date, le découpage a été refait avec seulement dix arrondissements administratifs correspondant aux régions du canton :

Communes[modifier | modifier le code]

Au 31 décembre 2013[6], le canton de Berne compte quatorze villes de plus de 10 000 habitants :

Le canton de Berne vers 1790. À cette époque, le canton englobait l'actuel canton de Vaud et une partie de l'actuel canton d'Argovie, mais pas encore le Jura bernois (intégré en 1815).

Voir aussi la liste des communes du canton de Berne

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [xls] « Liste officielle des communes de la Suisse - 01.01.2008 », sur Office fédéral de la statistique (consulté le 8 décembre 2008)
  2. « Conseil-exécutif », sur be.ch (consulté le 8 décembre 2008)
  3. « Grand Conseil », sur be.ch (consulté le 8 décembre 2008)
  4. « Liste des conseillers aux États par canton », sur parlement.ch (consulté le 8 décembre 2008)
  5. « Liste des conseillers nationaux par canton », sur parlement.ch (consulté le 8 décembre 2008)
  6. a et b « Population résidante permanente et non permanente selon les niveaux géographiques institutionnels, le sexe, l'état civil et le lieu de naissance », sur Office fédéral de la Statistique.
  7. [xls] « Les points culminants des cantons suisses », sur Office fédéral de la statistique (consulté le 8 décembre 2008)
  8. « Statistique de la superficie 2004/09 : Données communales », sur Office fédéral de la Statistique (consulté le 23 septembre 2010)
  9. D'après le site switzerland.isyours.com de Micheloud_&_Cie, article Le Protestantisme en Suisse
  10. {{Lien web: www.be.ch/donnees-economiques | }}
  11. a et b « Religions », Office fédéral de la statistique,‎ 2008 (consulté le 25/11/2008)
  12. « Langues », Office fédéral de la statistique,‎ 2008 (consulté le 25/11/2008)
  13. Statistique suisse consulté le 10 décembre 2013 [1]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]