Giordano Bruno

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Giordano Bruno

Philosophe

Renaissance

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Portrait de Giordano Bruno (XIXe siècle, d'après une gravure publiée dans le Livre du recteur, 1578)

Naissance janvier 1548 à Nola (Campanie, dans le Royaume de Naples)
Décès exécuté le (à 52 ans) à Rome
École/tradition Atomisme, néopythagorisme
Principaux intérêts Théologie, philosophie, sciences, magie
Idées remarquables univers infini, pluralité des mondes
Influencé par Raymond Lulle, Nicolas de Cues, Johannes Reuchlin, Nicolas Copernic
A influencé Johannes Kepler, Galilée, Spinoza, Schelling

Giordano Bruno, né en à Nola (Italie) et mort (exécuté) le à Rome, est un ancien frère dominicain et philosophe[1],[2],[3],[4].

Sur la base des travaux de Nicolas Copernic et Nicolas de Cues, il développe la théorie de l'héliocentrisme et montre, de manière philosophique, la pertinence d'un univers infini, qui n'a pas de centre, peuplé d'une quantité innombrable d'astres et de mondes identiques au nôtre. Mais ce qui motiva la décision de sa condamnation fut non pas sa défense du système copernicien ou de la pluralité des mondes mais, entre autres, sa croyance en la métempsychose ou réincarnation liée au Tout-Un, le rejet de la transsubstantiation et de la trinité[5]. Accusé formellement d'athéisme et d'hérésie par l'Inquisition, notamment pour ses écrits jugés blasphématoires (notamment sa proclamation que Jésus-Christ n'est pas Dieu mais un simple « mage habile », que le Saint-Esprit est l'âme de ce monde, que Satan sera finalement sauvé (apocatastase[6]), et son intérêt pour la magie) il est condamné à être brûlé vif au terme de huit années de procès ponctuées de nombreuses propositions de rétraction qu'il paraissait d'abord accepter puis qu'il rejetait. En 1889, une statue à son effigie, due au sculpteur franc-maçon Ettore Ferrari, est érigée sur le lieu de son supplice, au Campo de' Fiori, à deux pas du Palais de la Chancellerie qui abrite les services juridiques administratifs d'État de la Cité du Vatican. Par anticléricalisme, il est représenté dans cette statue revêtu de l'habit de moine dominicain, alors qu'il avait cessé d'être moine dès 1576 et qu'il avait rejeté la foi après 1584, année où il publia en Angleterre son pamphlet contre l'Église catholique, L'Expulsion de la bête triomphante, écrit pour complaire à Sir Philip Sidney, ardent protestant et favori de la reine Elisabeth[6].

Biographie[modifier | modifier le code]

Trajectoire dominicaine (1548 - 1575)[modifier | modifier le code]

Statue en bronze de Giordano Bruno par Ettore Ferrari (1845-1929), Campo de' Fiori, Rome.

Bruno naît en janvier 1548 à Nola, bourgade proche de Naples, qui relève de la souveraineté espagnole. Son nom de baptême est Filippo. Sa famille dispose de revenus modestes (son père est « homme d'armes »). L'école la plus proche lui donne une instruction. Imprégné d'humanisme, d'auteurs classiques, d'étude de la langue et de la grammaire latine, il restera toutefois marqué par le pédantisme accompagnant l'enseignement, qui le rebute. Il rejoint l'université de Naples, où il découvre la mnémotechnique, art de la mémoire, qui constituera rapidement une de ses disciplines d'excellence. Il prend aussi des cours particuliers, qui le mettent au cœur des débats philosophiques entre platoniciens et aristotéliciens.

Sa culture, alors essentiellement humaniste, s'enrichit d'un apport théologique déterminant. Le 15 juin 1565, il entre chez les Frères Prêcheurs de San Domenico Maggiore, d'une part, prestigieux couvent dominicain pour la qualité des titres qu’il attribue, réputés dans toute l'Italie, d'autre part précieux refuge en ces temps de disette et d'épidémie. Il y rencontre Giordano Crispo, maître en métaphysique, dont il adopte le prénom en guise d'hommage. Il est alors un dominicain modèle, vivant selon la devise « verba et exempla » (« par le verbe et par l'exemple ») et ordonné prêtre en 1573.

La rupture[modifier | modifier le code]

Il devient lecteur en théologie en juillet 1575. S'il semble continuer sa carrière de dominicain modèle (il soutient une thèse sur la pensée de Thomas d'Aquin et de Pierre Lombard), Bruno dissimule en fait une rébellion contre le carcan théologique. Au fil des années, il a su se forger une culture éclectique et peu orthodoxe, sans cesse alimentée par un appétit de lecture et des capacités exceptionnelles de mémorisation. Il est particulièrement adepte des œuvres d'Érasme, humaniste qui affirme sa liberté de pensée par rapport aux autorités ecclésiastiques. Il a le goût de l'hermétisme et de la magie. Enfin, grandit en lui une passion pour la cosmologie, détachée de l'approche théologique.

La rupture qui couvait finit par être consommée. Dès sa première année de noviciat, il avait ôté des images saintes de sa chambre, notamment celles représentant Marie, s'attirant l'accusation de profanation du culte de Marie. Au fil des années, les heurts deviennent plus durs, tout particulièrement au sujet de la Trinité, dogme qu'il repousse. On l'accuse d'avoir lu et étudié des livres interdits. En février 1576, il doit abandonner le froc dominicain et fuir, une instruction ayant été ouverte à son encontre afin de le déclarer hérétique.

L'errance (1576 - 1592)[modifier | modifier le code]

Illustration d'un des livres de Giordano Bruno sur la mnémotechnique: on y distingue les quatre éléments classiques : la terre, l'air, l'eau et le feu.

Dans un premier temps, Bruno espère rester en Italie. Il survit, de 1576 à 1578, par des leçons de grammaire ou d’astronomie, mais sa condition d’apostat l’amène à changer fréquemment de ville ou de région : Gênes, Noli, Savone, Turin, Venise, Padoue, Brescia, Naples abritent successivement ses doutes et ses recherches. Durant ces deux années, il ne pourra publier qu’un seul ouvrage, dont on ne connaît que le titre : De' segni de tempi (Des Signes du temps).

Épuisé par sa condition, il finit par s’exiler dans le comté de Savoie, à Chambéry tout d’abord, puis il va dans la Genève calviniste. Mais son intégration dans la communauté évangélique ne durera qu’un temps : une dispute avec la hiérarchie (il conteste la compétence d’un de ses membres, le professeur de philosophie Antoine de La Faye) lui vaut arrestation et excommunication, le .

Il repart et rejoint Lyon, puis Toulouse, alors sujette au dogmatisme catholique le plus intègre. Toutefois, il parvient à enseigner deux ans durant, et à obtenir le titre de magister artium (maître ès-arts) et la fonction de « professeur ordinaire » (contractuel). Il alterne la physique et les mathématiques, et publie un ouvrage sur la mnémotechnique : Clavis Magna. Intéressé par l’ouvrage et impressionné par la mémoire colossale de Bruno, le roi de France Henri III le fait venir à la cour et devient son protecteur, lui offrant, jusqu'en 1583, cinq années de paix et de sécurité.

Il figure parmi les philosophes attitrés de la cour. Henri III lui octroie une chaire de « lecteur extraordinaire et provisionné » au Collège des lecteurs royaux, préfiguration du Collège de France[7]. Son discours s’arrondit, et face aux tensions religieuses, adopte une position tolérante. En 1582, son talent d’écrivain, ironique et lyrique, vivant, imagé, se confirme dans Candelaio (Le Chandelier), comédie satirique sur son temps.

En avril 1583, Bruno se rend en Angleterre, à Londres puis à Oxford, où il reçoit un accueil hostile. Précédées par une réputation brillante mais sulfureuse, ses idées malmènent l’Église anglicane ; il essuie de nombreuses critiques. Sûr de lui et de ses idées, plein de mépris pour les idées de ses contradicteurs, Bruno consacre deux années à répliquer ; il apparaît alors comme un philosophe, théologien et scientifique novateur mais impertinent. En 1584 paraissent :

  • La Cena de le Ceneri (Le Banquet des cendres) ;
  • De la causa, principio, e Uno (La Cause, le principe et l’un) ;
  • De l’infinito, universo e Mondi (De l’Infini, de l'univers et des mondes).

Dans ces ouvrages il expose sa vision cosmographique audacieuse et révolutionnaire. Il y soutient les thèses coperniciennes du monde, et va au-delà encore en imaginant un univers peuplé d’une infinité de mondes :

« Nous affirmons qu'il existe une infinité de terres, une infinité de soleils et un éther infini[8]. »

En 1585, trois nouveaux ouvrages approfondissent et poursuivent ses audaces :

  • Spaccio de la Bestia Trionfante (L’Expulsion de la bête triomphante) s'attaque aux attitudes calvinistes et catholiques ;
  • Cabala del cavallo Pegaseo (La Cabale du cheval Pégase), opuscule satirique, démolit systématiquement la vénérable référence aristotélicienne ;
  • De gl’ heroici furori (Les Fureurs héroïques) élimine l’idée d’un monde centré et présente un univers où Dieu n’a plus de lieu.

En octobre 1585, il retourne à Paris, où il entreprend une critique serrée d'Aristote, avec Figuratio Aristotelici Physici auditus (Esquisse de la physique aristotélicienne) et Centum et viginti articuli de natura et mundo (120 articles sur la nature et le monde). Mais les positions religieuses se durcissent : Henri III ne peut plus se permettre de défendre un révolutionnaire du savoir. De plus, Mordente, géomètre associé aux ligueurs, l'accuse de plagiat en s’attribuant la paternité du compas de proportion. Il s’exile en Allemagne en juin 1586 ; l'université de Marbourg puis celle de Wittenberg l’accueillent. Le voilà dans la communauté luthérienne. Mais, à l’automne 1588, après des heurts avec sa nouvelle hiérarchie, Giordano Bruno apprend son excommunication de l’Église luthérienne.

Il reprend la route, toujours en Allemagne ; ses ouvrages témoignent alors de sa volonté d’organiser sa pensée :

  • De innumerabilibus, immenso, et infigurabili réexamine sa cosmographie ;
  • Dans De monade numero et figura, Bruno mène une réflexion sur le rapport entre nombres et les figures géométriques ;
  • De triplici minimo et mensura, réflexions sur l’infiniment petit (précurseur des études sur l’atome) ;
  • De imaginum, signorum et idearum compositione (De la composition des images, des signes et des idées), introduit un prodigieux système mnémotechnique.

Le procès (1592 - 1600)[modifier | modifier le code]

Les circonstances du procès sont relatées dans des documents établis à Venise[9], et par son résumé, retrouvé en 1940 dans les archives personnelles du pape Pie IX, par le cardinal Angelo Mercati et publié en 1942[10]. Les documents originaux du procès ont été définitivement perdus après leur transport à Paris, avec d'autres archives de l'inquisition, sur ordre de Napoléon. Les circonstances de la mort de Giordano Bruno sont relatées dans la copie d'une lettre de Gaspard Schopp, dit Scioppius, au jurisconsulte allemand Ritterschausen située en annexe du livre Machiavellizatio, d'auteur inconnu, publié à Saragosse en 1621, lettre citée ensuite pour la première fois dans la préface de "Commentaires sur Zoroastre", un ouvrage du pasteur Jean-Henri Ursin, publié en 1661. Le faible nombre de documents concernant cette exécution a conduit certains à douter de sa réalité. C'est le cas, par exemple, de Théophile Desdouits, journaliste et professeur de philosophie du XIXe siècle. Dans son article La légende tragique de Giordano Bruno[11], il remet en cause l'authenticité de la lettre de Gaspard Schopp. Faisant en outre remarquer qu'une telle exécution à l'aube du XVIIe siècle aurait dû laisser plus d'un témoignage écrit, il émet l'hypothèse que Giordano Bruno aurait pu n'être exécuté qu'en effigie. Cependant l'historien des sciences Arkan Simaan met à bas l'hypothèse de Théophile Desdouits, précisant que l'on connaît maintenant des documents officiels datant de février 1600 relatant cette exécution[12].

À l'issue d'une dernière expulsion à Francfort, un séjour à Zurich, un retour à Francfort, Bruno accepte en août 1591 l'invitation à Venise d'un jeune patricien, Giovanni Mocenigo. Les deux hommes ne s'entendent pas : Bruno revient probablement motivé par l'envie d'être nommé à la chaire de mathématiques de l’université de Padoue, mais Mocenigo attend de Bruno qu'il lui enseigne la mnémotechnique et l’art d’inventer. Le patricien considère vite qu’il n'en a pas pour son argent, alors que Bruno considère que sa présence est déjà un honneur pour son hôte. Déçu, Bruno veut repartir et froisse Mocenigo, qui commence par le retenir prisonnier puis, ne parvenant pas à se le soumettre, finit par le dénoncer à l’inquisition vénitienne, le . Bruno est arrêté, jeté à la prison de San Domenico di Castello.

Au cours du procès, qui durera huit années, l’acte d'accusation va évoluer. Le premier acte d'accusation se concentre sur ses positions théologiques hérétiques : sa pensée antidogmatique, le rejet de la transsubstantiation que le concile de Trente vient de confirmer, et de la Trinité, son blasphème contre le Christ, sa négation de la virginité de Marie. Mais ses activités sont déjà relevées : sa pratique de l’art divinatoire, sa croyance en la métempsycose, sa vision cosmologique. Au long du procès, l'acte d'accusation ne cessera de s'aggraver.

Blanchi par les tribunaux vénitiens, Bruno est presque libéré. Mais la Curie romaine semble vouloir lui faire payer son apostasie. Sur intervention personnelle du pape auprès du doge, une procédure tout à fait exceptionnelle, Rome obtient l'extradition et Bruno se retrouve dans les geôles vaticanes du Saint-Office[13].

Statue de Giordano Bruno sur le lieu de son exécution, Campo de' Fiori à Rome.

En 1593, dix nouveaux chefs d'accusation sont ajoutés. Bruno subit sept années de procès, ponctuées par une vingtaine d'interrogatoires menés par le cardinal Robert Bellarmin, qui fut également engagé dans l'instruction qui conduisit au procès du système de Copernic en 1616.

Il lui arrive de concéder un geste de rétractation, mais se reprend toujours : « Je ne recule point devant le trépas et mon cœur ne se soumettra à nul mortel. » Le pape Clément VIII somme une dernière fois Bruno de se soumettre, mais Bruno répond : « Je ne crains rien et je ne rétracte rien, il n'y a rien à rétracter et je ne sais pas ce que j'aurais à rétracter. »

Le , Clément VIII ordonne au tribunal de l'Inquisition de prononcer son jugement qui le déclare hérétique et qui, « devant son extrême et résolue défense[14] », le condamne à être remis au bras séculier pour être puni, selon la formule habituelle, « avec autant de clémence qu'il se pourrait et sans répandre de sang » (« ut quam clementissime et citra sanguinis effusionem puniretur »).

À la lecture de sa condamnation au bûcher, Bruno commente : « Vous éprouvez sans doute plus de crainte à rendre cette sentence que moi à la recevoir. » Le , il est mis nu, la langue entravée par un mors de bois l'empêchant de parler et de crier[15], sur le Campo de' Fiori et supplicié sur le bûcher devant la foule des pèlerins venus pour le Jubilé.

Doctrine[modifier | modifier le code]

Physique[modifier | modifier le code]

Célèbre est la preuve donnée par Giordano Bruno sur la relativité du mouvement[16]. Selon Aristote, la Terre est immobile, la preuve, c'est que, si l'on fait tomber du haut d'un arbre ou d'une tour, une pierre, elle tombe verticalement ; si la Terre tournait, elle se déplacerait pendant le temps de la chute, l'endroit où la pierre tomberait serait décalé dans le sens inverse du mouvement terrestre. Bruno démonte cette fausse preuve de la fixité de la Terre. Si on lâche une pierre du haut du mât d'un bateau en mouvement, elle tombera toujours au pied du mât, quel que soit le mouvement du bateau par rapport à la rive. Bateau, mât et pierre forment ensemble ce qu'on appellera plus tard un système mécanique. Il est impossible de déceler le mouvement d'un système mécanique par des expériences réalisées à bord de ce système lui-même. En montrant qu'on ne peut envisager le mouvement d'un corps dans l'absolu, mais seulement de manière relative, en relation avec un système de référence, Bruno ouvre la voie aux travaux de Galilée.

« Toutes choses qui se trouvent sur la Terre se meuvent avec la Terre. La pierre jetée du haut du mât reviendra en bas, de quelque façon que le navire se meuve. » (Le Banquet des cendres).

Cosmologie[modifier | modifier le code]

Dès 1584 (Le Banquet des cendres), Bruno adhère, contre la cosmologie d'Aristote, à la cosmologie de Copernic (1543), à l'héliocentrisme : double mouvement des planètes sur elles-mêmes et autour du Soleil, au centre.

Mais Bruno va plus loin : il veut renoncer à l'idée de centre. « Il n'y a aucun astre au milieu de l'univers, parce que celui-ci s'étend également dans toutes ses directions. » Chaque étoile est un soleil semblable au nôtre, et autour de chacune d'elles tournent d'autres planètes, invisibles à nos yeux, mais qui existent.

« Il est donc d'innombrables soleils et un nombre infini de terres tournant autour de ces soleils, à l'instar des sept « terres » [la Terre, la Lune, les cinq planètes alors connues : Mercure, Vénus, Mars, Jupiter, Saturne] que nous voyons tourner autour du Soleil qui nous est proche. » (Giordano Bruno, L'Infini, l'Univers et les Mondes, 1584).

Le monde est infini, sans clôture.

Contre Copernic, Bruno « abolit » la sphère des étoiles fixes, puisque dans toutes les directions, à l'infini, le vide immense est parsemé d'étoiles. « Intuition remarquable, dit un commentateur. Pour la première fois dans l'histoire de la pensée humaine, le ciel acquiert une profondeur. Plus exactement, c'est la notion même de ciel qui s'évanouit, pour laisser place à celle d'espace, homogène, c'est-à-dire identique à lui-même, dans toutes les directions[17]. »

Bruno est le premier à postuler, contre la doctrine de l'Église de l'époque, la pluralité de mondes habités dans son ouvrage De l'infinito universo et Mondi. Il postule que les étoiles sont des soleils, plus petits car éloignés et que ceux-ci peuvent abriter d'autres créatures à l'image de Dieu.

« Ainsi donc les autres mondes sont habités comme l'est le nôtre ? demande Burchio. Fracastorio, porte-parole de Bruno répond : Sinon comme l'est le nôtre et sinon plus noblement. Du moins ces mondes n'en sont-ils pas moins habités ni moins nobles. Car il est impossible qu'un être rationnel suffisamment vigilant puisse imaginer que ces mondes innombrables, aussi magnifiques qu'est le nôtre ou encore plus magnifiques, soient dépourvus d'habitants semblables et même supérieurs. » (Giordano Bruno, L'Infini, l'Univers et les Mondes).

Contrairement à Copernic, il n'appuie pas ses dires sur des preuves mathématiques. « Concernant la mesure du mouvement [des corps célestes], la géométrie ment plutôt qu'elle ne mesure » (De immenso). Il se fie au jugement de l'intellect : « C'est à l'intellect qu'il appartient de juger et de rendre compte des choses que le temps et l'espace éloignent de nous. »

Philosophie[modifier | modifier le code]

Giordano Bruno développe plusieurs idées qui feront fortune, bien qu'elles remontent à l'Antiquité : monade, infini.

En 1591, à Francfort, Giordano Bruno a écrit en latin deux poèmes sur la monade : « Du triple minimum » (« De triplici minimo ») et « De la monade, du nombre et de la figure » (« De monade, numero et figura »). Il appelle minimum ou monade une entité indivisible qui constitue l'élément minimal des choses matérielles et spirituelles. La monade, qui correspond au point des mathématiques et à l'atome de la physique, est cet être primitif, impérissable de nature aussi bien corporelle que spirituelle, qui engendre, par des rapports réciproques, la vie du monde. C'est une individualisation extrinsèque de la divinité ; existence finie, elle est un aspect de l'essence infinie. Dieu, minimum et maximum, est la Monade suprême d'où s'échappent éternellement une infinité de monades inférieures.

Giordano Bruno est le champion de l'idée d'infini.

« Nous déclarons cet espace infini, étant donné qu'il n'est point de raison, convenance, possibilité, sens ou nature qui lui assigne une limite. » (Giordano Bruno, L'Infini, l'Univers et les Mondes).

Hylozoïste, il pense que tout est vivant, et panpsychiste, il pense que tout est psychique.

« La Terre et les astres (...), comme ils dispensent vie et nourriture aux choses en restituant toute la matière qu'ils empruntent, sont eux-mêmes doués de vie, dans une mesure bien plus grande encore ; et vivants, c'est de manière volontaire, ordonnée et naturelle, suivant un principe intrinsèque, qu'ils se meuvent vers les choses et les espaces qui leur conviennent » (Le Banquet des cendres).
« Toutes les formes de choses naturelles ont des âmes ? Toutes les choses sont donc animées ? demande Dicson. Theophilo, porte-parole de Bruno, répond : Oui, une chose, si petite et si minuscule qu'on voudra, renferme en soi une partie de substance spirituelle ; laquelle, si elle trouve le sujet [support] adapté, devient plante, animal (...) ; parce que l'esprit se trouve dans toutes les choses et qu'il n'est de minime corpuscule qui n'en contienne une certaine portion et qui n'en soit animé. » (Cause, Principe et Unité, 1584).

Et ce qu'on peut dire de chaque parcelle du grand Tout, atome, monade, peut se dire de l'univers comme totalité. Le monde en son cœur loge l'Âme du monde (Cause, Principe et Unité).

Le monde est infini parce que Dieu est infini. Comment croire que Dieu, être infini, aurait pu se limiter lui-même en créant un monde clos et borné ?

« Il n'y a qu'un ciel, une immense région éthérée où les magnifiques foyers lumineux conservent les distances qui les séparent au profit de la vie perpétuelle et de sa répartition. Ces corps enflammés sont les ambassadeurs de l'excellence de Dieu, les hérauts de sa gloire et de sa majesté. Ainsi sommes-nous conduits à découvrir l'effet infini [le monde] de la cause infinie [Dieu] ; et à professer que ce n'est pas hors de nous qu'il faut chercher la divinité, puisqu'elle est à nos côtés, ou plutôt en notre for intérieur, plus intimement en nous que nous ne sommes en nous-mêmes. » (Giordano Bruno, Le Banquet des cendres).

Morale[modifier | modifier le code]

Dans L'Expulsion de la bête triomphante, Giordano Bruno développe ses idées entre la vie de la matière et la matière de la vie, la réincarnation et la morale qui en découle : L'âme de chaque créature est Dieu lui-même, qui passe d'une vie à une autre, d'un destin à un autre, ce tout existentiel offrant un sens au Salut. Certains êtres progressent de corps en corps, devenant des héros ou des artistes, jusqu'à rejoindre l'essence divine : « Toutes les âmes font partie de l'âme de l'Univers, et tous les êtres à la fin sont un ». « Chaque acte apporte sa récompense ou sa punition dans une autre vie. Le passage dans un autre corps dépend de la façon dont il s'est conduit dans l'un (...). Le but de la philosophie est la découverte de cette unité. » De ce point de vue, cette vision des choses n'est pas différente de l'hindouisme (ou du jaïnisme), avec la notion de karma, acte rétribué tôt ou tard. Ayant élaboré une forme de panthéisme philosophique, Bruno, considérant que les animaux ont une place respectable et à respecter dans l'univers, amène à la pratique du végétarisme : « Être boucher doit être estimé comme un art et un exercice plus lâche que ne l'est celui de bourreau (...) parce que ce dernier (...) administre parfois la justice ; en ce qui concerne les membres d'une pauvre bête, toujours obtenus en blessant la gorge, pour celui qui ne se suffit pas de la nourriture ordonnée par la nature [la nourriture végétale], plus convenable à la complexion et à la vie de l'homme, j'abandonne les autres raisons plus dignes d'un chant. »[18]

Religion[modifier | modifier le code]

Mnémotechnique[modifier | modifier le code]

Dans le De umbris idearum (Sur les Ombres des idées, 1583), il adopte, comme le fit Lulle, des roues concentriques capables d'engendrer tous les mondes possibles et de restaurer les pouvoirs occultes des images astrologiques et magiques des décans à l'intérieur des signes zodiacaux. La même année, sur le même sujet, il publie : Ars reminiscendi (L'Art de remémorer), Explicatio triginta sigillorum (Explication de trente sceaux), Sigillus sigillorum (Le Sceau des sceaux).

Magie[modifier | modifier le code]

Giordano Bruno a écrit divers livres de magie. En 1589 : De magia mathematica (Sur la Magie mathématique), De magia naturali (Sur la Magie naturelle), Theses de magia (Thèses sur la magie), De rerum principiis et elementis et causis (Sur les principes, éléments et causes des choses), Medicina lullina (Médecine lulienne). Puis : Lampas triginta statuarum, De vinculis in genere (1591).

Influences données[modifier | modifier le code]

L'œuvre de Bruno est d'une rare complexité. Elle embrasse des domaines très variés : extraordinairement pionnier (en astronomie, en physique ou en philosophie), Bruno s'intéresse également à l'astrologie (comme plus tard le feront Kepler et Newton), l'occulte et la magie, à laquelle est consacrée De vinculis in genere en 1591. De même, sa vie foisonne de combats et de péripéties.

Philosophie[modifier | modifier le code]

  • En Bruno, Leibniz admire le visionnaire, relevant ses théories sur l'univers et l'infini, mais il lui reproche ses travaux sur l'art de la mémoire et la magie lullienne.
  • Diderot l'inscrit dans l'Encyclopédie comme un progressiste face aux despotes.
  • On retrouve la pensée de Bruno dans l'œuvre de Goethe, y compris dans Faust. Mais le poète, lui aussi, lui reproche sa passion pour les mathématiques mystiques.
  • Dans les Leçons sur l'histoire de la philosophie, Hegel lui consacre une longue analyse, qui fera de lui un précurseur du matérialisme.
  • Friedrich Schelling écrit un dialogue intitulé Bruno, dans lequel il s'inspire des conceptions du philosophe italien.

Art et littérature[modifier | modifier le code]

La liste des œuvres consacrées à Bruno est immense :

  • Des romans (notamment L'Homme incendié de Serge Filippini, qui explique sa vie autour de l'hypothèse de son homosexualité).
  • Des films :
  • Bertolt Brecht l'évoque dans sa pièce La Vie de Galilée.
  • De nombreux spectacles théâtraux et musicaux contemporains sont inspirés de son œuvre.
  • L'ouvrage général (c’est-à-dire ni religieux ni politique) ayant eu le plus fort tirage en France, Le Tour de la France par deux enfants, était signé du pseudonyme de G. Bruno, en hommage à Giordano Bruno (mais n'a pas d'autre rapport avec G. Bruno).
  • L'Œuvre au noir de Marguerite Yourcenar évoque un personnage, le médecin et philosophe Zénon, ayant des dispositions d'esprit similaires, et une fin presque semblable (condamné au bûcher, il se suicide pour échapper au supplice).
  • Une chanson du groupe finlandais Omnium Gatherum sur le EP Steal the Face est intitulée « Candles for Giordano Bruno ».
  • Une télésérie de Radio-Canada Les Rescapés basée sur une interprétation libre des écrits de Giordano Bruno.
  • Il est l'un des 24 personnages décrits par Jacques Attali dans son ouvrage Phares : 24 destins (éditions Fayard, 2010).

Politique et religion[modifier | modifier le code]

  • C'est au XVIIIe siècle que Bruno est considéré comme un panthéiste et un libre penseur. On fait de lui un héritier du matérialisme antique et un précurseur de Spinoza.
  • À l'inverse, il passe aux yeux de certains théologiens allemands, ironie de l'histoire, pour un martyr de la réforme luthérienne.
  • À la fin du XIXe siècle la réaction positiviste italienne contre l'Église et la monarchie l'identifie à un radical franc-maçon. L'Italie est alors en pleine réappropriation de ses symboles nationaux, qui permet de fonder la nation italienne une et indivisible autour du Risorgimento. En 1889, les francs-maçons italiens lui érigeront d'ailleurs une statue, œuvre du sculpteur franc-maçon Ettore Ferrari (grand-maître de la franc-maçonnerieitalienne en 1904), sur le Campo de’ Fiori, à l'endroit de son supplice[19].
  • Un comité international a été créé qui veut réhabiliter sa mémoire. Le siège de ce comité correspond, à Rome, à celui d'une association culturelle philosophique à caractère sectaire très marqué : Nouvelle Acropole[20].

Toutes ces interprétations empêchent aujourd'hui de bien cerner l'engagement originel de Bruno. Mais on peut toutefois remarquer que le point commun, immédiat, qui en ressort est bien son rejet de l'Église catholique. Celle-ci, en retour, n'a jamais ménagé sa mémoire :

  • Le 24 mai 1889, au moment de l'inauguration de la statue que les libéraux ont voulu élever à Bruno dans Rome, le pape Léon XIII rendit publique la Déclaration Amplissimum Collegium, dans laquelle il proteste contre un projet "injuriant systématiquement la religion de Jésus-Christ, en décernant à un apostat du catholicisme les honneurs dus à la vertu, non sans une insolente ostentation" ("all’empietà di sfidare la religione di Gesù Cristo con rilevanti e sistematiche ingiurie, decretando ad un apostata del cattolicesimo gli onori dovuti alla virtù, e ciò non senza un’insolente ostentazione")[21].
  • Un mois après, le 30 juin 1889, condamnant encore plus durement et plus solennellement le monument élevé dans Rome à G. Bruno, le pape Léon XIII fit publier cette fois l'encyclique Quod Nuper, adressée à tous les évêques d'Italie, qualifiant Bruno comme "doublement apostat et hérétique convaincu", et le monument à "cet homme scélérat et perdu" comme "la principale - publique et permanente - d'une série d'injures et d'offenses gravissimes" ("un uomo doppiamente apostata, convinto eretico" ... "ingiurie e gravissime offese, la principale delle quali – pubblica e permanente – è il monumento a un uomo scellerato e perduto")[22].
  • Enfin, on prendra pour preuve de la constante condamnation de G. Bruno par l'Eglise l'avis définitif de la commission spéciale « pour l'étude de la controverse ptoléméo-copernicienne aux XVIe et XVIIe siècles, dans laquelle s'insère le cas Galilée », commission instituée le 3 juillet 1981 par le pape Jean-Paul II[23]. La Commission pontificale finit par revenir sur la condamnation de Galilée, mais elle réaffirme à nouveau la condamnation de l'Église contre Giordano Bruno : « La condamnation pour hérésie de Bruno, indépendamment du jugement qu'on veuille porter sur la peine capitale qui lui fut imposée, se présente comme pleinement motivée (pour des motifs théologiques), [car] le copernicisme de Bruno ne présente aucun intérêt au plan des raisons scientifiques. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvres de Giordano Bruno[modifier | modifier le code]

Rééditions
  • Le Banquet des cendres, Éditions Éclat, 1988
  • Le chandelier, Point Hors Ligne, 1986
  • L'Infini, l'univers et les mondes, traduit de l'italien, présenté et annoté par Bertrand Levergeois, Berg International, 1987 ; puis 1992 et 2000
  • L'Expulsion de la bête triomphante, traduit de l'italien, présenté et annoté par Bertrand Levergeois, Éditions Michel de Maule, 1992 ; puis 2000
  • La Cabale du cheval Pégase, traduit de l'italien, présenté et annoté par Bertrand Levergeois, Éditions Michel de Maule, 1992 ; puis 2000
  • Des Liens, traduit de l'italien, présenté et annoté par Danielle Sonnier et Boris Donné, Éditions ALLIA ; 2001 puis 2010.
  • De la Magie, traduit de l'italien, présenté et annoté par Danielle Sonnier et Boris Donné, Éditions ALLIA ; 2000 puis 2002.
Œuvres complètes

Les Œuvres complètes de Giordano Bruno sont, en 2008, en cours d'édition et de traduction à Paris, aux Belles Lettres (édition bilingue) :

  • Vol. 1, Le chandelier ; introd. philologique de Giovanni Aquilecchia ; texte édité par Giovanni Aquilecchia ; préf. et notes de Giorgio Bàrberi Squarotti ; traduction par Yves Hersant. Paris : les Belles lettres, 1993 [2e éd. revue et corrigée, 2003] (ISBN 2-251-34443-8)
  • Vol. 2, Le souper des cendres ; texte établi par Giovanni Aquilecchia ; notes de Giovanni Aquilecchia ; préface de Adi Ophir ; traduction par Yves Hersant. Paris : les Belles lettres, 1994 [2e éd. revue et corrigée, 2003] (ISBN 2-251-34445-4). (1584). Ou Banquet des cendres. Défense du système de Copernic contre le géocentrisme.
  • Vol. 3, De la cause, du principe et de l'un ; texte établi par Giovanni Aquilecchia ; introduction par Michele Ciliberto ; trad. Par Luc Hersant. Paris : les Belles lettres, 1996 (ISBN 2-251-33447-5). (1584). Critique des concepts clés de la physique et de la métaphysique d'Aristote ; interprétation de l'Âme du monde.
  • Vol. 4, De l'infini, de l'univers et des mondes ; texte établi par Giovanni Aquilecchia ; notes de Jean Seidengart ; introd. de Miguel Ángel Granada ; trad. de Jean-Pierre Cavaillé. Paris : les Belles lettres, 1995 (ISBN 2-251-34446-2). (1584). Réfutation du traité Du ciel d'Aristote ; examen du concept d'infini.
  • Vol. 5, Expulsion de la bête triomphante ; texte établi par Giovanni Aquilecchia ; notes de Maria Pia Ellero ; introd. de Nuccio Ordine ; traduction de Jean Balsamo. Paris : les Belles Lettres, 1999 (ISBN 2-251-34448-3).
  • Vol. 6, Cabale du cheval pégaséen ; texte établi par Giovanni Aquilecchia ; préface et notes par Nicola Badaloni ; traduction de Tristan Dagron. Paris : les Belles Lettres, 1994 (ISBN 2-251-34444-6).
  • Vol. 7, Des fureurs héroïques ; introduction et notes de Miguel Angel Granada ; traduction de Paul-Henri Michel revue par Yves Hersant. Paris : les Belles Lettres, 1999 (ISBN 2-251-34451-9).
  • Vol. 8, Le procès ; texte et trad. par Luigi Firpo et Alain Philippe Segonds. Paris : les Belles Lettres, 2000 (ISBN 2-251-34452-7).
  • Vol. 9, Per una bibliografia di Giordano Bruno, 1800-1999, par Maria Cristina Figorilli ; texte revu par Alain-Philippe Segonds. Paris, les Belles Lettres, 2003 (Œuvres complètes de Giordano Bruno ; 9) (ISBN 2-251-34470-5).

Études sur Giordano Bruno[modifier | modifier le code]

  • Ernst Bloch, La philosophie de la Renaissance, Payot poche, 1994 (ISBN 2-228-88837-0)
  • Jacques Bonnet, À l'enseigne de l'amitié, Liana Levi, 2003
  • Francesca Yvonne Caroutch, Giordano Bruno, l'homme de feu, Paris : Pygmalion, 2003
  • Tristan Dagron, Unité de l'être et dialectique. L'idée de philosophie naturelle chez Giordano Bruno, Paris : Vrin, coll. De Pétrarque à Descartes, 1999, 417 p. (ISBN 2-7116-1413-1)
  • Guido del Giudice, WWW. Giordano Bruno, Napoli : Marotta e Cafiero, 2001 (ISBN 88-88234-01-2)
  • Guido del Giudice, La coincidenza degli opposti. Giordano Bruno tra Oriente e Occidente, Roma : Di Renzo, 2005 (ISBN 88-8323-110-4) (seconda edizione accresciuta con il saggio Bruno, Rabelais e Apollonio di Tiana, Roma : Di Renzo, 2006 (ISBN 888323148 1))
  • Guido del Giudice, Due Orazioni. Oratio Valedictoria e Oratio Consolatoria, Di Renzo Editore, Roma 2007 (ISBN 88-8323-174-0)
  • Guido del Giudice, La disputa di Cambrai. Camoeracensis acrotismus, Roma : Di Renzo, 2008 (ISBN 88-8323-199-6)
  • Serge Filippini, L'Homme incendié, Phébus, 1990
  • Fabrizio Frigerio, « Giordano Bruno, précurseur de la Maçonnerie? », Masonica, Lausanne, 1995, n. 6, p. 40-46.
  • Yves Hersant, Giordano Bruno, Pétrarque et le pétrarquisme, in: Humanistica, an International Journal of Early Modern Studies,1-2, 2006, 95-103
  • Yves Hersant, La morale de la farce. Sur le Chandelier de Giordano Bruno, in: Pensée morale et genres littéraires, Paris, P.U.F., 2009, 19-30
  • Yves Hersant, Giordano Bruno et la métamorphose, in: Métamorphose(s), Rennes, P.U.R, 2009, 165-174
  • Régis Lécu, L'idée de perfection chez Giordano Bruno (L'Harmattan, janvier 2004), 418 p. (ISBN 2-7475-5752-9)
  • Bertrand Levergeois, Giordano Bruno, Paris, Fayard, 1995, réédition 2000
  • Nuccio Ordine, Le seuil de l'ombre : littérature, philosophie et peinture chez Giordano Bruno, traduction par Luc Hersant, Paris : les Belles Lettres, 2003. (L'âne d'or, 15). 380 p. (ISBN 2-251-42022-3)
  • Nuccio Ordine, Giordano Bruno, Ronsard et la religion ; trad. Luc Hersant. Paris, Albin Michel, 2004 (Bibliothèque de l'évolution de l'humanité ; 46). 420p. (ISBN 2-226-14241-X)
  • Nuccio Ordine, Le mystère de l'âne. Essai sur Giordano Bruno, traduction par F. Liffran et P. Bardoux. 2e éd. Paris, les Belles Lettres, 2005. (L'âne d'or, 3). 270 p. (ISBN 2-251-42029-0)
  • Jean Rocchi, Giordano Bruno après le bûcher, Complexe
  • Jean Rocchi, Giordano Bruno l'irréductible : sa résistance face à l'inquisition, Syllepse, 2004 (ISBN 2-84797-048-7)
  • Jean Rocchi, L'errance et l'hérésie ou le destin de Giordano Bruno, F. Bourin/Julliard
  • Jean Rocchi, Giordano Bruno, André Versaille, 2011, 264 p. (ISBN 978-2-87495-097-1)
  • Giuseppe Salvaggio, L'Homme dans l'Univers infini de Giordano Bruno, (Mémoire de Maîtrise), Louvain-la-Neuve : Université catholique de Louvain - Institut Supérieur de Philosophie, 1992, 235 p. - Réédition : The BookEdition, 2014, 286 p. (ISBN 978-2-9600963-8-5)
  • Luca Salza, Métamorphose de la Physis. Giordano Bruno : infinité des mondes, vicissitudes des choses, sagesse héroïque, La Citta del Sole-Vrin. 536 p., 16 × 21 cm. (ISBN 88-8292-303-7)
  • Alain Philippe Segonds, Le retour en Italie de Giordano Bruno « philosophe », in: Freiburger Zeitschrift für Philosophie und Theologie 48-3, 2001, p. 269-280
  • Arkan Simaan, Cette sentence vous fait plus peur qu'à moi-même : Giordano Bruno, Les Cahiers rationalistes, février 2000
  • Arkan Simaan, Giordano Bruno : de l’errance au bûcher, article dans Science et pseudo-sciences, n° 288, octobre 2009
  • Frances Yates, Giordano Bruno et la Tradition Hermétique, Dervy, 1996 558 p. (ISBN 2-85076-839-1)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Lien sur Wikisource[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Encyclopédie de L'Agora Bruno Giordano », sur [1].
  2. « Giordano Bruno (1548-1600) », sur [2].
  3. « Giordano Bruno (1548-1600) - Universcience », sur [3].
  4. « Encyclopédie Larousse en ligne - Giordano Bruno », sur [4].
  5. http://www.publius-historicus.com/bruno.htm
  6. a et b Catholic Encyclopedia en ligne, article Giordano Bruno
  7. Article de Jacques Attali, Réhabiliter Giordano Bruno, Le Monde du 17 février 2000
  8. Giordano Bruno, L'Infini, l'univers et les mondes (1584), trad. B. Levergeois, Berg International, 1987, p. 86.
  9. documents de Venise sur le procès de Giordano Bruno publiés par Vincenzo Spampanato, Documenti della vita di Giordano Bruno, Florence, L.S. Olschki, 1933, rapporté par Yates, cf. bibliographie
  10. Cardinal Angelo Mercati Sommario del Processo di Giordano Bruno, Vatican, 1942, rapporté par Yates, cf. bibliographie
  11. Théophile Desdouits, La légende tragique de Giordano Bruno, Comment elle a été formée, son origine suspecte, son invraisemblance, 1885
  12. Arkan Simaan - Giordano Bruno : de l’errance au bûcher, anamnèse d'une rumeur SPS n° 288, octobre 2009.
  13. Il y est bien traité : on lui donna une chambre confortable, du matériel pour écrire, un changement régulier de linge. Ayant reçu une pension de 4 couronnes par mois il pouvait se faire apporter la nourriture qu'il souhaitait. Cf. Angelo Mercati, Il sommario del processo di Giordano Bruno, dans 'Studi e teste, vol.101, 1942, pp. 126.
  14. Archives secrètes du Vatican, Résumé du procès contre Giordano Bruno, Rome 1597
  15. Jean Rocchi, in: émission radiophonique 2000 ans d’histoire - Giordano Bruno, France Inter le 2/03/2007, cité par le site du GDR Exobiologie du CNRS ; podcast
  16. Pierre Duhem, Études sur Léonard de Vinci, III, p.257.
  17. Giordano Bruno, un visionnaire du XVI° siècle, BT2, PEMF, 06 Mouans-Sartroux, 1999, p. 26.
  18. https://it.wikiquote.org/wiki/Vegetarianismo
  19. Luca Salza, Écrire le cosmos nouveau, in revue Europe n° 937, Giordano Bruno - Galilée, mai 2007
  20. Extrait du livre Les sectes état d'urgence, par le centre Roger Ikor, Albin Michel (ISBN 2-226-07711-1)) : « En 1989, l'ANAF a créé un Comité international de réhabilitation de Giordano Bruno (CIRB) et lancé une souscription en vue d'ériger une statue à sa gloire dans différentes villes. La campagne du CIRB avait pour buts de : défendre la liberté de conscience et la liberté d'information scientifique ; lancer un plan de réhabilitation de Giordano Bruno, martyr de la Renaissance et préfiguration des martyrs de l'an 2000 ».
  21. Léon XIII, Déclaration Amplissimum Collegium, 24 mai 1889
  22. Léon XIII, Encyclique Quod Nuper, 30 juin 1889
  23. Cardinal Poupard, dans Débat sur « l’affaire Galilée » Débat de clôture du cycle de conférences « Il était une fois des sciences …», organisé par Jérôme PEREZ, ENSTA - Laboratoire de mathématiques appliquées, du 12 décembre 2001 au 27 mars 2002