Franco Marini
Franco Marini, né le 9 avril 1933 à San Pio delle Camere, dans les Abruzzes, est un syndicaliste et homme politique italien, président du Sénat de la République de 2006 à 2008.
Secrétaire général de la Confédération italienne des syndicats de travailleurs (CISL), député à la Chambre, puis au Parlement européen, ministre du Travail du VIIe gouvernement de Giulio Andreotti, puis enfin sénateur, Franco Marini est élu président du Sénat de la République le 29 avril 2006, pour la XVe législature.
Il joue un rôle de premier plan lors de crise politique italienne de 2008, Marini ayant été chargé, le 30 janvier, par le président de la République italienne, Giorgio Napolitano, de constituer un gouvernement provisoire chargé d'assumer les affaires courantes jusqu'aux élections parlementaires suivantes, et ce au lendemain de la chute du gouvernement de centre-gauche dirigé par Romano Prodi ; cependant, le président du Sénat ne parvient guère à former un cabinet d'union nationale et, à la suite de cet échec, élections anticipées sont convoquées.
Réélu sénateur lors de ce scrutin, il n'est cependant pas reconduit cinq ans plus tard, en 2013.
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Biographie [modifier]
Un syndicaliste engagé dans le débat politique [modifier]
De San Pio delle Camere à la CISL [modifier]
Franco Marini naît le 9 avril 1933, à San Pio delle Camere, un petit village des Abruzzes, au sein d'une famille modeste.
Diplômé en droit, il débute sa carrière politique en 1950, militant activement au sein de la Démocratie chrétienne, comme de l'Action catholique (L'Azione Cattolica) et l'Association catholique des travailleurs italiens (ACLI), des mouvements sociaux et religieux. Après avoir adhéré à la CISL, un puissant syndicat italien, il rencontre Giulio Pastore, un syndicaliste engagé dans le débat politique politique, qui lui confie des travaux pour le ministère pour le Mezzogiorno, auquel est nommé Pastore, au sein du second gouvernement d'Amintore Fanfani.
En 1985, après avoir, longtemps durant, assumé plusieurs charges au sein de la CISL, Marini est nommé secrétaire général du mouvement.
Au sein du gouvernement Andreotti, puis à la Chambre des députés [modifier]
En 1991, à la suite de la mort de Carlo Donat-Cattin, un important syndicaliste lui-même engagé dans le débat politique car ayant été parlementaire et ministre, Franco Marini hérite de la direction de Force nouvelle (Forze nuove), une faction syndicaliste attachée à la Démocratie chrétienne. Dans le même temps, il est nommé ministre du Travail et de la Sécurité sociale dans le septième gouvernement de Giulio Andreotti. Il occupe cette fonction jusqu'à la relève des fonctions du gouvernement, le 28 juin 1992.
Candidat aux élections générales d'avril 1992, dans les Abruzzes, sa terre d'origine, sous les couleurs de la Démocratie chrétienne, il est élu député ; il devient rapidement une figure politique importante, notamment lorsqu'il prend, en janvier 1997, le secrétariat général du Parti populaire italien, prenant ainsi la succession de l'ancien ministre Gerardo Bianco.
Après avoir été élu député européen lors du scrutin de 1999, il décide de quitter la direction du parti, et d'en laisser la conduite à Pierlugi Castagnetti, du fait de son élection comme du faible score réalisé par son parti lors de ce scrutin.
Après avoir adhéré à la Margarita, dont il devient le responsable organisationnel, Marini se pose comme un médiateur au sein du mouvement, notamment en mai 2005, lorsqu'il apporte son ferme soutien au maire de Rome et président du parti, Francesco Rutelli, celui-ci marquant son désaccord avec Romano Prodi quant à la seule candidature de la Margarita au scrutin proportionnel de 2006.
La présidence du Sénat [modifier]
Élu sénateur lors du scrutin parlementaire des 9 et 10 avril 2006, Marini est élu président du Sénat de la République par ses pairs sénateurs, au 3e tour de scrutin[N 1],[1], ayant recueilli 165 suffrages, face à l'ancien président du Conseil, Giulio Andreotti, le 29 avril.
Dans son discours d'investiture, Marini, qui devient le second personnage de la République, rappelle à ses collègues l'importance de l'unité de tous les membres de la chambre haute :
« [...] « Je serai le président de tous les sénateurs, [...] je serai le président de tous, avec le plus grand soin et le grand respect pour les prérogatives de la majorité comme celles de l'opposition, comme il se doit dans une véritable démocratie bipolaire, à laquelle je crois également avoir modestement contribué par mon apport, à réaliser dans notre pays » »
— Discours d'investiture de Franco Marini, président du Sénat de la République, Palais Madame, 29 avril 2006
Le nom de Franco Marini fut proposé par l'ancien président de la République, Francesco Cossiga, pour la succession de Carlo Azeglio Ciampi, à la présidence de la République, en mai 2006 ; or, Marini, poutant considéré comme une personne de consensus, refusa la proposition.
Le 21 février 2007, après la première offre de démission proposée par Romano Prodi au président de la République, Giorgio Napolitano, Franco Marini est cité comme un possible prétendant à la présidence du Conseil.
Le 24 janvier 2008, du fait d'une simple majorité relative au Sénat de la République, conséquence du retrait d'un petit parti de la coalition de centre-gauche au pouvoir, L'Union, le gouvernement Prodi II perd un vote de confiance à la chambre haute, cette chute ayant pour conséquence la démission du gouvernement. Six jours suivant la chute, puis la démission du gouvernement, le président du Sénat est convoqué au palais présidentiel du Quirinal, puis chargé, par le chef de l'État, de constituer un gouvernement de transition ayant pour dessein la modification de la loi électorale et la préparation d'un scrutin parlementaire anticipé[2] ; Marini, le jour même, déclare qu'il compte « [concentrer] [s]es efforts pour essayer de constituer le plus rapidement possible [un nouveau gouvernement] ». Or, le 5 février suivant, le président du Sénat rend son mandat au chef de l'État, celui-ci, après avoir constaté l'échec de Franco Marini, convoquant alors des élections générales anticipées pour le mois d'avril.
Franco Marini est réélu sénateur de la République pour les Abruzzes lors de ce scrutin, sous les couleurs du Parti démocrate (PD), de centre-gauche.
Un possible prétendant pour la présidence de la République [modifier]
Lors des élections générales de février 2013, Franco Marini, candidat pour un troisième mandat de sénateur, sous les couleurs du PD, n'est pas réélu, ce qui met fin à sa carrière politique active.
Cependant, le 17 avril suivant, le Parti démocrate, de centre-gauche, mené par Pier Luigi Bersani et Le Peuple de la liberté, le parti de centre-droit de l'ancien président du Conseil, Silvio Berlusconi, annoncent proposer le nom de Franco Marini pour la présidence de la République, le scrutin présidentiel étant convoqué pour le lendemain, le 19 avril, ces deux formation soutenant leur décision par le fait que Marini soit « une personnalité sensible aux aspects sociaux », selon les mots de Bersani, quand Berlusconi le présente comme « un homme loyal et correct […] qui a toujours su prouver qu'il savait être au-dessus des partis »[3],[4],[5],[6], bien que certains parlementaires de centre-gauche aient regretté ce choix[7].
Le 19 avril, au lendemain des deux premier tours de scrutin de l'élection présidentielle, le secrétaire du Parti démocrate, Pier Luigi Bersani, annonce finalement soutenir la candidature de l'ancien président du Conseil, Romano Prodi, Marini n'étant pas parvenu à se faire élire lors des deux premiers scrutins et dont le nom causa de profondes divisons au sein du centre-gauche.
Notes et références [modifier]
- Notes
- L'élection a été difficile, ayant été notamment marquée par des irrégularités et des bulletins portant le nom de Marini mais régulièrement mal orthographiés ; c'est, en conséquence, après deux nouveaux tours de scrutin que Franco Marini est élu président du Sénat.
- Références
- (fr) « Italie : la gauche élue à la présidence du Parlement », Le Figaro, 29 avril 2006
- (fr) « Archives. Franco Marini va former un gouvernement de transition », Le Point, 30 janvier 2008
- (fr) « Italie: grandes manoeuvres avant l'élection du président », L'Express, 17 avril 2013
- (fr) « Bersani propose la candidature de Marini au Quirinal », Le Nouvel Observateur, 17 avril 2013
- (fr)« Un candidat de compromis pour remplacer Napolitano », Le Figaro, 17 avril 2013
- (fr) « Italie: gauche et droite soutiendront la candidature de Franco Marini à la présidentielle », Le Parisien - Aujourd'hui en France, 17 avril 2013
- (fr) « Election présidentielle italienne: qui sont les favoris? », L'Express, 18 avril 2013
Liens externes [modifier]
- (it) Notice biographique, sur Senato.it
- (it) Notice du Parlement Européen, sur Europarl.eu.int
- (it) Portrait de Franco Marini, sur Media.rai.it
- Naissance en 1933
- Naissance dans la province de L'Aquila
- Personnalité italienne du XXe siècle
- Personnalité italienne du XXIe siècle
- Syndicaliste italien
- Personnalité de la Démocratie chrétienne (Italie)
- Personnalité du Parti populaire italien
- Personnalité de la Margherita
- Personnalité du Parti démocrate
- Ministre italien
- Ministre italien du Travail (ou des Affaires sociales)
- Député européen élu en Italie 1999-2004
- Ancien député italien
- Ancien sénateur italien