Carlo Azeglio Ciampi

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Carlo Azeglio Ciampi
Le président Carlo Azeglio Ciampi.
Le président Carlo Azeglio Ciampi.
Fonctions
Sénateur à vie italien
En fonction depuis le 15 mai 2006
Législature XVe, XVIe, XVIIe
10e président de la République italienne
18 mai 199915 mai 2006
(6 ans, 11 mois et 27 jours)
Élection 13 mai 1999
Président du Conseil Massimo D'Alema
Giuliano Amato
Silvio Berlusconi
Prédécesseur Oscar Luigi Scalfaro
Nicola Mancino (par intérim)
Successeur Giorgio Napolitano
Ministre du Trésor, du Budget et de la
Programmation économique
17 juillet 199613 mai 1999
Président du Conseil Romano Prodi
Massimo D'Alema
Gouvernement Prodi I
D'Alema I
Prédécesseur Lamberto Dini
(Trésor)
Mario Arcelli
(Programmation économique)
Successeur Giuliano Amato
73e président du Conseil des ministres
28 avril 199310 mai 1994
(1 an, 12 jours)
Président Oscar Luigi Scalfaro
Gouvernement Ciampi
Législature XIe
Coalition DC-PSI-PLI-PSDI-PDS
Prédécesseur Giuliano Amato
Successeur Silvio Berlusconi
Gouverneur de la Banque d'Italie
19791993
Prédécesseur Paolo Baffi
Successeur Antonio Fazio
Biographie
Date de naissance 9 décembre 1920 (94 ans)
Lieu de naissance Livourne (Italie)
Nationalité Italienne
Conjoint Franca Pilla
Diplômé de École normale supérieure de Pise
Université de Pise
Profession Économiste
Religion Catholicisme

Carlo Azeglio Ciampi
Présidents de la République italienne

Carlo Azeglio Ciampi, né le 9 décembre 1920 à Livourne, en Toscane, est un homme d'État italien, président de la République italienne de 1999 à 2006.

Économiste de formation, il servit dans la Résistance au régime fasciste de Benito Mussolini, avant d'entre à la Banque d'Italie, qu'il est chargé de gouverner à dater de 1979.

En 1993, il est appelé à diriger un gouvernement de techniciens, chargé des affaires nationales jusqu'au scrutin parlementaire de l'an suivant. Restant indépendant de tout parti politique, Ciampi fut cependant chargé du portefeuille du Trésor et de la Programmation économique au sein du premier gouvernement de centre-gauche de Romano Prodi ; reconduit dans le gouvernement dirigé par Massimo D'Alema, il fut élu président de la République italienne en 1999 pour un mandat de sept ans, à l'issue duquel, bien que sollicité par une large partie de l'échiquier politique, il ne concourut pas pour un second mandat.

La Constitution de l'Italie lui offrant le statut de sénateur à vie, il siège au palais Madama depuis 2006 et l'issue de son septennat.

Biographie[modifier | modifier le code]

Une éducation prestigieuse[modifier | modifier le code]

Carlo Azeglio Ciampi naît le 9 décembre 1920 à Livourne, en Toscane ; il est le fils de Pietro Ciampi et de Maria Masino, dont la famille est originaire de Coni, dans le Piémont. Éduqué par des jésuites, il sollicite, après le lycée, une place à l'École normale supérieure de Pise, qu'il intègre après concours ; c'est dans cette institution qu'il rencontre Franca Pilla, qu'il épousera en 1946. Durant ses études, il voyage à l'étranger et part étudier à l'université de Leipzig. En 1941, Ciampi obtient un diplôme en sciences humaines, après avoir rédigé une thèse portant sur la philologie classique et la littérature grecque.

Appelé aux armes en Albanie, il y part avec le grade de lieutenant.

Au sein de la Résistance[modifier | modifier le code]

Quand l'Armistice de Cassibile est signé le 3 septembre 1943, Carlo Azeglio Ciampi refuse de reconnaître la légitimité de la République sociale italienne et part à Scanno, dans les Abruzzes, pour rejoindre Guido Calogero au sein du Parti de l'action, un mouvement de la Résistance au fascisme. Le 24 mars 1944, avec une soixantaine de personnes, il échappe à la Wehrmacht pour rejoindre les Alliés en traversant le massif de la Majella ; cette traversée, longue et difficile, coûta la vie à quelques membres du groupe, mais Ciampi parvint à rejoindre d'autres résistants.

La Banque d'Italie[modifier | modifier le code]

Après s'être marié à Franca Pilla, Carlo Azeglio Ciampi, diplômé en droit de l'université de Pise, concoure pour entrer à la Banque d'Italie. Professeur de littérature et de latin au lycée classique de Livourne, il quitte l'enseignement pour se consacrer à son travail au sein de la Banque nationale. Nommé gouverneur en 1979, il doit gérer les affaires liées à Michele Sindona et l'arrestation de Paolo Baffi.

En 1991, Ciampi, pour la qualité de son travail, est nommé docteur honoris causa en économie et commerce par l'université de Pavie.

Le gouvernement technique[modifier | modifier le code]

Le 28 avril 1993, le gouvernement Ciampi prête serment devant le président de la République, Oscar Luigi Scalfaro, au palais du Quirinal. Ce cabinet, soutenu par cinq partis politiques, doit gérer les affaires nationales jusqu'à l'issue des prochaines élections parlementaires, qui seront convoquées l'an suivant, en 1994. Dans ce gouvernement dit technicien, car dirigé par un homme n'étant pas parlementaire, sont nommés ministres des personnalités reconnues pour leurs compétences, comme l'économiste Beniamino Andreatta désigné chef de la diplomatie ; le juriste Franco Gallo nommé ministre des Finances à la place de l'économiste Vincenzo Visco ; enfin, la fonctionnaire Rosa Iervolino, ancienne ministre pour les Affaires sociales, à laquelle fut confié le portefeuille de l'Instruction publique.

Investi par la Chambre des députés le 7 mai, puis par le Sénat de la République le 12 mai, ce gouvernement doit travailler dans un contexte difficile, le régime politique ayant été purgé par l'opération Mains propres pour la corruption dominante en Italie. Le gouvernement démissionna le 13 janvier 1994, ce qui permet au président Scalfaro de dissoudre le Parlement pour la convocation d'un scrutin parlementaire anticipé.

Un ministre favorable à l'euro[modifier | modifier le code]

Nommé ministre du Trésor, du Budget et de la Programmation économique dans le premier gouvernement de centre-gauche dirigé par Romano Prodi, Carlo Azeglio Ciampi travaille pour la réduction de la dette italienne pour honorer les critères imposés par le traité de Maastricht pour les candidats à l'intégration monétaire européenne ; d'autre part, il entame le processus de privatisation de la Poste italienne. Reconduit dans le gouvernement de Massimo D'Alema, il poursuit son travail jusqu'à son élection au Quirinal.

Président de la République[modifier | modifier le code]

Le président Ciampi, en 2003.

Le 13 mai 1999, sa candidature ayant été largement approuvée par l'ensemble des forces politiques nationales, Carlo Azeglio Ciampi est élu président de la République italienne à l'issue du premier tour de scrutin. Il recueille, sur son nom, 707 suffrages des 990 grands électeurs convoqués pour cette élection présidentielle. Le nouveau chef de l'État est investi le 18 mai suivant par le président de la Chambre des députés, Luciano Violante.

Chef de l'État, le président Ciampi prôna, durant son mandat présidentiel, un patriotisme national unissant tous les citoyens d'Italie par l'hymne national et le drapeau. Ces positions lui valurent un profond respect de ses concitoyens, qui reconnurent au président Ciampi des qualités de traducteur impartial de la Constitution.

Favorable à l'Union européenne, il se dit convaincu de l'avenir, au sein de cette Union, de l'Italie ; mais ce jugement sera contesté par les députés du mouvement séparatiste de la Ligue du Nord, qui, lorsque que le président Ciampi prononcera un discours au Parlement européen, l'interrompront bruyamment. Néanmoins, les convictions européennes de Ciampi furent saluées par le prestigieux prix Charlemagne attribué au président de la République italienne en 2005.

La forte popularité de Carlo Azeglio Ciampi fut conjointe à celle de son épouse, Franca Pilla : la première dame, contrairement à celles qui la précédèrent au Quirinal, la résidence présidentielle, s'engageait vivement dans le débat public, dénonçant la « télévision débile » et vantant la bonté des « gens du Sud », en particulier des Napolitains.

Durant son septennat, Carlo Azeglio Ciampi nomma quatre gouvernements et cinq sénateurs à vie et cinq juges à la Cour constitutionnelle.

Le 18 avril 2006, le chef de l'État déclare, dans le Corriere della Serra, qu'il ne solliciterait pas un second mandat présidentiel de sept ans, son septennat devant se terminer le 18 mai suivant, quelques semaines après les élections parlementaires dont l'issue fut relativement favorable à l'opposition de centre-gauche ; dans cet entretien, le président de la République sortant dit vouloir se retirer pour ne pas vouloir instaurer « une monarchie républicaine »[1],[2], affirmant encore qu'un mandat de sept ans serait suffisamment long pour le chef de l'État. Cette annonce répond aux sollicitations de l'échiquier politique, les grandes formations parlementaires de centre-gauche comme de centre-droit ayant déclaré soutenir une éventuelle reconduction du président Ciampi pour un nouveau mandat de sept ans. Le 15 mai, c'est l'ancien président de la Chambre basse, Giorgio Napolitano, que Ciampi nomma sénateur à vie quelques mois précédemment, qui lui succède à la présidence de la République italienne.

Sénateur à vie[modifier | modifier le code]

Après avoir démissionné pour anticiper l'investiture de son successeur au 15 mai 2006, Carlo Azeglio Ciampi, âgé de quatre-vingt-cinq ans, honora le droit que lui conféra la Constitution de la République italienne de siéger à vie sur les bancs du Sénat de la République. Il vota, le 19 mai suivant, la confiance au second gouvernement de centre-gauche de Romano Prodi ; sa position vis-à-vis du nouveau gouvernement fut cependant critiquée par le centre-droit, mené par Silvio Berlusconi.

Réputé proche du Parti démocrate, le grand parti de centre-gauche, bien qu'il se présente comme étant indépendant de tout parti politique, Ciampi en a été nommé membre d'honneur.

Désigné président du Comité d'organisation des célébrations du cent-cinquantième anniversaire de l'unification de l'Italie pour 2011, il doit cependant renoncer à cette charge pour des ennuis de santé ; l'ancien président du Conseil, Giuliano Amato, lui succéda. Bien qu'en mauvaise santé, il tint à rendre hommage à la scientifique Rita Levi Montalcini, qu'il avait nommé sénatrice à vie durant son septennat.

Depuis la disparition d'Emilio Colombo, le sénateur Ciampi est le doyen d'âge du Sénat de la République ; il est, à ce titre, le parlementaire le plus âgé de la République italienne.

Récompenses[modifier | modifier le code]

Carlo Azeglio Ciampi, recevant le prix Charlemagne, en 2005.

Salué pour ses compétences dans le domaine économique et respecté pour sa qualité de président de la République italienne, Carlo Azeglio Ciampi reçut bien des récompenses et des prix depuis de nombreuses années.

Comme président de la République italienne, il fut responsable des décorations nationales, comme l'Ordre du Mérite de la République italienne, l'Ordre militaire d'Italie et l'Ordre du mérite du travail.

À l'étranger, le sénateur Ciampi fut, entre autres, décoré de l'Ordre de la Croix du Sud du Brésil, de la Légion d'honneur en France et de l'Ordre de Saint-Olaf de Norvège.

Honoré par le Prix international Charlemagne d'Aix-la-Chapelle en 2005, Ciampi fut nommé docteur honoris causa de l'École normale supérieure de France et est membre honoris causa de l'Accademia della Crusca d'Italie.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « Carlo Azeglio Ciampi, un président modèle en Italie », Euronews, 8 mai 2006
  2. (fr) « Italie : Carlo Azeglio Ciampi ne briguera pas un second mandat présidentiel », Fenêtre sur l'Europe, 19 avril 2006

Liens externes[modifier | modifier le code]