Pneumonie franche lobaire aiguë

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Pneumonie franche lobaire aiguë
Classification et ressources externes
PneumonisWedge09.JPG
Une radiographie du thorax montre une pneumonie franche lobaire aiguë en forme de coin dans le poumon droit .
CIM-10 J12, J13, J14, J15, J16, J17, J18, P23
CIM-9 480-486, 770.0
DiseasesDB 10166
MedlinePlus 000145
eMedicine topic list
MeSH D011014
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Une pneumonie franche lobaire aiguë (PFLA), est une pneumopathie bactérienne.

La PFLA peut atteindre des personnes de tout âge, mais le plus grand risque concerne les jeunes enfants, les personnes âgées, et les patients immunodéficients. Pour traiter les pneumonies, on utilise souvent des agents antimicrobiens.

Sommaire

Épidémiologie [modifier]

En France [modifier]

Selon les différents établissements de santé, l'incidence des pneumonies serait de 400 à 600 000 nouveaux cas par an. Les pneumonies seraient responsables de 16 000 décès par an[1]. Il semblerait que les pneumonies soient la deuxième cause d'infections nosocomiales, derrière les infections urinaires[2].

Charlemagne serait mort d'une affection aiguë qui semble avoir été une pneumonie[3].

Aux États-Unis [modifier]

Chaque année, le nombre de nouveaux cas serait d'environ 2 millions et le nombre de décès compris entre 40 000 et 70 000[4] (sixième maladie en nombre de décès causés). Elle représente l'infection nosocomiale la plus fréquente[4].

Étiologie [modifier]

Les causes de pneumonie franche lobaire aiguë sont nombreuses et variées, et diverses sources peuvent additionner leurs effets :

  • infections bactériennes ou virales, les plus fréquentes (80 à 90 %). Les germes les plus souvent identifiés sont, par ordre décroissant, le Streptococcus pneumoniae, l'Haemophilus influenzae, Legionella pneumophila, Mycoplasma pneumoniae et le virus Influenzae A ;
  • les pneumopathies atypiques (10 à 20 %) : Mycoplasma pneumoniae, Legionella pneumophila et Chlamydiae pneumoniae ;
  • l'air pollué, notamment par les véhicules, est aussi un facteur de risque et d'aggravation des pneumonies. Un excès significatif de morts par pneumonie a été constaté au Royaume-Uni, chez des Britanniques plus exposés aux émissions de pots d'échappement (surmortalité mesurée en croisant les données de pollution et les autres causes de décès observées et attendues pour 352 collectivités locales anglaises de 1996 à 2004) ; les pneumonies, mais aussi les maladies cardiaques et les cancers de l'estomac ont pu être statistiquement corrélées à certaines émissions polluantes, au tabagisme et/ou à une consommation élevée d’alcool. Les morts par pneumonie étaient le plus fortement corrélables aux fumées d’échappement des véhicules (avec également une surmortalité par d'autres maladies pulmonaires et cardites rhumatismales). Selon cette étude, le taux de mortalité annuel lié à la pollution dans ces 352 collectivités est comparable à celui entraîné par le smog de Londres de 1952 («great London smog»)[5], bien que les manifestations de la pollution ne soient plus aujourd'hui aussi visibles. Les nanoparticules des échappements pourraient être aujourd'hui en cause, alors que les suies l'étaient sans doute dans les années 1950 et depuis l'avènement du charbon au XIXe siècle ;
  • les pneumonies acquises sous ventilation mécanique (ou PAVM, souvent infections nosocomiales) sont contractées chez des patients dépendant d'un respirateur, généralement intubés ou trachéotomisés de réanimation. Multifactorielles, ces pneumonies résultent de l'inhalation du contenu gastrique et/ou oropharyngé via le ballonnet de la sonde trachéale ou canule.

Diagnostic [modifier]

Le diagnostic repose sur :

Dans environ 50 % des cas, le germe responsable n'est pas identifié, en effet, celui-ci est identifié grâce à la mise en culture des crachats, qui sont souvent contaminés par la flore oropharyngée normale.

Sémiologie chez l'adulte [modifier]

Les signes cliniques suivants sont à rechercher en suspicion de pneumonie (conférence de consensus 2006), ils varient en fonction de l'agent bactérien en cause :

Chez la personne âgée, la sémiologie peut être plus fruste : confusion, tachypnée, dyspnée, aggravation de pathologie préexistante.

Elle donne une forte fièvre, une grande fatigue et cela dure au minimum pendant 7 jours.
La maladie se caractérise par l'accumulation de pus et de sécrétions dans les alvéoles pulmonaires. Ces dernières ne peuvent plus assurer de manière optimale l'oxygénation du sang. Ce manque d'oxygénation du sang peut entraîner un dysfonctionnement ou même la mort des cellules.

Signes permettant d'éliminer le diagnostic d'une PFLA [modifier]

Selon la conférence de consensus 2006, l'association des 3 signes suivants permet d'éliminer le diagnostic de pneumonie aiguë communautaire (PAC), c'est la valeur prédictive négative :

  1. Fréquence cardiaque < 100/min
  2. Fréquence respiratoire < 30/min
  3. Température centrale < 37,9 °C

Examens complémentaires [modifier]

Selon la conférence de consensus 2006 :

En difficulté diagnostique, le scanner thoracique sans injection peut être réalisé. En cas de doute diagnostique, l'angioscanner thoracique permet d'éliminer l'embolie pulmonaire.

Autres examens réalisables (consensus 2006) :

  • antigène urinaire du Streptoccocus pneumoniae. Sensibilité de 77-89 % en bactériémie, 44-64 % sans bactériémie. Les faux positifs sont rares chez l'adulte ;
  • antigène urinaire de la légionellose. 80 % des pneumonies aiguës communautaires à Légionelle sérotype 1 excrètent cet antigène après 1 à 3 jours, et ce peut durer 1 an. La sensibilité du test est de 86 %, spécificité 93 %.

Prise en charge thérapeutique [modifier]

Un traitement de fond par antibiothérapie est nécessaire. Si le germe a préalablement été identifié, l'antibiothérapie sera adaptée à celui-ci, sinon, il s'agira d'une antibiothérapie probabiliste. En ce qui concerne les symptômes, une oxygénothérapie peut être nécessaire devant une hypoxie ; lorsqu'une hospitalisation est nécessaire, la kinésithérapie respiratoire et la ventilation non invasive faciliteront l'hématose. En cas d'échec de ces mesures, un transfert en réanimation et parfois une intubation seront nécessaires.

PFLA non sévère en ambulatoire [modifier]

  • Origine bactérienne. Aucun examen microbiologique n'est recommandé. Le traitement est probabiliste.

Patient sans comorbidité [modifier]

Amoxicilline 1 g x 3 / J PO (per os)
ou Pristinamycine 1 g x 3 / J PO
ou Télithromycine 800 mg / J PO

Patient avec comorbidité [modifier]

Augmentin 1 g x 3 / J PO

Patient âgé en institution [modifier]

Augmentin 1 g x 3 / J PO
ou Ceftriaxone 1 g / J IM/IV/SC
ou FQAP (Levofloxacine 500 mg / J PO ou Moxifloxacine 400 mg / J PO)

Ces traitements nécessitent une réévaluation clinique au 2e-3e jour.
En absence de défervescence thermique et d'aggravation, un macrolide sera ajouté au traitement, ou la substance sera remplacée par les substances alternatives proposées ci-dessus.

PFLA non sévère à l'hôpital [modifier]

Pas d'examens microbiologiques réalisés

Arguments pour le pneumocoque [modifier]

Amoxicilline 1 g x 3 / J PO/IV

Pas d'arguments pour le pneumocoque [modifier]

Patient sans comorbidité [modifier]

Amoxicilline 1 g x 3 / J PO/IV
ou Pristinamycine 1 g x 3 / J PO
ou Télithromycine 800 mg / J PO

Patient âgé et/ou comorbidité [modifier]

Augmentin 1 g x 3 / J PO/IV
ou Céfotaxime 1 g x 3/J IV
ou Ceftriaxone 1 g / J IV
ou FQAP (Levofloxacine 500 mg x1-2 / J PO ou Moxifloxacine 400 mg / J PO)

Complications [modifier]

Autres pneumopathies [modifier]

[...]

Prévention [modifier]

Chez les patients fragiles (âgés de plus de 65 ans, insuffisants respiratoires chroniques ou immunodéprimés), il est possible de réaliser des actions de prévention des pneumopathies communautaires par la vaccination contre le pneumocoque et l'haemophilus.

Notes et références [modifier]

  1. [PDF] Omédit région Centre Infections à Streptococcus pneumoniae, Fiche Bon Usage, mise en ligne le 2 mars 2010, consulté le 6 juin 2012.
  2. Cahier des ECN de pneumologie, éditions Masson
  3. Les morts mystérieuses de l'histoire Volume 1 du docteur Augustin Cabanès
  4. a et b Manuel Merck
  5. (en) E G Knox, « Atmospheric pollutants and mortalities in English local authority areas », Journal of epidemiology and community health, vol. 62, no 5, mai 2008, p. 442-447 (ISSN 1470-2738) [texte intégral, lien PMID, lien DOI (pages consultées le 6 juin 2012)] 

Sources [modifier]

Voir aussi [modifier]

Articles connexes [modifier]

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Liens externes [modifier]