Élection présidentielle italienne de 2013

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Élection présidentielle italienne de 2013
4e tour de scrutin
18, 19 et 20 avril 2013
Type d’élection  Présidentielle
Démographie électorale
Inscrits  1 007
Votants 997
Presidente Napolitano.jpg
Giorgio NapolitanoInd.
Voix 738
Stefano Rodotà Trento 2007.jpg
Stefano RodotàInd.
Mouvement 5 étoiles
Voix 217
Président de la République italienne
Sortant
Élu
Le président de la République sortant, Giorgio Napolitano, a été réélu pour un second mandat.

L’élection présidentielle italienne de 2013 (en italien, Elezione del Presidente della Repubblica Italiana del 2013), treizième élection présidentielle de la République italienne, est un scrutin au suffrage universel indirect ayant pour dessein l'élection du président de la République pour un mandat de sept ans. Les six tours de scrutin se sont tenus les 18, 19 et 20 avril 2012, au palais Montecitorio, à Rome, le plénum du collège électoral étant présidé par Laura Boldrini, présidente de la Chambre des députés.

Le président de la République italienne, chef d'État d'un régime parlementaire, assume un rôle essentiellement honorifique[1], bien qu'il soit considéré, par la Constitution italienne, comme étant le garant des institutions et de l'unité nationale.

Alors qu'aucun président de la République n'avait été réélu depuis l'instauration de la République, Giorgio Napolitano, élu en 2006, a dans un premier temps refusé de se représenter lors des cinq premiers tours de l'élection. Il cède finalement aux sollicitations des différents partis politiques et présente sa candidature lors du sixième tour de scrutin, par « responsabilité envers la nation », après l'échec des précédents scrutins. Il l'emporte confortablement, devenant ainsi le premier président de la République italienne à être réélu pour un second mandat[2].

L'élection[modifier | modifier le code]

La procédure[modifier | modifier le code]

La salle de réunion du collège électoral.

Le président de la République (Presidente della Repubblica) est élu au suffrage universel indirect par la séance commune du Parlement, à laquelle participent également cinquante-huit délégués régionaux, trois par Régions, sauf pour le Val d'Aoste qui n'en a qu'un. Du fait de la présence de quatre sénateurs à vie, le collège comprend à cette occasion 1 007 membres.

Le plénum est présidé par le président de la Chambre des députés et se tient au siège de la chambre basse, le palais Montecitorio à Rome. Pour ce scrutin, la présidence sera, en conséquence, assumée par Laura Boldrini, seconde femme après Nilde Iotti, en 1985, étant chargée d'une telle responsabilité.

L'élection est acquise à la majorité des deux tiers de l'assemblée aux trois premiers tours, à la majorité absolue par la suite. Il faudra donc réunir 672 voix, ou 504 suffrages au-delà de trois tours.

Les enjeux[modifier | modifier le code]

Peu avant le scrutin ont eu lieu les élections générales anticipées des 24 et 25 février 2013. Celles-ci n'ont pas permis de dégager de majorité claire au Parlement, puisque la coalition de centre-gauche Italie. Bien commun ne détient la majorité absolue qu'à la Chambre des députés, tandis que le Sénat de la République est divisé entre cette alliance, la coalition de centre-droit de Silvio Berlusconi et le Mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo.

Le nouveau chef de l'État prendra donc ses fonctions dans un climat politique complexe, avec le choix de chercher à constituer une majorité, nommer un gouvernement d'experts qui réalisera les réformes institutionnelles et économiques que proposeront les « comités des sages » mis en place par le président Napolitano pour sortir de la crise, ou encore convoquer des législatives anticipées.

Les présidentiables[modifier | modifier le code]

De nombreux noms sont évoqués pour la succession du président Napolitano.

Si Silvio Berlusconi s'est dit favorable à la candidature de son bras droit et ancien secrétaire d'État à la présidence du Conseil des ministres, Gianni Letta, le centre-gauche pourrait officiellement soutenir la candidature d'un ancien président du Conseil, tels que Massimo D'Alema, Giuliano Amato ou Romano Prodi.

En outre, les noms de trois femmes ont été cités pour la présidence de la République : celui de l'ancienne ministre du Commerce international et vice-présidente du Sénat, Emma Bonino, celui de l'ancienne ministre de l'Égalité des chances, Anna Finocchiaro, et enfin celui de la ministre de l'Intérieur du gouvernement Monti, Anna Maria Cancellieri[3]. C'est la première fois depuis l'élection de 1992 et la candidature ratée de Nilde Iotti, que des noms de candidates sérieuses sont ainsi évoqués.

Le Mouvement 5 étoiles, après le renoncement de Milena Gabanelli comme de Gino Strada, déclare soutenir finalement la candidature de Stefano Rodotà, un constitutionnaliste et ancien vice-président de la Chambre des députés, après un vote en ligne. Le 17 avril, le Parti démocrate (PD) propose le nom de l'ancien président du Sénat, Franco Marini ; celui-ci est également soutenu par Le Peuple de la liberté (PDL) et le Choix citoyen (SC), après avoir avancé les noms de l'ancien président du Conseil Giuliano Amato et de l'ancien ministre Sergio Mattarella.

Toutefois, le 19 avril, après l'échec de Marini, le PD investit, à l'unanimité, Romano Prodi, perdant alors le soutien du PDL et du SC.

La composition du collège électoral[modifier | modifier le code]

Présidente : Laura Boldrini
Fonctions Nombre
Députés 630
Sénateurs 319
Délégués 58
TOTAL 1 007
Majorité des 2/3 672
Majorité absolue 504

Résultats[modifier | modifier le code]

18 avril 2013[modifier | modifier le code]

1er tour de scrutin[modifier | modifier le code]

  • Inscrits : 1007
  • Présents : 1002
  • Votants : 999
  • Majorité requise : 672
Candidat Suffrages
Franco Marini 521
Stefano Rodotà 240
Sergio Chiamparino 41
Romano Prodi 14
Emma Bonino 13
Massimo D'Alema 12
Giorgio Napolitano 10
Anna Finocchiaro 7
Anna Maria Cancellieri 2
Mario Monti 2
Votes dispersés 18
Votes blancs 104
Votes nuls 15

Lors de ce premier tour de scrutin, au vote secret, aucun candidat n'a rassemblé sur son nom la majorité des deux-tiers des suffrages. En conséquence, un second tour est convoqué par Laura Boldrini.

2e tour de scrutin[modifier | modifier le code]

  • Inscrits : 1007
  • Présents : 948
  • Votants : 948
  • Majorité requise : 672
Candidat Suffrages
Stefano Rodotà 230
Sergio Chiamparino 90
Massimo D'Alema 38
Franco Marini 15
Alessandra Mussolini 15
Romano Prodi 13
Emma Bonino 8
Sergio De Caprio 8
Cosimo Sibilia 7
Rosy Bindi 6
Paola Severino 5
Silvio Berlusconi 4
Pierluigi Bersani 4
Anna Finocchiaro 4
Giorgio Napolitano 4
Ricardo Antonio Merlo 3
Pietro Grasso 2
Claudio Sabelli Fioretti 2
Daniela Santanchè 2
Antonio Palmieri 2
Santo Versace 2
Michele Cucuzza 2
Arnaldo Forlani 2
Giulia Maniscalco 2
Pierluigi Castagnetti 2
Votes dispersés 41
Votes blancs 418
Votes nuls 14

Lors de ce deuxième tour de scrutin, au vote secret, aucun candidat n'a rassemblé sur son nom la majorité des deux-tiers des suffrages. En conséquence, un troisième tour est convoqué le lendemain par Laura Boldrini.

19 avril 2013[modifier | modifier le code]

3e tour de scrutin[modifier | modifier le code]

  • Inscrits : 1007
  • Présents : 949
  • Votants : 949
  • Majorité requise : 672
Candidat Suffrages
Stefano Rodotà 250
Massimo D'Alema 34
Romano Prodi 22
Giorgio Napolitano 12
Anna Maria Cancellieri 9
Claudio Sabelli Fioretti 8
Sergio De Caprio 7
Franco Marini 6
Alessandra Mussolini 5
Antonio Palmieri 5
Emma Bonino 4
Sergio Chiamparino 4
Ricardo Antonio Merlo 4
Ilaria Borletti Buitoni 3
Gianroberto Casaleggio 3
Fabrizio Cicchitto 3
Gherardo Colombo 3
Ermanno Leo 3
Pierluigi Castagnetti 2
Roberto Di Giovan Paolo 2
Antonio Martino 2
Antonio Privitera 2
Niccolò Pollari 2
Votes dispersés 44
Votes blancs 465
Votes nuls 47

Lors de ce troisième tour de scrutin, aucun candidat n'a rassemblé sur son nom la majorité des deux tiers des membres du collège. En conséquence, un quatrième tour est convoqué par Laura Boldrini. Ce troisième tour est le dernier nécessitant la majorité des deux tiers.

4e tour de scrutin[modifier | modifier le code]

  • Inscrits : 1007
  • Présents : 732
  • Votants : 732
  • Majorité requise : 504
Candidat Suffrages
Romano Prodi 395
Stefano Rodotà 213
Anna Maria Cancellieri 78
Massimo D'Alema 15
Franco Marini 3
Giorgio Napolitano 2
Votes dispersés 7
Votes blancs 15
Votes nuls 4

Lors de ce quatrième tour de scrutin, au vote secret, aucun candidat n'a rassemblé sur son nom la majorité absolue des grands électeurs. En conséquence, un cinquième tour est convoqué le lendemain par Laura Boldrini.

20 avril 2013[modifier | modifier le code]

5e tour de scrutin[modifier | modifier le code]

  • Inscrits : 1007
  • Présents : 741
  • Votants : 741
  • Majorité requise : 504
Candidat Suffrages
Stefano Rodotà 210
Giorgio Napolitano 20
Rosario Monteleone 15
Emma Bonino 9
Claude Zin 4
Anna Maria Cancellieri 2
Massimo D'Alema 2
Franco Marini 2
Votes dispersés 14
Votes blancs 445
Votes nuls 17

Lors de ce cinquième tour de scrutin, au vote secret, aucun candidat n'a rassemblé sur son nom la majorité absolue des grands électeurs. En conséquence, un sixième tour est convoqué par Laura Boldrini.

6e tour de scrutin[modifier | modifier le code]

  • Inscrits : 1 007
  • Présents : 997
  • Votants : 997
  • Majorité requise : 504
Candidat Suffrages
Giorgio Napolitano 738
Stefano Rodotà 217
Sergio De Caprio 8
Massimo D'Alema 4
Romano Prodi 2
Votes dispersés 6
Votes blancs 10
Votes nuls 12

Giorgio Napolitano ayant obtenu la majorité absolue des suffrages exprimés, soit plus de 504 voix, il est proclamé président de la République par Laura Boldrini.

Suites[modifier | modifier le code]

Politiques[modifier | modifier le code]

Ce scrutin présidentiel est considéré comme un revers pour le centre-gauche italien, et, plus particulièrement, pour son meneur, Pier Luigi Bersani, qui n'a guère su imposer ses candidats : l'ancien président du Sénat de la République Franco Marini, puis l'ancien président du Conseil, Romano Prodi ; celui-ci, qui bénéficiait de l'image de marque que lui avait offert son passage à la présidence de la Commission européenne, avait pourtant été plébiscité par les parlementaires du Parti démocrate (PD), lors de sa désignation. Son cuisant échec lors du quatrième tour, au cours duquel lui manquèrent 100 voix de son propre camp pour pouvoir se faire élire au palais du Quirinal, fut sévèrement jugé par la presse italienne, qui évoque la faute de ces « francs-tireurs », et le « suicide collectif » commis par certaines figures du centre-gauche, dont le jeune maire de Florence et candidat vaincu par Bersani lors de la Primaire démocrate de novembre 2012, Matteo Renzi, qui, successivement, s'est prononcé contre la candidature de Marini, « un homme du siècle passé, sans charisme et sans carrure internationale », puis a proclamé « la fin de la candidature Prodi », qu'il avait pourtant préféré. À la suite de cette série d'événements, Rosy Bindi, la présidente du PD, annonça sa démission, celle-ci fut imitée, quelques instants plus tard, par Bersani, qui dit, lui, vouloir quitté le secrétariat du PD, une fois le président de la République élu.

Dans ce contexte de crise politique, aggravé par un Parlement sans majorité, quatre formations parlementaires, le Parti démocrate de Pier Luigi Bersani, le Peuple de la Liberté (PdL) de Silvio Berlusconi, la Ligue du Nord (LN) de Roberto Maroni et le Choix citoyen (SC) de Mario Monti, ont demandé au président de la République sortant, Giorgio Napolitano, de se porter candidat pour un second mandat présidentiel ; celui-ci s'y était, jusqu'à présent, refusé, évoquant son grand âge — 87 ans — et la tradition instaurée, puis respectée par l'ensemble de ses prédécesseurs, ceux-ci ne s'étant jamais prononcé pour une réélection. Finalement, le locataire du Quirinal, évoquant « sa responsabilité devant la Nation », accepta de présenter sa candidature, et fut réélu, au sixième tour de scrutin, par 739 voix sur les 997 grands électeurs ayant pris part au vote, soit près de 75 % des suffrages exprimés. Cependant, si le chef de l'État, réélu pour un second mandat, a de nouveau accepté le fait d'assumer la charge présidentielle, il est fort probable qu'une fois la crise politique terminée, le président Napolitano puisse présenter sa démission. Il est à noter, toutefois, que, pour la première fois depuis la proclamation de la République, le président de la République sortant est reconduit dans ses fonctions.

Réactions[modifier | modifier le code]

La réélection avait un message politique fort, puisqu'il s'agissait de la première fois que droite, gauche et centristes parvenaient à un accord quelconque. En effet, quelques jours après est formé le Gouvernement Letta avec le soutien de presque tous les partis contre le Mouvement 5 étoiles, la Ligue du Nord et Frères d'Italie.

Le Mouvement 5 étoiles a ouvertement critiqué cette réélection, qui ne fait pas partie de la tradition politique.

À la question de savoir si le peuple italien est satisfait de la réélection de Giorgio Napolitano, (Quirinale: lei è soddisfatto della rielezione di Giorgio Napolitano?), un sondage semble répondre par la négative (42,8% satisfaits, 45,7% insatisfaits, 11,5% indécis)[4].

Références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]