La Cinq

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

48° 52′ 44.893″ N 2° 17′ 12.811″ E / 48.87913694, 2.28689194

Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec TV5 ni France 5.
Image illustrative de l'article La Cinq

Création 20 février 1986
Disparition 12 avril 1992
Propriétaire Chargeurs réunis et Fininvest (1985-1987)
Robert Hersant et Fininvest (1987-1990)
Hachette et Fininvest (1990-1992)
Slogan « La Cinq ! » (1986)
« Cinq you La Cinq ! » (1987)
« Cinéma ou télévision, La Cinq, tous les soirs un film » (1988)
« La Cinq, la télé qui ne s'éteint jamais » (1988)
« L'information sans concession, c'est La Cinq ! » (1990)
« La 5, c'est 5 sur 5 » (1991)
« Faites la chaîne pour votre chaîne » (1992)
Format d'image 4:3, 576i (SDTV)
Langue Français
Pays Drapeau de la France France Drapeau de la Belgique Belgique
Statut Généraliste nationale privée
Siège social Drapeau de la France Paris
Site web Minitel : 3615 LA5 (1987-1992)
www.vivelacinq.fr
Diffusion
Diffusion Analogique terrestre, satellite et câble.
Chronologie
Télé emploi Suivant

La Cinq est la première chaîne de télévision généraliste nationale commerciale privée et gratuite française diffusée du 20 février 1986 au 12 avril 1992.

Histoire de la chaîne[modifier | modifier le code]

1985, à un peu plus d'un an des élections législatives françaises, le Parti socialiste redoute un échec et souhaite alors créer un espace nouveau, hors du domaine institutionnel de la télévision publique, susceptible de toucher un large public (contrairement à la chaîne privée à péage Canal+ cryptée) et de constituer un relais d'opinion à ses idées s'il venait à retourner dans l'opposition.

Le président de la République, François Mitterrand, lance alors le 16 janvier, lors d'un entretien télévisé, l'idée d'« un espace de liberté supplémentaire » et demande au gouvernement de Laurent Fabius d'étudier le projet. L'avocat Jean-Denis Bredin, chargé par le premier ministre de rédiger un rapport sur l'ouverture de « l'espace télévisuel à la télévision privée », le lui remet le 20 mai. Il préconise la création de deux chaînes nationales privées en clair financées par la publicité et dont les fréquences seront concédées par l'État conformément à l'article 79 de la loi du 29 juillet 1982 sur la Communication audiovisuelle. Le 31 juillet, Georges Fillioud, secrétaire d’État français chargé des Techniques de la communication, présente en Conseil des ministres une communication sur le développement de l’audiovisuel. Il y annonce un projet de loi définissant la création d'ici le printemps 1986 de deux nouvelles chaînes de télévision privées à diffusion nationale, l'une généraliste, l'autre à vocation musicale, ainsi que des chaînes de télévision locales, au capital desquelles se retrouveraient groupes de presse, sociétés de production et publicitaires. Un appel à candidature est lancé pour lequel postule de façon officieuse la CLT qui cherche à implanter RTL Télévision sur le territoire français. Le groupe Fininvest du magnat italien de la télévision commerciale Silvio Berlusconi y voit l'occasion de s'étendre en Europe et de rentabiliser son catalogue de programmes. Silvio Berlusconi s'associe début novembre 1985 au groupe Chargeurs réunis de Jérôme Seydoux et à Christophe Riboud pour créer la société France Cinq qui présente un projet de télévision commerciale pour l'obtention d'une concession sur le nouveau cinquième réseau hertzien. Berlusconi fait alors jouer ses relations politiques au plus haut niveau, dont celle du président socialiste du Conseil italien, Bettino Craxi, qui se charge de le recommander chaudement à François Mitterrand[1].

Au même moment, le gouvernement engage une bataille avec l'opposition à l'Assemblée nationale pour obtenir un amendement de la loi sur les télévisions privées permettant la libre installation d'émetteurs par TDF en haut de la Tour Eiffel sans avoir à obtenir l'autorisation de la ville de Paris, propriétaire du monument et dont le maire n'est autre que le président du RPR, Jacques Chirac. L'amendement Tour Eiffel est finalement voté par les députés de la majorité le 15 novembre 1985.

La Cinq de Jérôme Seydoux (1985-1987)[modifier | modifier le code]

Le 20 novembre 1985, le gouvernement accorde une concession de service public de 18 ans à la société France Cinq pour l'exploitation du cinquième réseau hertzien de télévision à diffusion nationale, malgré la désapprobation de certains ministres[2] et conseillers du Président français militant pour un programme culturel et de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle qui n'approuve pas le cahier des charges de la chaîne mais n'a aucun pouvoir pour le modifier. Il accorde également une publicité à volonté et une protection contre la concurrence[3]. Jérôme Seydoux et Silvio Berlusconi présentent les orientations et le style des émissions de la future cinquième chaîne de télévision lors d'une conférence de presse le 22 novembre 1985. À ses détracteurs qui l’accusent de vouloir fabriquer une télé « Coca-Cola », Silvio Berlusconi, qui bâtit les programmes de la Cinq à partir de ses catalogues, promet une télé plutôt « beaujolais » avec « champagne le samedi », ainsi que des stars de la télévision ou du cinéma qui ont la faveur du public[4].

Décidée à contrecarrer ce projet de nouvelles chaînes de télévision dont elle a cerné les enjeux politiques, l'opposition de droite fait annuler l'amendement Tour Eiffel par le Conseil constitutionnel le 13 décembre 1985[5], obligeant le gouvernement à passer en force via un nouveau projet de loi définitivement voté le 21 décembre par le Parlement. Le 16 janvier 1986, la CLT dépose en vain un recours en annulation de l'accord de concession devant le Conseil d’État et n'obtient du gouvernement qu'un droit à utiliser l'un des deux canaux encore libres du futur satellite TDF 1. Le 20 janvier 1986, Silvio Berlusconi présente les programmes de sa future chaîne commerciale, officiellement baptisée La Cinq, aux journalistes, industriels et publicitaires afin de convaincre ces derniers d'acheter du temps d'antenne publicitaire pour financer la chaîne[6]. Le lendemain, les forces de l'ordre sont obligées d'intervenir pour permettre aux techniciens de TDF de venir installer les émetteurs de La Cinq en haut de la Tour Eiffel, à la suite du refus de la ville de Paris qui invoque des problèmes de sécurité[7],[8].

Après trois mois d'hostilités[9] et un mois d'essais techniques, La Cinq peut enfin commencer à émettre le jeudi 20 février 1986 à 20 h 30 dans le cadre de l’émission de présentation de la chaîne Voilà la Cinq enregistrée dans les studios milanais du groupe Fininvest. Jusqu’à minuit, Christian Morin, Roger Zabel, Amanda Lear, Élisabeth Tordjman et Alain Gillot-Pétré reçoivent les grandes vedettes de la variété française (Johnny Hallyday, Serge Gainsbourg, Mireille Mathieu, Charles Aznavour) et internationales, comme Ornella Muti, invitées par Silvio Berlusconi à parrainer un show dont les effets n’ont rien à envier aux divertissements de TF1 ou d’Antenne 2[10],[11],[12],[13]. Les premières semaines de programmes sont alors constituées de jeux et de shows (Pentathlon, C’est beau la vie, Cherchez la femme) adaptés des formats à succès de la chaîne italienne de Silvio Berlusconi Canale 5, mais aussi de quelques magazines plus français comme Jonathan et Mode, etc. Nouveauté dans le paysage audiovisuel français, les programmes sont rediffusés toutes les quatre à cinq heures et sont entrecoupés de plusieurs pages de publicité (jusqu’à trois au sein d’un même programme). Les premiers animateurs sont soit des transfuges de TF1 (Christian Morin) ou d'Antenne 2 (Alain Gillot-Pétré, Roger Zabel et Élisabeth Tordjman), soit des transfuges des chaînes italiennes de Berlusconi (Amanda Lear). La chaîne se dote également d'une speakerine pour présenter les programmes[14].

Dès février 1986, les séries télévisées américaines, occupent toute la grille de la journée et la seconde partie de soirée. La plupart de ces séries ne sont pas inconnues des téléspectateurs, car déjà diffusées sur d’autres chaînes françaises dans les années 1960 et 1970 : Arnold et Willy, Happy Days, Mission impossible, La Cinquième Dimension, Star Trek, Shérif, fais-moi peur ou Wonder Woman. Juste avant le film de 20 h 30, la case stratégique de 19 h 30 est occupée chaque jour de la semaine par l'émission À fond la caisse dans laquelle est diffusée une série inédite visant un public jeune et masculin : Supercopter le lundi, K2000 le mardi, Riptide le mercredi, CHiPs le jeudi et Tonnerre mécanique le vendredi. Les programmes jeunesse démarreront timidement avec des épisodes inédits des Schtroumpfs tous les dimanches à 19 h 30. Tous les soirs, un film est diffusé à 20 h 30. Parmi les premiers films diffusés la première semaine : La Fièvre du samedi soir et Enfer mécanique.

À la suite des élections législatives de mars 1986, la droite revient au pouvoir. Jacques Chirac est Premier ministre et demande à son nouveau ministre de la Communication, François Léotard, de mettre en œuvre la politique audiovisuelle du gouvernement : privatisation de TF1 (FR3 était initialement prévue) et annulation des concessions des deux nouvelles chaînes privées, La Cinq et TV6, trop rapidement attribuées sur pression de l'Élysée sans réel appel d'offres. Par le décret no 86-901 du 30 juillet 1986, le gouvernement de Jacques Chirac décide de réattribuer cette chaîne avant la fin de sa concession[15]. Afin de ne pas laisser un écran noir, La Cinq est autorisée à continuer à émettre mais doit immédiatement cesser de diffuser des films de cinéma, et ce jusqu'en décembre de la même année. À la suite d'un recours de TV6, ce décret est annulé par arrêté du Conseil d'État le 2 février 1987, car le ministre n'a pas respecté l'échéance légale de la concession d'un an[16]. Toutefois, la Commission nationale de la communication et des libertés (CNCL), qui a remplacé la Haute Autorité de la communication audiovisuelle depuis le 30 septembre 1986, fixe le 15 janvier 1987 les obligations générales et particulières des « télévisions hertziennes nationales privées en clair » par les décisions no 87-1 et 87-2. Le 2 février 1987, le décret no 87-50 résilie le contrat de concession de la cinquième chaîne qui s'achève le 28 février 1987 à minuit[17] et ouvre par la même occasion l'appel à candidature pour la réattribution du réseau. Toutefois la pour éviter l'écran noir la CNCL invite la Cinq et TV6 à poursuivre leur programmes le temps de réattribuer les 2 réseaux.

La Cinq de Robert Hersant (1987-1990)[modifier | modifier le code]

Le premier candidat sur les rangs pour répondre à l'appel à candidature de la CNCL est le groupe Socpresse (Le Figaro, France-Soir) de Robert Hersant qui, avec l'appui du gouvernement, cherche à s'implanter dans la télévision. Il s'allie aux anciens propriétaires de la chaîne, Silvio Berlusconi et Jérôme Seydoux, pour constituer dès le 10 février la Société d'exploitation de La Cinq[18] qui souhaitant créer une chaîne pluraliste et informative[19]. Les seuls concurrents sérieux lors de cet appel d'offre sont le groupe Occidentale media TV[20] mené par Jimmy Goldsmith qui souhaite former une chaîne populaire, généraliste et familiale<[21], et la CLT qui renonce finalement à sa candidature sur ce réseau après avoir obtenu l'assurance du gouvernement de récupérer la sixième chaîne. Hachette, qui concourt pour le rachat de TF1 en cours de privatisation, ne présente aucun projet[22].

Le 23 février 1987, la CNCL attribue pour dix ans la concession de service public sur le cinquième réseau hertzien national à la société d'exploitation de La Cinq[23]. Robert Hersant entre alors au capital de La Cinq en tant qu'opérateur principal de la chaîne et nomme Philippe Ramond directeur général. Les deux hommes misent sur l’information et engagent au printemps 1987 Patrice Duhamel comme directeur de l’information, le chargeant de constituer une rédaction placée sous l'autorité de Jacques Hébert. Cette toute nouvelle rédaction s’installe au 241, boulevard Péreire à Paris dans un ancien garage Renault devenu le siège de la chaîne. Autour de quelques figures déjà connues des téléspectateurs, comme Jean-Claude Bourret ou Marie-France Cubadda venus de TF1, une équipe de jeunes journalistes va s’efforcer de créer chaque jour, à partir du 14 septembre 1987, cinq éditions du journal télévisé au ton résolument direct et novateur.

Dès le 7 mars 1987, la grille des programmes s'étoffera quelque peu, en diffusant tous les jours quelques dessins animés japonais inédits en matinée et fin d’après-midi : Princesse Sarah, King Arthur, Robotech, Cathy la petite fermière.

Dans sa volonté de s’affirmer comme une grande chaîne généraliste, la nouvelle Cinq débauche aussi les trois animateurs à succès de TF1 en cours de privatisation (Patrick Sébastien, Patrick Sabatier et Stéphane Collaro). Elle s’assure également les services de Philippe Bouvard (animateur d’une émission très populaire sur RTL, les Grosses Têtes, collaborateur de longue date du groupe Hersant) et de Michel Robbe (animateur sur TF1 de La Roue de la fortune). Afin de capter un public jeune et urbain, La Cinq ouvre son antenne à de nouveaux visages : Childéric Muller[24] venu de TV6 est responsable de divertissements « Pop » et Thierry Ardisson lance ses interview décalées dans Bain de Minuit. À la rentrée 1987, la France se couvre d’affiches où les nouveaux animateurs, en photo, invitent le public à venir sur la chaîne, sous le slogan de « Cinq you La Cinq ! » (jeu de mots avec « Thank You La Cinq ! »)[25].

Cependant, en cette période, la chaîne ne peut être reçue que sur une partie restreinte du territoire, surtout dans les villes, alors que les animateurs proposent des programmes pudiquement appelés « France profonde ». Par ailleurs, les nouvelles chaînes diffusent sur une variante plus moderne du SECAM compatible avec le télétexte, apparaissant en noir et blanc sur des postes un peu anciens, et nécessitent une antenne large bande pour être captées.

Si les émissions d'information de La Cinq rencontrent un certain succès autour des journaux de Jean-Claude Bourret à 13 h, qui donne la parole aux téléspectateurs via un sondage par Minitel en fin de journal, ou remet le débat à l'honneur dans son Duel sur la Cinq d'avant journal, ou le 20 h de Guillaume Durand couronné meilleur journal par un 7 d'or en 1989, l'émission de grand reportage de Patrick de Carolis Reporters ou Childéric l'émission musicale de Childéric Muller, les autres émissions de la chaîne ne réalisent pas l'audience escomptée qui stagne autour de 5 % et les animateurs vedettes finissent par regagner TF1 courant 1988. La Cinq va vivre alors deux années axées sur l'information (Révolution roumaine de 1989), le sport (Paris-Dakar) et les films issus du catalogue Berlusconi (« Cinéma ou télévision, La Cinq, tous les soirs un film ! »), avec succès.

La pauvreté de certaines séries françaises diffusées à l'époque sur La Cinq, comme Voisin, voisine diffusée dès le 19 septembre 1988, a inspiré à Tonino Benacquista son roman Saga. Une autre série, également créée afin de satisfaire aux exigences légales de quota de création française était Tendresse et Passion. Diffusée à partir du 6 mars 1989, cette série placée dans le milieu hospitalier, mettait en vedette Pascale Roberts. Diffusés en matinée, dès 1991, les épisodes des deux séries rempliront ensuite les nuits après Cas de divorce, le Journal de la Nuit et Le Club du Télé-Achat. Dans le même temps, l'un des principaux slogans de la chaîne, La Cinq, tous les soirs un film, est refusé par le CSA car les films diffusés les mercredi, vendredi et samedi sont, en raison de la législation, des téléfilms.

La Cinq version Hachette (1990-1992)[modifier | modifier le code]

Sous le poids des dettes accumulées depuis 1987 causées par l'échec d'une grande partie des programmes créés, Robert Hersant reproche à Berlusconi de vendre ses fictions américaines trop chères, ce dernier désapprouve la trop grande place qu'Hersant accorde à l'information. La jugeant coûteuse et non rentable. Hersant, après une bataille judiciaire, cède sa part dans La Cinq au groupe Hachette alors dirigé par Jean-Luc Lagardère, candidat malheureux au rachat de TF1 en 1987 et qui rêve d'acquérir une chaîne de télévision nationale. À la faveur d'une augmentation de capital, Hachette augmente sa participation dans la Cinq de 22 à 25 % tandis qu'Hersant la réduit de 25 à 10 %. Le 23 octobre 1990, le Conseil supérieur de l'audiovisuel accorde la chaîne à Hachette qui promet de « sauver La Cinq »[26].

Hachette va tout changer en commençant par l'identité de la chaîne. Jean-Luc Lagardère donne carte blanche à son directeur des programmes, Pascal Josèphe, qu'il vient de débaucher d'Antenne 2, pour lancer de nouvelles émissions concoctées par Hachette et qui doivent faire de la Cinq une grande chaîne familiale généraliste capable de concurrencer TF1. 22 nouveaux programmes sont donc mis à l'antenne dès avril 1991 qui s'arrêtent tous au bout de quelques semaines ou quelques mois sans parvenir à augmenter significativement les parts de marché à l'exception des sports mécaniques (la Formule 1 (arrachée à TF1), motomondial, le Paris-Dakar, le Grand Prix de Pau), les soirées Disney cinéma du mardi soir, la série Mystères à Twin Peaks, et l'information, qui ont du succès.

Au lieu d'essayer de réduire les dépenses et de combler le déficit existant, Hachette multiplie les dépenses dispendieuses (nouvel habillage, réfection de tous les locaux, création de trop nombreux nouveaux programmes). La Cinq s'est complètement transformée et la place consacrée à l'information est amoindrie. Non seulement ses nouveaux programmes n'attirent pas de nouveaux téléspectateurs, mais ces bouleversements déboussolent quelque peu certains fidèles. L'audience reste stable et la chaîne reste la troisième chaîne nationale en termes d'audience, mais si l'on considère que de nouveaux émetteurs diffusent alors le programme de la Cinq, on peut considérer que l'audience s'est tassée à cette époque. Elle se situe en l'occurrence aux alentours de 11 à 14 %. De plus, Lagardère ne réussit pas à assouplir les contraintes que le gouvernement impose, par voie réglementaire, si bien qu'il reste soumis au bon vouloir du pouvoir politique[27].

Un an après sa reprise par Hachette, le déficit annuel de la chaîne s'élève à 1,1 milliard de francs, les pertes cumulées depuis la création de la chaîne s'élevant à 3,5 milliards de francs. Le 17 décembre 1991, son PDG, Yves Sabouret, doit alors se contraindre à licencier 576 salariés, soit les trois quarts du personnel de la chaîne. Le soir de l'annonce, Béatrice Schönberg et Gilles Schneider annoncent le triste évènement dans leur "Journal de 20H"[28] dont l'ancien générique historique du journal (la Terre, le satellite et la musique « Ainsi parlait Zarathoustra » et l'ancien logo) fut diffusé à la fin[29]. Quelques jours plus tard, interviewé par Jean-Claude Bourret lors du journal de 20 heures, le PDG s'entendra répondre par le présentateur que l'action entreprise "ressemble à une écurie de course de Formule 1 qui vendrait les pneus pour acheter l'essence". À l'écran, le logo "5" est affiché en noir pendant 24 heures tandis qu'une banderole indiquant que "La 5 ne sera pas le Matra-Racing" est brandie dans les locaux de la rédaction. Les drapeaux de la chaîne, qui arboraient le nouveau logo sur l'immeuble du boulevard Péreire, sont arrachés par le personnel. Le 31 décembre 1991, La Cinq dépose le bilan. Elle est déclarée en cessation de paiement le 2 janvier 1992 et placée en redressement judiciaire le 3 janvier[30].

Disparition de la chaîne (1992)[modifier | modifier le code]

Le 3 janvier 1992, l'association de défense de La Cinq est créée par Jean-Claude Bourret.

Le 16, Silvio Berlusconi propose un plan de sauvetage de La Cinq, mais le retire le 24 mars à cause des pressions du gouvernement, de l'influence de certains hommes politiques, et de l'hostilité des autres chaînes privées (TF1, Canal+ et M6) montées en coalition, qui proposent de créer ensemble une chaîne d'information qui prendrait la place de La Cinq. L'objectif est double : chasser Silvio Berlusconi de France et faire en sorte qu'aucune chaîne commerciale ne renaisse sur le cinquième réseau. Ce projet n'est pas accepté, mais la coalition l'emporte tout de même.

Le tribunal de commerce de Paris prononce la liquidation judiciaire le 3 avril 1992[31], et La Cinq cesse d'émettre le dimanche 12 avril 1992 à minuit[32]. Le 23 avril, l'État préempte le cinquième réseau hertzien pour y installer ARTE, qui y est diffusé en soirée dès le 28 septembre 1992, rejoint en journée par La Cinquième à partir du 13 décembre 1994, rendant un retour de La Cinq impossible sous son ancienne forme.

Le retour de la chaîne ?[modifier | modifier le code]

Lors de l'attribution de nouvelles chaînes de télévision sur la TNT en 2004, AB Groupe a eu le projet de créer une chaîne, La Quatre, reprenant, en partie, l'état d'esprit de La Cinq. Ce projet a finalement abouti à la création de la chaîne NT1 en 2005. Par ailleurs, plusieurs tentatives pour faire revenir La Cinq ont vu le jour à partir de 1997 sans succès jusqu'à ce jour.

1997 : Télé 55[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 1997, l'association de défense de La Cinq (actuellement TV Liberté) laissait un petit espoir de revoir renaître la chaîne soit sur le câble, soit à partir d'une diffusion depuis la Principauté d'Andorre, mais ce ne fut pas le cas. Ensuite, le président Jean-Claude Bourret a semblé abandonner en attendant de prendre la décision finale. Mais l'association existe encore.

Identité visuelle[modifier | modifier le code]

Le logo initial de La Cinq est directement dérivé de celui de Canale 5 créé un an plus tôt, mais dont la tête de Biscione et la fleur, emblèmes du groupe Fininvest, sont remplacés en France par une étoile et le nom de la chaîne en toute lettre, donnant un aspect plus « américain » au logo que dans sa version italienne.

Le logo est conservé tel quel par Robert Hersant mais il perd à l'écran ses lettres pour ne conserver que le 5 et l'étoile. Après le rachat de la chaîne par Hachette fin 1990, seul le contour du logo est conservé sans étoile pour identifier à l'écran la nouvelle Cinq jusqu'à la mise en place d'une nouvelle identité visuelle[33].

Jean-Paul Goude crée le nouveau logo de La 5 en 1991. Initialement, il imagine un « 5 » se tricotant et se détricotant ou encore un générique de fermeture d'antenne mettant en scène un souffle éteignant une bougie. Mais c'est en voyant une animation composée de chiffres se superposant qu'il imagine le nouveau logo de la chaîne et son animation[34].

Logos[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Slogans[modifier | modifier le code]

  • 1986 : « La Cinq ! »
  • 1987 : « Cinq you La Cinq ! »
  • 1988 : « Cinéma ou télévision, La Cinq, tous les soirs un film »
  • 1988 : « La Cinq, la télé qui ne s'éteint jamais »
  • 1990 : « L'information sans concession, c'est La Cinq ! »
  • 1991 : « La 5, c'est 5 sur 5 »
  • 1992 : « Faites la chaîne pour votre chaîne »

Organisation[modifier | modifier le code]

Dirigeants[modifier | modifier le code]

Rédaction[modifier | modifier le code]

Constituée d'environ 120 journalistes, la rédaction de la Cinq était jeune et polyvalente avec notamment :

Capital[modifier | modifier le code]

La Cinq fut éditée par la société France Cinq du 20 novembre 1985 au 2 février 1987, dont le capital d'environ 15 000 000 FRF était détenu à 40 % par Chargeurs réunis, à 40 % par le groupe italien Fininvest de Silvio Berlusconi et à 20 % par Christophe Riboud.

À partir du 2 février 1987, La Cinq est éditée par la Société d'exploitation de La Cinq, détenue à 25 % par le groupe Socpresse de Robert Hersant qui entre au capital en tant qu'opérateur principal de la chaîne, à 25 % par le groupe Fininvest, le reste étant partagé entre Chargeurs réunis et des actionnaires minoritaires (Jean-Marc Vernes, Les Échos, Télémétropole, Groupama).

Sous le poids des dettes, Robert Hersant cède sa part dans la Société d'exploitation de La Cinq au groupe Hachette de Jean-Luc Lagardère, qui récupère ses 25 % le 23 octobre 1990 et devient opérateur principal de la chaîne.

Sièges[modifier | modifier le code]

Le siège de la société France Cinq et premier siège de La Cinq de 1986 à 1987 était situé au 21, rue Jean-Goujon dans le 8e arrondissement de Paris.

La Société d'exploitation de La Cinq installe son siège au printemps 1987 au 241, boulevard Pereire dans le 17e arrondissement de Paris, dans un ancien garage Renault de 4 220 m2 repéré par Philippe Ramond et entièrement réaménagé deux ans auparavant pour y créer les studios de la société de production télévisée de Robert Hersant, TVES (pour TV Européenne par satellite), dotés de la régie de production la plus moderne d'Europe[35]. La Cinq intègre les locaux durant l'été 1987, ce qui permet à sa toute nouvelle rédaction de bénéficier dès ses débuts des meilleurs outils de production pour ses émissions d'information. Cette adresse reste le siège de la chaîne jusqu'à sa disparition en 1992.

Programmes[modifier | modifier le code]

Émissions[modifier | modifier le code]

Voir la catégorie : Émission diffusée sur La Cinq.

1986-1987 :

Titre Description Date
C'est beau la vie Jeu de 25 minutes diffusé tous les jours à 19h30 présenté par Alain Gillot-Pétré. Il s'agit d'une adaptation du jeu italien C'est la vie (en français dans le texte) diffusé sur Canale 5, lui-même adapté d'Une famille en or. du 21 février 1986 au 27 juin 1986
Pentathlon Jeu-spectacle sur l'actualité présenté chaque jeudi soir à 20h30 par Roger Zabel et Élisabeth Tordjman. Il s'agit d'une adaptation de l'émission italienne Pentatlon diffusée sur Canale 5. du 21 février 1986 au 18 juin 1986
Cherchez la femme Jeu et divertissement animé par Amanda Lear et Christian Morin diffusé le samedi soir à 20h30 du 22 février 1986 au 20 juin 1986
Jonathan Magazine d'aventure et de découverte présenté par Olivier de Kersauson et diffusé le mardi soir en seconde partie de soirée.
Mode etc. Magazine de la mode diffusé le jeudi soir en seconde partie de soirée.
Grand Prix Magazine des sports mécaniques diffusé le samedi soir en seconde partie de soirée.
5 sur 5 Émission musicale animée par Antoine Verglas.
Le grand show du sport Magazine sportif.
Big bang magazine scientifique présenté par Alexandre Baloud.
Adventure Émission proposant des reportages sur le voyage, l'aventure et les sports extrêmes, présentée par Christopher Reeve.
Youpi ! L'école est finie Émission pour la jeunesse proposée chaque jour de 7h00 à 9h00 et de 17h00 à 18h00 avec de nombreux dessins animés (Les Schtroumpfs, Princesse Sarah, Denis la Malice, Olive et Tom, But pour Rudy, Jeanne et Serge, Embrasse-moi Lucile, Emi Magique, Max et Compagnie, Goldorak, Cathy la petite fermière…). Dès 1989 sera animée depuis un vaisseau spatial par un lapin en dessin-animé. du 2 mars 1987 au 12 avril 1992


1987-1988:

Titre Description Date
Vive la télé Émission de Gérard Jourd'hui diffusée chaque jour de 13h30 à 17h00 et proposant de revoir d'anciennes grandes séries de l’ORTF (Les Saintes chéries, Arsène Lupin, Les Nouvelles Aventures de Vidocq, Chéri-Bibi) et quelques séries américaines des années 1960 (Max la menace). Cette émission qui puisait dans les archives de l'INA permettait à la Cinq de respecter son quota de diffusion d'œuvres françaises tout en servant de "mémoire de la télévision". Elle permit de rediffuser Les Shadoks qui avaient disparu des écrans depuis de nombreuses années. À noter que cette émission existait déjà à un rythme hebdomadaire sur TV6 sous le titre "Sixties" jusqu'au 4 mars 1987. du 7 septembre 1987 au 16 décembre 1988
Farandole Émission de divertissement animée chaque samedi soir par Patrick Sébastien, reprenant le même concept que Carnaval, sa précédente émission sur TF1. 12 septembre 1987 au 2 janvier 1988[36]
Collaricocoshow Émission animée chaque mercredi soir par Stéphane Collaro et reprenant le même concept que Cocoboy, sa précédente émission sur TF1. N'ayant pu emmener sur la Cinq les marionnettes du Bêbete show, propriété de TF1, il avait du toutes les recréer en leur donnant forme humaine, sans toutefois connaître le même succès. du 16 septembre 1987 au 26 janvier 1988[37]
Mondo Dingo Émission de Stéphane Collaro présentée depuis un vaisseau spatial en compagnie des Cocogirls et deux extra-terrestres ressemblant à la publicité pour les pâtes Lustucru de l'époque. L'émission propose des séquences humoristiques étrangères, les jingles sont empruntés à l'émission italienne "Drive in", le Collaroshow italien. D'abord diffusée le dimanche en 1987 dans le cadre de "Dimanche 5", elle sera reprise en janvier 1988 sur TF1. à partir du 20 septembre 1987
Bon Anniversaire, Dix sur dix, Il était une fois Emissions qui occupent la case du vendredi soir, animées par Patrick Sabatier, reprenant les mêmes concepts que Avis de recherche, sa précédente émission sur TF1. à partir du 18 septembre 1987
Bains de minuit Talk-show branché créé et présenté par Thierry Ardisson depuis Les Bains Douches à Paris, le vendredi en seconde partie de soirée. à partir du 18 septembre 1987
La Porte Magique Jeu d'argent animé chaque soir à 19h00 par Michel Robbe, transfuge de TF1 où il animait la Roue de la fortune. Ce jeu adapté du format Break the Bank, par Nicole Covillers (Motus) fut ensuite un peu modifié pour devenir Ali Baba. du 14 septembre 1987 au 12 novembre 1988
5 rue du Théâtre en 1987 puis Boulevard Bouvard en 1988 Émission de sketchs animée chaque soir à 19h30 par Philippe Bouvard. du 14 septembre 1987 au 31 décembre 1988
Childéric avec le Multitop Nuggets-RMC-La Cinq Émission musicale diffusée dans un premier temps le dimanche, puis le mercredi et le samedi après-midi. Lancée par Marie-France Brière et animée par Childéric Muller, (transfuge de la défunte TV6) la programmation est assurée par Nathalie André. Les chansons interprétées dans l'émission seront rediffusés en interlude sous le titre "La Cinq, musique" ou en cas de panne technique jusqu'en 1990. Multitop Nuggets-RMC-La Cinq: ce classement des meilleures ventes de disques dans les magasins Nuggets était présenté par Childéric Muller dans l'émission Childéric et simultanément sur RMC. à partir du 20 septembre 1987
Face à France émission de Thierry Ardisson et Catherine Barma, animée par Guillaume Durand, qui confrontait une personnalité à un panel de spectateurs représentatifs sélectionnés par IPSOS et permettait ainsi, au fil des questions, de faire plus ample connaissance avec l'invité. Cette émission était diffusée à 13h30 dans le cadre des émissions dominicales "Dimanche 5". 20 septembre 1987 à juin 1988
Travelling magazine sur le cinéma animée par Patrick Sabatier et diffusée le dimanche en 1987 dans le cadre de "Dimanche 5". 20 septembre 1987
Les Accords du Diable magazine diffusé le lundi soir présenté par Sangria (Catherine Falgayrac). Après la diffusion d'un film 'Frissons/Horreur', l'émission présentait des sorties vidéo réunies autour d'un thème. Programmée en première, puis en deuxième partie de soirée, l'émission sera rebaptisée "Sangria" en 1989. à partir du 15 février 1988
Télé Chouchou émission de télé-achat diffusée chaque jour à 9h00, présentée par Virgine Ledieu et Jean-Claude Laval, produite par La Cinq en collaboration avec les 3 Suisses le Chouchou ! dont le producteur n'était autre que Patrick de Carolis. Dès juin 1988, exit les 3 Suisses, l'émission devient Le Club du télé-achat à partir du 11 avril 1988
Le Club du télé-achat émission de télé-achat diffusée chaque jour à 9h00, présentée par Martine Visciano et Francis Cadot à partir de juin 1988
En route pour l'aventure Jeu d'aventure pour enfants décliné de La Porte Magique et proposé chaque mercredi à 17h40 et présenté par Michel Robbe. du 14 septembre 1987 au 31 décembre 1988 du du 2 novembre 1988 à du juin 1991


1989-1990

  • Mémorama: Jeu animé chaque jour à 11h30 par Michel Robbe, à partir de juin 1989.
  • Les Surdoués: Jeu animé chaque jour à 11h00 par Marc Bessou, à partir du 22 octobre 1990. Il s'agit de la reprise du jeu Bonne question, merci de l'avoir posée créé par Jean Bardin, présentée par Lionel Cassan à l'été 1990 sur Antenne 2.
  • Désir : émission de charme reprenant les programmes du Playboy Channel.
  • Les Mordus de la Vidéo : l'émission présentait des vidéos amateurs de chutes et gag en famille, entrecoupés de sketchs des frères Cherer avec la participation de Guy Laporte. Cette émission a été lancée 1 semaine après Vidéo Gag. Elle est l'adaptation de l'émission québecquoise Drôle de vidéo. Elle n'a pas duré très longtemps.
  • Bouvard et compagnie : En 1989, l'émission "Boulevard Bouvard" perd son décor de rue parisienne et devient Bouvard et compagnie avec une équipe réduite de comiques.
  • Le Bar des ministères : Enfin, dans une version proche du "Bébête Show", Bouvard imaginera Le Bar des ministères avec des imitateurs d'hommes politiques.
  • Histoires vraies : émission inspirée des Dossiers de l'écran, diffusée dès 1990 chaque mercredi à 20h45, elle était constituée d'un film ou documentaire suivi vers 22h30 d'un débat en plateau avec des invités autour de Gilles Schneider et Béatrice Schönberg.
  • Perfecto : magazine pour la jeunesse produit par Jean-François Bouquet. Marie-France Brière, responsable des programmes fera renaître le programme lors de son départ sur Antenne 2 sous le nom de Giga, avec des séries américaines entre les reportages.
  • Je compte sur toi : jeu créé par Jacques Antoine, en collaboration avec Jean Yanne. Ce jeu avait été vendu deux ans auparavant à Rai 2 sous le titre Conto su di te. Animé par Olivier Lejeune. Un couple de candidats joue. L'un, répondant à des questions de culture générale ; l'autre comptant des billets de 200 francs, sur une table infernale. Le but étant de compter tous les billets, sans en oublier un seul ; sinon la somme totale est perdue.
  • Télé Contact : sorte de Tournez Manège bis, l'émission, adapté du jeu Love Connection, était animée par Sophie Garel et consistait à faire se rencontrer des célibataires.

1991-1992 :

  • Soirée Walt Disney : diffusée d'avril 1991 à avril 1992 sur La Cinq. L'émission présente des films de cinéma, issus du catalogue Disney et inédits à la télévision.
  • Contes à dormir debout : divertissement animé par Christian Plantu, diffusé à partir du 7 avril 1991 tous les samedi et dimanche à 19h10. Des anomymes et des célébrités vont poser des questions à un public qui a inventé une histoire à dormir debout. Le public ne peut répondre que "oui" ou "non". Mais en réalité, c'est l'invité qui invente. En effet, le public se contente de répondre "oui" quand la question de l'invité se termine par un "e", et "non" dans le cas contraire.
  • Ça vous regarde : émission de débat animé par André Bercoff. Le concept sera repris par le journaliste dès 1993 sur France 3, avec Français, si vous parliez.
  • Ciné 5 : émission sur le septième art présentée par Michel Cardoze, transfuge de TF1, et diffusée le mardi soir en seconde partie de soirée.
  • Les absents ont toujours tort : émission politique animée chaque lundi soir à 20h50 par Guillaume Durand.
  • La Ligne de chance : jeu créé par Jacques Antoine et animé chaque soir de la semaine à 19h00 par Amanda Mc Lane accompagnée par Patrick Simpson-Jones, puis avec Jacques Perrotte.
  • Babylone : magazine pour la jeunesse présenté par Numa Roda-Gil, transfuge de Giga.
  • Rires en stock : divertissement de Jean-Pierre Carriau.
  • Histoires vraies : émission de débat animée par Paul Lefèvre et Marie-Laure Augry le mercredi en seconde partie de soirée.
  • Urgences : magazine de société présenté par Jean-Claude Bourret.
  • Grain de folie : émission de divertissement présentée par Marie-Ange Nardi et André Lamy
  • Que le meilleur gagne : jeu quotidien présenté chaque midi par Nagui et repris ensuite sur France 2.
  • Intégral : Magazine du sport automobile présenté par Philippe Bruet et diffusé le dimanche après-midi.
  • Mille et une pattes : Magazine dominical animalier présenté par le docteur Pierre Rousselet-Blanc.
  • C'est tout comm : Magazine présenté par Françoise Gaujour, renommé par la suite " A la Cantonade"
  • Le Club du Télé-achat : émission de télé-achat diffusée après le journal de la nuit, présentée par Francis Cadot et Catherine Falgayrac.
  • Dimanche et la belle : émission de divertissement présentée par Marie-Ange Nardi et Jacques Perrotte.
  • Dimanche 20h10 Elkabbach, puis Dimanche 19h00 Elkabbach: émission politique présentée chaque dimanche par Jean-Pierre Elkabbach.
  • A tort ou à raison: magazine présenté Pierre-Luc Séguillon, Amanda MacLane, Roland Cayrol.
  • A boulets rouges: magazine présenté par Denise Bombardier.
  • Conséquences : émission animée chaque jeudi soir par Yolaine de La Bigne et Stéphane Paoli.

Information[modifier | modifier le code]

  • Le Journal Permanent : journaux télévisés d'un quart d'heure diffusés à la suite de 5 h 00 à 8 h 00, entrecoupés par la météo et quelques bandes-annonces. Ce concept d'information en continu fut une innovation à la télévision française bien avant les chaînes d'information en continu, qui sera reprise en Italie.
  • Le Journal de 12 H 30 : flash tous les jours de 1987 à 1990 présenté en semaine par Jean-Claude Bourret et Gilles Schneider le week-end.
  • Le Journal-magazine de Jean-Claude Bourret : journal présenté du lundi au vendredi par Jean-Claude Bourret à 12 h 35 (incluant "Duel sur la Cinq", voir plus bas).
  • Le Journal de 13 H : journal télévisé présenté du lundi au vendredi par Jean-Claude Bourret de septembre 1987 à juillet 1990, puis délocalisé à 12h45 par Gilles Schneider d'août 1990 à septembre 1991 et Marie-Laure Augry à partir de septembre 1991. Les journaux de 13 h 00 du week-end étaient présentés par Guillaume Durand de septembre 1987 à 1988, puis par Jean-Claude Bourret à partir de septembre 1990.
  • Le Journal en Images : journal télévisé tout en images de 10 minutes diffusé les matins vers 10h et les soirs vers 18h50 de septembre 1987 à août 1991.
  • Le Journal de 20H : journal télévisé présenté du lundi au vendredi par Marie-France Cubadda et le week-end par Guillaume Durand en 1987, puis inversement de 1988 à juillet 1990. À partir de septembre 1990, le journal est présenté du lundi au vendredi par Guillaume Durand et le week-end par Jean-Claude Bourret (mais ce depuis août 1990). Il fut couronné meilleur journal télévisé par un 7 d'or en 1989. À partir de septembre 1991, le journal est présenté en couple du lundi au vendredi par Gilles Schneider et Béatrice Schönberg et le week-end par Jean-Claude Bourret. Lorsque Guillaume Durand présentait cette édition, cette dernière était caractérisée par un style impertinent mais également nonchalent ce qui lui valut ce succès.
  • Le Minuit Pile : édition tout en image de 15 minutes diffusée tous les soirs à minuit. Puis, à partir d'avril 91, cette édition fut soudée avec le JT Nuit.
  • Le Journal de la Nuit : édition tout en image de 10 minutes diffusée tous les soirs aux alentours de 3H. Puis, à partir d'avril 91, cette édition était diffusée à des horaires aléatoires et dissoulue avec l'ex Minuit Pile et présentée par Jean-Marc Morandini.
  • Public : magazine d'accueil présenté chaque matin par Françoise Gaujour. Le magazine est arrêté prématurément lorsque la guerre du Golfe impose une prise d'antenne anticipée, c'est-à-dire sa case horaire, avant le journal de la mi-journée.
  • Duel sur La Cinq : émission de Jean-Claude Bourret diffusée du lundi au vendredi à 12h40 de 1987 à 1990 et dans laquelle deux avis opposés venaient débattre sur des questions politiques ou de société. Débat parfois stérile ou joute croustillante, cette émission réunit sur un même plateau des antagonismes aussi profonds que ceux d'Arlette Laguiller et Jean-Claude Martinez. Son grand mérite était de laisser s'exprimer chacun des contradicteurs sans aucune intervention intempestive du présentateur dont le rôle se résumait à veiller à l'égalité du temps de parole des deux intervenants, matérialisée par un sablier.
  • Reporters : magazine de grand reportage créé et présenté par Patrick de Carolis tous les samedis de 12h32 à 13h00, puis, en 1990, en semaine de 19h00 à 19h40. Reporters était intégré au "Magazine des Magazines", le samedi en fin de matinée.
  • Nomades : magazine de l'aventure créé par Patrick de Carolis tous les samedis à 23h30.

La dernière émission : Vive la Cinq[modifier | modifier le code]

La dernière émission, Vive La Cinq, a commencé le dimanche 12 avril 1992 à 20h45, après le dernier journal de 20h00 présenté par Jean-Claude Bourret. Elle a eu lieu dans la rédaction de la chaîne, boulevard Péreire à Paris, avec tout le personnel. Présentée par Gilles Schneider (alors présentateur du journal de 20 heures en duo avec Béatrice Schönberg), Marie-Laure Augry (alors présentatrice du journal de 12h45), Jean-Claude Bourret (alors présentateur des journaux du week-end), et Patrice Duhamel, directeur de l'information, elle proposait de revivre les six années d'existence de la chaîne. Elle s'est terminée par une longue série d'adieux, une animation d'une « éclipse totale » (au son du mythique générique mais en version « lugubre » des premiers JT) et finalement un écran noir avec le texte « La Cinq vous prie de l'excuser pour cette interruption définitive de l'image et du son », puis, seulement, « C'est fini ». L'audience aura culminé lors de cette dernière soirée jusqu'à 6 à 7 millions de téléspectateurs.

Séries[modifier | modifier le code]

La Cinq a bâti son succès sur la diffusion (ou rediffusion) de nombreuses séries à succès étrangères (surtout américaines, issues du catalogue de Silvio Berlusconi) et françaises (issues de l'INA ou coproduites).

Les séries françaises[modifier | modifier le code]

Les séries et téléfilms coproduits par La Cinq[modifier | modifier le code]

Les séries américaines[modifier | modifier le code]

Les séries britanniques[modifier | modifier le code]

Les séries allemandes[modifier | modifier le code]

La série sud-africaine[modifier | modifier le code]

La série australienne[modifier | modifier le code]

Les téléromans québécois[modifier | modifier le code]

¹ : Série diffusée en première exclusivité française sur La Cinq.

Le Film ce soir[modifier | modifier le code]

La Cinq a aussi bâti son succès sur la diffusion (ou rediffusion) de nombreux films à succès étrangers (surtout américains, issus du catalogue de Silvio Berlusconi) et français (rediffusés ou coproduits).

Films Paramount[modifier | modifier le code]

Films Twentieth Century Fox[modifier | modifier le code]

Films Warner Bros. Pictures[modifier | modifier le code]

Présentateurs et présentatrices ayant officié sur La Cinq[modifier | modifier le code]

Audiences[modifier | modifier le code]

La Cinq a toujours eu un nombre d'émetteurs réduit par rapport à TF1, Antenne 2 et FR3, ce qui explique en partie son audience. Son pic se situe en 1989 avec 13 %. Avec l'arrivée d'Hachette, l'audience s'effrite jusqu'à atteindre 10,9 % d'audience en 1991. À noter que pour le dernier jour, le 12 avril 1992, l'audience est de 21,5 %.

1986 1987 1988 1989 1990 1991
4,2 % 7,3 % 10,3 % 13,0 % 11,7 % 10,9 %

Source : Médiamétrie [40]

Légende :

* Maximum historique
Fonds vert = Meilleurs scores.
Fonds rouge = Moins bons scores.

Diffusion[modifier | modifier le code]

Hertzien analogique[modifier | modifier le code]

La Cinq était diffusée en SECAM sur le nouveau cinquième réseau hertzien analogique terrestre français qui, à sa création, ne touchait que les grandes agglomérations et nécessitait une antenne large bande pour être capté. En 1986, la chaîne ne comptait que 54 émetteurs, touchant 45 % de la population, puis 168 en 1989 couvrant 60,6 % de la population. En tant que chaîne privée, La Cinq devait financer les nouveaux émetteurs installés par TDF, avec l'aide toutefois de certaines collectivités locales désirant répondre aux attentes de leurs administrés. Cette dernière particularité expliqua le fort mécontentement de certains élus locaux qui considéraient comme du vol la préemption par l'État de ce réseau qu'ils avaient financés pour y installer ARTE sans qu'on leur ait demandé leur avis.

Satellite[modifier | modifier le code]

En plus de sa diffusion terrestre, La Cinq devait également être diffusée au niveau européen sur le satellite de diffusion directe TDF 1, comme le prévoyait l'accord d'attribution des canaux du 11 mars 1986 qui fut finalement annulé en mai par le gouvernement Chirac. La chaîne fut donc relayée sur l'ensemble du territoire national par le satellite Telecom 1B, qui alimentait les émetteurs terrestres de TDF, et dont la diffusion de La Cinq allait répandre les équipements en parabole en France. À la suite de l'arrêt de Telecom 1B en 1988, La Cinq passe sur son remplaçant, Telecom 1C.

Câble[modifier | modifier le code]

La Cinq a également été diffusée sur le câble en France sur les réseaux de France Telecom Câble, Lyonnaise Câble et CGV, mais aussi en Belgique de juillet 1990 à septembre 1991, quand elle fut contrainte de disparaître à la suite de la question des droits d'auteur non réglés et, surtout, aux fréquentes attaques de RTL TVI qui reprochait à La Cinq ne pas respecter les accords de priorités de diffusion, favorables aux chaînes belges. À plusieurs reprises, le Tribunal a obligé les câblodistributeurs à remplacer le film de La Cinq par un écran noir.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Christian Brochand, Histoire générale de la radio et de la télévision en France: 1974-2000, Documentation Française,‎ 2006, p. 61
  2. Critique du cahier des charges de la 5e chaîne par le ministre de la culture Jack Lang - Soir 3 du 08/12/1985 - INA
  3. Rémi Tomaszewski, Les politiques audiovisuelles en France, Documentation française,‎ 2001, p. 328
  4. Conférence de presse de présentation de la Cinq le 22 novembre 1985 - JT 20H d'Antenne 2 - INA
  5. Décision no 85-198 DC du Conseil constitutionnel du 13 décembre 1985
  6. Présentation des programmes de La cinq par Silvio Berlusconi le 20/01/1986 - JT 20H d'Antenne 2 du 20/01/1986 - INA
  7. Intervention de la police à la tour Eiffel pour permettre aux techniciens de TDF d'installer l'émetteur de la 5e chaîne - JT 20H d'Antenne 2 du 21/01/1986 - INA
  8. L'affaire Tour Eiffel - JT 20H d'Antenne 2 du 22/01/1986 - INA
  9. Rétrospective des 14 mois qui ont précédé l'avènement de la 5e chaîne - JT 20H d'Antenne 2 du 20/02/1986 - INA
  10. Voilà la Cinq (partie 1), 20 février 1986, La Cinq
  11. Voilà la Cinq (partie 2), 20 février 1986, La Cinq
  12. Voilà la Cinq (partie 3), 20 février 1986, La Cinq
  13. Voilà la Cinq (partie 4), 20 février 1986, La Cinq
  14. Speakerine de La Cinq en 1986
  15. Décret no 86-901 du 30 juillet 1986 portant résiliation du traité de concession conclu avec la société France Cinq pour l'exploitation de la 5e chaîne de télévision - Journal officiel du 30 juillet 1986
  16. Annulation par le Conseil d'État du décret no 86-901 du 30 juillet 1986 résiliant la concession de TV6
  17. Décret no 87-50 du 2 février 1987 portant retrait du décret 86-900 du 30-07-1986 et résiliation du traité de concession conclu avec la société France Cinq pour l'exploitation de la 5e chaîne de télévision - Journal officiel du 3 février 1987
  18. Capital : Groupe Hersant 25 %, groupe Berlusconi 25 %, Mutuelles agricoles 15 %, Groupe Chargeurs de Seydoux 10 %.
  19. Robert Hersant et Silvio Berlusconi expliquent les raisons de leur alliance et leurs ambitions - JT 20H d'Antenne 2 du 16/02/1987 - INA
  20. Capital : holding Générale occidentale de Goldsmith 25 %, David de Rothschild et associes 25 %, Compagnie du Midi 25 %, groupe de Kerry Packer 20 %.
  21. Auditions par la CNCL des candidats à la reprise de la 5e chaîne - JT 20H d'Antenne 2 du 18/02/1987 - INA
  22. Rémi Tomaszewski, op. cit., p. 277
  23. Attribution de La Cinq à Robert Hersant, JT de la nuit de TF1 du 23 février 1987
  24. [http://iletaitunefoislatele.com/2012/11/04/interview-childeric-muller/
  25. Christian Brochand, op. cit., p. 204
  26. Rémi Tomaszewski, op. cit., p. 288
  27. Alain Peyrefitte, La France en désarroi, Éd. de Fallois,‎ 1992, p. 191
  28. Journal de La Cinq du 17 décembre 1991
  29. Générique de fin du Journal de La Cinq du 17 décembre 1991
  30. Rémi Tomaszewski, op. cit., p. 282
  31. Journal de La 5, 3 avril 1992, La 5
  32. La mort de La Cinq le 12 avril 1992 : les dernières minutes
  33. Habillage télévisuel de la Cinq en 1990 et 1991
  34. Les jingles et habillage de La Cinq de 1991 à 1992 créés par Jean-Paul Goude
  35. Les effets spéciaux d'Hersant, Le Nouvel Observateur du 30/01/1987 - Google Documents
  36. « Farandole - L'Encyclopédie des émissions TV », sur Toutelatele.com (consulté le 4 décembre 2012)
  37. « Collaricocoshow - L'Encyclopédie des émissions TV », sur Toutelatele.com (consulté le 16 novembre 2012)
  38. [1] sur humanite.fr, 17 septembre 2013
  39. « Programme du 18 au 24 avril 1992 », Télé Loisirs, no 320,‎ 18 avril 1992, p. 38 (ISSN 0297-8695) : « La Cinq, 10h00: Hercule Poirot (série britannique), L'appartement du troisième étage »
  40. Médiamétrie, mesure d'audience, Mediametrie.fr

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]