Oscar Luigi Scalfaro

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Oscar Luigi Scalfaro
Oscar Luigi Scalfaro 2.jpg
Oscar Luigi Scalfaro, pendant sa présidence.

Fonctions
Sénateur à vie
(en qualité d'ancien président de la République)
15 mai 199929 janvier 2012
9e président de la République italienne
28 mai 199215 mai 1999
(&&&&&&&&&&&025436 ans, 11 mois et 17 jours)
Élection 25 mai 1992
Président du Conseil Giuliano Amato
Carlo Azeglio Ciampi
Silvio Berlusconi
Lamberto Dini
Romano Prodi
Massimo D'Alema
Prédécesseur Francesco Cossiga
Giovanni Spadolini (intérim)
Successeur Nicola Mancino (intérim)
Carlo Azeglio Ciampi
Président de la Chambre des députés
24 avril 199225 mai 1992
Prédécesseur Nilde Iotti
Successeur Giorgio Napolitano
Biographie
Date de naissance 9 septembre 1918
Lieu de naissance Flag of Italy.svg Novare (Italie)
Date de décès 29 janvier 2012 (à 93 ans)
Lieu de décès Flag of Italy.svg Rome (Italie)
Nationalité italienne
Parti politique Démocratie chrétienne
Conjoint Maria Inzitari
(† 1944)
Religion Catholicisme romain

Italy-Emblem.svg
Président de la Chambre des députés italienne
Présidents de la République italienne

Oscar Luigi Scalfaro ['skalfaro] Prononciation du titre dans sa version originale, né le 9 septembre 1918 à Novare et décédé le 29 janvier 2012 à Rome, fut un homme d'État italien.

Ministre des Transports, de l'Instruction publique puis de l'Intérieur, président de la Chambre des députés en 1992, il occupe les fonctions de président de la République de 1992 à 1999. Son mandat présidentiel fut marqué par des évènements de grande ampleur, à l'image, par exemple, de l'opération Mani pulite, qui a précipité la chute de la démocratie chrétienne, à laquelle il appartenait, et la fondation de la IIe République.

Conformément à la Constitution italienne, Oscar Luigi Scalfaro occupe la fonction de sénateur à vie de 1999, date de son départ du Quirinal, jusqu'à sa disparition.

Sommaire

[modifier] Biographie

[modifier] Origines

L'un de ses ancêtres a porté le titre de baron décerné par le roi de Naples, Joachim Murat. Oscar Luigi Scalfaro est diplômé en droit de l'université catholique du Sacré-Cœur de Milan, en 1942. Il est nommé magistrat la même année.

[modifier] Mariage

Veuf de Maria Inzitari, née en 1924 et décédée en 1944[1], Oscar Luigi Scalfaro était le père d'une fille, Marianna, psychologue de profession.

[modifier] Carrière politique

[modifier] Député

Membre de Démocratie chrétienne (DC), dont il est considéré comme l'un des membres les plus à gauche, en 1946, il fut élu à l'Assemblée constituante et, plus tard en 1948, il devint député représentant la circonscription de Turin. Il a été fréquemment réélu dans sa circonscription jusqu'en 1992.

[modifier] Les ministères

Il occupe la fonction de sous-secrétaire d'État chargé de la Culture d'avril à juin 1959, puis de secrétaire d'État à la Politique intérieure de 1960 à 1961.

Ministre des Transports de 1966 à 1968 et en 1972, ministre de l'Instruction publique et de la Jeunesse de 1972 à 1973, il occupa la fonction de ministre de l'Intérieur de 1983 à 1987.

[modifier] La présidence de la Chambre des députés

Longtemps vice-président de la Chambre des députés, Scalfaro est élu président de la chambre basse du Parlement italien le 24 avril 1992. Quatre jours plus tard, le président Cossiga démissionna.

Personnalité politique respecté pour son image de compromis, catholique très pratiquant, Oscar Luigi Scalfaro est élu le 23 mai suivant à la fonction très respectée de président de la République italienne, au 15e tour de scrutin.

[modifier] Au Quirinal

Oscar Luigi Scalfaro entre en fonction le 28 mai 1992, succédant au président Francesco Cossiga. Les deux hommes ont une conception des institutions très différentes : si Cossiga avait démissionné, de sorte à laisser la place à un « président fort », Scalfaro, lui, a toujours défendu l'idée d'un régime parlementaire.

Sa présidence fut marquée par deux dissolutions du Parlement, en 1994 et 1996.

De même, c'est au cours du mandat de Scalfaro que l'opération anti-corruption Mani Pulite prit un véritable tournant, entraînant la chute de plusieurs politiciens réputés à l'image de l'ancien président du Conseil socialiste Bettino Craxi. Par la suite, fut fondée la IIe République, reconnue, puis promulguée par le président Scalfaro qui a veillé à ce qu'aucune des prérogatives présidentielles ne soit affaiblie ou renforcée.

Le président Scalfaro, par ailleurs, a vécu une cohabitation fort difficile avec l'homme d'affaires Silvio Berlusconi, nommé après la victoire de son parti, Forza Italia, aux élections de 1994, qu'il qualifia souvent de « grand irresponsable » lorsque celui-ci, par exemple, voulut faire pression sur le chef de l'État, en janvier 1995 afin de dissoudre une nouvelle fois le Parlement de manière à maintenir en place la majorité de centre-droit au pouvoir.

Scalfaro avait une solide réputation de fervent catholique et d'opposant à la peine de mort.

Peu avant la fin de son mandat, le président Scalfaro démissionna de manière anticipée. Le président du Sénat, Nicola Mancino, assure alors pendant trois jours l'intérim ; c'est l'ancien président du Conseil, Carlo Azeglio Ciampi, qui lui succéda au Quirinal. Très respecté après avoir quitté son habit de chef de l'État, Scalfaro resta l'un des présidents les plus populaires de l'Italie.

[modifier] Après la présidence

Oscar Luigi Scalfaro, en 2009.

En 1999, conformément à la Constitution italienne qui lui offre ce droit, Scalfaro devint sénateur à vie en tant qu'ancien chef de l'État.

Il présida en 2006 la séance inaugurale de la XVe législature au Senato della Repubblica et l'élection de Franco Marini à la présidence de la Chambre haute du Parlement, en remplacement de Rita Levi-Montalcini, la sénatrice la plus âgée du Sénat étant absente.

L'ancien président de la République a toujours su profiter de son statut d'ancien chef de l'État, notamment pour critiquer son ancien président du Conseil, Silvio Berlusconi, n'hésitant pas à affirmer sa crainte de voir la démocratie italienne fragilisée par les lois du chef du gouvernement visant, par exemple, à obliger la presse de divulguer ses sources, en 2010. Il fait une dernière apparition, le 13 décembre 2011, au cours de laquelle, très affaibli, il avait appelé quelques jeunes Italiens qui l'interrogeaient, à « combattre la crise et vivre heureux ».

Oscar Luigi Scalfaro s'éteint dans la nuit 29 janvier 2012 à l'âge de 93 ans, dans son appartement de Rome, la capitale. Son successeur à la présidence de la Chambre des députés, le président de la République Giorgio Napolitano, évoque « un fervent défenseur de la vie politique démocratique, un exemple de cohérence et d'intégrité morale (...) [qui] en tant que président de la République, a affronté avec fermeté et droiture une des périodes les plus dures de notre histoire »[2]. Ses funérailles, qui se déroulent de façon discrète, l'ancien président Scalfaro ayant refusé, quelques temps avant son décès, des obsèques d'État, qui ont lieu le lendemain en l'église Santa Maria du Trastevere, sont l'occasion d'un grand rassemblement des figures politiques importantes de la gauche italienne, parmi lesquelles les anciens présidents du Conseil Romano Prodi et Massimo D'Alema, ainsi que le chef du Parti démocrate, Pier Luigi Bersani.

[modifier] Une imposante carrière politique

Oscar Luigi Scalfaro, de 1954 à sa disparition survenue en 2012, a occupé l'une des plus longues et consensuelles carrières parlementaires et politiques de la République italienne, et ce bien avant son élection au palais du Quirinal, en 1992.

  • 1954 :
    • Sous-secrétaire d'État au ministère du Travail et de la Protection sociale dans le gouvernement d'Amintore Fanfani
    • Sous-secrétaire d'État à la présidence du Conseil des ministres chargés des Spectacles dans le gouvernement de Mario Scelba
  • 1955 : Sous-secrétaire d'État au ministère des Grâces et de la Justice dans le gouvernement d'Antonio Segni
  • 1957 : Confirmé dans ses fonctions dans le gouvernement du nouveau président du Conseil des ministres, Adone Zoli
  • 1959 : Sous-secrétaire d'État au ministère de l'Intérieur dans le second cabinet Segni
  • 1960 : Confirmé dans ses fonctions dans le gouvernement Tambroni et le troisième gouvernement Fanfani
  • 1963 :
    • Vice-président de la Commission des enquêtes parlementaires sur les actions de la Mafia
    • Président de la Commission des élections de la Chambre des députés
  • 1965 : Vice-secrétaire politique de la Démocratie chrétienne
  • 1966 : Ministre des Transports et de l'Aviation civile dans le troisième gouvernement Moro
  • 1968 : Confirmé dans ses fonctions dans le second gouvernement Leone
  • 1970 : Secrétaire chargé des Organisations de la Démocratie chrétienne
  • 1972 :
    • Ministre des Transports et de l'Aviation civile dans le premier gouvernement Andreotti
    • Ministre de l'Instruction publique dans le second gouvernement Andreotti
  • 1975 : Vice-président de la Chambre des députés
  • 1976 : Confirmé dans ses fonctions au cours de la législature suivante
  • 1979 : Confirmé dans ses fonctions au cours de la législature suivante
  • 1983 : Ministre de l'Intérieur dans le premier gouvernement Craxi
  • 1986 : Confirmé dans ses fonctions dans le gouvernement Craxi
  • 1987 :
    • Confirmé dans le sixième gouvernement Fanfani
    • Président de la Commission parlementaire sur la Reconstruction des territoires de la Basilicata e Campania après les tremblements de terre de 1980 et 1981
  • 1992 :
  • 1999 : Sénateur à vie en sa qualité d'ancien président de la République
  • 2006 : Préside provisoirement le Sénat de la République, en sa qualité de doyen d'âge, lors de la séance inaugurale de la XVe législature italienne

[modifier] Références

[modifier] Voir aussi

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