Giovanni Giolitti

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Giovanni Giolitti
Image illustrative de l'article Giovanni Giolitti
Fonctions
19e, 25e, 29e, 32e et 37e président du Conseil italien
Monarque Humbert Ier
Prédécesseur Antonio di Rudinì
Successeur Francesco Crispi
Monarque Victor-Emmanuel III
Prédécesseur Giuseppe Zanardelli
Successeur Tommaso Tittoni
Monarque Victor-Emmanuel III
Prédécesseur Sidney Sonnino
Successeur Sidney Sonnino
Monarque Victor-Emmanuel III
Prédécesseur Luigi Luzzatti
Successeur Antonio Salandra
Monarque Victor-Emmanuel III
Prédécesseur Francesco Saverio Nitti
Successeur Ivanoe Bonomi
Biographie
Nom de naissance Giovanni Giolitti
Date de naissance
Lieu de naissance Mondovi (Royaume de Sardaigne)
Date de décès (à 85 ans)
Lieu de décès Cavour
Nationalité italienne
Religion Catholique

Giovanni Giolitti
Présidents du Conseil italien

Giovanni Giolitti () est un homme politique italien, Président du Conseil à cinq reprises entre 1892 et 1921. Homme fort de l'Italie dans les années précédant la Première Guerre mondiale, il symbolise l'accès au pouvoir de la génération qui n'a pas pris part au Risorgimento.

Jeunesse et études[modifier | modifier le code]

Giovanni Giolitti est né à Mondovì, dans la province de Coni, au Piémont le . Issu de la paysannerie alpine, Giolitti fait des études de droit à Turin. Il devient un haut fonctionnaire et occupe les postes d'inspecteur général des finances, de secrétaire général de la cour des Comptes.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Depretis le nomme conseiller d'État. En 1882, il est élu député de Coni (Piémont), il siège à la gauche constitutionnelle. Il commence alors une carrière ministérielle. Il est un praticien émérite du "transformisme politique"[1] politique.

Il pratique le clientélisme, la corruption et les pressions électorales, qui au dire de ses adversaires lui permettent d'exercer une véritable dictature parlementaire. En 1889-1890 il devient ministre des finances dans le cabinet Crispi qu'il quitte après un désaccord sur les économies à réaliser. En mai 1892, le roi le nomme Président du conseil des ministres et ministre de l'Intérieur.

Il doit se retirer en novembre 1893, après des accusations de corruption lors du Scandale de la Banca Romana : il a fait nommer sénateur le directeur de la Banca Romana, qui finance sa vie politique. Son départ sanctionne aussi son échec à réprimer l'agitation des fasci de travailleurs en Sicile.

Président du Conseil[modifier | modifier le code]

De 1901 à 1903, il est le ministre de l'Intérieur du cabinet Giuseppe Zanardelli. Dans les dix années qui suivent il est constamment au pouvoir, comme président du Conseil de novembre 1903 à mars 1905, de mai 1906 à décembre 1909, d'avril 1911 à mars 1914 cumulant également le poste de ministre de l'Intérieur. Il décide notamment, en 1911, la construction du Palais du Viminal qui sera de 1925 à 1961 le siège à la fois de la présidence du Conseil des ministres et du Ministère de l'Intérieur[2].

Entre temps il se retire volontairement tout en restant ministre dans les cabinets Fortis, Sonnino et Luzzati. Au début de la Première Guerre mondiale, Giolitti se fait l'avocat de la neutralité italienne (l'Italie ayant été placée devant le fait accompli par l'Allemagne et l'Autriche, contrairement aux dispositions de la Triplice). Après la guerre, il est de nouveau président du Conseil de juin 1920 à juin 1921. Il ne parvient pas à faire face aux troubles sociaux qui agitent l'Italie.

Aussi se rapproche-t-il de Benito Mussolini, le chef des fascistes italiens, qu'il pousse vers le pouvoir. Cependant il refuse de figurer sur les listes de députés créées autour du parti fasciste. En 1928, il passe dans l'opposition au régime qui vient de créer un nouveau type de représentation politique : le parlement corporatiste.

Il est mort à Cavour dans le Piémont le .

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le « transformisme politique » (italien:transformismo) politique en Italie, est une stratégie politique qui tend à réunir, au sein d’un gouvernement, une coalition de formations politiques différentes ou même antagonistes dans le but d'obtenir une majorité que ne pourrait réunir un seul parti. Schématiquement, la droite propose une alliance à la gauche.
  2. En 1961, la Présidence du Conseil s'installe au Palais Chigi.