George McGovern

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George McGovern.

Dr. George Stanley McGovern (né le 19 juillet 1922 à Avon, dans le Dakota du Sud, et mort le 21 octobre 2012 à Sioux Falls) est un homme politique américain. Il fut membre du congrès des États-Unis, sénateur et candidat malheureux du Parti démocrate contre Richard Nixon à l'élection présidentielle américaine de 1972.

On se souvient souvent de McGovern pour son opposition à la guerre du Viêt Nam. Il servait les Nations unies comme ambassadeur.

Jeunesse et début de carrière[modifier | modifier le code]

McGovern a vécu près de la ville de Mitchell pendant six ans. Il fut volontaire et servit comme pilote dans l'armée de l'air durant la Seconde Guerre mondiale. Il effectua 35 missions au-dessus des terrains ennemis depuis l'Afrique du Nord et, plus tard, l'Italie, souvent survolant les tirs ennemis. McGovern reçut plusieurs médailles d'honneur; ses exploits militaires sont décrits dans un livre de Stephen Ambrose intitulé The Wild Blue.

McGovern épouse Eleanor Stegeberg (1921-2007) de Woonsocket, le 31 octobre 1943.

À son retour de la guerre, il reçoit un doctorat en histoire de l'université Northwestern et devient professeur à l'université Dakota Wesleyan.

Bien que ses deux parents aient été républicains, il décida de ne s'affilier à aucun parti politique jusqu'en 1948, durant les élections, lorsqu'il joignit le nouveau Parti progressiste et devint indépendant. Durant la campagne, il prit part à la première convention comme délégué et s'investit pour la campagne de l'ancien vice-président Henry A. Wallace. Quatre ans plus tard, en 1952, il entend le discours du gouverneur Adlai Stevenson acceptant sa nomination pour diriger les troupes du Parti démocrate pour les prochaines élections. Immédiatement, il se rend en ville pour s'inscrire comme démocrate et devient volontaire pour le candidat. Malgré la défaite de Stevenson aux élections, McGovern reste actif pour le parti. En 1956, il se présente et remporte un siège à la Chambre des représentants.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

En 1960, il brigue le siège de sénateur du Dakota du Sud, mais échoue face au républicain sortant Karl Mundt avec 48 % des voix. Il devient alors directeur du programme Food for Peace mis en place par le président John F. Kennedy.

En 1962, il retente sa chance à l'autre siège de sénateur du Dakota du Sud et est cette fois-ci élu. Le 18 mai 1963 il écrit un article dans le New York Times dans lequel il demande implicitement à toute la classe politique d'accepter la révolution cubaine qui accapare "l'énergie de nos fonctionnaires" pour donner la priorité à la lutte contre la misère en Amérique latine[1]. En septembre 1963, il pousse le président Kennedy à tenter secrètement une réconciliation avec Cuba[2]. Cette tentative sera interrompue deux mois plus tard par l'assassinat du Président, juste au moment où Fidel Castro envoyait un accord écrit à l'ouverture de pourparlers.

Très vite, il devient un opposant à la guerre du Viêt Nam, critiquant âprement la politique du président Lyndon Johnson.

Lors de la Convention démocrate de 1968, il apporte son soutien à Robert Kennedy, puis, après l'assassinat de ce dernier, au sénateur Eugene McCarthy, un pacifiste, auquel sera finalement préféré le vice-président Hubert H. Humphrey, finalement battu par Richard Nixon.

En 1972, McGovern se présente sur un programme prônant la fin de l'engagement américain au Viêt Nam et la mise en place d'un revenu minimum inconditionné (il était conseillé par James Tobin et Robert Solow). Prêtre méthodiste et sénateur d'El Paso, il soutient alors les ouvrières grévistes de Farah, qui ont entamé une grève pour obtenir le droit de se syndiquer ainsi qu'une hausse des salaires. Il renouvelle son intention de normaliser les relations avec Cuba.

Mais les difficultés dans le choix du colistier (Thomas Eagleton doit être remplacé par R. Sargent Shriver), et la campagne républicaine le dépeignant comme un gauchiste radical lui ôtent ses chances, et il est sévèrement battu par Richard Nixon. Sa défaite est une des plus larges de l'histoire des États-Unis, avec seulement 38 % des voix contre 61 % à Nixon et 17 voix sur les 538 du Collège électoral.

Après cette défaite, McGovern reste sénateur jusqu'à sa défaite en 1980 face au républicain James Abdnor.

Il se présente aux primaires démocrates de 1984, sans succès. De 1998 à 2001, il est Représentant permanent des États-Unis auprès de la FAO à Rome[3].

En 2004, il soutient le candidat aux primaires démocrates Wesley Clark, qui échouera face à John Kerry. Il meurt le 21 octobre 2012 à l'âge de 90 ans[4].


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Manuela Semidei, Kennedy et la Révolution cubaine, Paris, Gallimard 1972.
  2. Manuela Semidei, op. cit.
  3. Mort de George McGovern, cible du Watergate, Le Figaro, 21 octobre 2012.
  4. USA : mort de la cible du Watergate, Le Figaro, 21 octobre 2012.