Guerre civile finlandaise

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Guerre civile finlandaise
Officiers Rouges pendant la guerre civile finlandaise
Officiers Rouges pendant la guerre civile finlandaise
Informations générales
Date 1917-1920
Lieu Finlande
Issue Victoire des Blancs
Belligérants
Gardes rouges finlandais
Flag of Russian SFSR.svg Gardes rouges russes
Flag of Russian SFSR.svg Russie soviétique
Drapeau de la Russie Impériale Empire russe
Empire allemand Empire allemand
Suojeluskunta.svg Garde blanche finlandaise
JG27Bannière.jpg Jägers finlandais
Commandants
Ali Aaltonen
Eero Haapalainen
Eino Rahja
Kullervo Manner
Carl Gustaf Emil Mannerheim
Lauri Malmberg
Forces en présence
de 20 000 hommes à 90 000 hommes 25 000 hommes + 2 000 ex prisonniers de guerre et Jagers prussiens + 1 200 volontaires suédois
Pertes
4 500 morts
7 370 exécutés
Alliés : 4 000 morts
1 100 exécutés
Batailles
Tampere

La guerre civile finlandaise est un épisode troublé de l'histoire de la Finlande qui fait à la fois partie de la Première Guerre mondiale (19141918) et de la vague révolutionnaire européenne (19171921) qui commence avec la révolution russe de 1917. La guerre civile s'est déroulée du à la mi-mai 1918 entre les « Rouges » (punaiset) sociaux-démocrates et les « Blancs » (valkoiset), c'est-à-dire des forces commandées par le sénat conservateur. Les Rouges étaient soutenus par la Russie bolchevique jusqu'au traité de Brest-Litovsk tandis que les Blancs bénéficiaient d'une assistance militaire de l'Empire allemand.

Sa dénomination[modifier | modifier le code]

La guerre civile demeure l'événement le plus controversé et le plus chargé d'émotion de l'histoire moderne de la Finlande et de nombreuses divergences sont survenues sur le nom qu'il fallait lui donner. Les Finlandais donnent donc plusieurs noms à ce conflit :

  • vapaussota (guerre de la liberté),
  • kansalaissota ou sisällissota (guerre civile),
  • luokkasota (guerre des classes),
  • punakapina (rébellion rouge),
  • torpparikapina (la rébellion des métayers),
  • vallankumous (révolution),
  • veljessota (la guerre entre les frères).

Les historiens modernes précisent que toutes ces dénominations ont leurs mérites, bien que leurs significations politiques diffèrent. Les noms les plus neutres pour cette guerre sont : « la guerre civile » et « la guerre de l'année 1918 ».

Contexte historique[modifier | modifier le code]

La défaite au cours de la Première Guerre mondiale et les révolutions de février et d'octobre 1917 avait provoqué un effondrement total de l'Empire russe. À cette crise en Russie correspondit un effondrement similaire de la société finlandaise à partir de la fin de l'année 1916. L'activité industrielle en Finlande s'écroule avec l'arrêt des commandes de guerre. Dans un contexte de difficultés économique et de ravitaillement alimentaire, le chômage explose. Un maximum des prix pour de nombreux produits alimentaires est décrété par le Sénat mais ne met pas fin aux difficultés pour la population qui parvient de plus en plus difficilement à trouver de quoi survivre.

Avec l'effondrement de l'Empire russe, le pouvoir exécutif est vacant. Les sociaux-démocrates à gauche et les conservateurs à droite se livrent bataille pour la direction du Sénat de Finlande. En 1917, l'Eduskunta (Parlement) passe de gauche à droite. Les deux groupes politiques collaboraient avec les forces politiques de même bord en Russie, renforçant encore la division interne au pays.

Déroulement du conflit[modifier | modifier le code]

Alors qu'à partir de mars 1917 n'existait plus en Finlande aucune force de police ou militaire acceptée pour maintenir l'ordre, la gauche comme la droite commencèrent à mettre sur pied leurs propres forces de sécurité, menant à l'émergence de deux corps militaires distincts et indépendants, les gardes Rouge et Blanche. Une atmosphère de violence politique et de peur crût rapidement parmi les Finlandais. Des combats éclatèrent au cours de janvier 1918 en raison d'actions menées tant par les Rouges que les Blancs dans une escalade tant militaire que politique.

Les Blancs gagnèrent la guerre aux dépens des Rouges, ce qui mit fin à l'hégémonie russe sur la Finlande et fit passer le pays dans la sphère d'influence allemande. Le Sénat essaya alors d'établir une monarchie constitutionnelle dirigée par Frédéric de Hesse mais au lendemain de la défaite allemande, la Finlande devint finalement une république indépendante et démocratique, mettant ainsi un terme au royaume de Finlande.

Conséquences et bilan[modifier | modifier le code]

Environ 37 000 personnes sont mortes pendant ce conflit, y compris les pertes sur les fronts, les décès causés par les campagnes de terreur politique et la forte mortalité dans les camps de rétention. Les troubles avaient détruit l'économie de la Finlande, coupé en deux sa classe politique et durablement divisé la nation finlandaise. Le pays s'est lentement réunifié grâce aux compromis passés par les groupes politiques modérés aussi bien à gauche qu'à droite de l'échiquier politique.

Annexes[modifier | modifier le code]

Éléments bibliographiques et filmographiques[modifier | modifier le code]

  • Alapuro Risto, State and revolution in Finland, Berkeley, University of California Press, 1988.
  • Hannula J.O., Finland’s war of independence, Londres, Faber and Faber limited, 1939.
  • Haapala Perti, Kun yhteiskunta hajosi : Suomi 1914-1920, Helsinki, Painatuskeskus, 1995.
  • Harjama Leo, Effects of the war on economic and social life in Finland, New Haven, Yale University Press, 1933;
  • Fol Jean-Jacques, Accession de la Finlande à l'independance 1917-1919.
  • Tears of April, film de Aku Luhimies, 2008.
  • Väinö Linna, Les gardes rouges de Tampere (Tome II), Pantin, Éditions Les Bons Caractères, 2011

Articles connexes[modifier | modifier le code]