Pocahontas

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Pocahontas / Rebecca Rolfe

Description de cette image, également commentée ci-après

Portrait de Pocahontas, peint de son vivant.

Nom de naissance Matoaka et Amonute
Alias
Pocahontas
Naissance vers 1595
Colonie anglaise de Virginie
Décès 21 mars 1617 (à environ 22 ans)
Gravesend (Angleterre)
Nationalité Née amérindienne de la confédération de tribus Powhatans, puis anglaise par son mariage
Ascendants
Chef Powhatan (son père)
Conjoint
Descendants

Pocahontas (vers 159521 mars 1617) était une Amérindienne de la confédération de tribus Powhatans, fille de Wahunsunacock (aussi appelé Chef Powhatan et qui régnait alors sur presque toutes les tribus de la région Tsenacommacah (en)).

Ses vrais prénoms étaient Matoaka et Amonute[1]. Pocahontas était un surnom d'enfance se rapportant à sa nature espiègle (dans la langue Powhatan, Pocahontas signifie « petite dévergondée »[2]).

Sa vie est à l'origine de beaucoup de légendes et d'adaptations littéraires et cinématographiques.

Sa vie[modifier | modifier le code]

On connaît peu de choses de l'enfance de Pocahontas. Selon la tradition Powhatan, sa mère a été éloignée d'elle après lui avoir donné naissance[3].

Relations avec John Smith[modifier | modifier le code]

Les registres des colons de Jamestown indiquent que Pocahontas a entretenu une amitié avec le capitaine John Smith, qu'elle a peut-être sauvé de la mort plusieurs fois. Mais du fait de la rareté des archives et de leur mauvaise qualité, la nature exacte de leur relation est controversée.

Pocahontas sauve la vie de John Smith, illustration américaine de 1870.

En 1607, quand les colons anglais de la Virginia Company arrivèrent en Virginie et qu'ils commencèrent la construction de bâtiments, Pocahontas était âgée d'environ 12 ans. Un des colons, John Smith, fut capturé par un groupe de chasseurs Powhatans et emmené à Werowocomoco (en), un des principaux villages de l'empire Powhatan (dont le père de Pocahontas était le chef). Selon Smith, il était sur le point d'être exécuté quand Pocahontas se jeta sur lui pour le protéger et demander sa grâce.

La véracité de cet épisode est cependant mise en doute depuis les années 1860. Une des raisons de ce doute est qu'en dépit de l'édition de deux livres relatifs à la Virginie, le récit de la délivrance de Smith n'a été écrit qu'en 1616, presque dix ans après les faits. Celui-ci aurait peut-être exagéré ou inventé l'événement pour améliorer l'image de Pocahontas. Quelques experts ont également suggéré que Smith avait pu prendre pour une délivrance un rituel symbolisant sa mort et sa renaissance en tant que membre de la tribu[4]. Cependant, il ne semble y avoir aucun rituel de ce genre dans d'autres tribus amérindiennes.

Quoi qu'il en soit, une relation amicale s'est établie entre Smith et Pocahontas à Jamestown, où celle-ci venait souvent jouer[5]. Mais quand la colonie s'agrandit, certains indigènes estimèrent que leurs terres étaient menacées et des conflits commencèrent.

En 1608, Pocahontas sauva apparemment Smith une deuxième fois. Elle serait venue prévenir les Anglais que Chef Powhatan, qui avait amicalement invité Smith et quelques autres colons à Werowocomoco, projetait en fait de les tuer. Grâce à cet avertissement, les Anglais restèrent sur leurs gardes et le funeste dessein ne se produisit jamais[6].

En 1609, une blessure due à une explosion de poudre obligea Smith à retourner en Angleterre. Les Anglais annoncèrent aux indigènes que Smith était mort et Pocahontas le crut pendant plusieurs années, jusqu’à son arrivée en Angleterre en 1616[7].

Il n'y a aucune indication dans les archives prouvant que Smith et Pocahontas aient été amants ; cette version romancée de l'histoire apparaît seulement dans les versions mettant en scène une Pocahontas plus âgée que dans les faits. Selon Smith, quand ils se revirent à Londres, Pocahontas l'appelait « Père » [7].

L'enlèvement[modifier | modifier le code]

L'enlèvement de Pocahontas, gravure sur cuivre de Jean Théodore de Bry, vers 1618.

Selon William Strachey (en), Pocahontas avait épousé un guerrier de Powhatan appelé Kocoum à une date inconnue, antérieure à 1612 ; on ne connaît rien de plus à propos de ce mariage[8].

En mars 1613, Pocahontas résidait à Passapatanzy, un village amérindien situé sur le fleuve Potomac. Deux colons anglais qui commerçaient avec la tribu des Patawomeck découvrirent la présence de Pocahontas et, avec l'aide du chef Patawomeck, Japazeus, la capturèrent. Leur but était de l'échanger contre plusieurs prisonniers anglais détenus par Chef Powhatan et contre des armes et des outils que les Powhatans avaient volés[9]. Chef Powhatan renvoya les prisonniers mais ne rendit pas les armes et les outils. L'échange ne se fit donc pas et pendant une année, Pocahontas fut retenue à Henricus (en), une autre colonie anglaise.

On sait peu de choses sur sa vie là-bas malgré un écrit du colon Ralph Hamor (en) affirmant qu'elle y aurait appris les bons usages et la courtoisie[10]. Un prêtre anglais, Alexandre Whitaker (en), lui enseigna le christianisme et l'aida à améliorer son anglais. Elle fut baptisée et son prénom devint alors Rebecca.

En mars 1614, un violent conflit eut lieu près du fleuve Pamunkey (en) entre des centaines d'Anglais et les Powhatans. À Matchcot, les Anglais rencontrèrent un groupe dont faisaient partie des chefs aînés de Powhatan et autorisèrent Pocahontas à s'entretenir avec eux. Selon le sous-gouverneur La Vallée de Thomas, Pocahontas en voulut à son père pour l'avoir estimée moins importante que des armes ou des outils, et elle préféra vivre avec les Anglais[11]

Mariage avec John Rolfe[modifier | modifier le code]

Illustration librement inspirée de Pocahontas et son mari John Rolfe, datant des années 1850.

Pendant son séjour à Henricus, Pocahontas rencontra John Rolfe, qui s'éprit follement d'elle. Ce dernier, dont l'épouse et la fille étaient décédées, avait cultivé avec succès une parcelle de tabac en Virginie. C'était un homme pieux qui souffrait énormément des possibles conséquences morales de son mariage avec une païenne. Dans une longue lettre au gouverneur, il demanda la permission de se marier avec elle parce qu'il l'aimait et qu'il voulait sauver son âme. En revanche, les sentiments de Pocahontas au sujet de Rolfe et du mariage demeurent inconnus.

Ils se marièrent en avril 1614. C'est à cette occasion qu'elle prit le nom de Rebecca Rolfe et se convertit au christianisme. Pendant plusieurs années le couple vécut dans la plantation de Rolfe, Varina Farms, située en Virginie à proximité de la rivière James et de la communauté d'Henricus. Ils eurent un enfant, Thomas Rolfe.

Le mariage et la conversion au christianisme de Pocahontas pacifièrent les relations entre les Powhatans et les colons mais dès 1622, les hostilités reprirent.

Voyage en Angleterre et décès[modifier | modifier le code]

Afin d'attirer de nouveaux colons et investisseurs en Virginie, Pocahontas fut envoyée promouvoir la région auprès des Européens. Sa mission : leur garantir que les indigènes du Nouveau Monde ne représentaient pas une menace et que la sécurité des colonies était assurée[12]. En 1616, les Rolfe voguèrent jusqu'en Angleterre. Ils arrivèrent au port de Plymouth puis, en juin, voyagèrent en diligence jusqu’à Londres. Ils étaient accompagnés d'un groupe de onze autres indigènes Powhatans, dont Tomocomo[13].

Lorsque Pocahontas apprit que John Smith était encore en vie, celui-ci résidait alors à Londres[7]. Il écrivit une lettre à la reine Anne lui demandant de veiller à ce que Pocahontas soit traitée avec le même respect qu'un visiteur royal, et non comme un phénomène de foire (ce qui aurait mis en péril l'amour qu'elle portait aux Anglais et au christianisme[14]).

Il n'existe aucune preuve que Pocahontas ait été formellement présentée à la cour de Jacques Ier d'Angleterre mais le 5 janvier 1617, elle et Tomocomo faisaient partie des invités du roi lors d'une représentation du poète Ben Jonson à la Maison des banquets, dans le Palais de Whitehall. Selon Smith, le roi impressionna fort peu les ambassadeurs du Nouveau Monde, qui ne comprirent qui ils avaient rencontré qu'après qu'on le leur eût expliqué[7].

Par la suite, Pocahontas et Rolfe vécurent à Brentford pendant quelques mois. Smith leur rendit visite au début de 1617.

En mars 1617, le couple décida de retourner en Virginie mais leur bateau n'avait pas dépassé Gravesend (Kent) que Pocahontas tomba malade. La nature de la maladie est aujourd'hui inconnue mais ayant été décrite comme sensible à l'air pollué de Londres, il semble qu'elle ait succombé à une pneumonie ou à la tuberculose[15]. Débarquée à terre, elle mourut peu après. Son enterrement eut lieu le 21 mars 1617 dans la paroisse de Saint George à Gravesend. Rolfe retourna seul en Virginie, avec leur fils, et mourut veuf.

Descendance[modifier | modifier le code]

Rebecca et John Rolfe n'ont eu qu'un seul enfant, Thomas, né à la ferme de Varina avant que ses parents ne partent pour l'Angleterre. Beaucoup de vieilles familles de Virginie font remonter leurs racines à Pocahontas et Wahunsunacock (comme par exemple Edith Wilson, épouse de Woodrow Wilson, ou encore Annette Savage, qui eut deux enfants de Joseph Bonaparte, frère de Napoléon Ier).

Représentations[modifier | modifier le code]

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Adaptations[modifier | modifier le code]

Sa vie, devenue légendaire, a fait l’objet de nombreuses adaptations littéraires et cinématographiques :

Sources[modifier | modifier le code]

  1. David A. Price, Love and Hate in Jamestown, p. 66.
  2. William Strachey, The Historie of Travaile into Virginia Brittania, p. 111
  3. David A. Price, Love and Hate in Jamestown, p. 154
  4. Gleach, Powhatan's World, ps 118-121. ; Kupperman, Indians and English, ps 114, 174.
  5. William Strachey, The Historie of Travaile into Virginia Brittania, p. 65
  6. Symonds, Proceedings, p. 251-2; John Smith, The Generall Historie of Virginia, New-England, and the Summer Isles, p. 198-9, 259.
  7. a, b, c et d John Smith, The Generall Historie of Virginia, New-England, and the Summer Isles, p. 261.
  8. William Strachey, The Historie of Travaile into Virginia Brittania, p. 54.
  9. Argall, Letter to Nicholas Hawes, p. 754.
  10. Hamor, True Discourse, p. 804.
  11. Dale, Letter to 'D.M.', p. 843-44.
  12. David A. Price, Love and Hate in Jamestown, p. 163.
  13. Dale. Letter to Sir Ralph Winwood. p. 878.
  14. John Smith, Letter to Queen Anne.
  15. David A. Price, Love and Hate in Jamestown, p. 182.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philip L. Barbour, Pocahontas and Her World. Boston: Houghton Mifflin Company, 1970. (ISBN 0709121881)
  • Rev. Edward D. Neill, Pocahontas and Her Companions. Albany: Joel Munsell, 1869.
  • David A. Price, Love and Hate in Jamestown. Alfred A. Knopf, 2003 (ISBN 0375415416)
  • Helen C. Rountree, Pocahontas's People: The Powhatan Indians of Virginia Through Four Centuries. Norman: University of Oklahoma Press, 1990. (ISBN 0806122803)
  • Roger Sandall, 2001 The Culture Cult: Designer Tribalism and Other Essays (ISBN 0813338638)
  • Grace Steele Woodward, Pocahontas. Norman: University of Oklahoma Press, 1969. (ISBN 0806108355) ou (ISBN 0806116420)
  • Karen Ordahl Kupperman ed., John Smith: A Select Edition of His Writings, University of North Carolina Press, 1988
  • Frederic W. Gleach Powhatan's World and Colonial Virginia. Lincoln: University of Nebraska Press, 1997.
  • John Smith, The Generall Historie of Virginia, New-England, and the Summer Isles.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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