William C. Bullitt

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William Christian Bullitt, Jr.
Image illustrative de l'article William C. Bullitt
Fonctions
Ambassadeur des États-Unis en France
41e ambassadeur depuis 1776
19361940
Prédécesseur Jesse I. Strauss
Successeur William Leahy
Biographie
Date de naissance 25 janvier 1891
Lieu de naissance Philadelphie (États-Unis)
Date de décès 15 février 1967
Lieu de décès Neuilly-sur-Seine
Nationalité Américaine
Profession Diplomate
Ambassadeurs des États-Unis d'Amérique en France

William Christian Bullitt, Jr. (25 janvier 1891 Philadelphie – 15 février 1967) fut un journaliste et diplomate américain.

Né dans une grande famille d’avocats de Philadelphie, il est diplômé de Yale en 1913, et commence sa carrière comme correspondant de guerre pour le Philadelphia public Ledger durant la Première Guerre mondiale.

En 1918, il participe à une mission en Russie bolchevique pour établir des relations diplomatiques avec les États-Unis. Nommé par le président Woodrow Wilson, il fait partie de la délégation américaine à la Conférence de paix. Il démissionne jugeant les conditions du traité de Versailles inacceptables pour les vaincus et porteurs des germes de futurs conflits.

En 1933, il est nommé par le président Roosevelt premier ambassadeur américain auprès de l'Union des républiques socialistes soviétiques. Il restera en poste jusqu’en octobre 1936 quand il est nommé ambassadeur à Paris.

Le 12 juin 1940, il refuse de quitter la capitale et est nommé maire de Paris[1] à titre provisoire par Paul Reynaud. Paris est déclaré ville ouverte et il négocie, accompagné de Robert Murphy avec le général Georg von Küchler qui menace de bombarder la ville. Ce lui sera reproché par Roosevelt et Bullitt répondra le 11 juin 1940 au Département d’État : « La tradition veut que l’ambassadeur américain ne quitte pas Paris. Souvenez-vous du Gouverneur Morris, et de sa jambe de bois sous la terreur, de Washburne sous la Commune, de Herrick (pendant la Première Guerre mondiale)».

En juin, après avoir occupé le château de Candé grâce à l'aide de son propriétaire Charles Bedaux le personnel de l’ambassade s’installe à Vichy. Après le vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain le 11 juillet 1940, Bullitt rejoint les États-Unis en passant par l’Espagne. Murphy est chargé d'Affaires auprès du gouvernement de Vichy jusqu'à la nomination comme ambassadeur de l’amiral Leahyle 20 décembre 1940.

Bullitt aide Roosevelt pendant la campagne présidentielle pour son troisième mandat. Il fut écarté et Jeffrey Mehlman du Department of French Literature de la Boston University en donne la raison suivante :«De retour à Washington, le principal souci de Bullitt semble avoir été d’obtenir la mise à l’écart de l’éminence grise de Roosevelt, le sous-secrétaire d’État Sumner Welles, qu'il accusait d’avoir fait des propositions homosexuelles à des portiers « nègres » dans un train. Roosevelt refusa de l’écouter et se hérissa en entendant Welles traité de "criminel"[2] ».

Il fut, sans succès, candidat démocrate à la mairie de Philadelphie en 1944.

S'étant vu refusé un poste d'officier dans l'armée américaine, il sollicite, en juin 1944, du général De Gaulle de servir dans les Forces françaises Libres. Avec le grade de commandant dans la 1re armée française il participe au Débarquement de Provence. Il rejoint ensuite Paris lors de sa libération[3]. Il est grièvement blessé à la colonne vertébrale lors de la Bataille d'Alsace. Il sera décoré le 20 mai 1945 à Stuttgart par le général De Gaulle en personne en même temps que les généraux de Lattre et Monsabert de la Légion d'honneur et de la Croix de guerre 1939-1945.

Psychanalysé par Freud en 1920, il demeurèrent ami et coécrivirent un livre Thomas Woodrow Wilson: A Psychological Study.

Il fut marié deux fois d’abord avec Aimee Ernesta Drinker en 1916 dont il divorça en 1923, puis en 1924 avec Louise Bryant veuve de John Silas Reed dont il eut une fille qui épousé en quatrièmes noces Daniel Brewster sénateur du Maryland. Il divorça de Louise en 1930 après avoir découvert son adultère avec le sculpteur anglais Gwen Le Gallienne.

Il meurt d'un cancer le 15 février 1967 à l'Hôpital américain de Neuilly-sur-Seine

On lui reprochera d'être proche des socialistes, il était notamment ami de Léon Blum et d'avoir eu des idées communistes.

Note[modifier | modifier le code]

  1. L'Assemblée adopte, le 14 avril 1871, une loi municipale formée de 20 articles. Celle-ci prévoit de procéder dans le plus bref délai au renouvellement intégral des conseils municipaux, au scrutin de liste. Paris, dont le conseil municipal est formé de 4 élus pour chacun des 20 arrondissements, a un régime spécial. Provisoirement, le grouvernement désignera par décret le maire et les adjoints dans les villes de plus de 20 000 âmes, les chefs-lieux de département et d'arrondissement, et les 20 arrondissements municipaux de la capitale.
  2. Jeffrey Mehlman Anti-France : Un fantasme du roman américain contemporain Diogène p. 146 à 160 [1]
  3. Orville Bullitt :For the President : Personal and Secret : Correspondence Between Franklin D. Roosevelt and William. C. Bullitt, Boston, Houghton Mifflin 1972

Sources[modifier | modifier le code]