John Dos Passos

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John Dos Passos

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Nom de naissance John Roderigo Dos Passos
Activités Écrivain
Naissance 14 janvier 1896
Chicago, États-Unis
Décès 28 septembre 1970 (à 74 ans)
Baltimore, États-Unis
Langue d'écriture Anglais américain
Mouvement Littérature moderniste
Génération perdue
Distinctions Prix Antonio Feltrinelli

Œuvres principales

U.S.A.

John Rodrigo Dos Passos (né le 14 janvier 1896 à Chicago, mort le 28 septembre 1970 à Baltimore) est un écrivain et un peintre américain.

Familier des techniques du réalisme et du courant de conscience, John Dos Passos les utilise pour asseoir une analyse sociale pessimiste. Il y décrit la vie de quelques personnages représentant différentes classes sociales, leurs espoirs et leurs désillusions. En cela il se rapproche d'un certain réalisme socialiste qu'il ne renie pas, puisqu'il avoue une admiration sans faille pour Eisenstein. De là vint d'ailleurs ce terme de « littérature cinématographique » utilisé par de nombreux critiques à propos de ses livres.

Au cours d'une longue carrière faite de succès, Dos Passos écrit quarante-deux romans, des poèmes, des essais, des pièces de théâtre et crée plus de quatre cents œuvres d'art. On retiendra surtout de lui Manhattan Transfer et sa trilogie U.S.A., écrits dans les années 1920 et 1930, période où il est à l'acmé de sa gloire littéraire.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

John Dos Passos est né à Chicago. Son père, d'origine portugaise (il venait de Madère), était un avocat relativement aisé et qui avait donc les moyens de lui offrir la meilleure éducation. En 1907, il est envoyé faire ses études à l'université Choate Rosemary Hall de Willingford (Connecticut). À la suite de quoi, accompagné d'un tuteur privé, il partit six mois faire un tour d'Europe (France, Angleterre, Italie, Grèce et Europe centrale) afin d'y étudier les grands maîtres de la peinture, de l'architecture et de la littérature.

À partir de 1913, il suit des cours à l'Université Harvard. Après l'obtention de son diplôme en 1916, il part en Espagne pour étudier la peinture et l'architecture. La Première Guerre mondiale faisant rage en Europe et les États-Unis ne s'étant pas encore engagés dans la guerre, Dos Passos s'engage en juillet 1917 dans le corps des ambulanciers aux côtés de ses amis E. E. Cummings et Robert Hillyer. Il travaille ensuite comme chauffeur à Paris puis dans le centre de l'Italie.

À la fin de l'été 1918, il achève les ébauches de son premier roman. Dans le même temps, il est réquisitionné dans le Corps Médical de l'Armée Américaine, à Camp Crane en Pennsylvanie. À la fin de la guerre, il est en poste à Paris où le Département de l'éducation outremer américain lui permet de rester pour étudier l'anthropologie à la Sorbonne. Un des personnages de la trilogie U.S.A. connaît globalement la même carrière militaire et reste à Paris après l'armistice.

Carrière littéraire[modifier | modifier le code]

Poésie de John Dos Passos.
John Dos Passos en 1932, avec Katy, à bord de l'Anita, le bateau de Joe Russell ("Sloppy Joe").

Le premier roman de John Dos Passos, One Man's Initiation : 1917 est publié en 1920. Après cela, ce grand écrivain de la Génération perdue publie un roman antibelliciste intitulé Three Soldiers qui lui apporte une considérable reconnaissance. En 1925, Manhattan Transfer qui décrit la vie à New York dans les premières décennies du XXe siècle est un véritable succès commercial et marque l'entrée de la technique expérimentale du courant de conscience (stream-of-consciousness) dans le style de John Dos Passos.

Dos Passos, en cela révolutionnaire, a été amené à considérer la société américaine comme double : d'un côté les riches, de l'autre les pauvres, entre eux une véritable muraille infranchissable. On lui connaît de très belles pages sur la vie des syndicats américains tels que Industrial Workers of the World, sur l'injustice de la condamnation de Sacco et Vanzetti (dont il récuse la légitimité). Très vite, il rejoint le camp des intellectuels américains et européens qui militent pour l'abolition de la peine de mort. En 1928, Dos Passos passe plusieurs mois en URSS pour étudier le système socialiste. En 1932, il signe un manifeste destiné à soutenir le candidat communiste à l'élection présidentielle américaine William Z. Foster[1]. Il retourne en Espagne avec Hemingway au moment de la Guerre civile espagnole, mais son opinion à propos du communisme avait déjà changé : il se brouille avec Ernest Hemingway et Herbert Matthews à propos de leur attitude au regard de la guerre et de leur compromission avec la propagande stalinienne.

Son œuvre principale reste la trilogie U.S.A., elle comprend Le 42ème Parallèle (1930), 1919 (1932) et La Grosse Galette (1936). Son style mélange trois techniques littéraires : pour l'aspect social, des bouts d'articles de journaux succèdent à des chants populaires. L'émotion, elle, est transcrite au moyen de collages de mots et de phrases qui ne font que traduire les pensées du narrateur. C'est la fameuse « chambre noire », qui peut se rapprocher du style de Céline dans la ponctuation, et qui annonce les cut-up de William Burroughs. Enfin, Dos Passos introduit dans l'œuvre quelques biographies de personnages importants durant l'époque explorée par la trilogie U.S.A. Autant de procédés qui lui permettent de dépeindre le vaste paysage de la culture américaine des premières décennies du XXe siècle. Bien que chacun des romans fonctionne de manière autonome, la trilogie est faite pour être lue comme un tout. La pensée politique et sociale que John Dos Passos développe dans ses nouvelles est très pessimiste au regard de la gestion politique et économique des États-Unis.

À mesure que Dos Passos grandit, sa vision politique se tourne plutôt vers la droite. Au milieu des années 1930, il écrit une série d'articles incendiaires concernant la théorie politique communiste. Au temps où le socialisme commence à gagner en popularité l'Europe en réponse au fascisme, les romans de Dos Passos ont donc commencé à connaître un succès international déclinant. Toutefois, la reconnaissance de sa contribution au champ littéraire international vint en 1967 lorsqu'il fut invité à Rome pour recevoir le prestigieux Feltrinelli Prize. Bien que les partisans de Dos Passos aient toujours argué que ces œuvres tardives ont été ignorées à cause de son changement d'opinion politique, il y a un relatif consensus entre les critiques pour dire que la qualité de ses romans a commencé à décliner après le triomphe de U.S.A..

Entre 1942 et 1945, Dos Passos travaille comme journaliste, il se spécialise dans la couverture des évènements de la Seconde Guerre mondiale. En 1947, il est élu à l'Académie américaine des Arts et des Lettres, mais un tragique accident de voiture tue la femme qui partageait sa vie depuis 18 ans, Katharine Smith, et lui coûte la perte d'un œil. Il se remariera avec Elizabeth Holdridge (1909-1998) et continuera l'écriture jusqu'à sa mort à Baltimore en 1970. Sa tombe se trouve au Yeomico Churchyard Cemetery de Cople Parish, dans le comté de Westmoreland, en Virginie, pas très loin de sa dernière demeure.

Le prix Dos Passos[modifier | modifier le code]

Le prix John Dos Passos est une récompense littéraire délivrée chaque année par le Département de Langue anglaise et de Langues modernes à l'université de Longwood. Le prix cherche à mettre en lumière "des écrivains américains créatifs qui ont produit un corps substantiel de publications dans lesquelles on retrouve certaines des caractéristiques de l'écriture de John Dos Passos : une exploration intense et originale de thématiques spécifiquement américaines, une approche expérimentale de la forme, et un intérêt pour une large échelle d'expériences humaines."

Œuvres littéraires[modifier | modifier le code]

  • The Scene of Battle (1919)
  • One Man's Initiation: 1917 (1920)
  • Three Soldiers (1921)
  • A Pushcart at the Curb (1922)
  • Rosinante to the Road Again (1922)
  • Streets of Night (1923)
  • Manhattan Transfer (1925)
  • Facing the Chair (1927)
  • Orient Express (1927)
  • U.S.A. (1938), trilogie qui comprend :
    • The 42nd Parallel (1930)
    • Nineteen Nineteen (1932)
    • The Big Money (1936)
  • The Ground we Stand On (1949)
  • District of Columbia (1952), trilogie qui comprend :
    • Adventures of a Young Man (1939)
    • Number One (1943)
    • The Grand Design (1949)
  • State of the Nation (1944)
  • Chosen Country (1951)
  • Most Likely to Succeed (1954)
  • The Head and Heart of Thomas Jefferson (1954)
  • The Men Who Made the Nation (1957)
  • The Great Days (1958)
  • Prospects of a Golden Age (1959)
  • Midcentury (1961)
  • Mr. Wilson's War (1962)
  • Brazil on the Move (1963)
  • The Best Times: An Informal Memoir (1966)
  • The Shackles of Power (1966)
  • The Portugal Story (1969)
  • Century's Ebb: The Thirteenth Chronicle (1970)
  • Easter Island: Island of Enigmas (1970)
  • Lettres à Germaine Lucas Championnière (2007)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. André Kaspi, Franklin Roosevelt, Paris, Fayard, 1988, (ISBN 2213022038), p.225