Institut de hautes études internationales et du développement

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Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID)
  La Villa Barton sur le campus IHEID aux Lac Léman.
La Villa Barton sur le campus IHEID aux Lac Léman.
Informations
Fondation 1927
Type Haute école
Régime linguistique Anglais, Français
Localisation
Coordonnées 46° 13′ 18″ N 6° 09′ 04″ E / 46.2218, 6.1511 ()46° 13′ 18″ Nord 6° 09′ 04″ Est / 46.2218, 6.1511 ()  
Ville Genève
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Direction
Directeur Philippe Burrin
Chiffres clés
Enseignants 59 professeurs, 9 conférenciers, 25 invités[1]
Étudiants 785 (83% internationaux)[1]
Divers
Affiliation Europaeum, APSIA, AUF, EUA, ECUR, EADI
Site web graduateinstitute.ch/

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Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID)

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Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID)

L'Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID; en anglais Graduate Institute of International and Development Studies) est un institut universitaire de langue anglais et français d'études supérieures à Genève, Suisse. Dans les cercles académiques et professionnels, l'Institut est considéré comme une des institutions les plus prestigieuse de l'Europe[2],[3]. L'Institut compte comme anciens étudiants des ambassadeurs, des royaux, des ministres des affaires étrangères, des chefs d'états, et l'ancien Secrétaire général des Nations unies Kofi Annan. L'Institut compte aussi sept lauréats du Prix Nobel dans ces professeurs et actuels et anciens. L'Institut est actif dans le domaine des relations internationales, du droit international, de l'économie internationale, de l'histoire internationale, et des études de développement.

L'Institut a un caractère divers et cosmopolite à cause de son pourcentage élevé d'étudiants étrangers (80%), qui inclut plus des 100 nationalités[1]. Son campus est distribué sur la rive droite de la ville de Genève. La plus ancienne construction, la Villa Barton, est située dans un parc public sur les rives du lac Léman, tandis que des bâtiments plus récents sont pour la plupart dans le quartier regroupant les organisations internationales ayant leurs bureaux à Genève, comme l'Office des Nations unies à Genève, l'Organisation mondiale du commerce, le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, et l'Organisation mondiale de la santé.

L'Institut est un membre de la Association of Professional Schools of International Affairs, une organisation de grandes universités spécialisées en études internationales.

Fondé en 1927, l'Institut est la plus ancienne école de l'Europe continentale dédiée aux relations internationales (l'Université du pays de Galles à Aberystwyth étant fondée en 1919) et a été la première université à se consacrer entièrement à l'étude des affaires internationales. Elle également crée un des premiers programmes de doctorat en relations internationales. En 2008, l'Institut universitaire de hautes études internationales a fusionné avec l'Institut universitaire d'études du développement, une institution post-universitaire aussi basée à Genève, et a créé l'Institut universitaire de hautes études internationales et du développement[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Logo d'IHEID à la Villa Barton.

L'Institut universitaire de hautes études internationales fut fondée en 1927, en grande partie grâce aux efforts des diplomates William Rappard et Paul Mantoux, qui travaillaient comme hauts fonctionnaires aux Palais Wilson, siège de la Société des Nations. L'histoire de l'école est intimement liée à celle de nombreuses organisations internationales basées à Genève. Son mandat initial était basé sur une relation étroite avec la Société des Nations et l'Organisation internationale du travail. Il fut convenu que, en échange de la formation de personnel et de délégués, l'Institut recevrait en exchange les ressources intellectuelles et les compétences diplomatiques de ces deux organisations. Selon son statut, HEI était «une institution destinée à fournir aux étudiants de tous les pays les moyens de poursuivre des études internationales, notamment d'un caractère historique, juridique, économique, politique et social. »

L'institut a réussi à attirer un certain nombre de professeurs et conférenciers éminents, notamment des pays avec régimes oppressifs, dont Hans Wehberg et Georges Scelle en droit, Maurice Bourquin en histoire diplomatique, et la jeune juriste suisse Paul Guggenheim. Par la suite, d'autres universitaires notés rejoindraient le corps professoral de l'Institut, dont Hans Kelsen, le théoricien et philosophe connu du droit connu, Guglielmo Ferrero, historien italien, et Carl Burckhardt, historien et diplomate. Autres arrivées, cherchant également le refuge contre les dictatures, furent les économistes éminents Ludwig von Mises et un Wilhelm Ropke. Ce dernier aura une influence importante sur la politique économique allemande d'après-guerre, ainsi que le développement de la théorie du marché sociale[5].

Après un certain nombre d'années, l'Institut mit au point un système dans lequel des cours temporaires furent donnés par d'éminents intellectuels à la semaine, le semestre ou l'année. Ces cours temporaires furent un centre intellectuel de l'Institut, attirant des noms tels que Raymond Aron, René Cassin, Luigi Einaudi, John Kenneth Galbraith, G. P. Gooch, Gottfried Haberler, Friedrich von Hayek, Hersch Lauterpacht, Lord McNair, Gunnar Myrdal[6] Harold Nicolson, Philip Noel Baker, Pierre Renouvin, Lionel Robbins, Jean de Salis, Count Carlo Sforza et Jacob Viner.

Un autre professeur de cours temporaire, le professeur de relations internationales de l'Université d'Oxford Sir Alfred Zimmern, a particulièrement marqué l'Institut. Dès 1924, alors qu'il servait au sein du personnel du Conseil international pour la coopération intellectuelle à Paris, Zimmern commença à organiser des écoles d'été d'affaires internationales pur l 'Université de Genève, nommés les «écoles Zimmern». Cette iniative aida à construire le cadre général de l'Institut[5].

Malgré sa petite taille (la faculté n'a jamais dépassé 25 membres avant les années 1980), quatre membres du corps professoral ancien ont reçu des prix Nobel d'économie - Gunnar Myrdal, Friedrich von Hayek, Maurice Allais et Robert Mundell.

Pendant près de trente ans (1927-1954), HEI fut financé principalement par le soutien de la Fondation Rockefeller. Depuis, le canton de Genève et le Conseil fédéral suisse soutiennent la plupart des coûts de l'Institut. Ce transfert de responsabilité financière a coïncidé avec l'arrivée du successeur de William Rappard comme directeur de l'Institut, le historien Lausannois Jacques Freymond en 1955. La période Freymond fut une période de grande expansion, avec une augmentation des matières enseignées, ainsi que le nombre des élèves et des professeurs, un processus qui continua bien après sa retraite en 1978.

Sous le mandat de Freymond, l'Institut accueillit de nombreuses confinées internationales sur des sujets comme les conditions préalables à des négociations Est-Ouest, les relations avec la Chine et son influence croissante dans les affaires mondiales, l'intégration européenne, les techniques de la prévision politico-socio-économique, les causes et les antidotes possibles du terrorisme internationale, et bien plus encore. Des nombreuses publications marquantes ont également sortis sous le mandat de Freymond, notamment le Traité de droit international par le professeur Paul Guggenheim, et la compilation de six volumes de documents historiques de l'Internationale communiste[5].

L'Institut universitaire d'études du développement (IUED, en anglais: The Graduate Institute of Development Studies) était une école doctorale spécialisée en études de développement. Créé en 1961 par Jacques Freymond comme l'Institut Africain de Genève, l'objectif déclaré de l'IUED était de promouvoir l'enseignement et la recherche en matière de développement international et d'encourager les étudiants des pays du Sud. L'IUED forma plusieurs générations de professionnels de développement en Suisse et dans le monde (y compris au niveau doctoral après 1995) et fut au centre d'un vaste réseau international. Très actif dans les projets de développement concret, l'IUED fut également connu dans le monde francophone pour avoir proposé une alternative et un regard critique sur l'aide au développement, ainsi que pour sa revue, les Cahiers de l'IUED[7]. Il fut également parmi les institutions pionniers en Europe dans le développement intellectuel de la perspective du développement durable. HEI et IUED ont fusionné en 2008 pour créer l'Institut universitaire de hautes études internationales et du développement (IHEID).

Scolarité[modifier | modifier le code]

L'Institut compte cinq unités académiques: Relations internationales et Sciences politiques, Histoire internationale, Droit international, Economie internationale, et Anthropologie et Sociologie du développement. Chaque département propose un programme de maîtrise et de doctorat. L'Institute propose également deux programmes de maîtrise interdisciplinaire, l'un en affaires internationales et l'autre en développement. En outre, l'Institut propose un certain nombre de programmes de degré LL.M. avec l'Université de Genève et l'Université de Georgetown. Enfin, l'Institut propose une gamme de programmes de formation continue, y compris un LL.M. en droit international et une maîtrise executive en Affaires asiatiques ou en négociation internationale et prise de décision politique.

Reposant sur une exigence de la qualité académique, l'enseignement à l'Institut présente les caractéristiques distinctives suivantes: une priorité à l'interaction entre les étudiants et les professeurs ; importance des travaux universitaires personnels, politique de bilinguisme dans les deux langues officielles de l'Institut, soit l'anglais et le français ; focus sur les carrières des étudiants. L'admission aux programmes d'études de l'Institut est très concurrentiel, avec seulement 18 % des candidats admis aux programmes d'études de l'Institut en 2012[8].

Campus[modifier | modifier le code]

La Villa Moynier, sur le campus d'IHEID.

Le campus de l'IHEID est distribué entre neuf bâtiments différents dans le quartier international de Genève. Le bâtiment principal, la Villa Barton, est situé dans un parc public sur la rive droite du lac de Genève, tandis que les nouvelles constructions sont dans le quartier regroupant les organisations internationales avec des bureaux à Genève, telles que l'Organisation des Nations unies.

Le campus Villa Moynier fut ouvert en octobre 2009 afin d'accueillir les bureaux et salles de cours de l'Académie de droit international humanitaire et des droits de l'homme de Genève. Le bâtiment a une portée symbolique, car il était initialement propriété de Gustave Moynier, cofondateur du Comité international de la Croix-Rouge. La villa fut utilisée par la Société des Nations, et fut le siège du CICR entre 1933 et 1946.

La construction d'un nouveau campus, la Maison de la paix, est en cours. La première étape a été mise en service en septembre 2013[9]. Le nouveau campus réunira à terme les différents départements de l'Institut et la bibliothèque sous un même toit. La Maison de la paix abritera aussi trois centres internationaux soutenus par le gouvernement suisse: le Centre pour le contrôle démocratique des forces armées (DCAF), le Centre de Genève pour la politique de sécurité (GCSP) et le Centre international de Genève pour le déminage humanitaire (CIDHG)[9]. La bibliothèque de la Maison de la paix portera le nom de deux anciens de l'Institut, l'Ambassadeur Shelby Cullom Davis et son épouse Kathryn Davis, suite à un don de 12 millions de dollars de Mme Davis[10].

La première partie de la Maison de la paix, ainsi que la nouvelle bibliothèque, ont été ouvertes le 9 septembre 2013.

L'IHEID a également l'intention de construire le Portail des Nations près de la Place des Nations. Le nouveau bâtiment comptera un certain nombre de salles de conférence et accueillera des expositions sur le rôle de Genève en matière de politique internationale[11].

Une nouvelle résidence, la Maison des étudiants Edgar de Piciotto, a été achevée en 2012 et compte 135 appartements pour étudiants et professeurs invités.

Bibliothèque[modifier | modifier le code]

La Bibliothèque de l'Institut de hautes études internationales et du développement est une bibliothèque spécialisée dans le domaine des relations internationales et du développement. Elle est née en 2007 de la fusion des bibliothèques de l'Institut universitaire de hautes études internationales (HEI) et de l'Institut universitaire d'études du développement (IUED). La nouvelle bibliothèque est maintenant l'une des plus riches de Suisse et d'Europe dans les domaines des relations internationales et du développement. Elle compte 350 mille livres et revues spécialisées. L'ensemble de ces ouvrages est maintenant en libre accès, aucun d'entre eux n'étant plus stocké dans des dépôts distants.

La Bibliothèque est dépositaire des publications de l'ONU depuis 1947, de l'OSCE, de la Direction du Développement et de la Coopération suisse (DDC), ainsi que celles de l'Asian Development Bank Institute (ADB). La Bibliothèque s'est vue également confier par la DDC en 2003 un mandat "Genre et développement", qui a amené à la création d'un fonds documentaire sur le sujet.

Recherche[modifier | modifier le code]

Les activités de recherche de l'Institut sont menées aussi bien au niveau fondamental qu'au niveau appliqué, avec le souci d'apporter aux acteurs internationaux publics et privés une analyse utile à la solution des grands problèmes actuels.

Ces activités de recherche sont conduites d'une part par les professeurs de l'Institut dans le cadre de leurs travaux personnels et, d'autre part, par des équipes interdisciplinaires au sein de centres ou de programmes, dont l'activité se concentre sur cinq domaines prioritaires :

  • le commerce international et l'intégration globale
  • les conflits et la construction de la paix
  • les migrations et les réfugiés
  • l'action humanitaire
  • les enjeux internationaux de l'environnement
  • la politique internationale de la santé

Centres et programmes de recherche[modifier | modifier le code]

Les centres et programmes de recherche de l'Institut distribuent la recherche qui contribue à l'analyse des organisations internationales basées à Genève:

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

L'historien Philippe Burrin, directeur de l'Institut depuis 2004.

Statut légal[modifier | modifier le code]

IHEID est constitué comme une fondation privé suisse, la Fondation pour les hautes études internationales et du Développement, et partage une convention avec l'Université de Genève[12]. Il s'agit d'une forme d'organisation particulière, puisque l'Institut est constitué comme une fondation privée remplissant une fonction publique. En outre, la responsabilité politique de l'Institut est partagée entre la Confédération suisse et le Canton de Genève. Habituellement, en Suisse, la gestion des universités publiques est la responsabilité des Cantons, à l'exception des polytechniques fédérales à Zurich et Lausanne. IHEID est donc une institution hybride, entre deux catégories standard[13].

Conseil de fondation[modifier | modifier le code]

Le Conseil de fondation est l'organe administratif de l'Institut. Il rassemble des universitaires, des politiciens, et des diplomates. Jacques Forster (vice-président de la CICR) est président du Conseil de la fondation. Le vice-président est Isabelle Werenfels (chercheur principal à l'Institut allemand des affaires internationales et de la sécurité). Le Conseil comprend entre autres: Iris Bohnet (professeur à la Kennedy School of Government), Julia Marton-Lefèvre (directrice de l'Union internationale pour la conservation de la nature), Joëlle Kuntz (journaliste), et Yves Mény (président émérite de l 'Institut universitaire européen à Florence)[4].

Kofi Annan: alumnus, ancien Secrétaire général des Nations unies (1997-2006) et lauréat du prix Nobel de la paix, 2001.
Micheline Calmy-Rey: alumna, ancienne membre et présidente du Conseil fédéral Suisse.

Administration[modifier | modifier le code]

L'Institut est dirigé par le directeur Philippe Burrin et son adjointe Elisabeth Prügl.

Anciens étudiants notables[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Factsheet: The Institute in 2012 » [PDF], Graduate Institute of International and Development Studies (consulté le 13 octobre 2012)
  2. « The Graduate Institute of International Studies, Geneva », Study iHub,‎ 13 septembre 2010 (consulté le 13 octobre 2012)
  3. « Kendra Magraw ('10) Accepted at Geneva's Prestigious IHEID », University of Minnesota,‎ septembre 2010 (consulté le 13 octobre 2012)
  4. a et b « Fondation pour l’étude des relations internationales et du développement, Genève: Statuts de la fondation et composition du premier conseil de fondation », news.admin.ch, Département fédéral de l'intérieur,‎ 16 mai 2007 (consulté le 13 octobre 2012)
  5. a, b et c « génère toujours l'Geneve Internationale », Le Europeam Review,‎ Volume 5, Numéro 2 (consulté le 2 janvier 2013)
  6. « Gunnar Myrdal », Encyclopædia Britannica Academic Edition, Encyclopædia Britannica Inc,‎ 2012 (consulté le 14 octobre 2012)
  7. http://www.infosud.org/spip.php?page=article&id_article=5076
  8. « Rentrée académique » (consulté le 15 décembre 2012)
  9. a et b Sophie Davaris, « IHEID dévoile son campus et la future Maison de la Paix », Tribune de Genève,‎ 3 décembre 2008 (consulté le 13 octobre 2012)
  10. Philippe Burrin, « A US$ 10 Million Grant from Mrs Kathryn Davis », Globe No. 3,‎ Spring 2009 (consulté le 11 octobre 2012)
  11. « La Fondation Pictet pour le développement donne 25 millions à la Genève internationale », Le Temps (consulté le 14 octobre 2012)
  12. « The Foundation », IHEID,‎ 2012 (consulté le 13 octobre 2012)
  13. (de) « Bund finanziert Genf neue Hochschule », Neue Zürcher Zeitung,‎ 28 mai 2006 (consulté le 13 octobre 2012)

Liens externes[modifier | modifier le code]