Jean Rochefort

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Jean Rochefort
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Jean Rochefort en 2013
Nom de naissance Jean Raoul Robert Rochefort
Naissance
Paris 20e, France
Nationalité Drapeau : France Française
Décès (à 87 ans)
Paris 14e, France
Profession Acteur
Réalisateur
Éleveur de chevaux
Films notables Que la fête commence
Un éléphant ça trompe énormément
Le Crabe-tambour
Tandem
Ridicule

Jean Rochefort est un acteur français, né le à Paris où il est mort le [1].

À l'instar de ses amis de la « bande du Conservatoire » comme Jean-Pierre Marielle et Philippe Noiret, Jean Rochefort s'est peu à peu imposé comme une figure du cinéma français dès les années 1960. Reconnaissable à sa voix chaude et à sa moustache, il a joué dans cent-treize films[2] (cent-cinquante en comptant les téléfilms) jusqu'à son dernier rôle dans Floride, en 2015.

D'abord voué aux seconds rôles, notamment aux côtés de Jean-Paul Belmondo dans Cartouche, Les Tribulations d'un Chinois en Chine ou L'Héritier, il devient un acteur de premier plan à partir de 1972 dans Les Feux de la Chandeleur, aux côtés d'Annie Girardot et Claude Jade. Il s'installe ensuite au sommet de l'affiche de nombreux films français notables, parmi lesquels Le Grand Blond avec une chaussure noire avec Pierre Richard, L'Horloger de Saint-Paul avec Philippe Noiret, Que la fête commence, Un éléphant ça trompe énormément et sa suite, Nous irons tous au paradis, Le Crabe-tambour, Le Moustachu, Tandem, Le Mari de la coiffeuse, Ridicule, ou encore Le Placard. Alternant des rôles dans des films grand public et des films d'auteurs, il est devenu une figure emblématique du cinéma français.

Plusieurs fois récompensé, Jean Rochefort remporte notamment le César du meilleur acteur dans un second rôle pour Que la fête commence en 1976 et le César du meilleur acteur pour Le Crabe-tambour en 1978, puis reçoit en 1999 un César d'honneur, couronnant l'ensemble de sa carrière.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Né à Paris[3],[4], de parents bretons — Célestin Rochefort, cadre dans l'industrie pétrolière, originaire de Dinan, et Fernande Guillot, comptable[5] —, Jean Rochefort grandit à Vichy pendant la Seconde Guerre mondiale (à la Libération, il assiste au spectacle des femmes tondues, ce qui lui donnera une vision noire de la nature humaine[6]), puis à Vincennes.

Enfant rêveur, il fait des études médiocres au lycée Corneille de Rouen, au collège de Cusset et au lycée Marcelin-Berthelot de Saint-Maur-des-Fossés[5]. Il désespère son père, à l'opposé de son frère aîné Pierre qui intègre Polytechnique[7],[8] et devient ultérieurement ingénieur général de l'armement[9].

Après la guerre, à seize ans, il est embauché comme garçon de bureau à la Banque de France. Durant la même période, la famille Rochefort achète une résidence secondaire à Saint-Lunaire. Mais en 1948, à la suite d'une mésentente passagère entre ses parents, Jean et sa mère sont contraints de rester en Bretagne après les vacances estivales. C'est durant l'hiver de cette année-là que l'ennui le lie au fils de la marchande du bazar qui le persuade de prendre des cours de théâtre à Nantes, puis l'année suivante, de venir à Paris suivre à dix-neuf ans les cours à l'école de la rue Blanche[10].

Il entre ensuite au Conservatoire national supérieur d'art dramatique de Paris où il a pour condisciples Jean-Paul Belmondo, Claude Rich et Jean-Pierre Marielle, au sein de la « bande du Conservatoire », mais il apprend, le , qu'il n'est pas admis à concourir[5].

Après son service militaire en 1953, il travaille avec la Compagnie Grenier-Hussenot comme comédien durant sept ans. Il y est remarqué pour son aisance à jouer tant le drame que la comédie.

Carrière[modifier | modifier le code]

Jean Rochefort commence sa carrière au théâtre à l'âge de vingt-trois ans. Il se dit comblé par cette expérience car il a interprété des auteurs anglais, comme Harold Pinter, et a eu des partenaires comme Delphine Seyrig[2].

Au cinéma, il connaît le succès dès 1961 avec Cartouche, puis avec Les Tribulations d'un Chinois en Chine en 1965. Porté par le succès, il enchaîne avec le tournage de trois épisodes de la série Angélique, marquise des anges, entre 1964 et 1966.

Il réalise deux courts-métrages documentaires : Rosine en 1973, qui témoigne de sa passion des chevaux et suit les épreuves d'équitation d'une jeune cavalière à Coëtquidan ; et T'es fou, Marcel? - Hommage irrespectueux comme tous les hommages en 1974, un portrait du comédien Marcel Dalio. Il se lie d'une forte amitié avec Philippe Noiret et Jean-Pierre Marielle.

En 1972, il joue son premier grand rôle dans Les Feux de la Chandeleur de Serge Korber. Il est dans ce drame l'ex-mari d'Annie Girardot et le père de la jeune Claude Jade, qui veut réconcilier ses parents, et du jeune Bernard Le Coq. Puis il a joué dans Le diable dans la boîte en 1977 et Il faut tuer Birgitt Haas en 1981. Dans Les Feux de la Chandeleur, il a joue à l'âge de 41 ans un père de famille d'enfants adultes (la jeune Claude Jade avait déjà 23 ans). Pour paraître plus âgé, il porte une moustache, sa marque distinctive qu'il enlèvera par la suite mais seulement en 1996 pour le film Ridicule.

L'année 1973 marque un tournant dans sa carrière. Il obtient un rôle dans L'Horloger de Saint-Paul. Il considère que ce film a fait de lui l'acteur qu'il allait être par la suite. Il explique que le réalisateur, Bertrand Tavernier, lui a appris à se détendre face à la caméra qui, auparavant, l'impressionnait[2]. Ensuite, il tourne avec Tavernier pour Que la fête commence (1975), un rôle qui lui permet de remporter, à 46 ans, le premier César de l'histoire[11].

Sa personnalité le conduit à jouer dans de nombreuses comédies célèbres, dont les deux diptyques du Grand Blond (1972-1974) et d'Un éléphant ça trompe énormément (1976-1977), ainsi que La Grande Cuisine (1978). Mais il excelle également dans les rôles dramatiques, grâce auxquels il obtient deux Césars. Il reconnaît aussi avoir tourné dans nombre de « navets » pour assouvir sa passion des chevaux. Il appelle ces films les « films avoines »[2],[11].

Il prête sa voix au doublage en français de nombreux films, notamment d'animation. Entre 1985 et 1988, il présente également Les Aventures de Winnie l'ourson, pour l'émission Le Disney Channel, diffusée sur FR3.

En 2000, il est Don Quichotte dans le projet de film inachevé L'Homme qui a tué Don Quichotte de Terry Gilliam avec Johnny Depp et Vanessa Paradis. Lors de ce tournage, qui tourne à la catastrophe, Jean Rochefort souffre d'une double hernie discale, l'empêchant à tout jamais de remonter à cheval. La production est arrêtée. En 2006, il participe au clip de Vincent Delerm, Sous les avalanches.

En 2006, au Grand Parc du Puy du Fou, il participe à la création du spectacle "Les Mousquetaires de Richelieu", en assurant la voix off de présentation.

Jean Rochefort au festival de Cannes 2006.

En 2007, il joue avec son fils Julien Rochefort dans un téléfilm adapté d'un conte de Guy de Maupassant, Hautot père et fils. Il participe également à l'album La Mécanique du cœur du groupe français Dionysos[12].

En 2008, il préside la cérémonie des Césars. Cette même année il est choisi par la marque d'assurances en ligne Amaguiz pour une campagne de publicité[13].

En 2015, il est président du jury du Festival du film britannique de Dinard[14].

La même année, il intervient dans une vidéo réalisée par le collectif des « Boloss des Belles Lettres », qui s'illustre sur son blog par des adaptions contemporaines des classiques de la littérature, dans laquelle l'acteur revisite Madame Bovary[15]. En 2016, une série télévisée financée par France 5 est lancée avec les créateurs du collectif, Quentin Leclerc et Michel Pimpant, où Jean Rochefort raconte chaque semaine en « langage jeune » et décalé un classique de la littérature comme Les Liaisons Dangereuses, Le Petit Prince ou encore Le Père Goriot[16].

Équitation[modifier | modifier le code]

Le grand-père paternel de Jean Rochefort fut cocher à Dinan avant de devenir éleveur de chevaux en Bretagne[10]. À la trentaine, au cours du tournage de Cartouche en 1962, l'acteur se découvre une passion pour les chevaux et l'équitation. Il devient lui aussi éleveur et acquiert le haras de Villequoy à Auffargis dans les Yvelines. Il affirme avoir mis une centaine de poulains au monde[2].

Après ce film, Jean Rochefort fait partager sa passion à son ami Philippe Noiret, qui devient lui aussi passionné de chevaux. Le film Les Ripoux et sa suite en donne un exemple. Ils apprennent ensemble à monter à cheval dans un manège avec des gosses de douze ans qui se débrouillaient mieux qu'eux, et se faisaient engueuler comme des gamins par le moniteur[17].

Sa passion équestre l'a amené à devenir consultant pour France Télévisions, pour qui il a commenté diverses épreuves équestres, dont celles des Jeux olympiques d'été de 2004[11], ainsi que la cérémonie d'ouverture, et les Jeux olympiques d'été de 2008.

Engagements[modifier | modifier le code]

Vie privée[modifier | modifier le code]

En 1960, Jean Rochefort épouse Alexandra Moscwa, dont il a deux enfants : Marie (1962) et Julien (1965), lui aussi acteur[21]. Après 20 ans de mariage, il divorce et vit pendant sept ans avec Nicole Garcia dont il a un fils, Pierre (1981), acteur également. En 1989, à Raizeux[22], il épouse en secondes noces l'architecte Françoise Vidal avec qui il a deux enfants, Louise (1990) et Clémence (1992)[23],[5].

Il possède une maison à Grosrouvre dans les Yvelines[24].

Fin de vie[modifier | modifier le code]

En , Jean Rochefort est hospitalisé à Paris pour « des douleurs abdominales »[25].

Le , il rend un hommage par téléphone sur Europe 1 à l'acteur Claude Rich, décédé la veille. Se connaissant depuis le Conservatoire, ils avaient notamment joué ensemble dans Le Crabe-tambour, qui avait valu à Jean Rochefort le César du meilleur acteur. En 2002, il avait remis à Claude Rich un César d'honneur[26].

Jean Rochefort meurt d'un cancer à Paris le à l'âge de 87 ans[27], alors qu'il était hospitalisé à l'hôpital Saint-Joseph [28]. Ses funérailles ont lieu le à l'église Saint-Thomas-d'Aquin[29]. Il est inhumé au cimetière de Grosrouvre[30] (Yvelines).

Filmographie[modifier | modifier le code]

Acteur[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Années 1950 et 1960[modifier | modifier le code]
Années 1970[modifier | modifier le code]
Années 1980[modifier | modifier le code]
Années 1990[modifier | modifier le code]
Années 2000 et 2010[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Documentaire[modifier | modifier le code]

Clips[modifier | modifier le code]

Jean Rochefort à Saint-Malo en février 2009.

Publicités[modifier | modifier le code]

  • 1992 : signal d'appel de France Télécom (TV)
  • 2003 : Journées du handicap mental (TV)
  • 2008 : première campagne de publicité pour les assurances Amaguiz (TV)
  • 2010 : deuxième campagne de publicité pour les assurances Amaguiz (TV)

Réalisateur[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Voix off et narration[modifier | modifier le code]

Jean Rochefort à la 36e cérémonie des César en 2011.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Livre audio[modifier | modifier le code]

Doublage[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Jean Rochefort et Daniel Prévost à la 24e cérémonie des César en 1999.

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Décoration[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marc Fourny, « Mort de Jean Rochefort, le grand seigneur du 7e art », Le Point.fr,‎ (lire en ligne).
  2. a, b, c, d et e Ciné télé Obs samedi 16 au vendredi 22 mars : Jean Rochefort, le magnifique. p. 6
  3. Selon le Who's Who et son extrait de naissance n° 20/1240/1930, Jean Rochefort est né à Paris et non à Dinan.
  4. Jean Rochefort, ce Breton de l’intérieur sur ouest-france.fr
  5. a, b, c et d Jacques Lafitte, Stephen Taylor, Qui est qui en France, J. Lafitte, , p. 1471
  6. Christophe Colera, La nudité : pratiques et significations, Cygne, , p. 141
  7. De la promotion X1946, cf. « Fiche de Pierre Rochefort », sur le site de l’Association des anciens élèves et diplômés de l'École polytechnique (l’AX), Paris (consulté le 27 août 2015) ; y sont notamment indiqués sa date de décès — le  — et le corps de fonctionnaires qu'il choisit à sortie de l'École : le « génie maritime ».
  8. Ouvrir la « Page d’accueil », sur le site de la bibliothèque de l’École polytechnique, Palaiseau (consulté le 27 août 2015), sélectionner l’onglet « Catalogues de la BCX → Famille polytechnicienne », effectuer la recherche sur « Pierre Rochefort », résultat obtenu : « Rochefort, Pierre Fernand Paul (X 1946) ».
  9. D'après l’émission de France 2, Un jour, un destin diffusée le samedi , présentée par Laurent Delahousse. Est notamment mentionné dans cette émission que son frère Pierre vient rendre visite à Jean au retour du Jauréguiberry à Lorient, à la fin du tournage du Crabe-tambour.
  10. a et b Jean Rochefort, mémoires d'un breton de l'intérieur, Ouest-France, 30 août 2014.
  11. a, b et c « Mort de Jean Rochefort : une allure, un flegme, une carrière », Fabien Randanne, 20 minutes.fr, 9 octobre 2017.
  12. Sur le titre L'Homme sans trucages.
  13. Jean Rochefort mis en scène pour Amaguiz.com, 2008.
  14. Président du jury. sur Festival du film Dinard.com
  15. « L'improbable résumé de Madame Bovary en "langage de jeunes" par Jean Rochefort », Fabien Morin, Le Figaro.fr, 21 mars 2015
  16. « "Les Boloss des Belles Lettres" poursuivent l’aventure à la télévision », Jérôme Gicquel, 20 minutes.fr, 20 janvier 2016.
  17. Jean Rochefort : «Je suis un acteur éleveur», L'Équipe, 9 octobre 2017, tiré d'un article paru en 2013
  18. Émission pour les trente ans de Thalassa du 5 septembre 2005, France 3.
  19. Des SDF chassés de leurs tentes à Paris.
  20. « L'acteur Jean Rochefort rejoint les anti-corrida », Le 'Huffington Post.fr, 21 février 2013 (consulté le 26 juin 2015).
  21. http://www.purepeople.com/article/jean-rochefort-et-ses-cinq-enfants-qui-sont-les-heritiers-du-grand-acteur_a254380/1
  22. [1], sur gw.geneanet.org.
  23. « Jean Rochefort : "Je regrette d'avoir été un mauvais père" », Sasha Beckermann, Téléstar.fr, 6 août 2015.
  24. Claude Askolovitch, « Le crépuscule des hommes », Vanity Fair n°49, août 2017, pages 90-97.
  25. « Jean Rochefort, mort d'un acteur élégant », sur Le Figaro.fr, .
  26. « Jean Rochefort : "Claude Rich avait la gourmandise de son art" », Europe 1.fr, 21 juillet 2017.
  27. « L’acteur Jean Rochefort est mort », sur Le Monde.fr, .
  28. « Mort de Jean Rochefort : Télé 7 Jours lui rend hommage », sur programme-television.org, consulté le 9 octobre 2017.
  29. « Jean Rochefort : ses obsèques célébrées ce vendredi à Paris », Le Figaro.fr, 11 octobre 2017
  30. ROCHEFORT Jean (1930-2017) - cimetière de Grosrouvre (78), site Cimetières de France et d'ailleurs
  31. Philippe Le Guay tourne Floride, sur le site cineuropa.org du 16 septembre 2014.
  32. Télé 7 jours no 1377, du 18 au 24 octobre 1986, p. 99, « Note critique : Un hommage flamboyant au Boulevard du crime. Une mise en scène insolente et une troupe de comédiens qui joue le jeu avec un bonheur évident. En tête, Jean Rochefort qui interprète avec panache le célèbre Robert Macaire. »
  33. Prix Henri Desgrange 2006, sur le site de l'Académie des sports.
  34. « Goya al mejor actor, los Goya 2013 », sur www.premios-cine.com (consulté le 9 octobre 2017)
  35. « Jean Rochefort décoré du Mérite agricole », L'Obs.com, 14 septembre 2004.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]