René Clément

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René Clément
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René Clément en 1995.
Nom de naissance René Jean Clément
Naissance
Bordeaux
Nationalité Drapeau de la France Française
Décès (à 82 ans)
Monaco
Profession Réalisateur
Films notables La Bataille du rail
Jeux interdits
Plein soleil
Paris brûle-t-il ?

René Clément, né le à Bordeaux[1] et mort le à Monaco, est un cinéaste et réalisateur.

Il est le seul réalisateur français à avoir remporté deux fois l'Oscar du meilleur film en langue étrangère, pour Au-delà des grilles (1951) puis pour Jeux interdits (1953).

Biographie[modifier | modifier le code]

René Clément, fils du décorateur Maurice Clément, fréquente le lycée de Bordeaux et l’École des Beaux-Arts à Paris, où il étudie l’architecture. Après la mort de son père, il interrompt ses études et se consacre au cinéma, par lequel il est déjà passionné à l’adolescence.

En 1934, il rencontre Jacques Tati et commence à travailler avec lui. Il fait son service militaire au Service cinématographique de l’Armée. Il réalise son premier court-métrage avec Jacques Tati, une comédie légère, Soigne ton gauche en 1936. Ensuite, pendant les années trente, il tourne des films documentaires[2]. En 1937, il voyage avec l’archéologue Jules Barthoux au Yémen pour tourner un documentaire sur ce pays. Il est atteint du typhus et même incarcéré à plusieurs reprises.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il continue à se consacrer aux documentaires, jusqu’à ce qu’en 1945 la coopérative générale du cinéma français le choisisse pour réaliser La Bataille du rail[2]. Un an plus tard, son premier long-métrage sort dans les salles et connait le succès, ce qui lance la carrière de René Clément[2]. Le film met en scène la résistance des cheminots pendant l’Occupation allemande, valant à son auteur le prix du jury au Festival de Cannes de 1946[3]. Clément devint un des metteurs en scène français les plus en vue de l’après-guerre. Six ans plus tard suit son probable plus gros succès, Jeux interdits (1952), qui remporte le Lion d'or à Venise[4] et l’Oscar du meilleur film en langue étrangère[5].

L’œuvre de René Clément est souvent controversée par les jeunes auteurs de la Nouvelle Vague[2]. Malgré ses constantes innovations de tournage, notamment les prises de vues en extérieurs urbains (à Londres, à Gênes) où les comédiens jouent devant des caméras dissimulées, innovation qui donne une vérité et une dimension documentaire à plusieurs de ses films. Il endure des critiques très agressives de la part de François Truffaut, en contradiction pour une fois avec André Bazin. Clément en restera blessé et amer, considérant que sa carrière en a été limitée, à l'instar de nombre d'autres réalisateurs (Jean Delannoy, Claude Autant-Lara) eux aussi ciblés par les critiques des Cahiers du cinéma.

Pour chacun de ses nouveaux films il utilise un style différent : de l’adaptation littéraire comme Gervaise (1956, d’après le roman L’Assommoir d’Émile Zola) ou Plein Soleil (1960 d’après le roman Monsieur Ripley de Patricia Highsmith), des thrillers comme Le passager de la pluie (1969) ou La Course du lièvre à travers les champs (1972), jusqu’au drame psychologique comme Les Félins (1962) et des souvenirs de la Seconde Guerre mondiale avec Paris brûle-t-il ? (1966).

En 1982, Alain Delon réalise un film intitulé Le Battant, il le dédie à celui qu'il appelle son maître : René Clément.

« Chacun de mes films est la somme de tout ce que j'ai appris auparavant dans tous les domaines », déclarait René Clément. Membre fondateur de l'Institut des Hautes Etudes Cinématographiques (IDHEC), ce touche-à-tout est élu à l'Académie des beaux-arts au fauteuil du sculpteur Georges Hilbert, fauteuil transféré à la section cinéma et audiovisuel à la création de cette dernière en 1985. René Clément est président de l'Académie et de l'Institut en 1990. Gérard Oury lui succède en 1998, deux ans après sa mort, et prononce son éloge sous la Coupole en 2000.

Il meurt le , à Monaco, la veille de son 83e anniversaire.

En 2013, la Cinémathèque française lui rend hommage pendant toute la durée du mois de juin, avec une projection complète de son œuvre y compris les courts-métrages, la restauration de plusieurs films en copie neuve, une table ronde et la projection du documentaire d'Alain Ferrari[6].

Il reste, à ce jour, le cinéaste français le plus primé du Festival de Cannes avec cinq récompenses obtenues entre 1946 et 1954[7].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Longs métrages[modifier | modifier le code]

Courts métrages[modifier | modifier le code]

Box-office[modifier | modifier le code]

Film Années Entrées
Le Père tranquille 1946 6 138 877 entrées
La Bataille du rail 1946 5 727 203 entrées
Paris brûle-t-il ? 1966 4 946 274 entrées
Jeux interdits 1952 4 910 835 entrées
Le Passager de la pluie 1969 4 763 822 entrées
Gervaise 1956 4 108 173 entrées

Distinctions[modifier | modifier le code]

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Récompenses[modifier | modifier le code]

Sélections[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives de Bordeaux, section no 2, acte de naissance no 232, année 1913 (vue 41/202) (avec mentions marginales de mariages)
  2. a b c et d Dominique Chansel, L'Europe à l'écran : le cinéma et l'enseignement de l'histoire, Council of Europe, , 219 p. (ISBN 9789287145291, lire en ligne), p. 45
  3. a et b « En Compétition - Longs Métrages - La Bataille du rail », sur www.festival-cannes.com (consulté le 11 avril 2020)
  4. a et b (it) « Jeux interdits », sur asac.labiennale.org (consulté le 11 avril 2020)
  5. a et b (en) « 25e cérémonie des Oscars - 1953 », sur www.oscars.org, Oscars du cinéma (consulté le 11 avril 2020)
  6. « René Clément du 5 juin au 1 juillet 2013 », sur www.cinematheque.fr (consulté le 11 avril 2020)
  7. La Rédaction, « Cannes en 69 questions », Studio Ciné Live n°79,‎ , p. 69
  8. « En Compétition - Longs Métrages - Les Maudits », sur www.festival-cannes.com (consulté le 11 avril 2020)
  9. a et b « En Compétition - Longs Métrages - Le mura di Malapaga (Au-delà des grilles) », sur www.festival-cannes.com (consulté le 11 avril 2020)
  10. a et b « En Compétition - Longs Métrages - Knave of Hearts (Monsieur Ripois) », sur www.festival-cannes.com (consulté le 11 avril 2020)
  11. « René Clément », sur www.academie-cinema.org (consulté le 11 avril 1984)
  12. (en) « 23e cérémonie des Oscars - 1951 », sur www.oscars.org, Oscars du cinéma (consulté le 11 avril 2020)
  13. (en) « 17th Venice International Film Festival », sur fipresci.org (consulté le 11 avril 2020)
  14. (en) « Category List – Best Foreign film », sur theedgars.com (consulté le 11 avril 2020)
  15. (en) Stuart Galbraith, Japanese Filmography: A Complete Reference to 209 Filmmakers and the Over 1250 Films Released in the United States, 1900 Through 1994, Mcfarland, , 509 p. (ISBN 9-780786-400324), p. 475
  16. « 1946 - La Sélection », sur www.festival-cannes.com (consulté le 11 avril 2020)
  17. « En Compétition - Longs Métrages - Che gioia vivere (Quelle joie de vivre) », sur www.festival-cannes.com (consulté le 11 avril 2020)
  18. (en) « 29e cérémonie des Oscars - 1957 », sur www.oscars.org, Oscars du cinéma (consulté le 11 avril 2020)
  19. (en) « BAFTA - Film in 1955 » (consulté le 11 avril 2020)
  20. (it) « Gervaise », sur asac.labiennale.org (consulté le 11 avril 2020)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Farwagi, René Clément, Paris, Seghers, 1967
  • Denitza Bantcheva, René Clément, Éditions du Revif, 2008
  • Denitza Bantcheva (sous la direction de), L'Âge d'or du cinéma européen, Éditions du Revif, 2011
  • Dossier Modernité de René Clément, in Positif no 612,
  • Notice René Clément, volume des "Célébrations nationales", Ministère de la Culture, 2013

Film documentaire[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]