Robert Hirsch (acteur)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Robert Hirsch et Hirsch.
Robert Hirsch
Description de l'image Defaut.svg.
Naissance
L'Isle-Adam, Seine-et-Oise, France
Décès (à 92 ans)
Paris, France
Activité principale Acteur
Lieux d'activité Comédie-Française (1948-1974)
Formation Conservatoire national supérieur d'art dramatique
Cours Simon
Distinctions honorifiques Voir la liste complète

Robert Hirsch, né le à L'Isle-Adam et mort le à Paris, est un acteur français. sociétaire honoraire de la Comédie-Francaise, il est sans discontinuer, pendant plusieurs décennies, l'une des plus grandes vedettes du théâtre français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une famille juive[1], le jeune Robert se passionne d'abord pour le cinéma pendant les années 1930, grâce à son père qui possède une salle de cinéma, l'Apollo. Il a alors pour idole Bette Davis[2] au point de déclarer plus tard qu'il a appris le métier de comédien en la regardant[3]. Pendant la guerre, Robert Hirsch commence une carrière de danseur. Puis, alors qu'il devait intégrer l'opéra de Paris en tant que quadrille[4], il y renonce car le chorégraphe Serge Lifar, qu'il admirait, n'y donne alors plus de cours[2]. Sur le conseil de ses amis, il opte alors pour le théâtre[3], et entre au Conservatoire national d'art dramatique. Il en sort en 1948 avec deux premiers prix de comédie obtenus à l'unanimité qui lui ouvrent les portes de la Comédie-Française dont il devient sociétaire en 1952.

Son rôle d'Arlequin dans La Double Inconstance de Marivaux (aux côtés de Micheline Boudet dans une mise en scène de Jacques Charon) le révèle au grand public. Elsa Triolet lui rend un bel hommage : « Robert Hirsch [...] est étonnant de gaîté, d’humanité, de gentillesse. Les répliques de Marivaux semblent naître directement dans sa bouche, être de lui »[5]. Dans Le Sexe faible d’Édouard Bourdet, Hirsch fait du gigolo Carlos une étonnante création. Jean-Jacques Gautier s’enthousiasme à propos de son jeu : « Robert Hirsch, le cheveu sombre et luisant, le regard charbonneux, la denture éblouissante, l’accent savoureux, multiplia les mimiques d’une incroyable drôlerie. Impossible de résister à ses fureurs bouffonnes, non plus qu’à sa gesticulation frénétique. Il se dégage du personnage de Carlos interprété par M. Hirsch une stupéfiante, une énorme drôlerie »[6]. Il garde de sa formation initiale de danseur une grande agilité physique qui contribue à sa virtuosité sur scène[7].

Très à l'aise dans les rôles comiques — il se qualifie lui-même de « roi des cabotins » —[3], spécialiste de la mimique et du déguisement[2], Robert Hirsch remporte de grands succès en jouant des personnages comme Scapin dans les Fourberies de Scapin ou Sosie dans Amphytrion de Molière. Mais il s'illustre également dans la tragédie, qu'il aborde en interprétant le rôle de Néron du Britannicus de Racine, mis en scène par Michel Vitold. Pendant l’administration de Maurice Escande, Hirsch interprète La Soif et la Faim d’Eugène Ionesco, Tartuffe, Arturo Ui au TNP, où il reprend le rôle créé par Vilar, George Dandin, Becket (Anouilh, Richard III... Craignant de s'ennuyer à la Comédie-française[2], il quitte début 1974 l'institution[3] dont il est aussitôt nommé sociétaire honoraire[8].

Interprète des plus grands rôles du répertoire classique, notamment à la Comédie-Française, Robert Hirsch a aussi participé à des créations d'auteurs vivants, comme Eugène Ionesco en 1966 ou Florian Zeller en 2012 et 2016. Après son départ de la Comédie-française, il se produit également dans le théâtre de boulevard[3].

Grande vedette sur les planches, où il est particulièrement populaire auprès du public[3], il ne connaît pas, sur la durée, le même succès au cinéma. On le voit d'abord dans de multiples seconds rôles chez des cinéastes comme Sacha Guitry, Jean Delannoy, Marc Allégret ou Henri Decoin puis, dans les années 1960, il tient la vedette de plusieurs comédies qui reportent un succès au box-office : Monnaie de singe d'Yves Robert, Martin soldat de Michel Deville et Pas question le samedi d'Alex Joffé, sorti en 1964, qui lui permet de cimenter sa réputation d'acteur protéiforme en interprétant treize personnages différents. Toutes folles de lui, de Norbert Carbonnaux, est par contre un semi-échec. L'année suivante, toujours dirigé par Alex Joffé, il partage avec Bourvil la vedette du film Les Cracks, qui connaît un bon accueil public. Mais ses films suivants, Appelez-moi Mathilde, où il donne la réplique à Jacqueline Maillan, puis Chobizenesse, de et avec Jean Yanne, sont des échecs commerciaux. Par la suite, les apparitions au cinéma de Robert Hirsch se raréfient et il est absent des écrans pendant presque toutes les années 1980 : à la fin de la décennie, sa prestation dans Hiver 54, l'abbé Pierre lui vaut cependant le César du meilleur acteur dans un second rôle, seule récompense de sa carrière au cinéma[9],[10].

Couronné en 1992 d'un Molière d'honneur pour l'ensemble de sa carrière, il reste actif jusqu'au bout, refusant l'idée même de prendre sa retraite[2]. Il remporte encore un grand succès au début des années 2010 avec la pièce Le Père de Florian Zeller, pour laquelle il obtient le Molière du comédien dans un spectacle de théâtre privé. Il tient son dernier rôle au théâtre en 2016 dans une autre pièce de Florian Zeller, Avant de s'envoler, que l'auteur avait écrite spécialement pour lui[11].

Il meurt à Paris le 16 novembre 2017 à l’âge de 92 ans, des conséquences d'une chute accidentelle, survenue deux jours auparavant[7].

Carrière à la Comédie-Française[modifier | modifier le code]

  • Rôles :
  1. Un Alguazil, Ruy Blas, Victor Hugo, m.e.s. Pierre Dux, 2 novembre 1948
  2. Joseph, Le Voyage de monsieur Perrichon, Eugène Labiche et Édouard Martin, m.e.s. Jean Meyer, 1948
  3. l'Apothicaire, Monsieur de Pourceaugnac, Molière, m.e.s. Jean Meyer, 22 novembre 1948
  4. Pedrolino (personnage du ballet), Monsieur de Pourceaugnac, Molière, m.e.s. Jean Meyer, 22 novembre 1948
  5. un apothicaire, Le Malade imaginaire, Molière, 28 novembre 1948
  6. Pédrille, Le Mariage de Figaro, Beaumarchais, m.e.s. Jean Meyer, 13 janvier 1949
  7. Arlequin, Le Prince travesti, Marivaux, m.e.s. Jean Debucourt, 4 février 1949
  8. Bob Laroche, Les Temps difficiles, Édouard Bourdet, m.e.s. Pierre Dux, 26 février 1949
  9. Jodelet, Les Précieuses ridicules, Molière, m.e.s. Robert Manuel, 23 mars 1949
  10. le Chinois, Le Soulier de satin, Paul Claudel, m.e.s. Jean-Louis Barrault, 24 avril 1949
  11. Mascarille, Les Précieuses ridicules, Molière, m.e.s. Robert Manuel, 5 mai 1949
  12. Bellerose, Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand, m.e.s. Pierre Dux, 4 mai 1949
  13. William Touret, Le Roi, Gaston Arman de Caillavet, Robert de Flers et Emmanuel Arène, m.e.s. Jacques Charon, 10 mai 1949
  14. Blond, Le Roi, Gaston Arman de Caillavet, Robert de Flers et Emmanuel Arène, m.e.s. Jacques Charon, 19 mai 1949
  15. Lycaste, Le Mariage forcé, Molière, m.e.s. Robert Manuel, 12 octobre 1949
  16. Troisième quidam, Jeanne la Folle, François Aman-Jean, m.e.s. Jean Meyer, 26 octobre 1949
  17. 7e Cadet, Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand, m.e.s. Pierre Dux, 8 février 1950
  18. l’Éveillé, Le Barbier de Séville, Beaumarchais, 1949
  19. Arlequin, Les Fausses Confidences, Marivaux, m.e.s. Maurice Escande, 28 février 1950
  20. Catalinon, L'Homme de cendres, André Obey, m.e.s. Pierre Dux, 13 avril 1950
  21. Valentin le Barroyer, La Belle Aventure, Gaston Arman de Caillavet, Robert de Flers et Étienne Rey, m.e.s. Jean Debucourt, 9 mai 1950
  22. Frontin, Les Sincères, Marivaux, m.e.s. Véra Korène, 11 septembre 1950
  23. Arlequin, La Double Inconstance, Marivaux, m.e.s. Jacques Charon, 19 septembre 1950
  24. Capet, Le Président Haudecœur, Roger Ferdinand, m.e.s. Louis Seigner, 5 octobre 1950
  25. Antolycus, Le Conte d'hiver, Shakespeare, m.e.s. Julien Bertheau, 15 novembre 1950
  26. Rédillon, Le Dindon, Georges Feydeau, m.e.s. Jean Meyer, 3 mars 1951
  27. le Maître de musique, Le Bourgeois gentilhomme, Molière, m.e.s. Jean Meyer, 14 juin 1951 à Strasbourg, 3 juillet 1951 à Paris
  28. Monsieur Robert, Le Médecin malgré lui, Molière, à Zurich, 30 juin 1951
  29. Gabriel, Le Veau gras, Bernard Zimmer, m.e.s. Julien Bertheau, 24 octobre 1951
  30. Pierre de Touche, Comme il vous plaira, Shakespeare, m.e.s. Jacques Charon, 6 décembre 1951
  31. le Maître à danser, Le Bourgeois gentilhomme, Molière, m.e.s. Jean Meyer, 11 février 1952
  32. l'Infant de Navarre, La Reine morte, Henry de Montherlant, m.e.s. Pierre Dux, 13 juin 1952 à São Paulo
  33. Pierrot, Dom Juan ou le Festin de pierre, Molière, m.e.s. Jean Meyer, 5 novembre 1952
  34. Sylvestre, Les Fourberies de Scapin, Molière, m.e.s. Jean Meyer, 5 novembre 1952
  35. le sacristain Diego, Le Curé espagnol, adaptation de Roger Ferdinand d'après Fletcher et Philip Massinger, m.e.s. Jean Meyer, 20 décembre 1953
  36. Clitidas, Les Amants magnifiques, Molière, m.e.s. Jean Meyer, 20 octobre 1954
  37. Robert Cécil, Elizabeth la femme sans homme, André Josset, m.e.s. Henri Rollan, 11 mai 1955
  38. Macroton, L'Amour médecin, Molière, m.e.s. Jean Meyer, 15 janvier 1956
  39. Pascal et Maxime, La Machine à écrire, Jean Cocteau, m.e.s. Jean Meyer, 16 mars à Bruxelles, 21 mars 1956 à Paris
  40. Amédée, Amédée et les messieurs en rang, Jules Romains, m.e.s. Jean Meyer, 24 octobre 1956
  41. Scapin, Les Fourberies de Scapin, Molière, m.e.s. Jacques Charon, 8 novembre 1956
  42. Premier marquis, L'Impromptu, Marcel Achard, 9 mars 1957, château de Groussay
  43. Carlos, Le Sexe faible, Édouard Bourdet, m.e.s. Jean Meyer, 12 octobre 1957
  44. Sosie, Amphitryon, Molière, m.e.s. Jean Meyer, 18 novembre 1957
  45. Denis, Un homme comme les autres, Armand Salacrou, m.e.s. Jacques Dumesnil, 8 octobre 1958
  46. Eusèbe Potasse, Les Trente Millions de Gladiator, Eugène Labiche et Philippe Gille, m.e.s. Jean Meyer, 8 novembre 1958
  47. Jules Bouquet, Le Bouquet, Henri Meilhac et Ludovic Halévy, m.e.s. Jean Meyer, 1959
  48. Tchong-Li, Le Voyage de Tchong-Li, Sacha Guitry, m.e.s. Jean Meyer, 1959
  49. le Jardinier, Électre, Jean Giraudoux, m.e.s. Pierre Dux, 28 octobre 1959
  50. Néron, Britannicus, Jean Racine, m.e.s. Michel Vitold, 13 janvier 1961 = 51 fois
  51. Bouzin, Un fil à la patte, Georges Feydeau, m.e.s. Jacques Charon, 10 décembre 1961
  52. Molière, L'Impromptu du Palais-Royal, Jean Cocteau, mai 1962 en tournée au Japon
  53. Scapin, La Troupe du Roy, d'après Molière, texte et m.e.s. Paul-Émile Deiber, 1962
  54. Raskolnikov, Crime et Châtiment, Fiodor Dostoïevski - Gabriel Arout, m.e.s. Michel Vitold, 1963
  55. Jean, La Soif et la Faim, Eugène Ionesco, m.e.s. Jean-Marie Serreau, 27 février 1966
  56. Tartuffe, Tartuffe, Molière, m.e.s. Jacques Charon, 14 décembre 1968
  57. George Dandin, George Dandin, Molière, m.e.s. Jean-Paul Roussillon, 1970
  58. Moron, La Princesse d'Élide, Molière, 30 janvier 1970 (télévision)
  59. le roi Henri II d'Angleterre, Becket ou l'Honneur de Dieu, Jean Anouilh, m.e.s. Jean Anouilh et Roland Piétri, 27 septembre 1971
  60. Richard III, Richard III, William Shakespeare - Jean-Louis Curtis, 27 mars 1972
  61. Tartuffe, La Troupe du Roy, d'après Molière, texte et m.e.s. Paul-Émile Deiber, 1972
  62. Le Maître de philosophie, Le Bourgeois gentilhomme, Molière, m.e.s. Jean-Louis Barrault, 1972
  63. Le Molière imaginaire, ballet-comédie de Maurice Béjart, m.e.s. Maurice Béjart, 1976

Hors Comédie-Française[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Robert Hirsch a été élevé au rang de Commandeur des Arts et des Lettres le 5 décembre 2006.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Interview exclusive. Francis Huster, la ferveur et la fièvre d'un artiste juif d'exception. Israël Magazine.
  2. a, b, c, d et e Le théâtre perd Robert Hirsch, Libération, 16 novembre 2017
  3. a, b, c, d, e et f Robert Hirsch, légende du théâtre, de la Comédie-Française au boulevard, est mort, Le Monde, 16 novembre 2017
  4. Robert Hirsch : la danse, c'était "le grand amour de sa vie", même dans sa dernière pièce, Huffington Post, 16 novembre 2017
  5. Chroniques théâtrales, p. 195.
  6. Deux fauteuils d’orchestre, p. 218.
  7. a et b « Décès du comédien Robert Hirsch, figure du théâtre français, à l'âge de 92 ans », Europe 1,‎ (lire en ligne)
  8. Robert Hirsch, le grand maître de la Comédie-Française, est mort, Le Figaro, 16 novembre 2017
  9. Robert Hirsch (1925-2017), un monstre sacré oublié par le cinéma, ecrannoir.com, 16 novembre 2017
  10. Hommage à Robert Hirsch, burlesque méconnu, Ciné Comédies, 17 novembre 2017
  11. Robert Hirsch sur scène, "Avant de s'envoler", le plus tard possible, France TV Info, 14 octobre 2016

Liens externes[modifier | modifier le code]