Peter Ustinov

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Peter Ustinov
Description de cette image, également commentée ci-après
Peter Ustinov en 1973.
Nom de naissance Peter Alexander Ustinov
Naissance
Swiss Cottage (Londres, Royaume-Uni)
Nationalité Drapeau du Royaume-Uni Britannique
Décès (à 82 ans)
Bursins (Vaud, Suisse)
Profession Acteur, écrivain, réalisateur
Films notables Billy Budd
L'Héroïque Parade
Lola Montès
Mort sur le Nil
Quo vadis
Spartacus

Peter Ustinov est un écrivain, comédien et metteur en scène de théâtre et de cinéma, scénariste et producteur de cinéma britannique, né le à Londres (Royaume-Uni) et mort le à Bursins (Suisse).

Parlant couramment plusieurs langues (allemand, anglais, français, italien et russe)[1], il intervenait régulièrement dans le doublage de ses propres films pour les versions autres qu'en anglais.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ascendance[modifier | modifier le code]

Homme aux talents multiples, le « baron[2] » Peter Alexander von Ustinow naît en 1921 à Swiss Cottage à Londres. Son père, Jonas (alias Klop) von Ustinow (en russe : Иона Платонович Устинов), mort en 1962, est mobilisé au Wurtemberg en 1914 et employé par les services secrets allemands. Installé en Grande-Bretagne dans les années 1920, il utilise le métier de journaliste comme couverture pour ses activités au profit de l'Allemagne. En 1935, il passe[3] au service du MI5 puis au MI6 pendant la Seconde Guerre mondiale[4]. Il sera naturalisé britannique.

Sa mère, Nadejda Leontievna Benois (1896–1974), est une artiste-peintre d'ascendances russe, française et vénitienne[5].

Études et débuts professionnels[modifier | modifier le code]

Peter Ustinov fait ses études à la prestigieuse Westminster School de Londres. Il envisage d'angliciser son nom en Peter Austin ; un de ses condisciples lui conseille de supprimer le « von » et de garder « Ustinov ». Il quitte la Westminster School à seize ans puis intègre la London Theater School, classe de M. Saint-Denis, pour suivre des cours d’art dramatique. Il y reste de 1937 à 1939.

Ustinov intègre en 1937 le Payer's Club où il élabore ses propres sketches satiriques. En 1938, il commence une carrière d’acteur dramatique. Le jeune acteur suit des cours de théâtre, puis fait sa première apparition sur les planches, à l’âge de 18 ans, avec grand succès. Ustinov fait preuve très tôt d’un incroyable talent d’imitateur. Après des débuts de comique et d’imitateur dans les théâtres londoniens, il obtient en 1940 son premier grand rôle dans une revue.

C’est en 1940 également qu’il écrit sa première pièce de théâtre, Fishing for Shadows. Il joue également, cette même année, son premier rôle important dans la revue Swinging the Gate. 1940 est une année riche en événements pour Ustinov ; il met en scène la pièce de théâtre House of Regrets. Il poursuit dans ce domaine l’année suivante avec sa première mise en scène de théâtre, Squaring the Circle. S’ensuit alors une brillante carrière de près de soixante ans.

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Engagé dans les Commandos, il rejoint à sa demande le service cinématographique des armées, où il fait la connaissance de David Niven. Celui-ci, chargé tout d'abord de tenir un film de propagande, fait de Ustinov son ordonnance ; avec Carol Reed, ils commencent à monter le film The Way Ahead. Parallèlement, le colonel Dudley Clarke leur donne l'ordre de trouver et former un acteur qui doit se faire passer pour le maréchal Montgomery : c'est l'opération Copperhead. Niven et lui mettent la main sur le lieutenant Clifton-James, qui leur paraît le meilleur pour le rôle.

La radio[modifier | modifier le code]

Entre 1952 et 1955, Peter Ustinov participe avec Peter Jones à la comédie In All Directions, adaptée pour le radio par la BBC, et dans laquelle ils interprètent les rôles de Morry et Dudley, deux gaillards stupides dans une voiture cherchant toujours Copthorne Avenue ; les épisodes se terminent invariablement par la phrase « Run for it, Morry ». Dans les années 1980, il participe également en France aux Grosses Têtes sur RTL.

Le cinéma[modifier | modifier le code]

Principalement connu du grand public pour avoir interprété Hercule Poirot, le célèbre détective créé par Agatha Christie, à six reprises (Mort sur le Nil, Meurtre au soleil, Le Couteau sur la nuque, Meurtre en trois actes, Poirot joue le jeu, Rendez-vous avec la mort), Peter Ustinov joue dans plus de 70 films, où il interprète des personnages aussi divers que populaires.

Il débute au cinéma en interprétant un prêtre dans One of Our Aircraft Is Missing en 1943. En collaboration avec Eric Ambler, il écrit son premier scénario de film, The Way Ahead (1943). En 1945, Peter Ustinov vend son premier scénario de film, The True Glory. En 1946, il réalise son premier film et le coproduit : School for Secrets, pour le ministère de l'Aviation britannique, à partir d'une idée de l'officier du service des radars Patricia Moyes. Suivront les comédies Vice versa (1948) et Private Angelo (1949) ainsi que le drame d’aventures Billy Budd (1962) et la comédie Lady L (1965).

Sur grand écran, Peter Ustinov se singularise aussi en jouant des personnages particulièrement couards et antipathiques tels que l’empereur Néron dans Quo Vadis (1951) de Mervyn LeRoy, le Monsieur Loyal qui exhibe Lola Montès dans le film homonyme (1955) de Max Ophüls, un trafiquant d’esclaves dans Spartacus (1960) ou un escroc dans Topkapi (1964). Ces deux dernières prestations lui valent un Oscar du meilleur acteur dans un second rôle en 1961 et 1965.

Peter Ustinov apparaît dans la mini-série Jésus de Nazareth (1977) de Franco Zeffirelli dans le rôle d'Hérode et prête sa voix au prince Jean dans le film d'animation Robin des Bois des studios Disney.

Au terme de sa carrière, il personnifie le comte de Mirabeau dans La Révolution française (1989) sous la direction de Robert Enrico.

L'écrivain et conteur[modifier | modifier le code]

Peter Ustinov lors d'une séance de dédicace.

Acteur, metteur en scène, écrivain, Ustinov est également connu pour ses talents de conteur. Il a même enregistré des disques qui connurent un véritable succès.

L'homme de conviction[modifier | modifier le code]

Ambassadeur de l’UNICEF, il se rend à Bruxelles au début de 1999, à l'invitation de Marc Lerchs et de Ghislain Belmans, les concepteurs d'Houtopia, la Cité des enfants à Houffalize, pour réaliser un tournage multimédia au Cirque Royal, destiné à expliquer les droits de l'enfant en cinq langues à des enfants entre 4 et 12 ans. Ustinov se rend aussi à Berlin en 2002, pour rencontrer les organisateurs du projet United Buddy Bears (en français Les Oursons unis). Il se prononce alors en faveur de l'ajout d'un ours irakien aux 140 pays déjà représentés, chose faite un an plus tard, lorsqu'il inaugure, en qualité de parrain de l'édition 2003, la deuxième édition des United Buddy Bears à Berlin.

Peter Ustinov fonde l'Institut Ustinov en 2003 à Vienne[6] ; l'institut est destiné à créer des universités au niveau international réunissant des connaissances sur les différentes cultures. Il œuvre aussi pour soutenir la création artistique et améliorer la situation sociale, spirituelle et médicale des enfants, sans distinction d'âge, d'origine ethnique ou de croyance religieuse[7].

Il crée la polémique en juin 1993 avec une déclaration dans le journal britannique The European, où il affirme : « Les Serbes sont un peuple en deux dimensions avec un besoin de simplicité et d’idéologie si basique, qu’on peut les comprendre sans effort. Ils ont besoin d’ennemis, pas d’amis, pour focaliser leurs idées bidimensionnelles. La vie est pour eux un air simple, jamais une orchestration ni même une harmonie agréable. Les animaux utilisent leurs ressources avec une félicité plus grande que ces créatures attardées dont l’abonnement à la race humaine est périmé depuis longtemps. »

Dernières années[modifier | modifier le code]

Peter Ustinov en 1992, par Erling Mandelmann.

Depuis 1957, Peter Ustinov vivait retiré dans le village de Bursins, dans le canton de Vaud en Suisse. C'est là qu’il meurt, dans la nuit du dimanche 28 au lundi , à l'âge de 82 ans, d'une crise cardiaque consécutive à un diabète. Il est enterré au cimetière de Bursins. La directrice de l'UNICEF, Carol Bellamy, représentant à cette occasion Kofi Annan, le secrétaire général des Nations unies, assiste à ses obsèques.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Dans les années 1960, Peter Ustinov devient résident suisse afin d'échapper au système fiscal britannique, qui taxait fortement à l'époque les hauts revenus.

Il a été marié trois fois :

  • de 1940 à 1945 avec Isolde Denham (1920–1987), fille de Reginald Denham et Moyna MacGill et demi-sœur d'Angela Lansbury. De cette union naît une fille, Tamara, née le 25 juillet 1945 ;
  • de 1954 à 1971 avec Suzanne Cloutier (1923–2003), actrice et réalisatrice canadienne, dont il a trois enfants : Pavla (née le ), Igor (né le ) et Andrea (née le ) ;
  • de 1972 à sa mort avec Hélène du Lau d'Allemans (1926–2014).

Il est apparenté de loin au ténor suédois Nicolai Ustinov, connu sous le nom de Nicolai Gedda[8].

Théâtre[modifier | modifier le code]

Acteur[modifier | modifier le code]

  • 1938 : The Wood Demon (Waffles)
  • 1939 : L’Evêque de Limpopo land (l’Évêque)
  • 1940 : Fishing for Shadows (M. Lescure)
  • 1946 : Crime et Châtiment (Pétrovitch)
  • 1948 : Frenzy, adapté d’une pièce d’Ingmar Bergman (Caligula)
  • 1951-1952 : L’Amour des quatre colonels (Carabosse)
  • 1956 : Romanoff and Juliet (le Général)
  • 1962 : Photo Finish (Sam Old)
  • 1968 : The Unknow Soldier and His Wife (l'Archevêque)
  • 1974 : Who’s Who in Hell ? (Boris Vassilievitch)
  • 1979 : Le Roi Lear (rôle-titre)
  • 1983-1984 / 1987-1988 : La Dixième de Beethoven (Beethoven)
  • 1990-1993 : Une soirée avec Peter Ustinov

Auteur[modifier | modifier le code]

  • 1941 : The Banbury Nose
  • 1951 : The Love of Four Colonels (L’Amour des quatre colonels)
  • 1956 : Romanoff and Juliet (Romanoff et Juliette)
  • 1956 : The Empty Chair (La Chaise vide)
  • 1958 : Paris Is not so Gay (Paris n’est pas si gai)
  • 1962 : Photo Finish
  • 1967 :  : The Unknown Soldier and His Wife
  • 1967 : Halfway up the Tree
  • 1982 : Beethoven’s Tenth
  • 1974 : Comme de mal entendu

Filmographie[modifier | modifier le code]

Peter Ustinov dans le rôle de Néron (Quo vadis 1951).

Acteur[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Réalisateur[modifier | modifier le code]

  • 1946 : School for Secrets - également scénariste et producteur
  • 1948 : Vice Versa - également scénariste et producteur
  • 1949 : Private Angelo, coréalisé avec Michael Anderson - également scénariste et producteur
  • 1961 : Romanoff and Juliette
  • 1962 : Billy Budd - également scénariste et producteur
  • 1965 : Lady L - également scénariste
  • 1972 : Hammersmith is Out
  • 1984 : Memed, my Hawk — également scénariste

Scénariste[modifier | modifier le code]

Doublage[modifier | modifier le code]

Écrits[modifier | modifier le code]

  • 1960 : Add a Dash of Pity, roman (2e  éd., 1993).
  • 1960 : We Were Only Human, livre d’illustrations satiriques. Publié en français sous le titre Un soupçon de pitié, Paris, Julliard, 1960.
  • 1961 : The Loser, roman.
  • 1966 : Frontiers of the Sea, nouvelles.
  • 1971 : Krumnagel, nouvelle (2e éd. 1993).
  • 1977 : Dear Me, autobiographie. Publié en français sous le titre Cher Moi, Paris, Stock.
  • 1983 : My Russia, portrait actuel de l’ex-URSS. Publié en français sous le titre Ma Russie, Paris, Buchet-Chastel, 1985.
  • 1989 : The Desinformer, nouvelle.
  • 1989 : Notice sur la vie et les travaux d’Orson Welles (Publications de l’Institut de France).
  • 1990 : The Old Man and M. Smith, roman. Publié en français sous le titre Le Vieil Homme et M. Smith, Paris, Belfond, 1996.
  • 1991 : Ustinov at Large, ensemble d’articles.
  • 1993 : God and the State Railways, nouvelles.
  • 1993 : Still at Large, ensemble d’articles.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Voix françaises[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Je peux commander un steak en quinze langues », disait-il modestement.
  2. Titre non russe, accordé par le royaume de Wurtemberg à Platon G. Ustinov (en russe : Платон Григорьевич Устинов) (1840–1918), hôtelier et collectionneur, grand-père de l'acteur. Issu d'une famille de récente noblesse russe, d'origine marchande, il se convertit au luthérianisme (vers 1876), devient sujet wurtembourgeois, puis s'installe en Palestine. Titre non reconnu au Royaume-Uni, patrie de l'acteur.
  3. Max Hastings, The Secret War. Spies, Ciphers, and Guerrillas (1939–1945), Harper-Collins Publishers, New York, 2016, p. 11 (ISBN 9780062259271). L'auteur note qu'il perd sa position de journaliste en 1935 du fait qu'il est juif. En réalité, selon l'autobiographie de l'acteur, Dear Me (1977), si son grand-père maternel (beau-père de Jonas), le missionnaire luthérien Moritz Hall (1838–1914) était effectivement d'origine juive (il venait de Cracovie), il s'était converti au luthérianisme et avait épousé en Palestine la protestante Katharina Zander (née Woizeru Walatta Iyasus Zander) (1850–1932), qui était allemande par son père, le peintre et conseiller militaire Eduard Zander (1813–1868), et éthiopienne par sa mère, Woizeru Essete Werq, fille d'un officier-général éthiopien, Meqado, lui-même (peut-être) descendant d'un aventurier portugais. En tenant compte de la conversion au luthérianisme de Platon, premier baron von Ustinow, son fils Jonas était donc de confession protestante ; c'est plutôt le fait qu'il soit né à Jaffa, en Palestine, où Platon s'était installé, qui a pu accréditer cette légende.
  4. Peter Day :Klop Ustinov, le plus ingénieux des espions britanniques — Noir sur Blanc 357 p., avril 2017, (ISBN 978-2-88250-464-7).
  5. Elle était la fille de Léon Nikolaïevitch Benois (1856–1928), célèbre architecte russe, descendant d'un pâtissier et confiseur français installé en Russie, et de Marie A. Sapojnikova (1858–1938), fille d'un riche marchand d'Astrakhan ; par son père, elle descendait du compositeur vénitien Catterino Cavos (1875–1840), qui fit carrière en Russie. Il ne faut pas la confondre avec sa cousine, Nadiejda Mikhaïlovna Sapojnikova (1877–1942), elle aussi artiste-peintre.
  6. (de) — Site Institut Ustinov.
  7. (en) Remise du prix Conscience planétaire à Peter Ustinov et présentation de son action humanitaire.
  8. (de) https://www.welt.de/vermischtes/article1593064/PETER-USTINOV.html.
  9. Film du jour no 45 : Nous maigrirons ensemble sur le site www.lefilmdujour, consulté le .
  10. London Gazette : n° 52543, p. 8207, 28-05-1991.
  11. (en) Source officielle du site du Club de Budapest.

Liens externes[modifier | modifier le code]