Rox et Rouky

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Rox et Rouky
Description de l'image Rox et Rouky Logo.png.
Titre québécois Rox et Rouky
Titre original The Fox and the Hound
Réalisation Ted Berman
Richard Rich
Art Stevens
Scénario Larry Clemmons
Ted Berman
David Michener
Peter Young
Burny Mattinson
Steve Hulett
Earl Kress
Vance Gerry
Acteurs principaux
Sociétés de production Walt Disney Pictures
Pays de production Drapeau des États-Unis États-Unis
Durée 83 minutes
Sortie 1981

Série

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Rox et Rouky (The Fox and the Hound) est le 31e long-métrage d'animation et le 24e « Classique d'animation » des studios Disney. Sorti en 1981, il est tiré du roman Le Renard et le Chien courant de Daniel P. Mannix, paru en 1967 et publié en France en 1978.

La production de Rox et Rouky a débuté au printemps 1977 avant la sortie de Bernard et Bianca. Rox et Rouky marque la dernière participation des animateurs vétérans Ollie Johnston et Frank Thomas. La nouvelle génération d'animation prend la relève du film, alors que les anciens animateurs travaillent sur le film au début de la production. Le film va connaître une production difficile avec la démission de Don Bluth et son équipe d'animateurs en 1979, obligeant les studios Disney à repousser la sortie du film de Noël 1980 à l'été 1981 et la décision du studio de l'édulcoration du scénario.

Rox et Rouky rencontre le succès financier, mais reçoit un accueil mitigé de la part de la critique qui apprécie l'animation, mais considère que le film n'est pas assez révolutionnaire.

Une suite intitulée Rox et Rouky 2 est sortie directement en vidéo en 2006.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Rox, un renardeau se retrouve orphelin, et la chouette Big Mama, le moineau Dinky et le pic vert Piqueur essayent de lui trouver une maison. Ils réussissent à ce qu'une brave fermière, la veuve Tartine le recueille et le baptise Rox. Mains à proximité, Amos Slade, un vieux chasseur achète un jeune chien de chasse qu'il nomme Rouky. Slade le confie à son vieux chien de chasse Chef, qui est d'abord ennuyé par ce nouveau venu mais apprend à l'apprécier et à le former à la chasse. Le renard et le chiot, plus ou moins du même âge se lient d'amitié. Rox et Rouky se jurent d'être amis pour la vie et passent beaucoup de temps à s'amuser. Amos Slade désapprouve le comportement de Rouky et le punit en l'attachant à une laisse. Jouant malgré tout avec Rouky malgré la laisse et son tonneau, Rox réveille Chef. Amos et Chef poursuivent Rox jusqu'à ce que la Veuve Tartine les stoppe, le renardeau s'étant réfugier dans ses jupons. Après un échange violent, Amos menace de tuer Rox si le renard pénètre à nouveau dans sa ferme. Triste Rox accepte de ne plus voir Rouky. La saison de la chasse arrive et Amos emmène ses chiens dans la forêt sauvage. Pendant ce temps, Big Mama, Dinky et Piqueur tentent d'expliquer à Rox que Rouky deviendra bientôt son ennemi. Cependant, Rox insiste naïvement sur le fait que lui et Rouky resteront amis pour toujours.

Le printemps suivant, Rox et Rouky atteignent l'âge adulte. Rouky est devenu un chien de chasse expert, qui doit traquer les renards. Une nuit, tard, Rox se faufile dans la ferme d'Amos Slade pour rendre visite à Rouky. Leur conversation réveille Chef, qui alerte Amos. Une poursuite s'ensuit et Rouky attrape le renard, mais le laisse partir tout en mettant Amos sur une fausse piste. Le vieux chien attrape le renard alors qu'il tente de s'échapper sur une voie ferrée, mais un train venant en sens inverse percute Chef. Le vieux chien de chasse tombe dans une rivière en contrebas et se cassant une patte. Enragés par cette blessure, Rouky et Amos s'en prennent à Rox et jurent de se venger. Réalisant que Rox n'est plus en sécurité avec elle, la Veuve tartine l'abandonne dans une réserve de chasse. Après une nuit désastreuse seul dans les bois, Big Mama présente Rod à Vixy, une renarde qui l'aide à s'adapter à la vie sauvage dans la forêt.

Aidé par son flair Rouky emmène Amos dans la réserve et ils chassent les deux renards. Durant cette course-poursuite, les chasseurs réveillent un ours gigantesque. Amos trébuche et tombe dans l'un de ses propres pièges. Son arme est alors hors de portée. Rouky combat l'ours avec vigueur, mais est presque tué par l'animal réfugié sur un vieux tronc d'arbre. Rox vient lui porter secours et combat l'ours jusqu'à ce qu'ils tombent tous les deux dans une cascade.

Alors que Rouky s'approche de Rox blessé dans le lac en contrebas, Amos surgit prêt à tirer sur le renard. Le chien de chasse se place devant Rox pour empêcher Amos de lui tirer dessus et refuse de s'éloigner. Amos, comprenant que Rox leur a sauvé la vie, baisse son arme et part avec son chien. Rox et Rouky confirment leur amitié avant de se séparer. À la maison, la Veuve Tartine soigne le chien. Alors qu'il s'allonge pour faire une sieste, Rouky sourit en se remémorant le jour où il a rencontré Rox pour la première fois. Au même moment, Vixy rejoint Rox au sommet d'une colline et ils regardent l'ancienne demeure du chien et du renard.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Sauf mention contraire, les informations proviennent des sources concordantes suivantes : John Grant[5], Leonard Maltin[6], Mark Arnold[7] et IMDb[8].

Distribution[modifier | modifier le code]

Voix originales[modifier | modifier le code]

Sauf mention contraire, les informations proviennent des sources concordantes suivantes : John Grant[5], Dave Smith[9], Leonard Maltin[6], Mark Arnold[7] et IMDb[8].

Voix françaises[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

  • Golden Screens 1982

Nominations[modifier | modifier le code]

Sorties cinéma[modifier | modifier le code]

Sauf mention contraire, les informations suivantes sont issues de l'Internet Movie Database[11]

Premières nationales[modifier | modifier le code]

Ressorties principales[modifier | modifier le code]

Sorties vidéo[modifier | modifier le code]

Origine et production[modifier | modifier le code]

Contexte du studio[modifier | modifier le code]

Au début des années 1970, les Neuf Sages de Disney deviennent de plus en plus vieux et sont ne plus actifs sur les productions tout comme leurs collègues aussi méritants qui ont permis de construire le catalogue du studio Disney[12]. Le studio lance alors un programme de formation d'une nouvelle génération qui sera par la suite fusionné avec le California Institute of the Arts[12]. Quelques animateurs et artistes d'animation sont appelés pour former une nouvelle génération d'animateurs, Melvin Shaw est ainsi recruté en 1974[13]. Le film Les Aventures de Bernard et Bianca est produit avec les trois derniers Neuf Sages encore actifs, Frank Thomas, Ollie Johnston et Milt Kahl[12].

Vieil homme dégarni en chemise blanche signant des dédicaces
Don Bluth en 2006.

Parmi la nouvelle génération d'animateurs, le plus remarqué est Don Bluth qui se voit accorder la réalisation du moyen métrage Le Petit Âne de Bethléem (1978) avec seulement de jeunes animateurs[12]. Durant la production des Aventures de Bernard et Bianca, un groupe d'animateurs se voit confier un projet intitulé Rox et Rouky[14]. Don Bluth responsable du film prend cela pour un camouflet dans son ascension hiérarchique et convainc ses proches collaborateurs dont John Pomeroy de démissionner à partir 13 septembre 1979[14],[15]. Il parvient à regrouper 17 personnes avec lui[16]. Ce départ, que Leonard Maltin qualifie d'exode, est une source importante d'embarras pour le studio à l'époque ayant était massivement couvert par la presse[15],[17]. Maltin précise que ce sont sept animateurs et quatre assistants animateurs[15].

Don Bluth crée son propre studio d'animation concurrent Don Bluth Productions et lance la production de Brisby et le Secret de NIMH (1982)[16],[15]. Parmi les autres animateurs partis on peut aussi citer Gary Goldman et John Pomeroy, mécontents de la qualité des productions du moment de Disney[9]. Le groupe démissionnaire reproche au studio de ne plus faire de l'animation comme à son âge d'or[9],[15]. La plupart des films de Bluth est produite avec l'intention de démontrer comment les longs métrages d'animation devraient être, mais selon Mark Arnold ils ont des lacunes [16]. Ces départs d'animateurs retardent le début de la production du film d'un an qui commence donc en 1977[9]. La sortie du film initialement prévue pour Noël 1980 est donc repoussée pour l'été 1981[15].

Développement du scénario[modifier | modifier le code]

Le film est une adaptation de la nouvelle de Daniel P. Mannix Le Renard et le Chien courant (1967)[9] et publié en France en 1978[18]. L'histoire retrace la vie du chien Copper et du renard Tod[19]. Ceux-ci deviennent amis durant l'enfance avant de devenir ennemis à l'âge adulte sous le joug des hommes qui les montent l'un contre l'autre[15],[19]. Wolfgang Reitherman est crédité de l'idée de faire ce film car il avait lu cette histoire à son fils qui avait un chien roux[5]. Cette méthode de proposition de film est similaire à celle en vigueur quand Walt Disney était encore vivant[5]. Le titre anglais du film The Fox and the Hound a faillit être au pluriel The Fox and the Hounds mais le personnage de Chef est par la suite passé de plus en plus en second plan[19].

La production du film commence au printemps 1977[9],[16], avant la sortie du film Les Aventures de Bernard et Bianca. Wolfgang Reitherman devait au départ être le réalisateur du film au côté d'Art Stevens. Mais les séquences clés du film provoque les disputes entre les réalisateurs et le producteur Ron Miller soutenant Stevens. Miller demande à Reitherman de laisser la place à la nouvelle équipe, mais Reitherman refuse en raison d'un manque de confiance avec les jeunes animateurs. Ted Berman et le jeune Richard Rich réalisent finalement le film au côté d'Art Stevens. C'est donc un projet américain avec une équipe en grande partie composée d'une nouveau groupe de réalisateurs et d'artistes[20].

L'apparente sérénité à l'écran cache des tensions en coulisses[21]. À l'origine, l'histoire était bien plus sombre dans le roman que dans le film, ne comportant même aucune fin heureuse (« happy end »)[21]. À la fin du roman, Rox tue Chef puis, poursuivi par Rouky, meurt d'épuisement avant d'être achevé par le maître de Rouky. Une des principales questions concerne la survie ou non de Chef[21]. Ollie Johnston a esquissé la scène où Chef demande de l'aide, cherchant de la pitié auprès de son maître, dessins qui selon Earl Kress ont tellement plu que l'équipe s'est refusé de faire disparaître le personnage[21]. La scène finale est construite de manière à ce que le spectateur n'ait pas le temps de croire à la mort de Chef, blessé et gisant dans l'eau mais qui bouge presque tout de suite[21]. Rouky n'a donc aucune motivation pour nourrir une haine envers Rox ou envisager une revanche[21]. Art Stevens précise que le studio Disney n'avait jamais tué un personnage de premier plan et personne n'imaginait à l'époque ce genre d'innovation[21]. Ne souhaitant pas provoquer la sensibilité des enfants, Disney décide d'adoucir la fin de l'histoire notamment en gardant tous ses protagonistes en vie[21]. Chef s'en sort avec une patte cassée, renversé par un train, et Rouky empêche son maître Amos Slade d'abattre Rox[21]. Slade renonce à son acte et rentre chez lui avec Rouky[21].

Une séquence imaginée par Wollie Reitherman devait inclure Rox et une grue un peu folle dont la voix devait être prêtée par la chanteuse Charo[21]. Une chanson a été enregistrée, la piste vocale aussi, quelques vidéos de référence et un storyboard ont été produits[21]. Selon Steve Hulett, un conflit entre Reitherman et Art Stevens est apparu au sujet du ton de cette séquence que Stevens considérait comme inadapté au film[21]. Stevens a été soutenu par Ron Miller qui insisté sur le fait que Reitherman avait plus de 70 ans[21]. Pour résoudre le problème, Miller a confié à Reitherman la production d'une adaptation de la série Catfish Bend de Ben Lucien Burman (en)[21], une production inachevée. Mais les tensions n'ont pas disparues et c'est après cet épisode que Bon Bluth est son équipe ont quitté le navire[21].

Animation : Une nouvelle génération[modifier | modifier le code]

La production du film marque une étape charnière dans l'histoire des studios Disney. C'est le dernier film auquel ont participé trois des Neuf Sages de Disney, les animateurs légendaires de Disney : Frank Thomas, Ollie Johnston et Wolfgang Reitherman[9], ce dernier abandonnant la réalisation pour la production. Au sein du studio, tout le monde sait que les anciens animateurs doivent partir à la retraite durant la production[22]. Les trois animateurs ont entamé la production et ont ensuite transmis le projet à de nouveaux animateurs[22]. Thomas et Johnston prennent leur retraite en 1978[23] et Reitherman en 1980[24], mais ils restent comme consultant sur le projet. Bob Thomas précise que Thomas et Johnston ont développé les personnages et animé une séquence avant de partir à la retraite[25]. Par la suite ce projet de film totalement américain [pour le thème et les lieux] est géré par une nouvelle équipe des réalisateurs et artistes[20].

L'animateur Glen Keane fait ses premiers pas à la supervision de l'animation tandis que Ron Clements et John Musker partagent leurs points de vues[22]. Parmi les animateurs du film se trouve le jeune Tim Burton, âgé de 22 ans à l'époque.

La production du film a nécessité quatre ans, environ 360 000 dessins, 110 000 cellulos, 1 100 décors, et 180 personnes dont 24 animateurs[9],[26].

Frank Thomas explique en 1981 lors d'un entretien pour Rox et Rouky qu'il y a une forme de délicatesse dans le squelette d'un renard et qu'une fois que vous voyez cela les dessins deviennent comme un renard[27].

L'animation réutilise des éléments de Bambi (1942) pour la séquence de l'orage (deux familles de canards et de cailles cherchent un abri) et de Merlin l'Enchanteur (1963) quand Moustique et Merlin sont transformés en écureuils.[réf. nécessaire]

En 1981, alors que la production de Rox et Rouky s'achève, le projet Chantecler reprend vie avec pour objectif d'être finalisé et diffusé après la sortie de Rox et Rouky mais il est rapidement stoppé au profit de Taram et le Chaudron magique (1985)[28].

Développement des personnages[modifier | modifier le code]

Dans les années 1960 et 1970, les animateurs de Disney ont conçu les personnages à partir des voix des acteurs mais dans les années 1980, les nouveaux animateurs repartent aux sources, sans l'inspiration d'une vedette[29]. Le développement des personnages est assuré par Frank Thomas et Ollie Johnston mais c'est la nouvelle équipe qui assure l'animation[5]. Pour s'assurer du réalisme des animaux, les animateurs utilisent des vidéos extraites de documentaires animaliers comme Le Roi des grizzlis (1970) pour la scène du combat d'ours[5]. Toutefois ils font une exception pour le personnage de Big Mama[29].

Renards et chiens[modifier | modifier le code]

renard roux dans la neige
Un renard roux dans la neige

Rox est un renard roux[30]. Le prénom original de Rox est Tod qui signifie « renard » en argot britannique. John Grant considère qu'il y a deux personnages appelés Rox dans le film, un renardeau et un adulte[30]. L'aspect des deux diffère puisque que c'est l'un des thèmes du film[30]. La voix du plus jeune est prêtée en version originale par Keith Mitchell[30]. Son aspect poupin fait que Big Mama et la Veuve Tartine l'adopte chacune à sa façon[30]. Ses autres caractéristiques sont l'affection, la gentillesse et la tendresse envers tout un chacun[30]. Pour Grant, Rox est l'instigateur des serments d'amitié, le dialogue se résumant à quatre lignes pour Rox et deux lignes assertives pour Rouky[30]. À l'âge adulte, le personnage reste prompt à conserver l'amitié avec Rouky et n'hésites pas à affronter un ours pour sauver son ami[30]. Rouky n'aura ce genre de réaction qu'à la toute fin du film pour protéger son ami du fusil de son maître Amos Slade[30]. Mickey Rooney prête sa voix à Rox adulte, acteur qui jouer dans Peter et Elliott le dragon (1977)[30]. Grant établit un parallèle entre Rox qui est accueilli et soutenu dans la vie sauvage par Vixy et Bongo et Lulubelle dans le moyen métrage Bongo, roi du cirque (1947) inclut dans Coquin de printemps[30]. Rox est tellement gentil que Grant s'interroge sur sa capacité à manger dans la Nature[30]. Grant précise que c'est Rox qui entend le serment d'amitié à la fin du film sans que l'on sache si Rouky le prononce[29].

Le personnage de Rouky, Copper en version originale, est un chien de chasse[30] de race Saint-Hubert[31]. L'acteur Kurt Russell, qui avait été sous contrat du studio Disney pendant dix ans, du milieu des années 1960 au milieu des années 1970, a prêté sa voix au personnage de Rouky[32]. Pour Grant c'est avant tout un chien obéissant, que ce soit dans sa jeunesse avec Rox ou plus tard comme chien de chasse auprès de Chef pour Amos Slade[29]. Cette obéissance en fait un ami inconstant arguant qu'avec le retour de la saison hivernale de la chasse Rox et lui ne peuvent plus être amis[29]. Pour John Grant ce n'est pas une raison valable même si le mythe popularisé par l'opposition Militarisme-Antimilitarisme qui dit que « l'uniforme change un homme » et ici tourné en satire[29]. Une autre satire est le fait que des enfants de différentes races doivent abandonné leur amitié une fois devenu adulte[29]. Pour Grant l'amitié de Rouky envers Rox est moins prononcée, le renardeau faisant la plupart des pas vers le chiot[29]. Rouky ne semble pas prendre au sérieux cette promesse d'amitié et cela se traduit souvent dans la voix de Rouky moins en confiance et moins affirmée[29]. Une fois adulte, Rouky est encore moins dévoué à son ancien ami, tolérant sa présence[29]. Ce n'est que quand il se rend compte qu'Amos Slade a délibérément estropié Chef que Rouky retrouve la notion d'amitié[29]. À la fin du film, Rouky comprend que l'amitié est une notion de réciprocité[29]. Pour Grant, le film sous-entend que pour beaucoup d'humains n'arrive pas au second niveau, celui de l'adulte véritable, restant des adolescents ou des adultes inachevés, une tragédie pour l'humanité[29].

Sandy Duncan en 1972 qui prête sa voix à Vixy.

Vixy est une renarde présentée comme très féminine, très belle et très intelligente, dont la voix originale est celle de Sandy Duncan[33], actrice ayant joué dans La Cane aux œufs d'or (1971). Le nom original de Vixy est « Vixey » (prononcé « Vixy »), basé sur le mot anglais « vixen » qui a pour sens premier « renarde ». L'orthographe fut modifié dans la version française afin que sa prononciation ne soit pas un problème pour un public non anglophone. Jeanine Forney, qui incarne la voix de Vixy dans la version française du film, avait déjà été la voix de la princesse Aurore/Rose dans la seconde version française de La Belle au bois dormant (1959). Pour Joh Grant il est intéressant de voir comment les artistes de Disney ont capturé cette féminité[33]. Quand les deux renards sont à l'écran, la comparaison est rapide, Vixy est présentée avec des traits plus doux, par exemple une ligne de contour orangée au lien de noire, des teintes de couleurs plus douces mêlant rose et orange, donnant un aspect moins ancré dans le décor[33]. Un autre point de féminité se situe dans ses mouvements, plus félins alors que Rox est plus canin[33]. Ces artefacts artistiques ne sont pas conformes à la réalité mais à des stéréotypes sexuels très ancrés dans l'inconscient collectif et qui permettent ici d'associer le personnage à une femme gracieuse[33]. Un autre point est la mention de l'intuition féminine par Rox quand Vixy ressens avant lui la présence d'un danger[33]. La notion d'intelligence, Grant évoque la connaissance ou l'expérience, est associé au fait que Vixy a grandi dans la nature, a réussi à survivre[33]. Elle demande à Rox de ne pas aller défendre Rouky car c'est un comportement dangereux, idiot selon Grant[33]. Elle possède un discours maternelle, doux par moments mais plus sévère en présence du danger[33].

Chef est avant tout le « chien de son maître » avec lequel il partage des ressemblances physiques et de personnalité[33]. Il y a par exemple les épais sourcils bruns avec des teintes de couleurs similaires[33]. Le chien manque d'humour comme Amos, il est aigri[33]. Sa façon de raisonner est simple, si cela bouge et que ce n'est ni un homme ni un chien alors il faut le tuer, les humains devant se méfier[33]. Il n'a aucune affection pour Rouky surtout quand il est encore un chiot, lui consacrant du temps pour la formation avec réticence[33]. Pour Grant, Chef est dans un sens pire qu'Amos Slade[33]. Toutefois il semble nécessaire qu'il soit lui-même l'objet des maltraitance qu'il a perpétré pour enfin éprouver de la sympathie pour ses anciennes victimes[33]. Le personnage de Chef est blessé à la fin du film pour forcer l'empathie des spectateurs[34]. Lorsqu'il n'est pas en chasse, Chef dort, rêvant de chasse[33].

Les humains[modifier | modifier le code]

Jeanette Nolan à la fin des années 1960, qui joue la Veuve Tartine.

Selon le réalisateur Art Stevens, le personnage d'Amos Slade a été le compliqué à animer sur plusieurs points[29]. Le caractère d'Amos est résumé par John Grant comme étant celui d'un vieux chasseur vicieux qui croit que seul un renard mort est un bon renard[29]. Il possède une mine renfrognée permanente et quand un animateur essayé de lui soulever un sourcil, Stevens demander d'annuler pour rester dans le personnage[29]. Le seul froncement de sourcil survient quand Amos Slade revient de la chasse avec ses deux chiens dans un camion chargé des peaux des animaux abattus[29]. Il s'adonne alors un chant expliquant ses motivations et ses principes de vies, plutôt un chien de chasse que de l'argent[29]. Il est vêtu d'une veste en cuir doublée de fourrure, des grandes bottes en cuir, un chapeau mou à large bord posé sur l'arrière de sa tête, des cheveux épais et une moustache buissonneuse[29]. Son regard varie de la colère à la haine mais son principal moyen de communication est un fusil chargé de poudre[33]. Pour Grant, durant 80 des 83 minutes du film, le personnage d'Amos Slade est complétement incorrigible, intimidant, colérique, harcelant son voisin ou à défaut de voisin ses épaves de camions, massacrant la vie sauvage[33]. Il montre seulement un caractère nouveau quand il découvre l'amitié de Rouky pour Rox, Grant espère que cette nouveauté perdurera[33].

La Veuve Tartine, en version originale Widow Tweed (« Veuve Tweed »), est une vieille fermière qui adopte Rox[33]. Le personnage a été conçu pour faire vibrer les cœurs avec ses cheveux gris maintenus par un chignon bas, un visage rond et un aspect de matrone boulotte[33]. Elle porte de fines lunettes circulaires avec des vêtements gris et marrons et un petit chapeau mauve pâle qui selon John Grant « sont une preuve que si vous frappez à sa porte, elle vous aidera et vous offrira de la tarte aux pommes »[33]. Sa voix originale est celle de Jeanette Nolan et se rapproche du personnage pour la tranche d'âge et son ton gentillet[33]. Ces caractéristiques ont été une source de problème durant la production car ce n'est pas le genre de personnes à se lancer dans une chanson, un morceau de jazz ou un aria digne de La Scala}[33]. La solution trouvée par le studio est d'avoir un monologue chanté au lieu d'une chanson}[33]. Grant trouve la chanson Pourquoi faut-il se quitter ? (« Goodbye May Seem Forever » en anglais) jolie[33].

Autres animaux[modifier | modifier le code]

Le film comporte plusieurs adjuvants dont des oiseaux[35]. Le personnage du hibou Big Mama est inspiré de la chanteuse Pearl Bailey[29]. Bailey a interprété le personnage lors des enregistrements pour aider les animateurs à dessiner le personnage de Big Mama[22]. L'équipe a très tôt fait le choix d'avoir un personnage de chouette affectueuse, une matrone bienfaitrice au lieu des chouettes-hiboux érudits déjà présents au catalogue Disney[29] comme Archimède dans Merlin l'Enchanteur (1963) ou Maître Hibou de Winnie l'ourson. Le comportement de Big Mama n'est pas celui d'un vrai hibou, parlant au jeune renardeau et ne les dévorant pas[29]. Un comportement similaire, non naturel, est aussi présent dans Bambi (1942) avec le personnage paternel de Maître Hibou[29]. Big Mama est devenue la mère spirituelle de Rox, le réconfortant et aussi une mère adoptive, qui le laisse grandir une fois qu'il a rencontré Vixy[29].

Les oiseaux Dinky et Piqueur (Boomer), respectivement un moineau et un pic vert sont aussi des chasseurs obsessionnels mais d'insectes[35]. Ils chassent une chenille nommée Squeak ou Squeeks[35]. La chenille verte est douée d'une grande célérité quand le moment le nécessite et ses grand yeux permettent aux animateurs d'exprimer le côté loufoque[35]. Squeeks finit par se transformer en un papillon bleu, déjouant les deux oiseaux qui la pourchasse[35]. Piqueur est lui aussi loufoque et la voix originale de Paul Winchell, qui donne sa voix à Tigrou, lui a été donné pour s'associé au personnage, et non le contraire comme le souligne John Grant[35]. Piqueur apparait au côté de Big Maman quand il faut trouver une nouvelle maison pour Rox[35]. C'est lui qui se charge de taper à la porte de la Veuve Tartine même si l'effet escompté l'impacte physiquement[35]. Dinky est un moineau de couleur jaune-brun, une caricature lointaine de Piqueur dont la voix est celle de Richard Bakalyan[35]. Bakalyan a participé à de nombreuses productions Disney dans les années 1960 et 1970. Pour John Grant, Bakalyan propose une version à la voix plus aigüe du personnage de Thomas O'Malley interprété dans Les Aristochats (1970) par Phil Harris[35]. Il est doué d'un plus grand sens de la répartie et de réactions plus rapide que Piqueur, par exemple en répondant le premier à l'appel de Big Mama ou en réagissant aux déboires de son ami[35]. La course des deux oiseaux s'achève quand la chenille, énorme à l'approche de l'hiver, réussi à entrer par un petit trou dans la maison de la Veuve Tartine et s'installe près de la cheminée protégée par les vitres de la maison[35]. De leur côté, les oiseaux frigorifiés décident de partir vers le Sud[35].

Le film comporte plusieurs personnages mineurs, essentiellement des animaux, le plus important étant l'ours[35]. Malgré sa présence prolongée en raison du scénario, la personnalité de l'ours n'est pas développée au-delà de sa férocité[35]. Il a été conçu comme un monstre de 2,5 ou 3 m de haut avec une gueule hérissée de crocs et des yeux jaunes[35]. Pour David Koenig, l'ours souffre du "Syndrome Pluto", un problème qui touchent les adjuvants animaliers qui n'ont pas la parole alors que d'autres personnages animaliers anthropomorphes ou non en sont dotés[36]. Les scènes avec l'ours sont le point culminant du film, mises en animation sous la supervision de Glen Keane[35]. Keane, en plus des images d'archives issues de documentaires animaliers, avait un mannequin articulé d'ours sur son bureau[35]. Le Blaireau est surtout une source de comique mais le personnage n'a pas été développé[35]. Rox rencontre aussi un porc-épic, un papillon, un lapin et un poisson qu'il essaye d'attraper pour impressionner Vixy[35]. La Veuve Tartine possède une vache, nommée Abigail qui à l'instar des nombreuses vaches dessinées par le studio Disney depuis Steamboat Willie (1928) prend un malin plaisir à lancer son lait sur les autres, ici Rox[35].

Musique[modifier | modifier le code]

Buddy Baker compose la bande originale de Rox et Rouky[7] et signe ici sa dernière musique de film d'animation.

Les chansons du film ont été écrites et composées par Stan Fidel, Jim Stafford, Richard Rich, Richard O. Johnston et Jeffrey Patch[7],[37]. Richard O. Johnston est le fils de l'animateur Ollie Johnston[9].

The Fox and the Hound

Bande originale
Film Rox et Rouky
Sortie 1981
Format LP
Label Disneyland Records
The Fox and the Hound / Rox et Rouky (1981)
No TitreParolesMusiqueInterprète(s) Durée
1. Best of Friends
(fr)Deux bons copains
Stan FidelRichard O. JohnstonBig Mama
2. Lack of Education
(fr)Faute d'éducation
Jim StaffordJim StaffordBig Mama
3. A Huntin' Man
(fr)Chasseur avant tout
Jim StaffordJim StaffordAmos Slade
4. Goodbye May Seem Forever
(fr)Pourquoi faut-il se quitter ?
Jeffrey PatchRichard RichVeuve Tartine et chœur
5. Appreciate the Lady
(fr) Le Secret de la séduction
Jim StaffordJim StaffordBig Mama

En France le titre principal, Rox et Rouky, a été chanté en 1983 par Dorothée en duo avec Joanna Wyatt[38]. La même année sont édités chez Disneyland Records/Le Petit Ménestrel deux livres-disques : un 33 tours 30 cm raconté par Jean Rochefort comprenant des extraits de dialogues du film, et un 45 tours raconté par Jacques Martin[39]. Ce dernier reprend la musique du film et une partie de la chanson Deux bons copains. En revanche, les rôles des différents personnages sont interprétés par des acteurs différents de ceux ayant assuré le doublage de la version française : Régine Blaess, Catherine Lafond, Marcelle Lajeunesse et Raymond Loyer.

Sortie et accueil[modifier | modifier le code]

Rox et Rouky sort le [7] et reçoit un accueil mitigé de la part des critiques considérants que le film n'est pas assez révolutionnaire[15]. Malgré des critiques, le film rencontre un important succès financier[9], devenant le 14e film le plus rentable de l'année et gagnant 39,9 millions de dollars aux États-Unis, mais répétant moins le succès des Aventures de Bernard et Bianca (1977) ayant récolté plus de 48 millions de dollars pour un budget de 7,5 millions. le film est catégorisé auprès de la MPAA General Audiences (Tous publics) est c'est le dernier pour l'époque, toutes les autres productions étant Parental Guidance Suggested (Accord parental souhaitable)[16]. Au moment de sa sortie, ce fut le film d'animation le plus cher produit à ce jour avec un budget de 12 millions de dollars[16]. Il parvient à récolter 15 millions d'USD aux États-Unis[40]. Comme préconisé par Terry Lawson en 1979, le studio poursuit ses ressorties de longs métrages d'animation avec deux films en 1981[28]. John Grant écrit qu'il n'y a pas de chiffre précis mais le film aurait rapporté 50 millions d'USD[5].

Rox et Rouky est le dernier dessin animé de Disney commençant par un générique complet et finissant par The End : Walt Disney Productions comme tous les films depuis Alice au pays des merveilles (1951), Taram et le Chaudron magique (1985) étant le premier à étrenner le générique de fin ("end credits"). On notera également une absence totale de musique durant les deux premières minutes du film. C'est aussi le dernier film Disney à utiliser totalement la technique analogique (animation traditionnelle), les films suivant utiliseront des techniques numériques comme l'Animation Photo Transfer ou le Computer Animation Production System.

À sa sortie, Rox et Rouky est le dernier des deux films d'animation Disney sortis en Dolby Stéréo abordant uniquement le logo de RCA Photophone dans le générique après Les Aventures de Bernard et Bianca, malgré l'utilisation simultanée des deux systèmes sonores à la réalisation du film. Ce fut le dernier film d'animation Disney à être enregistré en RCA Photophone. Un court métrage éducatif intitulé The Fox and the Hound: A Lesson in Being Careful a été réalisé par Walt Disney Educational Productions en , expliquant l'importance de prendre en compte les avertissements[41].

La société Western Publishing qui publiait sous la marque Gold Key Comics change de label pour Whitman Comics[10], à cause d'une modification du marché, qui passe des kiosques à journaux aux supermarchés et drugstores[42]. Une mini-série associée à Rox et Rouky est publiée[10] en août 1981 sous le label Whitman avec des dessins de Pete Alvarado[43].

La bande origine de Rox et Rouky est nominée pour la 24e cérémonie des Grammy Awards dans la catégorie du meilleur album pour enfants mais sans succès[10].

Le film ressort en salles aux États-Unis en 1988[9],[16]. Il est édité sur support vidéo en 1994[9].

À la fin des années 1980 et dans les années 1990, le studio Disney est la cible de plusieurs procès liés à la vente de vidéocassettes, la société n'ayant pas eu ni l'accord des ayants droit et ne les a pas rémunérés[44]. Parmi les procès, Leonard Maltin cite Daniel P. Mannix l'auteur du roman Le Renard et le Chien courant sur lequel est basé Rox et Rouky, mais aussi Peggy Lee qui a prêtée sa voix à Darling dans La Belle et le Clochard (1955) ou l'Orchestre de Philadelphie qui a joué de nombreuses musiques de films[44] (Voir Walt Disney Records: The Legacy Collection).

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Don Bluth explique qu'une des raisons de son départ des studios Disney, dans la catégorie des divergences créatives, est que le film Rox et Rouky est « devenu une histoire mignonne et non plus une histoire significative »[15].

Vincent Canby du New York Times décrit le film comme « un joli exemple de dessin animé Disney à l'ancienne, une sorte de caricature, joyeux à l'excès, plein de chansons entraînantes, plus collant qu'un chewing-gum et contenant des animaux anthropomorphes plus humains que certains hommes apparaissant parfois »[45]. Mais selon Canby le film n'innove pas, même si il est rempli à ras-bord de dialogues joyeux et folkloriques[45]. La scène culminante du film peut effrayer les plus jeunes et qu'à cause de cette scène il est préférable que les parents accompagnent leurs enfants au lieu de les faire chaperonner, le film ne durant que 83 minutes, un temps très court pour l'époque[45]. L'histoire est celle d'une amitié improbable[45].

Sheila Benson du Los Angeles Times indique que la présence d'une nouvelle génération d'animateurs est un signal important et la qualité d'animation est bien présente[46].

Sheila Benson critique l'histoire qui joue trop la sécurité, les scénaristes protégeant le public des choses importantes comme la rage, la douleur ou la perte[47]. Ces mensonges pour le bien du public limitent le développement[47]. La romance entre Rox et Vixey rappelle celle de Bambi et Féline[47].

Richard Corliss du Time écrit que le film débute sans musique par une toile d'araignée, comme un filigrane du destin prenant tout animal pénétrant cette forêt[26]. Un renardeau devient orphelin devant les yeux du spectateur à la suite d'un coup de feu touchant sa mère apeurée tandis que des oiseux s'envolent eux aussi apeurés[26]. Corliss ironise alors en souhaitant à ses jeunes lecteurs un joyeux été car c'est le début du dernier dessin animé Disney[26]. Il s'interroge sur cette production car quand les autres cinéastes s'essayent au plus de provoquer des gloussements et des tremblements, Disney confronte son public aux terreurs Dostoïevskienne[26]. Pour Corliss, c'est un retour au sources pour le studio avec l'opposition primale du bien et du mal, des forces forces de la Nature[26]. Le film ne possède pas le savoir-faire et la concision qui ont amené une douzaine de personnages ou plus à la vie idiosyncrasique dans les films précédents[26]. Les cinq chansons sont à peine fredonnables et le comique est au mieux superficiel[26]. Le film ne comporte pas de magie mais un morale profonde donnée par Daniel Mannix sur une amitié contrariée avec son aspect doucement sombre[26]. Pour Corliss, les deux protagonistes sont nés dans un rôle qui les enferme et même les liens établis pendant leur enfance ne peuvent changer ce destin[26]. Il

Richard Corliss fait un parallèle entre la nouvelle génération d'animateur et les protagonistes du film[26] : « Alors que Rox et Rouky apprennent davantage sur eux-mêmes et sur l'autre pendant leur fuite, les jeunes artistes de Disney qui font ici leurs débuts au cinéma réalisent le pouvoir émotionnel et cinétique de l'animation dans les séquences de poursuite. Ils sont aussi finement façonnés et rythmés que la scène de combat dans le désert de Les Aventuriers de l'arche perdue et presque aussi violents »[26]. Corliss ne dévoile pas la fin du film mais prévient le public qu'il peut « savourer les sérieux plaisirs de Rox et Rouky »[26]. Il termine par une note positive à propos de « la montée en puissance d'une nouvelle génération talentueuse d'animateurs Disney, attendez vous à de plus grands plaisirs pour la suite »[26].

Analyse[modifier | modifier le code]

Janet Wasko écrit que la plupart des productions des années 1970, après la mort de Roy Oliver Disney et l'arrivée de Donn Tatum à la direction de Disney, sont des navets et que même ceux qui ont eu le plus de succès comme Robin des Bois (1973), Les Aventures de Bernard et Bianca (1977), Rox et Rouky ou Le Trou noir (1979) n'égalent pas les succès des décennies précédentes[48]. Leonard Maltin écrit que l'équipe d'animation de Disney est inégalée pour la création de personnages mignons comme le confirment Rox et Rouky quand ils sont renardeau et chiot[49]. Il en va de même pour la capacité du studio à rendre des animaux animés attirants[15].

Pour Mark Arnold, quand le film est sorti, il le trouvait beaucoup trop mièvre en comparaison des précédentes productions du studio comme Les Aventures de Bernard et Bianca[22]. Plus tard, après l'avoir revu, il a changé d'avis et trouve le film un peu plus consistant, pas aussi mauvais que les films des années 2000 car il possède du cœur[22]. Il reste toutefois un peu immature, dans le sens manquant de maturité, avec entre autres sa chanson phare Deux bons copains assez mauvaise[22]. Le film est décevant car le studio produisait un long métrage d'animation tous les trois ou quatre ans, et non annuellement comme durant les décennies suivantes et ce n'est clairement pas un événement[22].

John Grant écrit que certains critiques ont décelé des petites différences comme un côté plus mature intellectuellement, l'absence du méchant tapageur[5]. Grant considère qu'un des points majeurs du fils est l'évocation des amitiés perdues de l'enfance, un sujet plus mature[5]. Grant évoque aussi les changements dans le public et la société et propose de refaire le film en subsistant le renard et le chien par des enfants, blanc et de couleur, pour évoquer le racisme, le climat social aux États-Unis étant marqué par des tensions[5]. Un autre point de réflexion soulevé par le film est selon Grant, la question de la moralité de la chasse[5] et donc le mouvement anti-chasse. Grant cite l'article de Richard Corliss du Time et ajoute que la dynamique psychologique en plus de celle purement physique est une première, une innovation authentique, dans un long métrage d'animation Disney[5]. Selon Grant le film La Folle Escapade (1978) de Martin Rosen possède aussi une approche cérébrale, et donc cette innovation n'est pas apparue chez Disney[5].

Pour David Koenig, il est intéressant de comprendre pourquoi le Blanche-Neige et les Sept Nains possède du charme tandis que Rox et Rouky est une clarification ou gelée culinaire[50]. Le film possède selon Koenig un aspect encore plus réaliste que Bambi (1942) avec la vie naturelle montrée à hauteur de chien ou de renards[51]. Les animaux s'expriment mais ne parlent pas ou n'agissent pas comme des humains[51]. C'est en partie du au travail de recherche de Daniel Mannix qui a longuement étudié le comportement de ses renards avant l'écriture de son livre[51]. Pour Koenig, l'histoire de Mannix aurait été plus à sa place comme un documentaire de la série True-Life Adventures[19] voir sa déclinaison docu-fiction True-Life Fantasy. Mannix prend beaucoup de temps dans son livre à décrire les motivations et le comportement des animaux pour éviter l'anthropomorphisme, évitant de finir par une morale ou une fin heureuse, ce que le studio Disney mettra en place[19]. L'histoire d'origine sur la survie des animaux a été transformée par Disney en une fable sur l'amitié[19]. Pour Koenig, l'amitié, l'histoire avec tous ses angles arrondis et l'absence de mort, rendent le film moins réaliste[19]. Le film est caractérisé par deux interdits dans l'animation Disney[19], trop paroles et pas de vrai méchant[21].

Nouvelle génération[modifier | modifier le code]

La plupart des auteurs sont d'accord sur le fait que le film est à la charnière de deux générations d'animateurs. Pour Franklin Thomas et Ollie Johnston, Rox et Rouky marque « la fin de la transition entre l'ancienne et la nouvelle génération d'animateurs[52]. » Selon Randy Cartwright, le film marque le début du changement[22]. Pour John Grant, beaucoup d'excitations a accompagné la production du film quand au changement mais finalement peu de choses sont différentes[5]. Le film est moins ambitieux et de qualité inférieure aux grands classiques[5]. Le film est bon mais il n'atteint pas le niveau d'innovation attendu par les critiques[5]. Grant ajoute qu'au contraire, Taram et le Chaudron magique (1985) se voulait innovant mais ne l'a pas été[5]. Avec le côté psychologique, la nouvelle génération pousse les productions vers les années 1980[5]. Les liens avec le passé sont encore fortement présents mais des petits changements apparaissent parfois où on ne les attends pas[5]. Ainsi alors que les images d'archives montrant des animateurs Disney esquissant des animaux vivants pour Bambi font partie du mythe Disney, pour ce film, les nouveaux animateurs Disney ont recours à des documentaires animaliers comme Le Roi des grizzlis (1970)[5].

Pour Mark Arnold, ce film est le premier à profiter pleinement de la nouvelle génération d'animateurs sortis du California Institute of the Arts (CalArts), fondé par Disney en 1961 et installé sur son propre campus en 1977[53]. Selon Arnold, le film marque les « premiers efforts des futurs grands animateurs » de Disney qui ont participé à des films comme La Petite Sirène et La Belle et la Bête[9], la Renaissance Disney. L'édition DVD contient un documentaire sur cette passation de relai intitulé D’une génération à l’autre[22].

Leonard Maltin écrit que le film confirme l'arrivée de la nouvelle génération d'animateurs et que Disney maîtrise toujours le marché de niche des longs métrages d'animation attaqué par d'autres studios[15]. Cette partie technique est le bon coté du film selon Maltin mais de l'autre coté la mauvaise nouvelle est que la conception du film se repose trop sur la formule du mignon, de la comédie et de la personnification, principes tellement utilisés que le film en est discret[15]. Ce recours à cette formule est pour certains observateurs un pas en arrière pour le studio ou une stagnation même si le public a apprécié le film et est venu en masse le voir[15]. Les espoirs mis dans la nouvelle génération ne sont atteints car ces observateurs n'ont pas trouvés de nouvelles idées ou une nouvelle vie, le film étant juste une synthèse des vieilles idées qui ont fonctionnés à l'époque de Walt Disney[15]. Maltin se demande si le crédo « Qu'aurait fait Walt ? » n'est pas encore présent au sein de la direction de Disney[15].

Mark Arnold explique que la scène du combat entre Rouky et l'ours est considérée comme l'apothéose du film mais il la voit comme le résultat d'un effort inégal[16]. Pour Maltin c'est séquence supervisée par Glen Keane est un tour de force[15]. Arnold a trouvé certains plans qui n'ont pas le bon focus mais qui ont été en partie corrigé dans les éditions vidéo[16]. Le film est présenté lors de sa sortie comme le 20e classique d'animation de Disney mais en 1985 lors de la sortie de Taram et le Chaudron magique il est renuméroté 24e[16].

Pour Maltin, le film est un effort respectable mais le bilan du studio Disney après plus d'une décennie sans Walt à la barre n'est pas bon[15]. Le seul point positif des années 1980 selon Maltin arrive avec la « géniale » nomination de Tom Wilhite malgré ses 27 ans, ancien responsable de la publicité, comme vice-président chargé du développement des films d'animation et de la télévision[15].

Adaptations et produits dérivés[modifier | modifier le code]

Dans un épisode de Kuzco, un empereur à l'école, Kuzco se change en un chaton qui ressemble à Rox jeune.

Titre en différentes langues[modifier | modifier le code]

  • Afrikaans : Die jakkals en die jaghond (« Le Renard et le Chien de chasse »)
  • Albanais : Dhelpra dhe zagari (« Le Renard et le Chien de chasse »)
  • Allemand : Cap und Capper (« Rox et Rouky »)
  • Anglais : The Fox and the Hound (« Le Renard et le Chien de chasse »)
  • Arabe : الثعلب والكلب (Āl-ṯaʿlab w āl-kalb : « Le Renard et le Chien »)
  • Arménien : Աղվեսն ու որսաշունը (Aghvesn u vorsashuny : « Le Renard et le Chien de chasse »)
  • Azéri : Tülkü və ov iti (« Le Renard et le Chien de chasse »)
  • Basque : Tod eta Toby (« Rox et Rouky »)
  • Bengali : দ্য ফক্স অ্যান্ড দ্য হাউন্ড (Dya phaksa ayānḍa dya hā'unḍa)
  • Biélorusse : Ліс і паляўнічы пёс (Lis i paliaŭničy pios : « Le Renard et le Chien de chasse »)
  • Breton : Al louarn hag ar c'hi
  • Bulgare : Лисицата и хрътката (Lisicata i khrŭtkata : « Le Renard et le Chien de chasse »)
  • Catalan : La guineu i el gos de caça (« Le Renard et le Chien de chasse »)
  • Chinois : 狐狸与猎狗 (Húli yǔ Liègǒu : « Le Renard et le Chien de chasse »)
  • Cingalais : ද ෆොක්ස් ඇන්ඩ් ද හඋන්ඩ් (da foks ænḍ da haunḍ)
  • Coréen : 토드와 코퍼 (Todŭ wa K'op'ŏ : « Rox et Rouky »)
  • Corse : A volpe è u cane da caccia (« Le Renard et le Chien de chasse »)
  • Croate : Lisica i pas (« Le Renard et le Chien »)
  • Danois : Mads og Mikkel (« Rouky et Rox »)
  • Espagnol : Tod y Toby (España), El zorro y el sabueso (Amérique du Sud)
  • Espéranto : La Vulpo kaj la Ĉashundo (« Le Renard et le Chien de chasse »)
  • Estonien : Vips ja Sulli (« Rox et Rouky »)
  • Finnois : Topi ja Tessu (« Rox et Rouky »)
  • Gaélique écossais : An Sionnach agus an Cù (« Le Renard et le Chien »)
  • Galicien : O raposo e o can de caza (« Le Renard et le Chien de chasse »)
  • Gallois : Y Cadno a'r Helgi (« Le Renard et le Chien de chasse »)
  • Géorgien: მელა და ძაღლი (Mela da Dzaghli : « Le Renard et le Chien »)
  • Grec : Η αλεπού και το λαγωνικό (I alepú ke to lagonikó : « Le Renard et le Chien de chasse »)
  • Hébreu : השועל והכלבלב (hashvaal vhakalblb)
  • Hindi : द फ़ॉक्स एंड द हाउंड (Da fŏksa ēṇḍa da hā'uṇḍa)
  • Hongrois : A róka és a kutya (« Le Renard et le Chien »)
  • Islandais : Refurinn og hundurinn (« Le Renard et le Chien »)
  • Indonésien : Rubah dan Anjing Pemburu (« Le Renard et le Chien de chasse »)
  • Irlandais : An Sionnach agus an Madra (« Le Renard et le Chien »)
  • Italien : Red e Toby - Nemiciamici
  • Japonais : きつねと猟犬 (Kitsune to Ryōken : « Le Renard et le Chien de chasse »)
  • Javanais : Si Rubah lan Si Asu Parburon
  • Kannada : ದಿ ಫಾಕ್ಸ್‌ ಅಂಡ್ ದಿ ಹೌಂಡ್ (Di phāks‌ aṇḍ di hauṇḍ)
  • Kazakh : Түлкі мен ит (Tülki men ït : « Le Renard et le Chien »)
  • Latin : Vulpes et Canis (« Le Renard et le Chien »)
  • Letton : Neparastie draugi (« Amis improbables »)
  • Lituanien : Lapė ir šuo (« Le Renard et le Chien »)
  • Macédonien : Лисицата и ловечкиот пес (« Le Renard et le Chien de chasse »)
  • Malgache : Ny Amboahaolo sy ny Alika (« Le Renard et le Chien »)
  • Malayalam : ദി ഫോക്സ് ആൻഡ് ദി ഹൗണ്ട് (di phēāks ānḍ di haṇṭ
  • Marathi : द फॉक्स अँड द हाउंड (Da phŏksa am̐ḍa da hā'uṇḍa)
  • Néerlandais : Frank en Frey (« Rouky et Rox »)
  • Norvégien To gode venner - Todd og Copper (« Deux bons amis - Rox et Rouky »)
  • Ourdou : لومڑی اور شکاری کتا (« Le Renard et le Chien de chasse »)
  • Ouzbek : Tulki va it (« Le Renard et le Chien »)
  • Persan : روباه و سگ شکاری (Rwbạh w sg sẖḵạry̰ : « Le Renard et le Chien de chasse »)
  • Polonais : Lis i Pies (« Le Renard et le Chien »)
  • Portugais : Papuça e Dentuça (Portugal) / O Cão e a Raposa (Brésil)
  • Roumain : Vulpea și câinele (« Le Renard et le Chien »)
  • Russe : Лис и пёс (Lis i pios : « Le Renard et le Chien »)
  • Serbe : Лисица и пас (Lisica i pas : « Le Renard et le Chien »)
  • Slovaque : Lišiak a pes (« Le Renard et le Chien »)
  • Slovène : Lisica in pes (« Le Renard et le Chien »)
  • Suédois : Micke och Molle: Vänner när det gäller (« Rox et Rouky: Amis en ce qui concerne »)
  • Swahili : Mbweha na Mbwa (« Le Renard et le Chien »)
  • Tamoul : தி ஃபாக்ஃசு அண்ட் தி ஃகௌண்ட் (Ti ḥpākḥcu aṇṭ ti ḥkauṇṭ)
  • Télougou : ది ఫాక్స్ ఎండ్ ది హౌండ్ (Di phāks eṇḍ di hauṇḍ)
  • Tchèque : Liška a pes (« Le Renard et le Chien »)
  • Thaï : เพื่อนแท้ในป่าใหญ (« La plupart véritable ami dans les bois »)
  • Turc : Tilki ve Avcı Köpeğii (« Le Renard et le Chien de chasse »)
  • Turkmène : Tilki we It (« Le Renard et le Chien »)
  • Ukrainien : Лис і мисливський пес (« Le Renard et le Chien de chasse »)
  • Vietnamien : Cáo và chó săn (« Le Renard et le Chien de chasse »)
  • Yiddish : דער פוקס און דער הינטל (Der fux aun der hintl : « Le Renard et le Chien »)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

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