Jacques Dufilho

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Jacques Dufilho
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Jacques Dufilho en 1978.

Naissance
Bègles (Gironde), France
Nationalité Drapeau de France Français
Décès (à 91 ans)
Lectoure (Gers), France
Profession Comédien
Films notables Le Crabe-tambour
La victoire en chantant
Un mauvais fils
La Vouivre
Pétain
C'est quoi la vie ?

Jacques Dufilho est un comédien français, né le à Bègles (Gironde) et mort le à Lectoure (Gers).

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et premières années[modifier | modifier le code]

Les ancêtres de Jacques Dufilho étaient originaires de Gascogne, dans le Sud-Ouest de la France et plusieurs d'entre eux s'engagèrent dans le domaine pharmaceutique. Le plus célèbre, Louis Joseph Dufilho (1788-1824) quitta sa Mirande natale au début du XIXe siècle pour s'établir à la La Nouvelle-Orléans, aux États-Unis, y ouvrir la Pharmacie Dufilho au 514 Chartres Street et devenir le premier pharmacien diplômé d'Amérique du Nord[1]. Son frère Alexandre s'installa également outre-atlantique pour devenir armurier, jusqu'à ce que la guerre de Sécession l'oblige à renoncer à son commerce. Le père de Jacques Dufilho (1883-1938) naquit lui aussi à Mirande mais ne tenta pas l'aventure américaine : après ses études en pharmacie, il préféra s'installer dans son village natal en 1906 puis revendre quelques années plus tard son officine pour devenir directeur d'une usine de produits chimiques et pharmaceutiques à Bègles (Gironde)[2]. Avec sa femme Joséphine, il avait déjà deux enfants, Yvonne (1909-1985), qui reprit plus tard les affaires de son père, et André (1912-2003) qui devint médecin puis écrivain à la fin de sa vie.

Jacques Dufilho naquit dans la confortable maison familiale de Bègles, route de Toulouse, quelques mois avant le déclenchement de la Première Guerre Mondiale pendant laquelle son père fut mobilisé comme pharmacien dans une ambulance puis à la production de gaz de combats[3]. Son enfance, heureuse, fut marquée par l'arrivée des américains à Bordeaux en 1917, un souvenir marquant aux yeux du petit garçon[4], la découverte de la nature, de la botanique et du théâtre. Lorsqu'il déménagea avec ses parents rue Brun, à Bordeaux, vers l'âge de dix ans, il assista de plus en plus souvent son père, désormais directeur d'un laboratoire d'analyses médicales, comme apprenti-laborantin. Pour autant, son tempérament sérieux et sa curiosité ne lui permirent pas d'envisager, à l'instar du reste de sa famille, de longues études ; élève médiocre, il n'obtenait de bonnes notes qu'en dessin et en français, discipline qu'il prenait plaisir à découvrir par des lectures personnelles, notamment les romans d'aventures de Jules Verne ou Alexandre Dumas[5]. Il obtint péniblement son certificat d'études, entra au lycée Montaigne de Bordeaux et échoua à l'examen du baccalauréat[6]. Encouragé par son père qui ne pouvait se résoudre à le laisser entrer aux Beaux-arts, il intégra une formation de prothésiste dentaire pendant une année, avant de la quitter pour s'engager dans l'armée, au 2e hussard à cheval de Tarbes, pour une période de dix-huit mois[7]. Il en sortit brigadier.

Passionné par la nature et le monde rural depuis son enfance, rythmée par de nombreux voyages familiaux vers les villages gascons de ses ancêtres, Jacques Dufilho décida en 1936, au sortir de son service militaire, de devenir paysan. Son ambition première le poussa à emprunter de l'argent pour acquérir le château de Cornac et ses cent hectares de terrain, près du village de Ricourt, pour y cultiver la terre[8]. S'il ne parvint pas à réunir les fonds suffisants, il fit pourtant l'acquisition d'une paire de bœufs et de deux vaches avec lesquels il débuta son apprentissage chez des propriétaires des environs. Obstiné et heureux à une tâche qui n'était pas encore celle de l'agriculture industrielle, le jeune garçon développa pour ce métier un profond attachement qui devrait le suivre tout au long de sa vie[9].

L'homme de théâtre[modifier | modifier le code]

Il quitte sa région natale pour monter à Paris afin d'y vivre sa passion pour la peinture et la sculpture. Mais grâce à son mentor, le grand homme de théâtre Charles Dullin, il fait ses débuts au cabaret-théâtre en 1951 chez Agnès Capri.

Dufilho participe à la Seconde Guerre mondiale au sein du 29e groupe de reconnaissance de division d'infanterie (GRDI), groupement issu du 2e régiment de hussards. Il recevra pour cela, en 1998, la légion d'honneur au sein de ce régiment[10].

Son interprétation de L'Avare en 1962 reste un moment époustouflant de théâtre ; il joue également dans Colombe de Jean Anouilh, est l'interprète de Marcel Aymé, à chaque fois sous la direction d'André Barsacq, et dans des œuvres de Jacques Audiberti. Il obtient un vif succès dans Le Gardien d'Harold Pinter en 1969, ainsi que dans L'Escalier de Charles Dyer, mis en scène par Georges Wilson, avec lequel il montera également Les Aiguilleurs et Léopold le bien aimé.

Grand homme de théâtre, Jacques Dufilho reçoit un Molière du meilleur acteur en 1988 pour son rôle dans Je ne suis pas Rappaport de Herb Garner.

L'acteur de cinéma[modifier | modifier le code]

Sa carrière cinématographique, souvent dans des seconds rôles, en France et en Italie, est énorme (plus de 160 films). Il a joué dans des films parfois médiocres mais son talent fait qu'il y est, lui, toujours excellent, voire mémorable.

Dufilho est remarqué à l'écran en 1948, avec un rôle dans La Ferme des sept péchés de Jean Devaivre. Il joue en particulier dans des films de Jean Delannoy, André Hunebelle, Yves Robert, Louis Malle, Michel Audiard, Claude Chabrol, Jean Becker, Claude Sautet...

En 1978, il obtient le César du meilleur acteur dans un second rôle pour sa prestation dans Le Crabe-tambour de Pierre Schoendoerffer, récompense qui lui est à nouveau décernée 3 ans plus tard avec Un mauvais fils de Claude Sautet en 1981. Il est nommé pour un nouveau César du second rôle pour sa participation à C'est quoi la vie ? en 1999, film pour lequel il obtient la récompense du meilleur acteur, au festival international du film de San Sebastian (1999). En 1988, il remporte le Sept d'or du meilleur comédien dans un téléfilm, Une femme innocente (tourné en 1986).

Prises de positions et convictions[modifier | modifier le code]

Jacques Dufilho était un catholique traditionaliste. Quand on lui demande ses convictions politiques, Jacques Dufilho répond qu'il est un « Monarchiste de Gauche et un Anarchiste de Droite », fidèle à lui-même et à la seule conviction qu'un comédien n'est pas un homme politique.[réf. nécessaire] Passionné par les chevaux et par les automobiles Bugatti, Jacques Dufilho se définissait comme un paysan, amoureux du beau, du vrai.

Il publie, en 2003, une autobiographie intitulée Les Sirènes du bateau-loup (Fayard)[11].

Il meurt à 91 ans à Lectoure, dans le Gers, où il s'était retiré. Ses obsèques ont lieu en l'église Sainte-Marie de Mirande, et son inhumation au cimetière de Ponsampère, dans sa terre gasconne.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

1939-1949[modifier | modifier le code]

1950-1959[modifier | modifier le code]

1960-1969[modifier | modifier le code]

1970-1979[modifier | modifier le code]

1980-1989[modifier | modifier le code]

1990-2004[modifier | modifier le code]

Télévision (liste sélective)[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

César du cinéma
Festival international du film de San Sebastián
Les Molières
Trophée Béatrix Dussane
Sept d'or
  • 1988 : Meilleur comédien pour Une femme innocente

Nominations[modifier | modifier le code]

César du cinéma
Les Molières

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Stanley Arthur, Old New Orleans, A History of the Vieux Carre, Its Ancient and Historical Buildings, Heritage Books, 1936, p. 202-203.
  2. Dufilho 2003, p. 13.
  3. Dufilho 2003, p. 16.
  4. Dufilho 2003, p. 15.
  5. Dufilho 2003, p. 36-37.
  6. Dufilho 2003, p. 38.
  7. Dufilho 2003, p. 39.
  8. Dufilho 2003, p. 44.
  9. Dufilho 2003, p. 51.
  10. En signe d'hommage, le cinéma du dit régiment a été baptisé « cinéma Jacques-Dufilho » le .
  11. cinememorial.com

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources
  • Jacques Dufilho, La route de Compostelle, Paris, La Table Ronde, , 224 p.
    Roman
  • Jacques Dufilho, Les sirènes du bateau loup. Souvenirs, Paris, Fayard, , 303 p. (ISBN 978-2213615127 et 2213615128)
    Autobiographie
Ouvrages
  • Serge Regourd, Les seconds rôles du cinéma français, grandeur et décadence, Paris, Archimbaud Klincksieck, , 270 p. (ISBN 978-2252037737 et 2252037733)

Liens externes[modifier | modifier le code]